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1820

3 janvier 1820 : le Conseil Municipal examine les comptes de l’année passée :

Recettes 1819      10 441,11 francs
Dépenses 1819      6 877,81 francs 

Voici les dépenses prévues pour 1820 :

- toujours 250 F pour le logement de monsieur le curé
- réparer à peu près à neuf le mur de clôture du cimetière de Béré
- entretenir le chemin de Paluel, celui des Briotais, les pavés et parapets de la ville
- 220 francs pour le puits de la place St Nicolas qui se dégrade de plus en plus
- 600 F pour l’hospice
- 1268 F pour redresser la rue de la Planche Marguerite et établir un ponceau sur le ruisseau du Rollard
- faire combler la douve qui existe le long des grands jardins (façade Est du château) et y faire une plantation en utilisant les 500 francs versés par le Préfet « pour travaux publics et de charité »

Par ailleurs, un enfant a été abandonné au lieu-dit La Baguais. Le Maire a été dans l’obligation de le mettre en nourrice et, après jugement du Tribunal, il a été autorisé à l’envoyer à l’Hôtel Dieu (NDLR : sans doute à Nantes). Le maire le fit transporter le 7 novembre dernier accompagné d’une femme et en a demandé le remboursement des frais, soit 23 francs et 40 centimes. mais on lui a répondu que cela regardait la commune.

Enfin le Conseil Municipal considère qu’il est utile que tous les réverbères soient allumés pendant 6 mois et celui des halles pendant toute l’année. Coût : 600 francs. Le maire observe qu’il a fait annoncer plusieurs fois une adjudication « mais qu’il n’a trouvé que des propositions exhorbitantes »

 Instruction publique

3 janvier 1820 : le maire Martin Connesson rappelle qu’en 1810-1811 la ville avait l’intention de former un collège et avait décidé d’y consacrer 2400 francs par an. « Cet essai a manqué parce qu’on a voulu commencer l’édifice par le sommet au lieu de le prendre à la base » dit-il en expliquant que, depuis cette date, beaucoup d’instituteurs ont proposé leurs services « mais aucun n’ayant offert de garantie convenable, l’éducation a été fort négligée »

Mais voilà que dans le courant de 1819 s’est présenté le sieur Grellot (ou Grelot), employé comme maître d’étude dans l’institution de M. Toubin Dumesnil de Nantes.

Le maire prit « les informations convenables, tant sur sa capacité que sur sa moralité et il en est résulté qu’il nous convenait beaucoup. Le Comité cantonal d’instruction publique convoqué à cet effet l’a agréé et monsieur le Recteur de l’Académie lui a délivré les brevets nécessaires pour exercer en cette ville. depuis qu’il est ici, il a confirmé la bonne opinion qu’on avait de lui. »

« Sa manière d’instruire est simultanée. Elle tient de celle employée par les frères de la Doctrine Chrétienne et aussi de celle qu’on employe dans les écoles d’enseignement mutuel et tout fait espérer que dans peu d’années on verra un collège d’élèves sur des bases solides ».

Le Maire propose d’encourager cet établissement, d’abord en donnant au sieur Grelot une indemnité de logement de 200 francs, et ensuite une indemnité particulière de 200 francs « pour faire recevoir à l’école gratuitement douze enfants de la classe pauvre qui y recevront l’instruction gratuite et pourront être conduits jusqu’à la fin des classes ».

Enfin 24 francs sont prévus au budget de 1820 pour une distribution de prix aux élèves à la fin de l’année.

 La ville est "riche" pour une fois

3 janvier 1820 : le maire, Martin Connesson, donne au Conseil Municipal un compte-rendu sommaire du remboursement fait à la ville, à la suite de l’occupation prussienne de 1815.

Après avoir remboursé les fournitures faites par réquisition, après avoir donné une indemnité aux métayers pour les charrois, le maire espère pouvoir accorder aux habitants une indemnité de logement sous forme de réduction de leur contribution personnelle et "mobiliaire" de 1820.

Il espère également pouvoir payer les suppléments de pavés notamment à l’extérieur de la Porte St Michel et devant les bâtiments de l’hospice, élargir les trois arches du Pont St Jean, le relevé des rampes du Pont Glémois et les remblais nécessaires pour adoucir les pentes. Il pense même à faire démolir la Porte St Jean.

3 janvier 1820 : les habitants du Faubourg de Béré font parvenir à la mairie une pétition tendant « à obtenir une succursalle ou tout au moins un vicaire chargé de la desserte de l’église de Béré. ». Le Conseil municipal reconnaît la nécessité d’avoir deux vicaires, le traitement annuel de 500 F chacun se trouvant assuré soit sur les revenus de la fabrique, soit sur les revenus communaux.

3 janvier 1820 : à Châteaubriant, le maire Martin Connesson soumet au Conseil Municipal un extrait du testament olographe de M. Pierre Cotelle, ancien procureur fiscal de la Baronnie, décédé à Nantes le 2 septembre précédent.

Il lègue :

- . Aux pauvres de l’hospice de Châteaubriant la partie supérieure d’une maison située à l’orient de la place St Nicolas à Châteaubriant. Il leur lègue aussi des terrains, cour, bâtiments et jardin « dans le derrière de la Maison du Sauvage près la Grande Rue » et enfin une somme de 600 francs pour être employée dans la manufacture de laine qui produit du travail aux enfants dans le dit hôpital.

- . Une somme de 3000 francs aux pauvres de la paroisse de Châteaubriant et de 18 autres paroisses des environs, pour être distribuée à chacune de ces paroisses par la Directrice de l’Ecole Charitable. Il explique qu’ayant été procureur fiscal pendant 40 ans il connaît bien leur situation.

Mais le frère du sieur Cotelle fait une réclamation pour « annulation ou réduction du don ».

Le Conseil municipal note que ce don n’est que la 25e partie de la succession, et que l’article 916 du Code Civil stipule qu’étant mort, sans enfant, ni ascendant, ni descendant, il lui est loisible de disposer de la totalité de ses biens. Le Conseil en réfère donc au roi et demande « que le legs Cotelle soit accepté purement et simplement par Sa Majesté »

Ce même jour, le maire informe le Conseil qu’il a acheté une petite portion du « Pré des garde-robes » au bas de la promenade basse (des Terrasses) ce qui contribue à l’embellir.

 Assassinat du Duc de Berry

13 février 1820 : à Paris, devant la petite entrée de l’Opéra, le Duc de Berry est assassiné en raccompagnant sa femme jusqu’à la voiture. Second fils du Comte d’Artois (donc neveu de Louis XVIII), il aurait pu prétendre au trône de France. En mourant, il annonce que sa femme Marie-Caroline de Bourbon-Sicile est enceinte. L’assassin, Louvel, déclare « J’ai voulu tuer la race ». François René de Chateaubriand écrit : « Ceux qui ont assassiné Monseigneur le Duc de Berry sont ceux qui, depuis 4 ans, établissent dans la monarchie des lois démocratiques ... ceux qui ont laissé prêcher dans les journaux la souveraineté du peuple, l’insurrection et le meurtre ».

15 février 1820 : Decazes dépose sur le bureau de la Chambre des Députés un projet de réforme électorale et un projet suspendant la liberté individuelle. Mais sous la pression des ultras, et malgré les regrets de Louis XVIII, il doit démissionner. « Le pied lui a glissé dans le sang » constate Chateaubriand.

Louis XVIII met le portrait de Decazes dans son bureau, à la place de celui de François 1er. Les historiens estiment qu’à partir de cette date, il ne fut plus qu’un fantôme de roi. C’est Armand-Emmanuel du Plessis, Duc de Richelieu, avec l’appui de tous les ultras, qui devient Président du Conseil.

20 février 1820 : à Châteaubriant, avant de s’occuper d’autre chose, Martin Connesson invite le Conseil à exprimer au Roi « une humble adresse d’horreur » en raison de « l’assassinat horrible qui prive la France et la famille royale d’un prince cher en qui reposaient les communes espérances » (...) « et en la suppliant de bien vouloir prendre des mesures pour arrêter le torrent révolutionnaire qui est prêt à rompre les digues impuissantes qui lui ont été imposées jusqu’à ce moment. Tous les habitants et tous les membres du Conseil Municipal protestent à nouveau de leur fidélité et de leur dévouement inébranlable à votre personne sacrée et aux augustes membres de votre famille ».

 Travaux en ville

C’est pas tout ça, il faut aussi s’occuper des affaires de la ville. Le maire expose que depuis très longtemps existe le projet de construire un hôtel de ville mais « que le défaut de moyens en a jusqu’à ce moment empêché l’exécution ». Cependant les travaux des pavés étant à peu près terminés, les revenus de la ville lui donneront sous peu les moyens de s’occuper de cet ancien plan.

Et justement, l’hospice est autorisé à vendre plusieurs maisons en vertu de l’ordonnance du roi du 1er octobre dernier. N’est-ce pas l’occasion de lui acheter une maison « sise près la Porte Saint Jean, derrière un petit bâtiment appartenant à la ville » « le tout ferait un emplacement convenable ». Il propose d’acheter cette maison, ce que permet la caisse municipale.

Par ailleurs, le Conseil vote une somme de 100 francs pour participation à la construction d’une statue à la mémoire de Monsieur de Malhesherbes, « généreux défenseur du Roi, martir et victime lui-même de son dévouement héroïque ». Cet homme fut en effet un des avocats de Louis XVI lors de son procès. Arrêté comme suspect en décembre 1793, il fut guillotiné en même temps que sa fille et ses petits-enfants.

 Lois d’exception

28 et 30 mars 1820 : vote à Paris d’une loi sur la liberté individuelle permettant au gouvernement d’emprisonner pendant 3 mois les personnes suspectes de complots contre le roi ou la sûreté de l’Etat. Les journaux sont astreints à solliciter une autorisation préalable à leur publication. Ils sont obligés de déposer le texte des articles avant parution. Des commissions de censure sont établies, et, pour censurer la censure, un conseil de surveillance est mis en place. Le silence frappe la presse.

« Le Constitutionnel » sera un des rares quotidiens de gauche à survivre aux amendes et aux suppressions d’articles dont l’emplacement demeurera en blanc pour frapper l’opinion.

 La loi du double vote

Avril-mai-juin 1820 : discussion d’une nouvelle loi électorale, avec deux collèges électoraux : les collèges d’arrondissements (sont électeurs ceux qui paient plus de 300 francs d’impôt) et les collèges de département (où voteraient ceux qui paient plus de 600 francs d’impôts). Les électeurs les plus imposés voteraient donc deux fois. C’est ce qu’on appela « la loi du double vote ».

La discussion de cette loi fut très passionnée à Paris, la foule qui voulait assister aux séances prenait la file d’attente pendant la nuit. Des troubles éclatèrent d’autant plus que se déroulait, en même temps, le procès de Louvel. La troupe dut charger pour dégager le Palais-Bourbon. La loi électorale fut finalement votée le 30 juin 1820 grâce au vote de quelques députés de gauche inquiets de l’atmosphère d’émeute.

Il est clair que "La Restauration" s’oriente de plus en plus à droite. Dans les milieux politiques la lutte est acharnée. La Gauche compte sur la force du nombre. La Droite compte sur la force du sabre. Et chacun se rit de la légalité.

19 juin 1820 : à Châteaubriant on s’occupe des routes royales : la 198 « de Caen aux Sables d’Olonne », et la 183 d’Angers à Paris. Trois plans sont soumis au Conseil : le plan n° 2 concerne la traversée du Faubourg de la Barre par la route royale n°198. Le plan n°3 concerne « la traverse des remparts, de la Terrasse et du faux-bourg St Michel faisant partie de la route royale n° 183 » et le plan n° 4 complète le projet d’alignement, pour la route n° 183, dans la traversée de Châteaubriant par le faux-bourg de Béré et celui de Couëré.

Le Conseil, après avoir examiné ces plans dans le plus grand détail, les approuve entièrement et les trouve « dressés avec intelligence et ménagement pour les propriétaires voisins ».

 Perdra-t-on le Nort ?

19 juin 1820 : le Conseil Municipal de Châteaubriant se livre à une réflexion de ce qu’on appellerait maintenant : l’aménagement du territoire. Il se trouve en effet que les communes composant le canton de Nort sur Erdre ont envie de quitter l’arrondissement de Châteaubriant pour rejoindre celui de Nantes.

Le Conseil Municipal de Châteaubriant « croit devoir réclamer contre cette distraction » et argumente : « On eut conçu cette demande sous l’Empire lorsque le besoin d’hommes et de nouvelles levées se renouvelaient 4 ou 5 fois par an, nécessitant le déplacement continuel de fonctionnaires publics et des administrations, mais aujourd’hui ces motifs n’existent plus. Messieurs les maires ne sont tenus qu’à un seul voyage par an pour le Conseil de Recrutement. ».

Retirer Nort sur Erdre ? Le Conseil estime qu’il s’agirait d’un démembrement considérable de l’arrondissement de Châteaubriant dont, dit-il, la constitution s’inspira à l’origine « de considérations supérieures d’intérêt général qui n’ont pas cessé d’exister et qui n’ont pu que se fortifier davantage ».

« D’abord la situation de Châteaubriant, point central de communication entre Nantes, Laval, Angers et Rennes dut déterminer en cette ville l’établissement d’un chef lieu de Sous-Préfecture »

Ensuite, « ce pays est couvert aux trois-quarts de landes incultes et on songea à le vivifier. La réunion du Canton de Nort, le seul fertile et productif, en appelant au Centre du Désert les habitants actifs et industrieux de ce canton, devait y apporter également des pratiques utiles et des leçons précieuses d’agriculture » - « Celle-ci, jusque là stationnaire et toujours soumise à l’ancienne routine qu’il est si difficile de faire abandonner à nos métayers, a pris un heureux essort, la culture s’est multipliée et améliorée, l’art de diriger les eaux pour l’irrigation des prairies s’est perfectionné, ou plutôt établi par l’exemple de ces utiles voisins ; la masse des fourrages et conséquemment des engrais s’est accrue sensiblement, quelques établissement utiles se sont élevés. D’ailleurs la distance de Nort à Châteaubriant est à peu près la même que de Nort à Nantes, les communications sont journalières, tout nous fait espérer que nos routes vont être mises promptement en état et que les communications deviendront de jour en jour plus faciles »

« Le canton de Nort forme le quart de l’arrondissement en population. Il l’excède en richesse. Des fonctionnaires civils et militaires sont venus s’établir en cette ville. Ils se sont multipliés d’après l’état de population. Ils ont fourni du cautionnement d’après l’importance de leur fonction ».

« La distraction d’une commune serait sans doute peu sensible, mais celle du quart de l’arrondissement replongerait ce pays dans l’état de misère dont il commence à sortir, pour augmenter l’arrondissement de Nantes qui deviendra alors aussi considérable que les quatre autres arrondissements réunis. Châteaubriant pourrait à la vérité réclamer le canton de Riaillé, mais que serait alors l’arrondissement d’Ancenis ? »

 Vicieuse

Et le Conseil Municipal continue son analyse en répétant que tout le monde s’accorde à dire que le découpage administratif de la France est mauvais : « la démarcation générale de la France est vicieuse. L’Assemblée Constituante en suivant la démarcation par province ne dut pas trouver une démarcation régulière, il est peu de départements et d’arrondissements qui n’aient à cet égard des désirs à former pour le bien des administrés ».

Châteaubriant espère qu’il y aura un nouveau découpage, « alors l’arrondissement de Châteaubriant pourra s’accroître de Martigné et communes environnantes, et du canton de Pouancé, et abandonner à Nantes les communes du Canton de Nort qui en sont plus rapprochées, en réclamant toutefois Joué ». (NDLR : Martigné, Pouancé, Joué sur Erdre ... on croirait entendre des débats qui sont d’actualité en 2002 ... ! ).

 Sacrifices

19 juin 1820 : la commune de Châteaubriant se plaint également de la contribution "mobiliaire" :
« La ville compte 2733 individus. Elle est imposée à la contribution mobiliaire pour une somme de 7568 francs, bien au dessus de ses moyens.

Le nombre des imposés est de 524 :
- 104 contribuables supportent 405 francs
- 423 contribuables supportent 7163 francs

« Il est impossible que la commune continue de supporter une pareille contribution dont la répartition légale est impraticable d’après la valeur des loyers, base la plus fausse de toutes les bases ». (NDLR : en 2001 comme en 1820, on soulève l’injustice des impôts locaux établis sur la valeur locative des maisons : en 180 ans, rien n’a donc changé !)

Le Conseil Municipal représente que la ville fait annuellement des sacrifices au-dessus de ses forces « pour aider le gouvernement dans les réparations des traverses des routes royales. On ne citera pas une petite ville avec 5 à 6000 francs de revenus qui fasse d‘aussi généreux sacrifices ». A défaut de pouvoir obtenir un dégrèvement fiscal, le Conseil Municipal demande au directeur général des Ponts et Chaussées d’accélérer les travaux en cours.

 Monuments

19 juin 1820, toujours : le Conseil Municipal de Châteaubriant , « voulant donner à Sa Majesté un nouveau témoignage d’amour et de dévouement tant à sa personne sacrée qu’à son auguste famille » vote une somme de 100 francs pour concourir à l’érection du monument à la mémoire du Duc de Berry. Comme quoi la ville est pauvre, mais elle verse cependant une subvention pour un monument. Quand on aime, on ne compte pas !

Autre monument : le puits de la place St Nicolas, dont on parle depuis longtemps mais qui n’est toujours pas réparé. « Le Conseil, considérant que la place St Nicolas est la seule place publique à laquelle on puisse donner ce nom, que le puits de cette place ne doit pas ressembler à un puits de village mais faire une espèce de monument et de décoration, adopte le plan et la dépense qui en résulte : 728 francs ». Ainsi la dépense de 200 francs mise au budget pour ce puits depuis bien longtemps, passe maintenant à 728 francs mais redescendra à 700 francs le 9 octobre prochain quand le maire décidera de faire des économies.

 L’enfant du miracle

Le 29 septembre 1820 la duchesse Marie-Caroline de Bourbon-Sicile donne naissance à un fils qui portera le nom de Comte de Chambord. La droite l’appelle « l’enfant du miracle ».

9 octobre 1820 : (le cahier des délibérations porte l’année 1280 : distraction ?). A Châteaubriant le Conseil décide de démolir l’avant-porte Saint Jean avec le massif qui en dépend. Les pierres seront utilisées pour « relargir le Pont St Jean » et pour reconstruire « le mur du cimitière joignant l’église » et s’il en reste elles seront mises en réserve sur les murs de la ville jusqu’à la construction de l’édifice « projetté » (à savoir l’hôtel de ville)

Le même jour, le Conseil délibère sur la proposition du Préfet d’établir à Châteaubriant une école d’enseignement mutuel. Le Conseil considère qu’il donne déjà 500 francs à un instituteur « pour enseigner à lire, écrire, apprendre la grammaire à condition qu’il donne une instruction gratuite à 12 personnes pauvres » et regrette d’avoir des revenus trop faibles pour un nouvel établissement.

 Sécurité !

9 octobre 1820 : un membre du Conseil Municipal observe que le maire et les adjoints n’ont pas le temps de s’occuper de la police, « malgré la surveillance qu’ils donnent à cet objet, il naît des abus dangereux auxquels il est utile de remédier ». Sur quoi, le Conseil décide de nommer un commissaire de police, le sieur Biolais, avec un traitement de 300 francs (par an).

 Restrictions

Ce 9 octobre 1820, le maire fait une proposition de budget pour 1821 en diminuant les frais de bureau de la mairie : 800 francs au lieu de 950 francs. On économise par exemple 100 francs sur les réverbères (500 francs au lieu de 600) et sur le puits de la Place St Nicolas (700 francs au lieu de 728, la margelle seule coûtant 600 francs).

 De l’autre côté

4 et 13 novembre 1820 : le gouvernement a accordé depuis quelques mois des exemptions d’impôts, le maire de Châteaubriant en a fait autant avec les dédommagements liés à l’occupation des Prussiens. Ceci a fait diminuer le nombre des électeurs. Les élections des 4 et 13 novembre apportent le succès à la Droite :
- 35 députés de droite sur 52 dans les scrutins d’arrondissement
- 156 députés de droite sur 172 dans les scrutins de département.

Louis XVIII se souvient de la « Chambre introuvable » d’août 1815. Il dit : « Nous voilà dans la situation de ce pauvre cavalier qui n’avait pas assez d’élasticité pour monter sur son cheval. Il pria St Georges avec tant de ferveur que le saint lui en donna plus qu’il n’en fallait. Et il tomba de l’autre côté ».

Des éléments de Droite entrent au gouvernement. François René de Chateaubriand est nommé ambassadeur à Berlin.


  La légende de Napoléon

« Vivant, il a manqué le monde. Mort, il le possède » écrit Chateaubriand à propos de Napoléon. Car la plus grande conquête de Napoléon n’est pas l’Europe, mais celle de l’imagination des générations qui ont suivi l’empire. Adulation et haine se disputent le personnage. De nombreuses "légendes" l’accompagnent :

Il y a la légende officielle : le génie de Napoléon est d’avoir compris très tôt l’importance de la propagande et la nécessité de se créer une légende. « Courrier de l’armée d’Italie », « La France vue de l’armée d’Italie » sont des journaux créés par lui, pour exalter son image : « Napoléon vole comme l’éclair, frappe comme la foudre, il est partout et il voit tout. Il sait qu’il est des hommes dont le pouvoir n’a d’autres bornes que leur volonté, quand la vertu des plus sublimes vertus seconde un vaste génie ». Plus tard Napoléon créera un troisième journal « Journal de Bonaparte et des hommes vertueux ». Puis les Bulletins de la Grande Armée imposeront la version officielle des combats avec des chiffres souvent modifiés et les batailles refaites selon un schéma différent de la réalité. De la littérature à l’architecture, de la musique à la peinture, tout vise à glorifier Napoléon. Le catéchisme impérial renforce encore cette légende vivante. On y apprend que Dieu a manifesté sa volonté « en conduisant l’Empereur par la main dans les circonstances les plus difficiles, en lui faisant partout obtenir la victoire et en lui donnant constamment la volonté pour le rétablissement de la société, de la justice et de la sainte religion »

Et puis il y a la « légende noire », véhiculée par les royalistes après les désastres de Russie et d’Allemagne, celle qui dénonce le despotisme de Napoléon, la ruine économique de la France, la saignée démographique.

« La légende populaire », nouvelle légende dorée, popularisée par des chansons et des poèmes, retient la simplicité de l’empereur « Il avait petit chapeau et redingote grise », « son sourire était bien doux ». N’a-t-il pas, sous le toit d’une vieille grand-mère, mangé une tranche de pain bis et bu un verre de piquette ? « On parlera de sa gloire, sous la chaumière bien longtemps »

La légende libérale et républicaine naîtra dès 1823. Napoléon sera présenté comme le défenseur des peuples opprimés. Le soldat de la Révolution relèguera dans l’ombre le César antilibéral.

La légende romantique apportera au mythe une justification artistique avec Victor Hugo, Musset, Vigny, Balzac en France. L’universalité du mythe inspira même les écrivains étrangers. Le cinéma s’en emparera à partir du « Napoléon » d’Abel Gance.

- Archives municipales série 1 D 17
- Marcel Buffé : Châteaubriant une cité dans l’histoire
- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)
- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)
- Encyclopédie Universalis
- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/

L’orthographe, variable, n’est pas celle de notre époque : « martir », « essort », « loix », « cimitière », « projetter », « mobiliaire », etc