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1828-1829

3 janvier 1828, Villèle donne sa démission. Le roi Charles X forme un nouveau ministère à la grande déception de François René de Chateaubriand qui n’a pas été pressenti. En fait, Charles X se réserve de diriger la politique, et ne fait même pas confiance aux ministres qu’il a nommés. Il essaie d’ailleurs sans cesse de transformer la composition de son gouvernement, jusqu’au jour où il combat ouvertement ses ministres ! Ses vrais conseillers sont en dehors du gouvernement. Quant aux ministres, ils louvoient à droite, à gauche, sans jamais réussir à contenter personne. Le gouvernement est un bateau ivre. Le climat social est très tendu

8 mai 1828, sous la présidence d’Ernoul Provosté, le Conseil s’occupe du projet de budget de 1829. L’Hospice accepte le legs de M. Alphonse Rodrigue, propriétaire à Issé qui lui verse une rente perpétuelle « à charge d’une messe annuelle à dire dans la chapelle de cet Hospice le jour St Louis ou d’une dans le courant de la semaine. » La dite rente est servie entre autres par Jean Pacory, enfant de l’un de ses mariages. Rodrigue, Pacory, on retrouve là des noms bien connus du temps de la Chouannerie.

8 mai 1828 : Ernoul Provosté fait remarquer qu’on paie trop cher les hommes et les chevaux (relire au 19 juin 1826). « Cette fixation très onéreuse pour les malheureux est acquittée en nature par eux, et même par des gens aisés qui se présentent aux travaux sans que la ville en retire aucun avantage ». Il propose donc, « eu égard au plus grand nombre de contribuables » de baisser les taux de ces prestations qui seront les suivants à partir de 1828 :

- 60 centimes la journée d’homme (avec ses outils) au lieu de 80

- 1 franc la bête de somme (cheval de trait, de somme ou de luxe) avec harnais, ou le couple de bœuf (au lieu de 2 francs)

- 50 centimes la charrette

11 mai 1828 : le Conseil Municipal de Châteaubriant versera un supplément de 400 francs (et non plus 500 F) à Monsieur le Curé vu l’insuffisance de ses revenus.

300 francs sont toujours donnés au bureau de bienfaisance pour distribution de bouillon et autres petits secours à domicile, par les soins des sœurs de l’école charitable.

Le traitement de l’agent de police est porté à 400 francs. Par ailleurs le Conseil alloue 634 francs à titre d’indemnité à un riverain dont le terrain a été cédé à la voie publique, pour frais d’alignement.

Mai 1828 : Victor Hugo : Lazzara

 Nicolas François Ballais, maire

5 juin 1828 : réunion extraordinaire du Conseil Municipal de Châteaubriant au cours de laquelle le Préfet du Département nomme Nicolas François Ballais, « propriétaire », aux fonctions de maire.

Celui-ci prête serment de fidélité au roi et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Et la séance est levée aux cris de « Vive le Roi, Vivent les Bourbons »

Enfin, levée, pas tout-à-fait, car l’adjoint Ernoul Provosté veut profiter de cette réunion pour reparler de la Maison Duboisdulier devant servir de presbytère. La propriétaire demande 5000 francs après la transcription hypothécaire, 4000 francs au 1er janvier 1829 et 4000 francs au 1er janvier 1830. Mais la ville n’a pas de quoi payer le terme du 1er janvier 1829.

En conséquence l’adjoint propose d’ouvrir dans la salle du Conseil une souscription volontaire, remboursable, sans intérêt, en 1831, « afin d’éviter la longueur des formalités à remplir pour faire un emprunt, » et pour prouver que le Conseil, dans aucune occasion, n’a reculé devant un sacrifice à faire dans l’intérêt de son pays.

Août 1828 : Victor Hugo : Les Djinns

19 octobre 1828 : en 4 mois la souscription n’a rapporté que 2200 francs (sept donateurs) ce qui ne couvre pas les 4000 francs à payer au 1er janvier 1829 (4127 francs avec les intérêts). « L’embarras de la ville de Châteaubriant par suite de l’acquisition de l’hôtel du Boisdulier, la réduit à un tel état de pénurie qu’il est impossible de s’occuper d’aucun autre objet. Cet état de malaise durera encore deux ans. Pendant cet espace de temps tout souffrira, dépenses ordinaires, réparation des propriétés appartenant à la commune, etc, etc. ». Châteaubriant n’a jamais été une ville riche !

« Pour la tirer de cet état de souffrance, je vous propose l’aliénation des Landes du Drouillet » dit le maire et le Conseil « obtempère à l’unanimité à cette proposition »

19 octobre 1828 : l’hospice reçoit en héritage une moitié du jardin « du Chesne Cholet ».

Le maire fait savoir qu’il ne reste en caisse que 19 francs et 30 centimes pour faire face aux frais de bureau de la mairie. Le Conseil l’autorise à faire « l’achat des ustensiles nécessaires à l’usage de l’administration », en étant bien entendu « qu’en cela il agira en bon économe et comme un bon père de famille ».

31 décembre 1828 : le Sous-Préfet autorise à faire payer la somme de 4223,49 francs par la caisse municipale, pour l’achat de l’Hôtel du Boisdulier.

Ensuite il faut attendre le 15 mars 1829 pour avoir d’autres événements

15 mars 1829 : réunion extraordinaire de la municipalité de Châteaubriant en raison de deux « exploits » des 17 et 25 février desquels il résulte que la ville, propriétaire de la halle et des Terrasses converties en promenade, est sommée de se conformer aux dispositions de la loi du 14 ventôse an VII.(4 mars 1799). Ces « exploits » rappellent que l’ancien gouvernement des Montmorency, en vertu de l’arrêt du Parlement de Toulouse du 30 octobre 1632, a donné ces propriétés, avec les seigneuries dont ils dépendaient, à la famille des Condé, par lettre du mois de mars 1633. L’aristocratie, décidément, essaie encore de récupérer ses biens d’autrefois !

La ville a acheté les halles et les Terrasses en 1817 et 1832 et décide de produire ses actes de propriété pour se mettre à l’abri de toute poursuite.

 

C’est bientôt la fin du règne de Charles X. Pour tenter une dernière fois de faire l’union de la droite et de la gauche autour de la monarchie, un projet de réforme administrative est déposé, concernant le recrutement et la compétence des conseils municipaux. Ce projet de réforme fait peser encore plus l’autorité de l’Etat. Mais il ne passe pas. Le roi en profite pour remplacer le ministre de l’Intérieur, Martignac, par la Bourdonnaye, ancien officier de l’armée des Princes de Condé, un des députés les plus violents de la Chambre Introuvable. La direction du ministère est confiée à l’élégant Jules de Polignac, un émigré dont, dit-on « l’imbécillité n’a d’égal que son aveuglement ».

Charles X avait coutume de dire : « Un roi qu’on menace n’a de choix qu’entre le trône et l’échafaud ». Ce sera, selon le mot de Talleyrand, « la chaise de poste » !

Avril 1829 : Victor Hugo : le soleil s’est couché

 Boules blanches, Boules noires ?

14 mai 1829 : pétition de la Supérieure des Ursulines de Jésus, établies à l’école charitable de Châteaubriant, qui demande au Conseil Municipal de prendre une délibération, « pour obtenir l’autorisation spéciale dont notre établissement a besoin pour acquérir une existence civile. Notre société a été approuvée par l’ordonnance royale de 1825 mais d’après les termes de la loi, les établissements qui en dépendent doivent obtenir une autorisation particulière »

Le Conseil débat de cette question et il est ouvert « un scrutin par boules blanches et par boules noires ». Il s’est trouvé 5 boules blanches et 9 boules noires, donc la pétition n’a pas été prise en considération.

8 août 1829 : Charles X fait appel à son ami intime, Jules de Polignac, pour former le gouvernement. Le journal Le Globe disait de lui « Il est très résolu mais il ne sait pas à quoi ». A ses côtés, La Bourdonnaye, au Ministère de l’Intérieur, et le Général Bourmont (propriétaire du château de Freigné, non loin de Châteaubriant, ex-émigré, ex-chouan, déserteur trois jours avant la bataille de Waterloo) au Ministère de la Guerre.

Ce gouvernement suscite une explosion de colère dans le pays. On le crie : « le choix de la nouvelle équipe ressemble à un drapeau rouge agité devant un taureau ». Le Journal des Débats écrit : « Voilà encore une fois la cour avec ses vieilles rancunes, l’émigration avec ses préjugés, le sacerdoce avec sa haine de la liberté (...). Pressez, tordez ce ministère, il ne dégoutte qu’humiliations, malheurs et dangers »

29 août 1829 : Pour protester contre la composition du nouveau gouvernement, François René de Chateaubriand envoie sa démission d’ambassadeur. Tout l’été se manifestent deux mouvements d’opposition, : un jeune parti républicain en relation avec La Fayette, et une coalition hétéroclite autour de Louis-Philippe d’Orléans, fils de « Philippe Egalité » (duc d’Orléans, cousin de Louis XVI), ami de nombreux chefs de gauche ... et lié à la bourgeoisie d’affaires.

15 novembre 1829 : le Conseil Municipal de Châteaubriant est réuni, à la demande de l’ingénieur géomètre du cadastre, pour délimiter la commune de Châteaubriant de celle d’Erbray, du côté de l’Etang du Chêne au Borgne.

Le Conseil rappelle qu’avant l’établissement du Moulin à eau du Chêne au Borgne, et avant la construction de la chaussée de retenue d’eau qui a formé l’étang, il y avait un chemin passant par « la Butte de la Sine » formée par un amas de crasse de fer, aboutissant au grand chemin (NDLR : sans doute la route de Nantes) et formant séparation des deux communes. Mais ce chemin a été supprimé et établi sur la chaussée de l’étang et du moulin. L’ingénieur géomètre du cadastre pense que la totalité de l’Etang du Chêne au Borgne doit faire partie de la commune de Châteaubriant et que la surface à « intercaller » dans la commune de Châteaubriant est de 4 hectares dont le revenu est fixé à 22 francs.

15 novembre 1829
 : l’administration des Postes vient de faire macadamiser la portion de route royale qui existe entre le Faubourg de la Barre et le Pont de l’Eperon, en passant devant l’ouverture de la rue Bourbon. Mais du coup, « cette rue ne se trouve plus en rapport avec la grande route, à cause de la nécessité de faciliter l’écoulement des eaux pluviales et donc, dans le moment, il y a interruption de communication directe surtout pour les voitures ». Il y a donc un travail urgent à faire : 52 mètres de pavé neuf.

18 novembre 1829 : déjà des changements dans le ministère. La Bourdonnaye s’en va, ne voulant pas travailler sous les ordres de Polignac. Aucune méthode de travail ne préside aux interminables séances du Conseil. Le Ministère n’a pas de programme bien arrêté. Le Roi Charles X, tout en s’amusant à découper du papier, est le véritable Président du Conseil. Polignac ne fait que lui obéir et le Dauphin passe son temps à annoter l’almanach militaire


Sources :

- Archives municipales série 1 D 17 et 2 D8

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)

- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)

- Le vieux Châteaubriant par l’image, par Yves Cosson et l’Office de Tourisme de Châteaubriant

- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/


Sources :

- Archives municipales série 1 D 17 et 2 D7

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)

- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)

- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/


(1) Jubilé : il s’agit d’une pratique biblique annoncée par le son du cor (yöbël en hébreu). C’est à l’origine une année où on laisse reposer la terre, où les dettes sont remises, les esclaves libérés et même, en partie, les biens redistribués. On parle aussi d’année sainte, envisagée comme une tentative de redressement social, où l’esclave retrouvait sa liberté et où l’homme se voyait octroyer remise de toutes les peines dues à ses péchés. Ces « indulgences » étaient accordées à ceux qui faisaient le pélerinage de Rome