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1841 (de janvier à juin)



6 janvier 1841 : une troupe comique a donné un spectacle la veille au soir à Châteaubriant . Le maire Louis Brossays remercie d’avoir laissé 123 francs au bénéfice des pauvres de la commune.

11 janvier 1841 : ah, l’insécurité ! Le maire écrit au Sous-Préfet qu’il déplore le passage, à Châteaubriant, d’individus dont il faut viser le passeport : « Ce n’est pas le travail administratif qu’il soulève, mais l’inquiétude d’avoir dans la commune, pendant quelques jours, des hommes dangereux, sans moyen d’existence, frappés de réprobation par l’exhibition même de leur passeport et auxquels l’administration municipale ne peut donner aucun secours alimentaire ou autre ».

21 janvier 1841 : la mairie écrit au propriétaire d’une maison rue de Couëré : « ainsi que je vous l’ai expliqué, la ligne partant de l’angle Ouest de la halle pour se diriger vers le Lion d’Or, a été modifiée, afin de pouvoir commencer l’alignement projeté dans cette partie nord de la rue de Couëré. Autrement, il faudrait laisser réparer toutes les maisons sur leur ancien fondement, ce qui ajournerait toute satisfaction d’alignement à un ou deux siècles, enfin jusqu’à ce que les constructions à faire viennent à menacer ruine ».

30 janvier 1841 : l’entrepreneur adjudicataire de l’éclairage se voit reprocher l’extinction totale de 12 becs de réverbères dans la ville les 18 et 28 janvier . Il est condamné à une amende de 12 francs.

2 février 1841 : le maire envoie au Sous-Préfet l’état statistique de la consommation de viande dans la commune de Châteaubriant. Le Sous-Préfet constate une grande différence avec Ancenis. Le maire répond que cela vient sans doute « de la force de nos marchés et surtout de la cessation presque complète, en 1839, du commerce des bestiaux, qui se fait toujours sentir ».

7 février 1841 : au Conseil municipal, le sieur Yvon, adjudicataire du droit d’étalage, demande une indemnité pour les pertes qu’il aurait éprouvées. Il lui est demandé une liste de tous les marchands occupant habituellement des places dans les rues et autres lieux publics ainsi que le prix payé par chacun d’eux. L’agent de police vérifiera cette liste.

Une personne se plaint d’infiltrations inondant ses appartements au niveau des douves du château. Le Conseil l’autorise à faire des travaux.

Le desservant de l’église de Béré se plaint d’être logé à l’étroit et demande une allocation suffisante pour le paiement d’un logement convenable. Le Conseil vote 250 francs.

147 francs sont accordés pour la réparation de la ruelle du Cosnet (laquelle correspond peut-être au petit chemin en pente très raide qui descendait de la Place des Terrasses vers le Rollard) .

La proposition du maire concernant l’appartement où est logée l’horloge est ajournée car le Conseil de Fabrique a des projets qui rendraient celui-ci inutile.

Le chemin d’Ancenis à Bain devant être commencé, le Conseil demande qu’on s’occupe d’abord de la portion de route de Châteaubriant à Bain en considérant que « le département d’Ille et Vilaine a terminé en partie le chemin qui s’arrête à la limite du nôtre ».

L’Hospice espère obtenir un secours pour faire des réparations destinées à mettre les bâtiments en état de recevoir soit des infirmes, soit des malades car, « si un événement imprévu venait à surgir, il serait maintenant impossible d’augmenter la population de l’hospice ». Mais celui-ci n’a pas les ressources nécessaires. Le Conseil regrette : il se serait fait un devoir d’accorder un secours si la position financière de la commune l’avait permis . L’hospice et le Conseil Municipal s’adressent donc au Ministère de l’Intérieur.

10 février 1841 : les réparations entreprises au château n’avancent pas. Il y a des plafonds qui tombent dans la tour des Gendarmes puisqu’il y a des trous dans la couverture en plusieurs endroits. Mais le maire rappelle à Mme Connesson, qui en a l’usufruit, que la ville ne peut participer à ces dépenses « parce qu’elle n’est pas responsable des dégradations arrivées par suite du non-entretien des couvertures qui ne sont pas à sa charge ».

14 février 1841 : le maire Louis Brossays fait savoir au Conseil qu’une grande quantité de fournitures ont été réformées dans les régiments de ligne et peuvent être livrées aux communes qui les demandent pour leur Garde Nationale. Le Conseil propose de demander 35 casques en cuir pour les pompiers.

A propos de l’indemnité demandée par le sieur Yvon le 7 février 1841, des conseillers s’élèvent contre le principe de cette indemnité, disant que les communes seront toujours dupes. D’autres disent qu’il est impossible d’obtenir des renseignements exacts parce que les marchands interrogés par l’agent de police ont gardé le silence, ou ont été « invités à ne pas dire la vérité ». D’autres prennent la défense du sieur Yvon qu’il serait « injuste de ruiner si des circonstances extraordinaires faisaient diminuer le nombre des marchands qui étalent sur les places publiques ». Un conseiller propose de rejeter la demande du sieur Yvon en lui proposant de résilier son bail s’il est trop onéreux pour lui. Et le Conseil en reste là.

 Les cercueils des indigents

Ce même 14 février 1841, le maire entretient le Conseil des inconvénients des quêtes faites pour procurer des cercueils à quelques indigents. Il demande et obtient qu’on l’autorise à faire cette dépense sur les fonds de la caisse municipale. En conséquence, il est interdit « sous peine d’escroquerie », de faire des quêtes sous le prétexte de fournir des cercueils à des indigents. Cela donne à penser qu’il y avait des abus ...

 Un établissement illégal ?

M. Lesage a sollicité la parole pour dire : « il est de notoriété publique qu’un établissement dépendant d’une congrégation religieuse de femmes doit être formé dans le faubourg de la Torche. Une chapelle a été construite, les anciens bâtiments ont été disposés de manière à recevoir un grand nombre de personnes, les fondateurs ne se sont conformés à aucune des dispositions prescrites par les lois ».

Le Conseil municipal « plein de confiance dans la fermeté de M. Le maire » l’invite à user de tous les droits qui lui sont conférés par les lois pour s’opposer à la formation de tout établissement religieux « qui voudrait illégalement ou subrepticement s’installer dans la commune » et à transmettre la présente délibération à tous les fonctionnaires compétents pour réprimer les contraventions de cette nature et notamment au Ministre du culte et au Ministre de l’Intérieur . Délibération votée à une grande majorité. On apprendra plus tard qu’il s’agit d’une maison de retraite (voir le 23 mai 1841).

Le maire a par ailleurs invité le Conseil à s’occuper de la devanture du magasin que demande M. Bauduz à l’hôtel du Boisdulier. Mais il y a des problèmes de largeur de rue et d’alignement, si bien que la décision est ajournée et que le Préfet est invité à commettre un homme compétent pour expliquer le plan d’alignement, sur le terrain.

 Soyons plus circonspects

M. Guibourg en profite pour redemander un plan détaillé de la ville, en expliquant que les problèmes d’alignement dans la rue de Couëré, qui est une des rues les plus fréquentées, rendront celle-ci à peu près impraticable, obligeant la ville à acheter des maisons pour assurer la circulation. « La rue de Couëré n’est pas la seule où des alignements gigantesques sont prescrits par le plan. La Basse Rue est dans le même cas » lui est-il répondu.

Des rues nouvelles sont tracées sur le plan :
- Dans le prolongement de la rue Porte Neuve à travers les maisons Bauduz, et Adam.
- Pour faire suite à la rue de Couëré, à travers la maison de Marianne Aubin, d’autres bâtiments par derrière, et des jardins.
- une autre par le portail de M. Aubin parcourt son jardin et d’autres propriétés pour aboutir à angle droit dans la rue de Rigale.
- une quatrième depuis la porte de la maison Leroy jusqu’à la place des halles, etc etc

Mais qu’adviendra-t-il si les propriétaires de ces édifices ou terrains veulent bâtir ou reconstruire ? « L’administration des Ponts et Chaussées à qui l’on ne peut généralement pas adresser de reproches de parcimonie, est beaucoup plus économe que la ville. A moins d’urgence absolue, elle admet une courbe lorsqu’une ligne droite serait trop dispendieuse. Ensuite elle envisage dans les plans les bâtiments solides et ne les attaque pas. Ne soyons pas plus prodigues que ne l’est l’administration des Ponts et Chaussées, ou plutôt, comme nous sommes moins riches, soyons encore plus circonspects dans les dépenses » dit M. Guibourg qui conclut :

« Je persiste dans mes idées et demande la refonte du plan de la ville dans l’intérêt de la cause publique, sur une échelle beaucoup plus grande ». Sa demande est adoptée à l’unanimité.

20 février 1841 : le Conseil Municipal désire depuis longtemps porter à 60 hommes sa subdivision de pompiers forte aujourd’hui de 25 hommes. Il n’attend à cet effet que l’époque où il pourra acheter une deuxième pompe à incendie sans nuire aux autres services publics.

En attendant, le maire écrit au Sous-Préfet pour lui dire que le Conseil a décidé de commander 35 casques de cuir, 35 baudriers de sabres, 35 gibernes, 35 porte-gibernes et 35 bretelles de fusils qui, en attendant l’augmentation des sapeurs pompiers seront affectés à la Garde Nationale.

12 mars 1841 : la Chambre des Députés, à Paris, vote une loi sur le travail des enfants. Il est interdit d’employer des enfants de moins de huit ans. De 8 à 12 ans, la journée de travail ne doit pas dépasser huit heures. De 12 à 16 ans, la durée du travail peut être de 12 heures, coupées de repos.

9 mai 1841 : le maire envoie au Sous-Préfet les plans, devis et cahier des charges pour la construction de la maison d’école de Châteaubriant

23 mai 1841 : le maire, malade, a confié la présidence du Conseil Municipal à M. Bivaud, deuxième adjoint. Il est question d’abord des travaux entrepris pour la fondation d’une maison de retraite au faubourg de la Torche. Une lettre du Préfet dit que l’autorité n’a point à s’en occuper parce que l’évêque du diocèse est résolu à n’ouvrir cet établissement qu’après l’accomplissement de toutes les formalités prescrites par les lois.

Par lettre, Mme Veuve Connesson fait diverses observations touchant les réparations à effectuer aux couvertures du château et propose, moyennant une somme annuelle de 400 francs, d’abandonner à la ville la partie du château qu’elle possède en usufruit, et qui est occupée par M. Moricet (ou Morisset).

30 mai 1841 : le Conseil municipal s’inquiète des travaux à faire au logement de M. Moricet : « mastiquer les carreaux des croisées, rajuster le plancher qui s’est affaissé ce qui met les cloisons en l’air, construire un canal souterrain traversant la terrasse et conduisant les eaux de l’évier de la cuisine dans la douve ». Mais le Conseil rejette la cession d’usufruit proposée par Mme Connesson.

Dans les recettes du budget 1841 on note :

- 2 francs au titre d’amende de l’adjudicataire de l’éclairage
- 2,50 francs pour la vente d’une vieille porte de la poudrière.
- 38 francs pour la vente d’herbe du pré abandonné par le Sous-Préfet

Même les petites recettes comptent ! On note aussi 1500 francs de subvention du Ministère de l’instruction publique et 500 francs du Département, pour la construction de la maison d’école.

Au titre des dépenses, le Conseil rappelle qu’il dispose de 11 600 francs pour la construction de la maison d’école. Il prévoit 50 francs pour entretien des fontaines et abreuvoirs, 200 francs pour les couvertures du château, 250 francs pour le logement du curé de Béré, 104 francs de cotisation pour le traitement des aliénés, et 40 francs pour le recensement de la population de la commune « en raison du travail extraordinaire que cette opération va donner pour copie du tableau de 4000 noms ».

31 mai 1841 : « un ouvrier fayencier », condamné à 6 mois de prison, s’est suicidé vers les 7 heures du matin à la maison d’arrêt de Châteaubriant. Son cadavre a été porté à l’hospice. Selon la loi, il devait être inhumé dans les 24 heures mais la Supérieure de l’hospice l’a fait inhumer en urgence sans que le décès soit attesté par un certificat du médecin. Le maire proteste auprès de la Supérieure et du fossoyeur qui a mis le corps en terre sans autorisation de la mairie.

8 juin 1841 : le Conseil Municipal prend connaissance d’une proposition de l’administration des Ponts et Chaussées relativement à l’ouverture de la Rue du Dos d’Ane qui forme actuellement une impasse. Accord unanime.

Le Conseil fait remarquer que l’ouverture de cette rue va inciter les propriétaires des terrains qui la bordent à y faire des constructions. La commune se chargera des frais de pavage, depuis la Porte Saint Michel jusqu’à l’extrémité de la Rue du Dos d’Ane, soit 200 mètres environ sur 8 mètres de large.

Le maire présente les plans et devis de l’agrandissement de l’église St Nicolas, en prolongeant celle-ci de 7 mètres vers l’ouest. Mais il est fait des observations sur la largeur de la rue projetée pour joindre la rue de Couëré à la place St Nicolas, sur la nécessité de baisser le niveau de cette rue, devant la grande porte, de 1,5 à 2 mètres.

D’un autre côté, on remarque que la souscription s’élève à 7400 francs et que rien n’en garantit le recouvrement. La Fabrique propose d’indiquer des personnes solvables qui se porteraient caution de cette somme.

Par ailleurs le 5e article du Cahier des Charges fait craindre que des travaux considérables, non compris dans le devis, seraient entrepris sans consulter le Conseil Municipal, ce qui, les fonds venant à manquer, mettrait la commune dans la nécessité de supporter une partie de la dépense.

Bref, cela fait bien des incertitudes. Le Conseil diffère donc son assentiment au projet de la Fabrique et dit qu’il serait possible de reconsidérer la situation, si une ou plusieurs personnes solvables, par un acte authentique et avec hypothèque, accepté par M. le Maire, s’engageaient à se constituer caution du montant de la souscription, et s’obligeaient personnellement à payer le montant de tous les travaux supplémentaires non compris dans le devis.

 Accident

14 juin 1841 : lettre du maire à un commissionnaire de roulage : « hier vers une heure, un voiturier conduisant une voiture tenue à la disposition de M. le Vicomte de St Georges, s’est tué en arrivant à Châteaubriant. Son cheval poussé au galop en descendant une côte s’est emporté, il a voulu le retenir, il a été renversé et la voiture lui a passé sur le corps. Il a été relevé sans vie. Le cheval et la voiture sont en fourrière à l’hôtel du Pot d’Etain ».

24 juin 1841 : par acte notarié, M. Hypolite Bain, juge suppléant près le tribunal civil de Châteaubriant et demeurant à la Coquerie (Saint Aubin des Châteaux), et M. Victorien Aubin demeurant rue Tournebride à Châteaubriant, se sont constitués caution de divers travaux de l’église paroissiale de Châteaubriant, s’élevant, y compris les honoraires de l’architecte, à la somme de 13 343 francs et ils ont accepté l’hypothèque de tous leurs biens. Le Conseil a alors accepté les travaux de l’église Saint Nicolas par 11 voix contre 5.

M. Anger fait don de 4 bois de lit et de 4 paillasses à l’hospice de la ville.

Le Sous-Préfet demande à la mairie si, comme en 1832, elle serait disposée à réintégrer dans les magasins d’artillerie de Nantes, une partie des armes délivrées par l’Etat à la Garde Nationale de Châteaubriant, ajoutant que 45 fusils sont déposés dans l’arsenal de la mairie. Le Conseil, attendu qu’un grand nombre de Gardes Nationaux sont sans arme, décide que les dits-fusils seront nettoyés et ensuite remis aux Gardes Nationaux.

Le Conseil refuse à nouveau la proposition de Mme Veuve Connesson de faire abandon à la commune de son usufruit sur la partie du château habitée par M. Moricet, moyennant une rente annuelle de 400 francs.

Le Préfet demande quelle est la décision définitive de la commune à propos de la partie du château dont jouit actuellement le Sous-Préfet. Deux questions sont alors posées :
- . La commune abandonnera-t-elle gratuitement au Département la partie du château occupée par M. Normand, Sous-Préfet, pour y bâtir un hôtel de sous préfecture, et sous la condition que le bâtiment deviendrait la propriété de la commune si le chef-lieu de la sous-préfecture venait à être changé ?
- . La commune, dans le cas de non abandon au Département, demandera-t-elle l’autorisation de vendre cette partie du château ?

Après une longue discussion, le Conseil a rejeté la seconde hypothèse.

Enfin le Préfet a pris en considération la formation d’un nouveau plan d’alignement de la ville et y a joint un projet de traité à passer avec la personne qui sera chargée de ce travail. Une commission de trois membres est élue pour suivre cette affaire « qui mérite une sérieuse attention ».

27 juin 1841 : le Conseil Municipal a examiné la manière dont sont employés les fonds confiés au Bureau de Bienfaisance, et exprime ses regrets de ce que le traité dernièrement fait avec les Dames Religieuses de Chavagnes, ne lui ait pas été présenté.

30 juin 1841 : M. René Leroux, maître maçon à Châteaubriant, obtient adjudication de la Maison d’Ecole, parce qu’il est le seul à offrir un rabais par rapport au prix estimé : 9926 francs (au lieu de 11 583 francs). Il est préféré à Joseph Lucas entrepreneur à Nantes et à Joseph Angot maître maçon à Châteaubriant



Sources :

- Archives municipales série 1 D 18 et 2 D 9

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)


Quelques détails d’orthographe : hyver, indigens, midy. Hazard, fayencier, blouze