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1836 (de juillet à décembre)



17 juillet 1836 : le maire écrit au lieutenant de Gendarmerie : « des considérations morales que vous saurez apprécier, ont engagé M. le Ministre de l’Intérieur à ne pas autoriser la publication de portraits d’Alibaud, Fieschi, Morey, Pépin. S’ils étaient mis en étalage, ils devront être immédiatement saisis et déférés au ministère public » [ndlr : les trois derniers hommes ont été exécutés le 19 février 1836 comme auteurs de l’attentat du Boulevard du Temple, contre le roi Louis-Philippe, le 27 juillet 1835]

La presse à bon marché

Selon Marcel Jullian et Jacques Levron (dans Histoire de la France et des Français, Ed. Robert Laffont), « un des phénomènes importants du XIXe siècle, c’est l’apparition de la grande presse accessible à tous. (...). La date capitale est celle de 1836 . Emile de Girardin lance un quotidien à bon marché. Il a l’intuition d’une puissance nouvelle : la publicité ».

Le 1er juillet 1836 il fait paraître le premier numéro de La Presse dont l’abonnement ne coûte que 40 francs alors que celui des autres journaux est de 80 francs. Le même jour paraît aussi le premier numéro du Siècle (au même prix). La caractéristique des journaux de la Monarchie de Juillet est l’importance qu’ils accordent aux faits divers et surtout aux romans publiés en feuilleton : Balzac (Eugénie Grandet, Le Père Goriot, Le lys dans la vallée), Eugène Sue (Les mystères de Paris), Alexandre Dumas père (Les trois mousquetaires, le Comte de Monte-Cristo), s’y font connaître.

 Conflit de pouvoir entre le maire et le sous-préfet

26 juillet 1836 : le maire a reçu des ordres du Sous-Préfet concernant les fêtes de juillet. Il refuse de s’y conformer et menace de cesser ses fonctions municipales.

Le litige porte sur l’affiche annonçant le programme des fêtes de juillet. Le Sous-Préfet reproche au maire de ne pas l’avoir consulté. « Une telle affiche ne peut être régulièrement placardée ni répandue dans le public sans mon avis approbatif. J’ai en conséquence l’honneur de vous donner l’invitation formelle de suspendre jusqu’à nouvel ordre la distribution et la publication de cette affiche. Si quelques placards avaient été apposés sur quelques murs, veuillez les faire enlever sur le champ ».

 Démission du maire

Sur le champ, justement, le maire réplique au Sous-Préfet, par courrier : « les explications verbales que nous avons eues ne n’ont pas convaincu de mes torts (...) Votre lettre et les ordres que celle-ci renferme, ne peuvent recevoir de moi leur exécution (...). Je quitte le théâtre de la mairie en exposant préalablement à M. Dorange, adjoint, les instructions prohibant l’affiche et la lacération des placards objets de vos insinuations ».

Félix Lebreton écrit en effet à M. Dorange, son premier adjoint : « Le respect que je dois au désir de mes concitoyens et à moi-même, ne me permettent plus de continuer, même pendant cinq minutes encore, les fonctions de maire de cette commune ».

Ulcéré de ce conflit, le maire s’explique auprès du Préfet, toujours le 26 juillet : « Quand un magistrat est blessé dans sa dignité, quand ses actes légaux sont attaqués avec violence et foulés aux pieds avec brutalité par l’autorité supérieure, l’honneur lui fait un devoir de se retirer.

J’avais, dans le cadre des attributions que me confère la loi, rédigé et fait afficher à l’occasion des fêtes de juillet, le programme dont je joins ici un exemplaire. Monsieur le Sous-Préfet, prétendant que je n’aurais dû le livrer à la publicité qu’après un avis approbatif de sa part, m’a enjoint de suspendre la distribution et de faire arracher les exemplaires qui étaient déjà placardés ».

« Je ne puis croire à l’indispensabilité d’une formalité de la nature de celle que M. le Sous-Préfet exige. La responsabilité d’un maire est d’ailleurs entière et sans partage en ce qui concerne les réjouissances et cérémonies publiques »

« J’ai fait, par les mains des gendarmes, arracher les affiches, au grand scandale de tous les amis de l’ordre et de la tranquillité publics. Que chacun porte ici la responsabilité de ses actes. Quant à moi, ne voulant plus exercer en ma personne un pouvoir que M. le Sous-Préfet prétend assujettir à son bon plaisir et traite avec si peu d’égards, je déclare m’en défaire ». La rupture est ainsi consommée. Le maire, Félix Lebreton a démissionné.

27 juillet 1836 : M. Dorange, faisant provisoirement fonction de maire, écrit au Sous-Préfet qu’il ne veut pas s’occuper des fêtes de juillet . « Je laisse au zèle particulier de chaque citoyen, le soin de célébrer à sa façon l’anniversaire des journées de juillet » [ndlr : journées révolutionnaires des 27-29 juillet 1830 qui conduisirent à l’abdication du roi Charles X et à la proclamation de Louis-Philippe, Duc d’Orléans, comme Roi des Français].

29 juillet 1836 : par crainte des attentats, le Conseil des Ministres décide que le roi ne participera pas à la revue traditionnelle ni à l’inauguration, à cette occasion, de l’Arc de Triomphe enfin terminé. Un banquet remplace la cérémonie. Le roi ne cache pas ses regrets dans son discours.

Juillet 1836 : Victor Hugo : Océano nox

1er août 1836 : les gendarmes venant passer la revue à Châteaubriant se sont, apparemment, plaints de ne pas avoir reçu le logement militaire. M. Dorange écrit au Sous-Préfet : « je vous prie de considérer cette affaire comme l’une de celles dont je ne veux pas m’occuper ».

18 août 1836 : dans une nouvelle lettre au Sous-Préfet, M. Dorange précise : « je ne veux ni convoquer ni présider le Conseil Municipal pour l’établissement du budget de la commune et encore moins pour un vote de fonds pour l’agrandissement de l’église » dont la dépense affecterait une grande partie des réserves de la commune. « Je suis du reste, M. le Sous-Préfet, tout prêt à cesser les fonctions de maire si vous trouvez un autre conseiller municipal disposé à faire plus que je n’ai promis ».

6 septembre 1836 : M. Dorange insiste : « Je n’ai jamais entendu me charger de la convocation et de la présidence du Conseil Municipal à moins d’une affaire très urgente. Je ne réunirai point le Conseil pour le vote des 28,80 francs que M. le Préfet a cru devoir imposer à la commune de Châteaubriant pour indemniser la gendarmerie d’un refus de logement auquel elle devait avoir droit en vertu d’un règlement du 21 novembre 1823. Je vous fais observer que, malgré la meilleure volonté possible, je n’ai pu trouver aucune trace de ce règlement ».
A quelle date s’est faite la désignation d’un « faisant fonction de maire » ? Les archives municipales sont muettes à ce sujet. On trouve M. Connesson à ce poste le 9 octobre 1836.

On peut penser que M. Dorange a été remplacé rapidement à ce poste, étant donné la mauvaise volonté (compré-hensible !) qu’il manifestait.

26 septembre 1836 : lettre de la mairie de Châteaubriant à l’école royale des Arts et Métiers d’Angers : « pendant 4 jours, l’horloge a marché régulièrement mais depuis le départ de votre chef d’équipe, la sonnerie a éprouvé des altérations graves ». La mairie insiste donc sur sa demande d’enlever « une machine qui paraît ne devoir jamais fonctionner convenablement »

8 octobre 1836 : la mairie, « voulant mettre à même la ville de Châteaubriant de profiter de la pompe en cas de sinistre » a nommé un lieutenant, deux sergents, et quatre caporaux pour l’organisation définitive de la subdivision de pompiers de Châteaubriant .

 Faisant fonction

9 octobre 1836 : cette fois c’est sûr : M. Connesson remplit « par vacance » les fonctions de maire et réunit le Conseil où M. Guibourg est nommé secrétaire « par le dépouillement d’un scrutin où il a obtenu la pluralité des suffrages ». Il est donc chargé de « tenir la plume en cette qualité »

9 octobre 1836
 : Sous la présidence de M. Connesson, faisant fonction « par vacance » de maire, le Conseil Municipal de Châteaubriant verse une indemnité de 36 francs au gendarme Soret qui a recopié le dernier tableau de recensement de la commune. « Ce tableau contient dans plusieurs colonnes distinctes des renseignements circonstanciés touchant les 3634 individus qui y figurent ». La copie a été confiée à M. Soret « afin de ne pas distraire le secrétaire de la mairie de ses travaux ordinaires qui auraient immanquablement été interrompus s’il avait dû faire lui-même la copie dont il est question et qui ne pouvait être expédiée qu’au bout d’une dizaine de jours au moins d’application assidue »Le Conseil est revenu aussi sur la question de l’horloge « longtemps attendue » et qui a enfin été placée « depuis 2 ans » mais qui a marché avec irrégularité ou s’est souvent interrompue. « Enfin, dans la première semaine de septembre dernier, sont arrivés deux mécaniciens de l’école qui ont entrepris de mettre l’horloge en état de marcher. Après 8 jours de travail, l’horloge a recommencé à sonner. Pendant 5 à 6 jours, le service s’est fait d’une manière satisfaisante mais au bout de ce temps il a encore été remarqué des altérations sensibles et même des interruptions dans la sonnerie. Toutefois un prompt remède a été apporté par l’un des mécaniciens resté, aux frais de l’école, sur les lieux où il se trouve encore et on n’a pas eu à se plaindre depuis le 13 septembre dernier »

Avant de faire la réception officielle de cette horloge, le Conseil décide de laisser passer un mois « de manière à exclure tout soupçon d’artifice, c’est-à-dire qu’on ne puisse pas prétendre, si l’horloge va bien, que c’est grâce à la fréquence des visites et à la continuité des soins de gens favorables à l’école, et que si elle va mal, que c’est par la faute de la malveillance ».

 Méfiance ...

Il est alors décidé par le Conseil, ce 9 octobre 1836, à l’unanimité, que « le directeur de l’école des Arts et métiers d’Angers et le chef du pouvoir municipal nommeront chacun un préposé pour surveiller l’horloge. Deux serrures ou cadenats seront placés à la porte du cabinet de l’horloge de manière à ce que chaque préposé ait une clef différente et que l’un ne puisse entrer sans l’autre. Il en sera de même pour toutes les issues qui ne seront pas susceptibles d’être patefichées. Si au bout d’un mois à partir du commencement de l’épreuve, l’horloge a constamment bien fonctionné avec les simples soins ordinaires, la ville acceptera la machine ».
« Si au contraire elle ne fonctionne pas bien durant ce laps de temps, elle sera définitivement rejetée ». La confiance règne !

16 octobre 1836 : nouvelle réunion du Conseil Municipal sous la présidence de M. Connesson, « remplissant par vacance les fonctions de maire ». Avis est demandé sur le projet d’Erbray de tenir une foire le 13 du mois d’août chaque année. Faisant observer que cette foire pourrait de temps en temps coïncider avec le marché de Châteaubriant d’où il résulterait immanquablement un préjudice réciproque, le Conseil propose que la foire d’Erbray soit fixée au lundi qui précède le 15 août.

18 octobre 1836 : lettre de la mairie au directeur de l’école d’Angers : « le 9 de ce mois j’ai donné connaissance au Conseil Municipal de la marche de votre horloge depuis le mois de septembre, marche qui a paru régulière avec un léger mouvement de retard » (une minute par jour environ).

« A partir de maintenant, il sera placé une serrure neuve à la cage de l’horloge et un cadenat à chiffre. Un préposé par vous aura la clef de la serrure et un préposé de la ville celle du cadenat. Dans un mois on saura ainsi si l’on peut compter sur la régularité. On appréciera le retard régulier qu’elle aura éprouvé »

21 octobre 1836 : nouvelle lettre de la mairie : « il semble vraiment qu’il y ait un sort attaché à notre horloge. A peu près pendant 15 jours elle a suivi une marche régulière mais, hier matin, elle n’a sonné 2 heures qu’à 2 heures et demi et deux fois 3 heures. Et le soir à 8 heures elle retardait de 35 minutes.

Agréez le regret que j’éprouve de vous donner des détails aussi désagréables »

22 octobre 1836 : la mairie prévient les habitants qui ont mis des lits à l’hospice, pour le service des malades, qu’ils peuvent les retirer quand il leur plaira.

27 octobre 1836 : une personne a l’intention d’établir un four à chaux à Châteaubriant . Il y a sans doute eu enquête publique puisque la mairie précise que « personne n’est venu dire ni contredire ».

 Réverbères

29 octobre 1836 : au Conseil Municipal, trois nouveaux réverbères sont envisagés. L’un pour éclairer la route de Nantes, la route de Laval et la place de la Motte descendant vers l’Eperon. [ le boulevard de l’Eperon s’appelle de nos jours : boulevard Victor Hugo ]. Le second pour éclairer une partie du Faubourg de Couëré. Le troisième pour éclairer la chaussée de la Torche. Le Conseil, après discussion, rejette les deux derniers ainsi que la demande de deux autres réverbères : l’un au milieu de la Grand Rue, l’autre à proximité du portail de la Cour de la Coquerie.

 Eglises : projet ...

Ce 29 octobre 1836, des travaux d’agrandissement de la chapelle Saint Nicolas sont demandés « car cette église est d’une trop faible étendue pour contenir la population qui la fréquente ». Le projet consiste à élargir la nef au moyen de bas-côtés qui s’étendraient au nord et au sud à l’alignement des chapelles, avec suppression de pans de murailles à l’intérieur.

Mais le Conseil considère que cela en gâterait l’aspect et obstruerait, en outre, des passages indispensables. Cela aurait pour effet de « réduire la place St Nicolas et la ruelle régnant en septentrion de l’église, l’une et l’autre déjà beaucoup trop étroites ». Le Président (M. Connesson) estime aussi que cet agrandissement occasionnerait une dépense très considérable.

Un autre projet consiste à prolonger l’église vers l’ouest, jusqu’à l’alignement de la rue à poursuivre à travers la ruelle et la Cour de la Coquerie « et qu’en adoptant un bon genre de charpente, l’église pourrait se terminer de manière à s’harmoniser assez convenablement avec le surplus du bâtiment ».

Le Président s’interroge sur le bien-fondé de cet agrandissement « qui se fait d’autant moins sentir que le nombre de prêtres s’est accru depuis quelques années ». Finalement le Conseil décide de ne rien décider avant d’avoir vu un plan et un devis.

Le Conseil de Fabrique demande cependant un subside de 10 000 francs. Avant de passer au vote, M. Lebreton, demande à MM. Connesson et Delaunay, qui sont membres du Conseil de Fabrique, de s’abstenir sur ce vote [c’est la première fois qu’on rencontre ce genre de pratique qui est désormais courante].

Le vote donne 10 voix pour, 10 voix contre. Le Conseil décide de reporter sa décision au dimanche suivant.

 ... et protestation

Le même jour, 29 octobre 1836, le Conseil Municipal est saisi d’une pétition au sujet de réparations à faire à l’église de Béré. Cette pétition dit : « Au lieu de songer à l’accroissement de la chapelle St Nicolas, ne serait-il pas plus raisonnable de terminer les travaux de réparation de l’ancienne église paroissiale de Béré, commencés il y a quelques années par la générosité (souligné dans le texte) des habitans ? Bien des motifs nous semblent le démontrer »

« Cette dernière église qui se trouve près du cimetière et bien plus au centre de la population, rappelle les souvenirs de piété et de famille difficiles à éteindre dans nos pays éminemment religieux et fidèles. Les soussignés pensent au reste que les réparations de Béré peuvent se terminer sans frais pour la commune comme elles ont été commencées, et ils protestent de toutes leurs forces contre le projet d’agrandissement de la chapelle St Nicolas qui, en définitive, doit coûter fort cher sans offrir aucun intérêt » .

Cette pétition, signée de « vos très humbles et très obéissants serviteurs » comporte environ 50 signatures dont Ernoul-Provôté, Delourmel de la Picardière, De Boispéan, etc. Mais elle n’est pas prise en considération par le Président de séance « parce que ce papier n’a pas été remis avant l’ouverture de la séance »

30 octobre 1836 : le prince Charles-Louis-Napoléon-Bonaparte, neveu de l’Empereur, cherche à prendre en mains les destinées de la France. Il tente de soulever la troupe et, avec quelques officiers, s’empare d’une caserne à Strasbourg pour quelques heures. Mais l’affaire échoue ... par suite d’un embouteillage dans un passage étroit !. Le roi Louis-Philippe fait ramener Louis-Napoléon à Paris et, pour ne pas en faire un martyr, le fait embarquer pour l’Amérique, en lui versant même 15 000 francs pris sur sa cassette personnelle. Quant à ses complices, ils sont acquittés. Le soulèvement manqué a sombré dans le ridicule....

30 octobre 1836 : à Châteaubriant M. Connesson préside le Conseil Municipal « par vacance des fonctions de maire ». Il explique que le château est actuellement possédé par la ville et divers particuliers (acte de vente du 3 mai 1807) et que les passages communs aux différentes parties de l’édifice doivent être entretenus et réparés à frais communs. Au nombre de ces passages on trouve « la rampe descendant de la cour septentrionale sur la Grand Rue » qui est dans un état dangereux de dégradation.

Un conseiller fait remarquer que le château a deux issues, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur de la ville « et qu’il faudrait que le Conseil
décidât si ces deux issues sont utiles à conserver ». La réponse fut
affirmative.

Un autre conseiller dit que la Rue du Dos d’Ane, où commence la rampe du château, « est d’un accès excessivement diffi-
cile à cause d’un bombement assez prononcé ». Le Conseil décide alors de demander deux devis, l’un pour la rampe, l’autre pour la rue.

M. Guibourg signale le grand avantage qu’il y aurait à ouvrir la Rue du Dos d’Ane « assez improprement appelée rue puisque ce n’est qu’un cul de sac » . Il propose d’établir un pont, au dessus de la Chère, avec la chaussée de la Torche [ndlr : c’est bien ce qui se réalisera. Mais pas de si tôt !]

Continuant sur les investissements en matière de circulation, le Conseil vote 80 francs pour l’établissement d’un cassis en pavé d’un développement de 20 mètres dans les deux rigoles qui séparent la place de la Motte du « faux-bourg des Loges », là où commence le chemin de St Aubin des Châteaux. Il suggère aussi de placer quelques cordons de pavés de l’est à l’ouest de la place de la Motte pour empêcher les eaux d’entraîner les sables et de former des ravins. Un conseiller propose que cette place soit recouverte d’un macadamisage. Le Conseil demande un devis.

Par ailleurs, le Conseil envisage de couvrir la douve entre la Rue Neuve (qui est de nos jours la rue Joseph Hervouët) et la Tour de l’Eperon (tour qui se trouve, de nos jours, en face de la Poste). « Indépendamment des questions de salubrité qui militent en faveur du comblement de cette douve, il y a un intérêt commercial à l’accomplir afin de pouvoir installer à cet endroit un marché de moutons que les vœux des campagnes environnantes sollicitent »

A propos de la pétition des habitants de Béré, « le Conseil, sympathisant avec les vœux des pétitionnaires, déclare à l’unanimité qu’il les autorise à la restaurer quand et comme bon leur semblera ». Un conseiller demande s’il y aura un concours financier de la commune. C’est non (par 11 voix sur 21)

Enfin , pour entrer dans les détails, le Conseil décide d’acheter 6 serviettes, 6 torchons, une cuvette, un pot à eau et un tapis de coton pour le service de la mairie (coût 98 francs). On est loin du soulèvement que tente le prince Charles-Louis-Napoléon à Strasbourg !

6 novembre 1836 : mort de Charles X à Goritz

6 novembre 1836 à Châteaubriant , sous la présidence de M. Connesson, la proposition de faire un aqueduc entre la Rue Neuve et la Tour de l’Eperon est remise en cause provisoirement, parce qu’elle prend appui sur un devis de 1831 largement dépassé. Mais le Conseil considère ce projet comme de la plus haute importance et demande donc un nouveau devis.

Dos d’Ane : Le Conseil décide aussi un abaissement de 66 cm au sommet de l’entrée de la Rue du Dos d’Ane de façon à faire le lien avec la rampe du château. Quant à celle-ci, elle recevra une vingtaine de marches, moitié en haut, moitié en bas et le milieu de la rampe se composera d’un macadamisage offrant une pente légère [cette disposition est encore celle employée ]

Ecole : Le Conseil, « selon l’usage » fait le recensement des enfants indigents susceptibles d’entrer gratuitement à l’école d’enseignement mutuel. Une publication est faite dans la ville et les faux-bourgs pour annoncer l’ouverture d’un registre d’inscription des candidats, mais d’ores et déjà l’admission définitive de 10 enfants (de 7 à 11 ans), présentés par le président, est décidée pour le 12 novembre 1836.

Foire : le Conseil donne un avis favorable à l’établissement d’une foire à Soudan le mardi suivant la Pentecôte.

Police du pain : le conseil vote un crédit de 30 francs pour l’impression d’exemplaires de la police du pain et de la police de la viande, que les boulangers et bouchers sont tenus d’afficher dans l’endroit le plus apparent de leur boutique.

 Qui en veut à l’horloge ?

Toujours à ce conseil du 6 novembre 1836, il est question de l’Horloge : le tableau officiel des remarques faites chaque jour depuis le commencement de « l’épreuve », démontre que la machine a éprouvé des dérangements plus ou moins notables dans les sonneries. Mais une lettre du Directeur de l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers dit que « la machine est bonne » et que « si elle subit des altérations dans sa marche, ça ne peut être que la malveillance qui a mal agi contre elle ». Le Conseil, sans admettre la malveillance alléguée, mais désirant prouver de plus en plus l’esprit de justice qui l’a toujours dirigé, « s’est déterminé à un parti qui lui a semblé de nature à ménager les intérêts de la ville qui doivent faire l’objet de sa constante sollicitude » :

En conséquence, il a déclaré vouloir bien ne pas tenir à l’accomplissement rigoureux de la disposition touchant l’horloge dans sa délibération du 9 octobre dernier et accorder un nouveau délai d’épreuve d’un mois qui a débuté le 26 du mois d’octobre, jour où a été constaté le dernier dérangement. Le Conseil dit que, si avant le 26 novembre, un nouveau dérangement se fait remarquer, l’horloge devra être rejetée sans retour et que dans le cas contraire la délivrance sera acceptée.

21-24 novembre 1836 : l’armée française essaie de conquérir Constantine en Algérie. Elle est accueillie par une violente canonnade. Une razzia d’Arabes lui enlève son convoi de vivres embourbé à l’arrière. L’assaut échoue lamentablement. Même insuccès à El-Kantara. L’armée se retire, elle a perdu 700 hommes.

7 décembre 1836, dans un courrier à Angers, la mairie dit que, pendant le mois de prolongation d’épreuve, l’horloge n’a pas connu d’incident : « elle marche bien, seulement elle a toujours une avance de 2 à 3 minutes par 24 heures. Elle est montée par l’agent de ville qui y met tout le soin et toute la prudence possible. Je désire que vous envoyiez deux ressorts comme celui qui est en haut du balancier afin de pouvoir le faire remettre de suite en cas de besoin et de ne jamais laisser l’horloge en chômage ». La mairie annonce enfin que l’horloge va être payée et demande qu’on lui envoie la garantie, prévue pour 2 ans à compter de ce jour.

15 décembre 1836 : la mairie écrit au Sous-Préfet de donner les ordres nécessaires à l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées pour réparer la route royale d’Angers à Rennes, vis à vis le jardin de M. de la Pilorgerie et le long du ruisseau du Rollard. « En effet le mur de soutènement de la route s’est considérablement incliné sur le ruisseau et menace de s’écrouler incessamment. L’eau du ruisseau contribue beaucoup à cette détérioration en s’introduisant dans ce mur dont le pied est entièrement déchaussé et comme il passe beaucoup de rouliers fortement chargés sur cette route, le poids de leur chargement suffira pour causer l’éboulement de ce mur, ce qui amènerait une interruption très préjudicielle ».

15 décembre 1836 : nouvelle lettre de la mairie au Sous-Préfet pour dire que la ville a l’intention de planter 13 ormeaux sur le bord de la route royale d’Angers à Rennes, et de Châteaubriant à Laval, sur un terrain appartenant à la ville vis à vis le château, afin de continuer l’avenue commencée il y a plusieurs années « et rendre ainsi plus agréable l’abord de la ville ». L’accord du Sous-Préfet est demandé pour planter ces arbres à deux mètres du fossé de la route. « Le premier seul aura cette distance, les autres devant s’éloigner de plus en plus de manière à ce que le dernier se trouve à 3 mètres ». L’écart entre les arbres sera de 6 mètres.

 Chemins

26 décembre 1836 : le Conseil Municipal de Châteaubriant, réuni sous la présidence de M. Connesson (faisant fonction de maire) évoque les chemins communaux qui, par leur importance, sont susceptibles d’être rangés dans la classe de ceux qui doivent être mis en réparation et entretenus aux frais de la commune.

M. Guibourg fait remarquer qu’il en existe « une foule d’autres qui sont cependant fort utiles » et que, à défaut de les prendre en compte, « ce serait ressenti comme une sorte d’abandon qui encouragerait les anticipations et les envahissements ». Dans ce cas, les contraventions seraient d’une répression beaucoup plus difficile « parce que les contestations cesseraient d’être du ressort de l’autorité administrative et tomberaient dans le domaine de la justice ordinaire ». Il demande la mise en place d’une commission « pour une détermination raisonnée dans le classement ». Accord du Conseil.

Mais d’ores et déjà les principaux chemins sont recensés :

- . Le chemin dit « de la Planche du Marais », 4 km, commençant au bout du pavé sur la Route de Rennes et se terminant à la Planche du Marais, limite de la commune de Rougé. Sa largeur est fixée à 6 mètres.

- . Le chemin dit « de St-Aubin-des-Châteaux » , 4,8 km, commençant à la Place de la Motte et se terminant vis à vis celui qui conduit au Bois Briant, sur les landes du Bois Hamon. Largeur 6 mètres.

- . Le chemin dit « des Briottais » (avec deux t) commençant à la Place de la Motte et se terminant proche du Moulin de la Garenne, limite de la commune d’Erbray. Largeur 6 mètres.

- . Le chemin dit « d’Issé » commençant « à 89 mètres de la naissance de la route départementale de Châteaubriant à Redon ». Et se terminant au point dit « le chêne rond » limite de la commune de Louisfert. Largeur 6 mètres.

- . Le chemin dit « de Juigné » , commençant à la Croix Rouge sur la route d’Angers à Rennes, se terminant sur la Lande du Drouillais, « vis à vis le chemin qui conduit au moulin à vent dit « Le Moulin Neuf »

27 décembre 1836 : à Paris un jeune homme de 22 ans, nommé Meunier, tire un coup de pistolet sur le roi Louis Philippe tandis que celui-ci se rend à la Chambre. L’attentat échoue et Meunier obtient même sa grâce !

 Rouliers ? Non !

29 décembre 1836 : la mairie écrit au Sous-Préfet pour demander indulgence pour des contrevenants à la police du roulage. « En effet, le 27 avril dernier, les gendarmes étant à faire la police sur la place, arrêtent 19 fermiers venant au marché et conduisant des cochons de lait, dans de petits tombereaux en forme de caisse montés sur de petites roues et traînées par deux bœufs. De la même manière qu’à Nantes, un gros chien conduit une petite charrette chargée d’un peu de viande. On ne peut pas vraiment appeler ces conducteurs "rouliers" avec d’autant plus de raison que pour arriver ils n’empruntent pas la grand route et ne font que la traverser »

« Il me semble qu’il est équitable de mettre une grande différence entre le roulier et le fermier pratiquant souvent la grande route, d’avec le métayer qui vient par les chemins de traverse amener quelque denrée au marché »

Le maire dit cependant qu’il tâchera d’amener tous les fermiers à porter une plaque d’immatriculation, tout en reprochant implicitement aux gendarmes de ne pas s’être occupés plutôt « de la longueur des essieux, de leur saillie en dehors des moyeux, de la saillie des clous sur les bandes », etc.



Sources :

- Archives municipales série 1 D 18 et 2 D 9
- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)
- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)

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