Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Aller au plan simplifié  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Histoire > Histoire au jour le jour > 1832

1832

 Un différend sur la Garde

7 janvier 1832 : le "maire" de Châ-teaubriant propose de diviser les gardes nationaux en deux classes :

« la première composée de tous ceux susceptibles de former la Garde Nationale Mobile, seront assujettis aux revues et exercices »

« l’autre composée des citoyens séden-taires pour lesquels les revues et exercices ne seraient que de principe, car peut-on raisonnablement attendre des ouvriers de 45 à 55 ans, pères de famille peu alertes et dispos, dont les membres sont raidis par l’âge et le travail, à se plier aux mouvements de la Charge en douze temps ? Ce qui est pour les jeunes gens amusement et plaisir, serait pour les autres fatigue, gêne et ennui, de là le découragement et le désengagement ».

Mais le "maire" n’est pas écouté. Le Commandant de la Garde Nationale en réfère au Préfet et même au Ministre

Et Delourmel, contraint de justifier son attitude, écrit : « je n’ai point à répondre aux allégations qu’on a tâché d’accréditer sur mon dévouement et mon patriotisme. Ils sont trop connus pour redouter les traits de la calomnie. Je désire que mes détracteurs puissent en dire autant ».

Il précise tout de même, dans une lettre du 23 janvier 1832 « que la bonne harmonie entre l’autorité municipale et la Garde Nationale n’a pas été rompue par ce léger différend »

9 février 1832 : : le Conseil autorise Delourmel, faisant fonction de maire, à passer un bail de neuf ans, pour 130 francs par an, pour l’établissement de l’école d’enseignemenr mutuel dans une maison qui se trouve dans la cour du château.

 Histoire d’école

9 février 1832 : le Conseil Municipal prend connaissance d’une lettre de M. Hamon, chef de pensionnat à Châteaubriant, qui expose « l’embarras où il se trouve placé, par l’effet de la détresse générale et de la stagnation des affaires ». Il réclame l’augmentation de la somme qui lui est allouée annullement par le Conseil et se dit menacé de perdre le deuxième professeur qu’il s’est adjoint récemment, s’il ne remplace M. Ozanne dans le cas où ce dernier viendrait à prendre la direction de l’école d’enseignement mutuel.

« Ce jeune humaniste, M. Dalligné, nouvellement arrivé, enseigne indépendamment de la langue française et du latin, les mathématiques et le desssein » (c’est bien écrit : dessein !).Tout fait espérer à M. Hamon qu’avec de la persévérance son établissement prendra de l’extension.

Plusieurs membres du Conseil conviennent de l’utilité de cette école pour la ville, « par la facilité qu’ont les pères de famille de voir commencer sous leurs yeux l’éducation de leurs enfants. Et dans un avenir peut-être peu éloigné, sa métamorphose en un collège communal où la jeunesse de la ville et des environs suivra le cours de ses humanités ».

L’importance d’un collège n’échappe pas au Conseil mais la pénurie de ses finances fait qu’il est indécis sur les divers chiffres qui lui sont proposés pour venir en aide à M. Hamon. Il ajourne donc sa décision.

 Le trésor de l’ouvrier

14 février 1832 : le différend entre le "maire" et le commandant de la Garde Nationale n’est pas réglé. Le "maire" écrit au Sous-Préfet que si le Préfet était maire de cette ville, « il serait comme moi témoin des besoins et des privations de nos concitoyens et je suis certain qu’il se montrerait comme je le fais, économe du temps qui est le trésor de l’ouvrier ».

Le "maire" continue donc à refuser le règlement de la Garde nationale et insiste : « La loi vous donne les moyens de trouver quelqu’un qui comprendra dans un meilleur sens, ce qui sera profitable à ses administrés »

22 février 1832 : il semble que le Préfet ne veut rien entendre. Le "maire" envoie les pièces du dossier au Président du Conseil, ministre secrétaire d’Etat à l’Intérieur. « malgré toute ma confiance dans l’impartialité de monsieur le Préfet, pour vous mettre à même de juger en connaissance de cause ».

Apparemment, le Ministre donnera raison au Commandant de la Garde Nationale.

26 février 1832 : les électeurs de la ville sont appelés à désigner 23 conseillers municipaux. Les élections doivent avoir lieu lundi 5, jeudi 8 et dimanche 11 mars. « Je vous prie de vouloir bien mettre chacun de ces jours un poste de 8 à 10 Gardes Nationaux à la disposition de la présidence de l’assemblée électorale » écrit le "maire" à M. Lebreton, commandant de la Garde Nationale.

26 février 1832 : M. Lemarié, membre du Conseil Municipal fait un legs à l’hospice de Châteaubriant et 1000 francs aux pauvres de la commune

Les 1200 francs consacrés par le Conseil, le 30 décembre dernier, aux travaux de Charité, risquent d’être totalement absorbés par les travaux de terrassement de la promenade. Le Conseil vote 100 francs de plus pour l’achat d’arbres.

12 mars 1832 : l’année 1832 est en France celle des conspirations et des insurrections montées aussi bien par les carlistes (partisans de Charles X et de son petit-fils Henri V, Duc de Bordeaux) que par les révolutionnaires les plus ardents. Complots, attentats se succèdent. Le 12 mars la sédition s’étend à Grenoble où des jeunes gens caricaturent si grossièrement le roi Louis Philippe que le Préfet fait charger la troupe (et pas la Garde Nationale dont il n’est pas sûr). Toute la ville se soulève et exige le départ du régiment qui doit quitter la ville sous les huées. L’épisode est resté connu sous le nom de « conduite de Grenoble »

  Sage-femme

3 avril 1832 : Delourmel, adjoint, faisant fonction de maire, écrit au Préfet que la ville n’a plus que deux sages-femmes car l’une d’elles s’est mariée et est partie dans une autre ville. Il sollicite donc une place gratuite à l’Hôtel-Dieu de Nantes pour une jeune fille de Châteaubriant qui se propose pour être élève sage-femme.

« Elle réunit aux qualités exigées par le règlement pour être admise à suivre les cours d’accouchement, une constitution forte et robuste, beaucoup d’intelligence, une conduite sans reproche »

 Ce mal qui répand la terreur

Depuis le 26 mars le « choléra-morbus » qui sévissait en Provence et en Bourgogne, a atteint Paris où, du coup, c’est l’affolement. Casimir Périer, Ministre de l’Intérieur est malade. Il doit renoncer à sa charge. Les faubourgs de Paris, où l’hygiène est déplorable, sont les plus atteints. L’opposition accuse le gouvernement d’être responsable du choléra qui, prétend-on, épargne les riches et les bourgeois.

 21 avril 1832

 : un nouveau conseil municipal est installé à Châteaubriant . M. Delourmel, adjoint, expose que le choléra-morbus « qui dans ce moment ravage la capitale et qui commence à se propager dans les départements » peut envahir « inopinément » la commune de Châteaubriant . « La prudence et l’humanité conseillent notamment dans l’intérêt de la classe indigente, d’adopter par avance des mesures pour combattre le fléau ».

Une commission sanitaire est mise en place à Châteaubriant. Elle prend des précautions concernant la salubrité générale,et s’occupe de créer des infirmeries temporaires pour recevoir les personnes qui, venant à être attaquées par l’épidémie, ne pourraient pas être convenablement traitées chez elles.

De plus, elle s’adjoint des personnes des deux sexes ayant pour mission de faire une quête dans les différents quartiers « dans le but d’obtenir au profit des pauvres des secours en argent et des prêts d’effets mobiliers »

Enfin le maire propose de mettre un capital de 3000 francs, sur les fonds disponibles de la caisse municipale, à employer au fur et à mesure des besoins. « Il faut espérer que, le cas échéant, les pauvres trouveront dans la charité publique les secours alimentaires que la maladie ou la perte de leurs proches ne leur permettraient plus de se procurer ».

 Noir animal

25 avril 1832 : lettre du Sous-Préfet au maire de Châteaubriant : « Il existe dans la ville de Châteaubriant trois dépôts de noir animal. Ces dépôts sont insalubres » [Le noir animal est un produit obtenu par calcination en vase clos de diverses matières animales, spécialement des os. Il peut servir d’engrais pour les cultures. On l’utilise aussi pour la purification du glucose]. « Sous le rapport de l’insalubrité, ils ne sont pas bien dangereux, mais il n’en est pas de même en ce qui concerne l’incommodité : cette matière exhale quelquefois une odeur de beurre rance tellement insupportable que le conseil de salubrité de la ville de Nantes a émis le vœu de les renvoyer hors ville et a constamment donné un avis défavorable au maintien de ceux situés près des maisons d’habitations ». Le Sous-Préfet explique au maire qu’il est indispensable que les propriétaires se mettent promptement en conformité avec la loi « et forment les demandes régulières auxquelles l’administration donnera les suites nécessaires »

26 avril 1832 : la maison de M. Gérard de la Gibardais est réquisitionnée comme hôpital provisoire, pour 2 mois, dans le cas de choléra-morbus. Le propriétaire tente de ce soustraire à cette réquisition en disant que sa maison est déjà louée pour caserner la brigade à pied. Mais le maire lui répond que les formalités nécessaires n’ont pas été accomplies et qu’il ne peut donc prendre en considération cette objection.

28 avril 1832 : la Duchesse de Berry, déguisée en mousse, sur un petit bateau sarde, débarque au large de Marseille. Elle vient chasser ce Louis-Philippe, cet usurpateur, à la place de qui elle veut mettre son fils le Duc de Bordeaux. Elle s’attendait à trouver 2000 partisans. Seuls une soixantaine d’hommes, mal préparés, mal équipés, mal commandés, ont répondu à son appel ... et ne réussissent pas à prendre l’hôtel de ville de Marseille où la population, indifférente à ce charivari, ne bouge pas.

8 mai 1832 : le Conseil Municipal de Châteaubriant est invité à assister le soir même à l’installation de M. Le Baron Normand, sous-préfet de l’arrondissement de Châteaubriant, qui remplace Yvon Jacques Luneau en place depuis le 6 septembre 1830.

8 mai 1832 : quatre membres de la Garde Nationale de Châteaubriant ont sans doute fait des bêtises car ils sont traduits devant le Conseil de Discipline et condamnés à de la prison. Le maire leur demande de se constituer volontairement prisonniers.

Les quatre condamnés demandent alors à ne pas être mis en prison « avec des hommes dont la plupart sont entachés de crimes ». Le maire leur répond qu’ils seront mis en chambre séparée. Et comme il y a deux frères dans le lot, le maire leur précise même qu’il n’y a pas urgence et qu’ils pourront subir leur peine l’un après l’autre pour ne pas laisser la garde de leur maison.

13 mai 1832 : le Conseil Municipal se préoccupe des boues de la ville de Châteaubriant : « il est entendu que si les essais tentés pour affermer le produit de ces boues sont infructueux, il y aura lieu de faire un traité avec quelque agriculteur qui les enlèverait et en profiterait gratuitement, parce qu’il s’agit plutôt d’un objet de salubrité que d’une question d’intérêt financier » [NDLR : on voit ici apparaître le mot agriculteur, alors qu’on disait habituellement : laboureur »]

15 mai 1832 : les habitants de Châteaubriant ont droit à une indemnité pour le logement qu’ils ont fourni aux troupes stationnées en cette ville aux premier, deuxième et troisième trimestre de 1831. Mais l’intendant militaire de Nantes tarde à verser ce qu’il doit alors que beaucoup d’habitants attendent ce qui doit leur revenir pour se libérer de leurs contributions. Le maire écrit donc à l’intendant de faire diligence avant que « la malveillance s’empare de cette circonstance pour semer le trouble et la discorde en ville »

15 mai 1832 : réunion du Conseil Municipal. Il faut signaler qu’à cette époque les maires ne peuvent pas réunir les conseils municipaux comme ils le veulent. Il faut avant tout, et surtout pour les réunions non ordonnées par la loi, une autorisation spéciale du Préfet.

Donc, ce 15 mai, le Conseil est réuni pour une discussion budgétaire. Il refuse à nouveau (comme il l’avait fait le 12 mai 1831) d’augmenter le salaire du secrétaire de mairie. Il décide l’achat d’un réverbère pour la rue de la Planche Marguerite (120 francs). Il prévoit 72 francs pour les fêtes publiques (au lieu de 100 francs) « en invitant le maire à ne faire que le moins possible de dépenses dans un but de seule représentation ».

Par ailleurs, le maire est invité à ne pas renouveler les traités concernant l’entretien des pavés, parapets, chemins, promenades « parce que, dans l’intérêt de la ville, il est préférable de pourvoir, par économie à cet entretien qui souvent se réduit à de minces dépenses ».

50 francs sont affectés au sablage de la nouvelle promenade établie dans les douves du château. « Quant à l’horloge, elle est dans un tel état de vétusté et de délabrement que, non seulement il est impossible de la faire marcher d’une manière satisfaisante, mais encore de la réparer »

Le Conseil décide de se renseigner sur le prix d’une horloge neuve à installer au 1er janvier 1833.

16 mai 1832 : Casimir Périer, Président du Conseil, meurt épuisé par la maladie. Les carlistes (partisans de Charles X) et les républicains pavoisent : ils ont triomphé, à l’aide du choléra, de l’homme qui les a traqués. Louis Philippe n’est pas très affecté de la mort de son ministre. « L’avenir de la monarchie constitutionnelle n’est pas attaché à la mort d’un homme quel qu’il soit » écrivent les journaux de la cour.

19 mai 1832 : Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit de façon extraordinaire car il a oublié, quatre jours auparavant, d’inscrire 300 francs pour la réparation du chemin d’Issé. Il profite de cette séance pour exempter 7 personnes de toute contribution personnelle et mobilière pour 1832.

21 mai 1832 : Marie-Caroline, Duchesse de Berry, arrive au château des Mesliers, en plein marais vendéen. Elle est déguisée en paysan. Coiffée d’une perruque brune, elle a charbonné ses sourcils et se fait appeler « Petit Pierre ». Dans la chambre où elle loge, sous le lit, il y a une trappe qui permet d’accéder à une cachette communiquant avec le rez de chaussée. On ne sait jamais ...

Les chefs vendéens, descendants des farouches chouans de 1793, sont prêts à la soutenir, du moins en paroles : ils savent bien que le peuple les suivra difficilement car le gouvernement de Louis-Philippe respecte les prêtres et l’Eglise. Mais l’enthousiasme et la fougue de Marie Caroline (elle a alors 33 ans) suscitent l’admiration et un soulèvement, en faveur du Duc de Bordeaux, est prévu pour le 24 mai. Le Préfet de Nantes est inquiet : « la plantation de drapeaux blancs ne discontinue pas. Les enrôlés de Nantes se sont mis en marche sous la conduite d’un personnage qui, suivant toute apparence, n’appartient pas à une classe inférieure ».

 Les pancaliers

Dans la région de Châteaubriant-Riaillé, Jean Terrien, dit Cœur-de-Lion, retrouve l’ardeur de sa jeunesse. Selon un rapport : « l’infatigable vieillard (il a 66 ans) sait encore communiquer sa vieille ardeur à ses jeunes recrues qui, dociles à sa voix ; promettent d’exécuter fidèlement ses ordres ». Mais, selon Pierre Péan (voir Les Chapellières page 346), les « pancaliers » sont plus nombreux que les Terrien. Un pancalier c’est une espèce de chou, haut sur pied, qui n’a pas de cœur mais seulement des feuilles vertes. Il désigne les tièdes dans le complot de la Duchesse de Berry.

Marie Caroline met tout son espoir sur la défection des troupes royales à qui elle fait porter des proclamations en faveur du Duc de Bordeaux. Mais il y a des tiraillements dans son entourage. Le soulèvement est repoussé de quelques jours, et puis encore de quelques jours. Les ordres et contrordres, les allées et venues d’émissaires attirent l’attention.

Le complot dans la bouteille

29-30 mai 1832 : le préfet de Loire-Inférieure décide une intervention à « La Charlière » à La Chapelle sur Erdre. Il trouve un cheval scellé prêt à partir, une corde à nœuds qui pend à une fenêtre de derrière, sept ou huit lits défaits (alors que la maison n’abrite officiellement que 3 personnes). Le propriétaire des lieux, M. de l’Aubépin est découvert blotti dans un placard à double fond. Et, dans le jardin à l’anglaise qui entoure la maison, les grenadiers trouvent 4 bouteilles dissimulées sous des feuillages. Dans ces bouteilles, 59 lettres qui révèlent le complot de Marie-Caroline et permettent d’inculper le maréchal de Bourmont et Jean Terrien.

31 mai 1832 : sur différents murs de Châteaubriant on peut lire « Le Gouvernement Provisoire, par arrêté de ce soir, ordonne à la Garde nationale de prendre la cocarde blanche qui redevient dès ce moment la cocarde nationale et le seul signe de ralliement des Français »

2 juin 1832 : le maire de Châteaubriant écrit à l’un des citoyens de la ville : « Des circonstances supérieures exigent indispensablement qu’il soit établi un poste (de garde) à la Porte Neuve. Je vous invite en conséquence à laisser disponible pour ce soir l’appartement situé entre la Porte Neuve et la Maison Durand »

4 juin 1832 : 120 personnes se réunissent au bourg de Juigné. Elles acceptent pour chefs les fils Terrien et Bourmont de Freigné et marchent sur La Chapelle Glain, Petit et Grand Auverné, et Vritz. Dans la forêt de Juigné, elles rencontrent un détachement du 54e qui leur tue un homme et en blesse plusieurs autres sur les landes du Moulin Blanc du côté de « Chalain-de-Potherie ». La ville de Châteaubriant est à ce moment mise en état de siège et on réorganise sa Garde Nationale. .

5 juin 1832 : à Paris, ce sont les Républicains qui lancent l’assaut contre Louis-Philippe. Bonnets rouges et drapeaux rouges surgissent de partout. Il y aura 3000 émeutiers et 800 victimes. Mais Louis-Philippe garde son sang-froid.

6 juin 1832 : Jean Terrien (Cœur de Lion) participe au grand véritable combat, au lieu-dit Colombo, entre Riaillé et Bonnoeuvre. Mais les Chouans sont trop peu nombreux. Dans tout l’Ouest les batailles se limitent à quelques violentes escarmouches. Le 7 juin, la bataille fait rage près de Vitré-La Guerche (où les soldats de Louis Philippe s’emparent du curé de Drouges et de beaucoup d’autres révoltés). Elle fait rage aussi en Vendée, du côté de Clisson, Vieillevigne et au manoir de la Pénissière tenu par Auguste de la Rochejaquelein et une cinquantaine d’hommes, qui assiégés par dix fois plus nombreux qu’eux, doivent s’enfuir. Les « Blancs » ont perdu. Les « Culottes Rouges » de Louis Philippe capturent les derniers rebelles. L’insurrection a provoqué un bain de sang, sans succès.
La branche aînée des Bourbons s’est brisée à jamais.
L’état de siège est proclamé à Paris et dans certains départements de l’Ouest. Les prisons regorgent de détenus. « Le choléra-blocus a succédé au choléra-morbus » dit-on à Paris.

10 juin 1832 : « En raison de la guerre civile qui désole le pays, la Garde Nationale a déjà fourni des détachements. L’administration municipale [de Châteaubriant] a été obligée de faire confectionner pour une partie des gardes nationaux, 26 ceintures pour tenir lieu de gibernes, qui ont coûté 79 francs et 45 centimes »

« De plus le Corps de Garde a changé de local, il a fallu démonter, transporter, réparer et remonter les lits de camps ce qui, avec le prix de deux bancs, a occasionné une dépense de 15 francs. Enfin il est indispensable d’établir dans le corps de garde un râtelier pour y placer les armes : coût 5 francs et 55 centimes »

 Une casquette

« il est aussi nécessaire de fournir des ceintures pour tenir lieu de gibernes à 45 gardes nationaux (les autres en sont pourvus) et il est indispensable que la Compagnie reçoive pour chaque homme une paire de souliers et, pour éviter toute méprise de la part des troupes en ligne, une casquette ou un bonnet et une veste d’uniforme », (pour 75 hommes). Cette proposition, qui se chiffre à 825 francs a été l’objet d’une vive discussion des conseillers municipaux de Châteaubriant qui ont voté au scrutin secret. « Chacun a eu une boule blanche et une boule noire et en a fait le dépôt dans les urnes. Il s’est trouvé 12 boules blanches et 5 boules noires ». Proposition adoptée.

10 juin 1832 : la guerre civile ne fait pas oublier les besoins de la ville. « Un devis a été fait pour l’établissement d’un aqueduc dans toute la longueur de la Basse Rue et dans la partie basse de la Rue de Couëré jusqu’à la rivière ». Avec le pavage à neuf de la Basse Rue cela fait 2745 francs et 74 centimes. Le Conseil Municipal accepte aussi de faire faire les travaux par adjudication, « en vérifiant qu’il y a une pente suffisante pour établir utilement l’aqueduc ».

20 juin 1832 : le maire de Châteaubriant écrit au commandant de la Garde Nationale : « il me semble que dans un pays où la liberté des cultes n’est pas un vain mot, les autorités et les corps constitués doivent s’abstenir de paraître comme tels aux cérémonies purement religieuses.

Je pense donc que l’autorité municipale n’a point le droit d’obliger les Gardes Nationaux à aller à une procession à laquelle ils peuvent assister comme simples particuliers si telle est leur croyance. Je ne vous ferai donc aucune réquisition à cet effet »

 Morveux

29 juin 1832 : la Cour de cassation a jugé que l’état de siège est illégal. Louis-Philippe y met fin aussitôt. Il est sans inquiétude, car il sait que son trône est maintenant solide.

Sources :

- Archives municipales série 1 D 17 et 2 D8

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)
- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)
- Les Rois de France, fiches des Editions Atlas

- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/