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1811-1813 - Le déclin

 Le déclin

1er janvier 1811 : entrée en vigueur simultanée du Code Pénal et du Code d’Instruction criminelle. Le premier renoue en partie avec l’Ancien Régime en rétablissant la marque pour les forçats, le carcan, la peine du poing coupé pour les parricides, et la mort civile.

24 janvier 1811 : Monsieur Martin Des Landes est nommé directeur de l’école secondaire de Châteaubriant

 Querelle de sous

24 janvier 1811 : le receveur de la commune de Châteaubriant se plaint d’avoir reçu 1600 francs en monnaie de billon pour l’octroi sur les boissons, de la part du Contrôleur principal des Droits Réunis.

Or, selon le décret impérial du 18 août 1810, « la monnaie de cuivre et de billon, de fabrication française, ne pourra être employée dans les paiements, si ce n’est de gré à gré, que pour l’appoint de la pièce de 5 francs ». le Conseil demande au maire de contraindre le contrôleur à se conformer à ce décret.

 Palluel et les mares

24 janvier 1811 : la commission des travaux détaille ce qu’il faudrait faire pour améliorer le chemin de Paluel et le « Chemin des mares » pour en éliminer ... les mares qui se forment régulièrement. « Il faut en même tems enlever avec la brouette la butte de terre qui se trouve à l’entrée du chemin des mares vis-à-vis le Pré de la Pipe et la foire ».(1) Tous ces travaux n’exigent « que 100 journées d’hommes ». Le maire est invité à prendre une ordonnance de police pour obliger les riverains à curer la rivière de Chère depuis Châteaubriant jusqu’au Moulin Neuf.

26 février 1811 : Savary, ministre de la police (il a remplacé Fouché) demande aux Préfets un tableau complet des plus riches héritières, avec pedigree, indication de la dot, de l’éducation et « des agréments naturels ». Ces jeunes filles sont destinées aux bons serviteurs de l’Empereur et à la dynastie qu’il cherche à créer.

20 mars 1811 : naissance du « Roi de Rome », fils de Napoléon et Marie-Louise. Il sera baptisé le 9 juin. Le peuple est écarté de la cérémonie, admis seulement à défiler à l’hôtel de ville pour voir l’Empereur et l’Impératrice dîner, leur couronne sur la tête, entourés de leur cour. Le peuple est plus déçu qu’émerveillé.

10 mai 1811 : le Conseil de Châteaubriant s’occupe de faire débarrasser la Place du Marché aux Cochons des pièces de bois et autres matériaux mis là par divers particuliers, et même d’agrandir cette place en prenant une partie du verger voisin. On apprend à cette occasion qu’il y avait à proximité une carrière de sable où les particuliers pouvaient venir en extraire.

Ce même jour, le Conseil considère que depuis plus de deux ans il a pris une délibération pour faire reconstruire le Pont Glémois, le Pont de l’hôpital et le Pont St Jean « et suplie le Préfet de vouloir bien faire mettre en adjudication les reconstructions ».

Le Maire ajoute que tous les pavés de la ville sont en mauvais état et que les travaux les plus urgents sont à faire rue Quenillet et rue de Rigale, et qu’il est indispensable de combler les cavités du marché aux bestiaux. Le Conseil s’efforce d’obtenir l’autorisation du Préfet pour ces travaux.

En ce qui concerne la rue Quenillet et la rue de Rigale, les propriétaires seront tenus, suivant l’usage, de paver auprès de leur maison sur une largeur de un mètre et 28 centimètres.

24 juillet 1811 : M. Luette de la Pilorgerie est sous-préfet de Châteaubriant en remplacement de Bernard Dutreil.

12 décembre 1811 : le Préfet de Loire-Inférieure demande à la ville de Châteaubriant de délibérer pour préciser si le traitement du vicaire de la paroisse doit rester à la charge de la commune ou dépendre de la « fabrique » (nom de l’administration de la paroisse).

Le Conseil Municipal considère qu’il a alloué 500 F pour le traitement du vicaire, « sur le vu du budget de la fabrique », après avoir constaté que celle-ci ne pouvait pourvoir à cette dépense.

« Considérant qu’il est impossible sans de graves inconvénients de se passer d’un vicaire, le Conseil persiste d’allouer 500 F pour le traitement du dit vicaire »

 1812

20 février 1812 : c’est la première fois qu’on voit apparaître le terme « Bureau de bienfaisance de la commune ». Les membres du bureau invitent les conseillers à leur accorder des pierres « sur les Terrasses » (c’est-à-dire devant le château), « pour bâtir des murs de clôture entre la cour de cette maison et les propriétaires voisins, murs dont une personne pieuse offre de faire les frais de construction »

Le Conseil estime juste de favoriser un établissement public. « Aux termes de l’article 663 du Code Napoléon, les propriétaires voisins doivent contribuer à la construction des murs de clôture » et donc, par ce moyen, il faut moins de pierres pour la part qui incombe à la maison de bienfaisance.

Le Conseil est d’avis de permettre aux membres du bureau de bienfaisance de prendre « 8 toises ou 64 mettres-cubes de la pierre de la Terrasse en prenant de préférence les pierres les plus molles, les plus plattes et les moins propres à l’empierrement »

 Soupes populaires

11 mars 1812 : émeute des subsistances à Caen : la récolte de 1811 a été insuffisante. Des bandes de mendiants errent dans les campagnes. Des récoltes sont pillées, des péniches transportant du blé sont prises d’assaut. Napoléon multiplie les mesures efficaces pour un bon ravitaillement et décide la distribution de deux millions de soupes populaires que la plupart des gens refusent, croyant se dégrader en les acceptant.

Le 4 mai 1812, Napoléon rend obligatoire la vente des grains au marché, en autorisant la réglementation et en astreignant les marchands de grains à déclarer leurs stocks. Les milieux aisés n’apprécient pas et souhaitent de plus en plus mettre fin à « la guerre éternelle ».

11 mai 1812 : l’école secondaire de Châteaubriant déçoit. Le Conseil Municipal observe que cette école devait être composée de 3 professeurs, « qu’il en a paru 2 dans un temps et un seul depuis plusieurs mois »

Après avoir examiné les travaux urgents de la Cité, le Conseil est d’avis de convertir l’école secondaire « en institution où les humanités seront enseignées ». de ce fait il n’aura que deux professeurs pour lesquels il vote une somme annuelle de 1000 francs pour toute indemnité même de logement (au lieu des 2400 francs qu’il avait décidé de verser le 12 septembre 1809) « avec faculté à ces professeurs d’exiger de chacun des élèves deux francs par mois ».

Le Conseil ajoute que les « talens reconnus de M. Martin » ne permettent guère de le choisir pour l’un de ces deux professeurs. Il invite « son excellence le grand maître de l’Université à lui donner une chaire d’éloquence ou de rhétorique dans un lycée où il pourra rendre des services signalés »

11 mai 1812 : le Conseil revient sur sa décision de mai 1810 (deux ans avant !) concernant la fontaine de la Vannerie et le ruisseau de la Poterne. Cette décision n’est toujours pas appliquée parce que, après sa transmission au sous-préfet, (qui était à l’époque Bernard Dutreil), celui-ci « a jugé à propos d’y faire des observations et de les renvoyer au maire ».

Le Conseil n’est pas content, il se demande « si les raisons de Monsieur le sous-préfet sont fondées sur la loi et s’il a pu juger seul du mérite de ces arrêtés sans l’adhésion de son supérieur ».

Et le Conseil insiste, dit qu’il a « le droit incontestable d’empêcher les eaux de la vannerie de se rendre dans celles de la fontaine » et que le Préfet doit ordonner cette mesure.

Par ailleurs le Conseil arrête que les travaux du chemin de Paluel seront faits en juillet-août prochains (un an et demi après !)

 Parapet

Autre chose : voilà qu’il n’existe plus de parapet au Pont de la Torche, qui se situe sur la route de Châteaubriant à La Guerche et Vitré. « Il en résulte tous les ans des accidents graves par la chute des hommes et des bestiaux dans la douve. Si ces chutes avaient lieu dans les tems des grandes eaux, il serait impossible d’en retirer les hommes et les bestiaux dont la mort serait infaillible ».

Le Conseil estime que cette dépense est à la charge de la commune et du département parce que le pont « se trouve sur une route de troisième classe, ainsi qu’il résulte du tableau des routes impériales du département ». Mais pour que les choses aillent plus vite, le Conseil préfère se charger seul de ce travail « pour faire disparaître le précipice qu’offre cet endroit ». Il y aurait 9 mètres de parapet à faire à l’est et 14 mètres à l’ouest. La demande est transmise au sous-préfet et au préfet pour approbation.

 Pont St Jean ...

Le Pont St Jean ne se trouve plus sur la route d’Angers à Rennes puisque celle-ci « passe désormais sur les remparts de St Michel et la place du Marché aux bestiaux », mais il est la principale communication de la ville aux faux-bourgs de Béré et de Couëré.

Mais voilà que le passage sur ce pont est interrompu et qu’il en résulte « des frais et des inconvénients dont les habitants se plaignent avec raison ».

Le Conseil décide de mettre les travaux en adjudication et demande l’approbation du sous-préfet et du préfet.

 ... et autres ponts

11 mai 1812 toujours : depuis le 15 mai 1810, jour où a été évoqué le mauvais état du Pont Glémois et du Pont de l’hôpital, rien n’a été fait. « les voituriers ne peuvent plus y passer qu’avec rapidité pour éviter de s’y engloutir avec leurs voitures ». Il y a urgence à faire des travaux « avant l’hyver » .

Le Conseil arrête que le maire enverra copie de cette délibération et de celle du 15 mai 1810, au sous-préfet avec « invitation à faire accellerer la reconstruction »

29 mai 1812 : Napoléon prend le commandement de la Grande Armée qu’on appelle « l’armée des vingt nations ». Elle compte 700 000 hommes dont 300 000 sont Français.

24 juin 1812 : Napoléon passe le Niémen. La campagne de Russie est commencée. Napoléon entre à Kowno, puis à Vilna, mais la chaleur est accablante et Murat a commencé à surmener la cavalerie. 8000 chevaux sont morts en quatre jours.

28 juillet 1812 : Napoléon entre à Vitebesk. La chaleur est torride. Le ravitaillement est difficile dans un pays où le tsar Alexandre de Russie a ordonné de tout détruire et brûler sur le chemin de la Grande Armée Napoléonienne. Les troupes sont épuisées, 150 000 hommes, des traînards, manquent déjà à l’appel. Les Russes reculent devant Napoléon. L’armée est démoralisée par l’absence de grande bataille.

18 août 1812 : Napoléon entre à Smolensk. La ville est déserte et livrée aux flammes. Napoléon n’a plus que 175 000 hommes et il fait toujours aussi chaud. Ses maréchaux lui conseillent d’arrêter là mais une question de prestige est en jeu : Napoléon n’a pas remporté de grande victoire, l’Europe peut se soulever derrière lui. « Le péril même nous pousse vers Moscou » dit-il.

7 septembre 1812 : La Grande Armée remporte la sanglante victoire de la Moskova. Les Russes ont 50 000 tués ou blessés. Les Français en ont 25 000 à 30 000 dont 47 généraux (un record).

 Terre brûlée

14 septembre 1812 : Napoléon entre à Moscou où se déclare le lendemain un gigantesque incendie, élément de la tactique de la « terre brûlée ». Napoléon propose la paix à Alexandre de Russie, celui-ci se refusera à toute réponse. Le temps passe, irrémédiablement ...

13 octobre 1812 : la première neige tombe sur Moscou. Le 19 octobre Napoléon quitte la ville, il n’a plus que 100 000 hommes.

25 octobre 1812 : c’est le vrai début de la retraite de Russie. Les troupes reviennent en arrière passant dans des régions déjà ravagées. Bientôt le thermomètre descendra jusqu’à 25° au dessous de zéro. Hommes et chevaux tombent par milliers, mourant de froid et de faim et les terribles Cosaques harcèlent les malheureux traînards.

27-28-29 novembre 1812 : passage de la Bérésina, bloquée par des glaçons. Des milliers de traînards restent sur la rive Est et sont pris ou égorgés. Napoléon a réussi à « sauver » 50 000 hommes, un "succès" moral. L’armée, ce qu’il en reste, est sauvée, croit-il.

3 décembre 1812 : Napoléon, qui a appris qu’un complot a été monté contre lui à Paris, décide de rentrer, pensant qu’il peut lever de nouvelles armées.

12 décembre 1812 : le froid est descendu jusqu’à - 36°, le verglas fait abandonner chevaux, voitures, archives et vivres. Les débris de la Grande Armée repassent le Niémen, il ne reste que 5 à 6000 hommes, décharnés et malades. Le Moniteur , dans son XXIXe bulletin annonce avec une ironie involontaire : « la santé de Sa majesté Impériale n’a jamais été meilleure ».

 1813

 Un chasseur monté et équipé

11 janvier 1813 : Sénatus-consulte mobilisant 350 000 hommes, des jeunes soldats qu’on appela des "Marie-Louise".

21 janvier 1813
 : séance extraordinaire du Conseil Municipal de Châteaubriant sous la présidence de son maire Martin Connesson. Celui-ci déclare : « les succès de la campagne prochaine dépendent des moyens d’exécution qui seront mis à la disposition de sa majesté impériale et royale. Son génie saura les utiliser, les multiplier et forcera l’ennemi à une paix qui fait l’objet de tous nos désirs et toutes nos espérances. Les pertes immenses que la saison nous a occasionnées en chevaux et en équipements ont surtout besoin d’être réparées avec promptitude et, pour y parvenir plus sûrement, on propose aux citoyens de se réunir pour former libéralement des forces de cavalerie touts montés et équipés ».

« Pour mettre l’ordre convenable dans cette opération et rendre plus efficace ce concours unanime de zèle et de dévouement, on a cru devoir désigner à chaque département l’arme de laquelle les hommes et les chevaux devront faire partie et ensuite assigner à chaque canton un minimum à présenter au souverain ».

Tout ça pour dire que Châteaubriant doit fournir « un chasseur monté et équipé ». Le Conseil regrette que « les besoins et le peu d’aisance de ses administrés le privent de l’avantage d’en fournir deux »

17 mars 1813 : la Prusse déclare la guerre à la France. Un sénatus-consulte du 3 avril mobilise encore 180 000 hommes.

 La fabrique

8 avril 1813 : à Châteaubriant les préoccupations qui apparaissent sur le registre des délibérations sont bien éloignées de ces histoires de bataille. La fabrique (c’est-à-dire la paroisse) ne peut encore pas se charger du traitement du vicaire. Le Conseil veut cependant qu’elle contribue à une partie des dépenses. Il prend donc en charge le logement (250 F) et la moitié du traitement du vicaire (la moitié de 500 F).

A part ça, le Conseil propose de faire réparer la Grande Rue depuis la Porte St Jean jusqu’à la Porte St Michel. Le devis se monte à 7476 francs (alors que les recettes de la ville, pour l’année précédente se sont montées à 7918,30 francs). La commune ne peut prendre en charge ces travaux ! Mais un membre fait remarquer que les propriétaires riverains sont tenus de « venir à contribution pour la platte-bande à établir de chaque côté, ce qui doit être évalué à 1,60 mètres de largeur ». De ce fait, la dépense à prendre en charge par la ville ne sera plus que de 4272 francs environ. Le Conseil envisage les travaux pour 1813 et 1814 et, bien entendu, demande l’approbation du sous-préfet et du préfet.

Le Maire propose de faire « une adjudication un peu forte, ce qui attirerait des concurrents ou des paveurs étrangers qui ne viennent pas pour des petites sommes ». Enfin le Conseil demande que le canton soit cadastré en 1813 et 1814. Il aurait dû l’être mais une autre commune lui a brûlé la politesse !

24 avril 1813 : le Conseil Municipal de Châteaubriant trouve que la contribution foncière de la commune est trop élevée et demande un dégrèvement provisoire ... « jusqu’au moment du cadastre qu’il sollicite vivement ».

 La route Châteaubriant-Redon

On apprend ce jour-là qu’il est question de construire une route de Châteaubriant à Redon. Le Conseil Municipal de Châteaubriant n’y trouve guère de l’intérêt « attendu que nous avons peu de relations commerciales avec Redon » mais s’inquiète quand même de la direction de la route, des déblais, remblais, arches et panneaux à faire et déclare « qu’il ne peut apprécier les prestations en nature » qui lui seront demandées.

25 avril 1813 : Napoléon reprend le commandement de l’armée. C’est le début de la campagne d’Allemagne avec des victoires à Lützen, Bautzen, Würschen..

5 juin 1813 : le conseil municipal de Châteaubriant a oublié de se réunir dans la première quinzaine du mois de mai, comme le demande la loi ! Le conseil du 5 juin constate que l’horloge est en mauvais état et qu’il faut faire un devis des réparations. Et puis la réparation du chemin de Paluel traîne car il faut « qu’au préalable on connaisse l’endroit où il sera possible de trouver de la pierre ». C’est que les coûts ne sont pas les mêmes : « Si on en trouvait au Bois Hamon ce serait moins cher ». Le maire est mandaté pour y faire rechercher une perrière.

Enfin le Conseil étudie le cas de madame Jeanne Lebeau, veuve Rigaud, qui est à l’hospice de Châteaubriant, mais dont les père et mère ne sont pas de Châteaubriant, « sa famille est inconnue et son frère est notoirement indigent ». Le Conseil est d’avis qu’elle soit transférée au Sanitat de Nantes, pour ménager les deniers de la commune.

14 et 27 juin 1813 : alliance contre Napoléon entre la Russie, la Prusse et l’Autriche avec le soutien financier de l’Angleterre. Les Alliés s’engagent à ne signer la paix en aucun cas sans le consentement de l’Angleterre.

27 août 1813 : Napoléon est victorieux à Dresde. Les batailles continuent. Napoléon lève encore 160 000 hommes en octobre et rappelle 120 000 réservistes.

16-19 octobre 1813
 : bataille de Leipzig, qu’on appelle encore "bataille des nations" : Napoléon est écrasé sous le nombre. En plein combat, des alliés de la France passent à l’ennemi. Napoléon doit battre en retraite. Le 2 novembre il repasse le Rhin à Mayence. Une épidémie de typhus va y décimer les restes de l’armée.

30 novembre 1813 : on étend ou on n’étend pas ? Le Conseil Municipal de Châteaubriant décide de ne pas étendre l’octroi sur « la banlieue » de la commune « car cela occasionnerait une infinité de vexations dont les métayers seraient victimes ». Les bornes de l’octroi sont alors fixées à la première maison de chaque faux-bourg en entrant en ville.

 Un litre c’est un litre

Il pose bien des problèmes, cet octroi ! Les employés des Droits Réunis obligent les aubergistes à « vendre leur vin 14 sols au lieu de 12 sols sous prétexte que la bouteille ne contient pas un litre ». Le Conseil Municipal déclare qu’à l’entrée une bouteille est considérée comme un litre et qu’il doit en être de même à la sortie ! Et que, de toutes façons, l’administration des Droits Réunis « doit faciliter les consommations au lieu de les entraver par mille exactions révoltantes à tel point que depuis un an il y a moitié moins de cabaretiers, le métier n’étant plus tenable ». Une réclamation est faite auprès du Préfet.

 Un aqueduc ?

Le maire soumet au Conseil les plans et devis d’un aqueduc à construire sur toute la longueur de la Grande Rue. Il expose que celle-ci, devant être réparée à neuf, c’est le moment de se décider.

Le Conseil remarque alors que, vu le niveau des eaux, cet aqueduc « ne pourrait avoir que 21 pouces de hauteur, que conséquemment un homme ne pourrait y pénétrer quand il se trouverait obstrué », il estime par ailleurs que pour lui donner la pente nécessaire « il faudrait exhausser des parties de la rue de 15 à 18 pouces, ce qui enterrerait plusieurs maisons » (le pouce représente environ 2,55 cm). Cet état de choses, et le coût de construction, font renoncer au projet, mais « cela ne peut autoriser les propriétaires des maisons à vider leurs immondices dans les ruelles et à y établir une décharge de leurs latrines qui ensuite s’écoulent dans la rue » !

En conséquence, chaque propriétaire sera tenu, dans le délai d’un an, « de construire des "Bottes mortes" (??) pour recevoir la décharge de leurs latrines et, jusqu’à cette époque, ils seront tenus de balayer tous les jours le devant des ruelles afin qu’aucune ordure ne découle dans la rue ». (NDLR : on s’interroge sur ces fameuses « bottes mortes ». S’agit-il d’assemblages de végétaux destinés à un certain filtrage ?).

 Plus de cochons que d’hommes

Quand on ajoute qu’à cette époque encore les porcs et volailles vaguaient en liberté au milieu des rues, fouillant les tas d’immondices et prenant leurs ébats dans la boue noire et infecte des rues non pavées, on comprend qu’un visiteur de Châteaubriant, l’abbé Dulaurens, auteur de "La chandelle d’Arras" et d’un "Arétin moderne" ait pu dire qu’en cette ville renommée pour l’angélique et la pommade d’été, on y rencontre plus de cochons que d’hommes.

Tout de même, pour faciliter la propreté, le Conseil décide, ce 30 novembre 1813, envisage des latrines publiques .

 Encore le pont

30 novembre 1813 : Pour obtenir une rapide réfection du Pont Glémois, le Conseil Municipal de Châteaubriant propose au gouvernement de se charger des indemnités à donner aux propriétaires des maisons qui seront endomagées » à condition que les matériaux des maisons et terrains abandonnés restent appartenir à la ville. « le Conseil consent à ce sacrifice dans l’espoir que cet ouvrage pourra se faire au printemps prochain » (on en parle depuis 1810 !)

 Questions diverses :

- l’illumination de la ville est mise en adjudication pour un an seulement à titre d’essai.

- Le Puits de la place St Nicolas est totalement délabré. Sa réparation est estimée à 100 francs.

- 33 fusils de la Garde Nationale sont à réparer.

- Une somme de 100 francs est affectée à l’achat de chaises pour la mairie (celles qui existent ne tenant plus) et à la confection « d’un banc pour recevoir les gens de campagne ».

- Le sieur Demolon, géomètre, est chargé de réaliser un plan de la ville.

- Le loyer de la mairie a toujours été payé du 24 juin au 24 juin. Il est décidé de régulariser cette dépense afin de ramener le tout au 1er janvier de chaque année.


Après la désastreuse retraite de Russie, après la Campagne de France qui se termine par la défaite de Leipzig, Napoléon repasse le Rhin, cependant que la France est cernée au nord et à l’est par les Russes, les Prussiens et les Autrichiens, au sud par les Anglais de Wellington venant d’Espagne. Napoléon tient tête à tous. Avec sa petite armée de jeunes conscrits, il court d’un ennemi à l’autre, battant les Prussiens et les Autrichiens à Montmirail et Champaubert, les Autrichiens à Montereau. Mais les armées ennemies ont la force du nombre. Bientôt elles entreront dans Paris ....

 Encore les halles

30 novembre 1813 : les délibérations du Conseil Municipal de Châteaubriant ne font pas état de cette guerre qui n’en finit pas. Elles s’intéressent aux problèmes locaux exclusivement. Par exemple, le Conseil de Préfecture n’est pas satisfait de l’estimation faite pour la superficie des Halles (soit 1200 francs) et il demande une estimation du fonds, c’est-à-dire en fait de la rue, puisque les Halles de la ville sont bâties au dessus de la rue.

Le Conseil Municipal s’appuie sur l’article 552 du Code Civil qui porte que « la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous » et il commente : « Les rues sont bien évidemment du domaine public. Sans doute la puissance féodale s’est permise de faire au dessus du sol public un édifice (halles) mais cela tient, on le sent bien, à la féodalité dont il ne peut plus exister une trace »

Le Conseil ajoute que les halles ne couvrent que des rues, que les maisons particulières y ont des issues dans toute la longueur occupée par la voie publique et que « l’édifice qui couvre ces rues serait de nulle valeur si la mairie proscrivait les étaux mobiles qui s’y établissent ». Donc le Conseil se tient à 1200 francs d’estimation et réclame toujours la possession des halles.

 J’ai trop fait la guerre

4 décembre 1813 : les alliés (Prusse, Autriche, Russie, Angleterre) déclarent que les hostilités ne sont pas menées contre la France mais contre Napoléon qui, disent-ils, ne veut pas la paix


 Comment faire de l’encre

Recette trouvée au dos du cahier 1 D 16 des délibérations du Conseil Municipal de Châteaubriant :

- 2 livres de noix de galle concassées
- 4 onces de sucre candi
- 2 onces de bois d’Inde
- 4 onces de gomme arabique
- et 2 onces d’ingrédients divers (alun, vitriol, etc)

Cette composition se fait par infusion dans 15 jours au bout desquels « on peut extraire une peinte d’ancre »



(1) Le Chemin de Paluel et le Chemin des Mares se trouvaient à l’extérieur des remparts de la ville, le premier à l’ouest, le second à l’est. La Foire dont il est question se trouvait sur « Les Terrasses » (actuelle Place Ch. de Gaulle)

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Sources :

- Archives municipales séries A et 1 D 17

- Jean Massin : Almanach du 1er Empire (Ed. Encyclopédie Universalis)

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)

- Bulletin de la société archéologique de Nantes, tome 68, (1929)

- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/


L’orthographe, variable, n’est pas celle de notre époque : « jetter », « ancre » (pour encre), « suplier », « mettres-cubes », « platte », « tems » (pour temps), « l’hyver », « accellerer », « des forces touts montés » ; « endomager », etc