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Le landau



Poème contestataire : le PACS

LE LANDAU

En troupeau en famille avec papy mamie
Vous vous êtes rendus un dimanche à Paris
Et vous y défilates tout un après-midi
Pour que la France demeure et le mariage aussi

Pacs l’horrible mot et l’horrible projet
De vos ressentiments était l’unique objet
Vous marchiez droits et raides en poussant le landau
De bébé qui déjà comme vous criait haro

Haro sur le baudet et sur le différent
Et sus aux peds aux tantes et à tous les déviants
Haro sur les homos cette race inférieure
Qu’elle aille au nom de Dieu se faire niquer ailleurs
Qu’au nom de la morale votre prime argument
Rien ne bouge tout se fige que tout soit comme avant
Comme si du Bon Dieu vous étiez les garants
Comme si de la morale vous étiez les tenants

Le cortège était large et les politicards
Les plus vils marchaient au milieu du boulevard
Ils avaient dû penser dans leurs rêves les plus fous
Que de quatre-vingt-quatre ils referaient le coup
Et ils étaient tous là dans leurs bottes bien droits
Intégristes et fachos syndicats franchouillards
Des familles qui ne font jamais de chèques en bois
Et qui ne savent rien de la vie des smicards

Tous s’efforçaient de faire monter la mayonnaise
Travail famille patrie morale action française
Messe en latin mon Dieu et que l’ordre nouveau
Nous délivre à jamais de la gauche des homos
Des peds et des gouines des putes et des travelos
De tous ces étrangers qui sont vraiment de trop
Qu ’on devrait renvoyer par avions par bateaux
Dans leurs pays pourris pour voir s’il y fait beau

En troupeau en famille avec papy mamie
Donc vous manifestates un dimanche à Paris
Vous étiez propres sur vous bien lisses et si polis
Et vous vous appeliez Gontrand ou cher Henri
Jeunes blancs becs nouveaux riches ou bourgeois décadents
Au bras de vos oies blanches vous défiliez criant
Non au Pacs mort au peds et vive la patrie
Vous défiliez beuglant mais n’aviez rien compris

Car voyez-vous Gontrand de mes deux cher Henri
Et vous chère madame au bras de votre mari
Ce bel enfant qui dort au creux de son landau
Sera peut-être de gauche sera peut-être homo
Que direz-vous alors quand chez vous dans vingt ans
Il vous présentera son amour son amant
En disant chers parents voici l’homme de ma vie
Et je l’ai rencontré un dimanche à Paris

Oui avez-vous pensé cher Gontrand cher Henri
Et vous chère madame au bras de votre mari
Que votre petite fille si blonde et si jolie
Sera peut être folle d’un grand noir du Mali
Que direz-vous alors quand chez vous dans vingt ans
Elle vous présentera son amour son amant
En disant chers parents voici l’homme de ma vie
Et je l’ai rencontré un dimanche à Paris

Que direz-vous alors quand chez vous dans vingt ans
Lorsqu’un jour vos enfants vous diront en souriant
J’aime un homme de couleur qui n’est ni bleu ni blanc
Ni rouge mais qui me plait je l’aime éperdument
Lorsqu’un jour vos enfants vous diront en souriant
J’aime un prince charmant j’aime un homme de chair
Je suis pédé mon père ma mère et j’ en suis fier
Alors vous saurez si vous êtes des Parents

Léopold