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Femmes célèbres

Les femmes dans la Résistance




Qu’il s’agisse de Mme Germaine HUARD à Châteaubriant, de Mme Angèle MISERIAUX à Martigné-Ferchaud, les femmes de Châteaubriant prirent une part active à la Résistance : agent de liaison, cache de Résistants ou d’aviateurs alliés, complicité lors des parachutages. Un certain nombre furent déportées et moururent en Camp de Concentration.

Dans notre région, traditionnellement, la Résistance a été une affaire d’hommes : ce sont les hommes qui assuraient la réception des parachutages, les émissions de radio vers Londres, les coups de main, la présence dans les maquis.

Les femmes ont eu pourtant un rôle important, ne serait-ce que celui de maîtresse de maison quand il fallait loger des réfugiés ou des aviateurs de passage.

Ce sont les femmes aussi qui, le plus souvent, rendaient visite aux prisonniers français des cinq camps de prisonniers de Châteaubriant, transmettant des courriers qu’elles cachaient sous leurs pulls, sans leur soutien gorge ou dans leurs chaussettes. Elles faisaient passer aussi des vêtements civils, des cartes prises dans le calendrier des postes, voire de petites boussoles de gosse, et, bien entendu, de la nourriture et des livres pour distraire les détenus.

Ce sont des femmes aussi qui, par résistance morale, marchaient à trois de front : la première était vêtue de bleu, la deuxième était vêtue de blanc, la troisième de rouge. Et tout le monde comprenait.

L’Histoire a retenu quelques noms :

 Germaine Huard

Mme Germaine HUARD, femme d’un industriel local, faisait partie du réseau F2. Son rôle : servir de relais entre les agents de la région de St Nazaire et ceux de Rennes qui transmettaient à Londres. Dans la mesure du possible elle rassemblait des renseignements sur le mouvement des troupes allemandes, l’implantation de leurs services, le plan de la gare SNCF, etc. Mme Huard a été arrêtée le 13 mai 1944, transférée à Angers, puis déportée au Camp de Ravensbruck

Mme HOGREL prêtait le garage de sa maison, la dernière sur la route de Fercé, avant le Camp de Choisel, pour servir de parloir improvisé : les détenus y avaient droit à 5 minutes de conversation avec leur famille. De longues heures auparavant il leur fallait attendre leur tour en piétinant dans le champ voisin.

Une dame de Châteaubriant (on ne sait son nom), se rendait au château, où étaient détenus les officiers français. Mal vêtue, elle ramassait le linge sale, chipotait sur les prix à haute voix ... et faisait passer de la correspondance et des colis.

Mme Anna Viaud, femme de Marcel Viaud, a accueilli des évadés du Camp de Choisel, à Châteaubriant d’abord (actuelle école Marcel Viaud) puis à Nozay (école de la Ville au Chef). Après l’exécution de son marie, le 13 février 1943, elle prit sa place dans la Résistance et eut même des responsabilités nationales.

Mlle Récipon, propriétaire de la forêt de Teillay, participa aussi à la Résistance et aida énormément le maquis. Elle fut faite « Compagnon de la Libération » par le Général de Gaulle

Mme Charles Besnard cacha des aviateurs anglais au premier étage de sa maison ... dont le rez de chaussée était réquisitionné par les Allemands. Par la suite elle fut arrêtée le 24 décembre 1943 et déportée.

Mme Trovalet, femme du boulanger de Treffieux, a hébergé Fernand Grenier quand il s’est évadé du Camp de Choisel le 18 juin 1941 (futur Ministre du Général de Gaulle, Fernand Grenier est celui qui réussit à obtenir le droit de vote pour les femmes).

Mme Fourny, une veuve du Pas du Houx à Saffré, hébergea des résistants de Nozay, dès novembre 1942.

Mme Doucet, au Pas du Houx à Saffré, accueillit de nombreux jeunes du Maquis de Saffré.

Mme Ballanger, parisienne cachée à la Hunaudière chez sa mère (Sion-les-Mines), participa aussi à la Résistance et notamment aux caches d’armes dans la forêt et à l’hébergement de jeunes du STO.

 Angèle Misériaux

Mme Angèle Misériaux, de Martigné Ferchaud, veuve avec 6 enfants, aidait les évasions d’aviateurs alliés. Elle participa au réseau Buckmaster-Oscar que dirigeaient Bernard Dubois de Rennes et son adjoint Jean Richard de Martigné-Ferchaud. Elle recueillit de nombreux Résistants obligés de se cacher pour fuir la Gestapo. Sa ferme « La Haye Veillette » était devenue centre d’instruction du secteur. Mme Misériaux fut arrêtée par la Gestapo le 7 décembre 1943 et mourut en déportation

Mme Germaine Cottrel, de Villepôt, cacha un tirailleur sénégalais que les Allemands employaient (avec d’autres) à truffer d’armes la forêt d’Arraize. Sur sa suggestion, les prisonniers coupèrent les fils qui reliaient les caches d’armes les unes aux autres. Quand les Allemands allumèrent des mèches en forêt, avant de fuir la région, tout n’a pas sauté comme prévu, sinon Villepôt, Noyal et Martigné auraient été largement détruits.

Jacqueline Laygues, employée à la mairie de Châteaubriant, donna ce qu’il fallait pour fabriquer des faux papiers (et notamment les tampons officiels). Elle fut arrêtée et déportée.

Mme Mousson, de Châteaubriant, recueillit deux petits enfants juifs, six an et un an et demi, dont les parents venaient d’être arrêtés par les nzais. C’était le 10 octobre 1940.

Mme BARON de Nantes, a accueilli Fernand Grenier après qu’il ait quitté Treffieux.

Mme Kérivel internée au Camp de Choisel, s’est proposée à la place de Guy Môquet, parmi les 27 Otages. Les nazis n’ont pas accepté.

Mme Robert, qui habitait à la Sablière, a vu l’exécution des 27 Otages. Elle a essayé de sauver l’un des poteaux d’exécution. Elle a marqué de petit bouquets de fleurs l’emplacement de ces poteaux pour que nul n’oublie. Par la suite, tout sa vie, elle s’est fait le témoin des martyrs.

Esther Gaudin, collégienne, est venue de Nantes, en octobre 1941, avec son sac à dos, pour ramener discrètement les planches de la Baraque 6 où les 27 Otages de Châteaubriant ont écrit leurs dernières paroles, « leurs derniers messages d’amour », avant d’être assassinés à la Sablière le 22 octobre 1941. « Soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».

La Mère Marie, de Nort sur Erdre, marchande ambulante de légumes, dut cirer toute une nuit des bottes à la Kommandantur, pour avoir prononcé un peu trop fort le mot « boche ». Cela ne changea ni ses sentiments, ni sa façon de s’exprimer.

Marie Rolland, de Guémené Penfao (nom de guerre : « Annick »), âgée de 67 ans et impotente, recueillit 47 membres de l’équipage du Lancastria, avant qu’ils ne puissent regagner Londres. Elle s’occupa aussi du réseau Buckmaster Oscar et reçut la reddition du général-commandant allemand de la « Poche de Bouvron ». « C’est à une vieille femme que vous venez vous rendre » lui dit-elle. Elle fut faite Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle, pour services exceptionnels rendus à la Résistance.

Mme Lizé et Mme Ménoret (de Guémené Penfao) participèrent aussi à ces actions de Résistance. Arrêtées, elles furent déportées.

Mme Célestin Deroche, de Sion-les-Mines, cachait le « radio » du réseau Buckmaster-Oscar

Berthe Binesse, de Châteaubriant, parce qu’elle avait dit « c’est bien fait pour eux » quand les alliés bombardèrent en gare de Châteaubriant un train de munitions allemand, fut arrêtée et mourut en déportation.

Annie Gauthier (née Grosdoy), fille de commerçants castelbriantais, participa à la Résistance dans la région de Lyon. Elle fut torturée par le sinistre Barbie et fusillée le 19 août 1944.

Il faudrait citer aussi les femmes qui recueillirent des enfants juifs que ce soit à Châteaubriant, Fercé ou ailleurs.


 Odette Nilès

En 1941, Odette Lecland a 17 ans. Elle participe à une manifestation contre l’Occupant le 14 juillet 1941, et une nouvelle fois le 13 août 1941. Dix-sept jeunes gens de moins de 20 ans sont arrêtés par la police française : 16 garçons et une fille, Odette. « On nous a gardés quelques jours à la Préfecture de police de Paris. Puis nous avons comparu dans un tribunal allemand, qui siégeait pour la première fois. Cela se passait au ministère de la guerre, il y avait des jardins magnifiques. Le chef d’accusation était : jeunes communistes, ce qui était faux, car il y avait dans cette manifestation des jeunes de toutes origines ».

Chez certains des jeunes la police a trouvé des tracts et une caricature d’Hitler en ... cochon. « La peine de mort a été demandée pour tous. Trois jeunes ont été condamnés à mort et exécutés. Tu embrasseras ma femme, m’a dit l’un d’eux. Je me suis mise à pleurer ». Dix autres jeunes ont été condamnés à de la forteresse et quatre ont été condamnés à la prison. Odette Lecland a été enfermée à au Cherche Midi puis à La Roquette. « Nous étions quatre dans la cellule, dont une prostituée et une trafiquante de drogue (cocaïne) ».

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Jackie, Odette, Paulette
Jacqueline Vannie (ép.Fourré) - Odette Lecland (ép ; Nilès), Paulette Bouchoux (ép. Kapliez)

En septembre 1941 Odette Nilès est transférée à Châteaubriant, dans un convoi de 48 femmes. « Nous sommes arrivées de nuit, mais dans la baraque les militants avaient mis un bouquet de fleurs des champs. Et l’un d’eux m’a appelée par mon nom : cela m’a fait chaud au cœur ». C’est ici qu’Odette fait la connaissance de Jacqueline Vannier et Paulette Bouchoux. Et de bien d’autres femmes de valeur comme Marie Kérivel et Marie Bréchet.
Le lendemain matin, Jean-Pierre Timbaud a bien précisé les choses : « Il y a ici 12 femmes et de nombreux hommes internés depuis 8 mois. Il doit y avoir beaucoup de discipline »

« Il y avait, avec nous, des femmes plus âgées, dont les époux avaient été arrêtés et qui étaient séparées de leurs enfants. Nous les jeunes, nous avions plus d’insouciance. Nous sommes organisées pour avoir des paillasses plus propres et une baraque en ordre. Les institutrices et étudiantes parmi nous ont donné des cours de français, anglais, sténo. Nous avions régulièrement des séances de gymnastique, pas par plaisir mais parce qu’il fallait bien s’entretenir. Le soir, l’une de nous faisait la lecture pour les autres ».

Odette Nilès se souvient de la mise à l’écart de la baraque 19, et du départ des 27 Otages. « Quand nous avons été autorisés à sortir des baraques où nous étions bouclés, je me souviens de cette Marseillaise que nous avons hurlée ! »

« Puis les hommes sont partis pour le camp de Voves, enchaînés, les 60 femmes sont restées à Choisel. Un jour nous avons été emmenées à Aincourt, dans un ancien sana. Il y avait là des femmes juives à qui les autorités ont dit de faire venir leurs enfants. Les femmes ont été déportées, les enfants sont restés. Une responsable de la Croix Rouge a pu les faire prendre en charge par un orphelinat : elle les a sauvés »

Ensuite ce fut Gaillon (dans l’Eure), « les paillasses étaient si sales que nous les avons jetées par les fenêtres. Le commandant du camp nous a dit : j’aimerais mieux avoir 600 hommes que ces bonnes femmes ». Puis ce fut un autre camp près de St Pierre des Corps. « Il faisait si froid que nous couchions à trois dans le même lit, de façon à bénéficier de trois couvertures. Une nuit, Jackie a pu s’évader. Nous avions mis un pelochon entre nous : lors de la ronde de nuit le gendarme n’a rien vu. A l’appel du matin nous avons dit qu’elle était aux toilettes, mais il a bien fallu reconnaître plus tard que ... elle n’était plus là » . Cela a valu une punition à Odette, qui a été envoyée dans un camp à Mérignac près de Bordeaux.

Au cours de l’année 44, elle a pu profiter de la débandade générale pour s’échapper et rejoindre les FTP à Bordeaux, avec d’autres femmes. « Quand nous sommes arrivées, on nous a confié ... la vaisselle. Moi j’ai refusé ». Par la suite Odette a pu encadrer les FUJP (Forces Unies de la Jeunesse patriotique). C’est là qu’elle a connu Maurice Nilès, qui était chargé de restructurer le réseau de résistance du Sud-Ouest, et qui devint plus tard son mari. Depuis la mort de Maurice Nilès, Odette est Présidente de l’association Châteaubriant-Voves-Rouillé.


 Histoire contemporaine

 Martine Buron

Dans l’histoire plus récente, certaines femmes ont su être des « capitaines d’industrie » (la femme de Jules Huard par exemple).

Ne pas oublier Martine BURON, Maire de la Ville de 1989 à 2001, et son rôle dans la « réconciliation » des habitants de cette cité que des années avaient partagés en clans hostiles. (Hélas tout est retombé à partir de 2001 ...)

 Simone Robert

La mémoire de la ferme de la Sablière

Les femmes de Châteaubriant ont du caractère !


 La monographie d’Yves Boivin

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Monographie d’Yves Boivin

Les condamnées des Sections Spéciales, incarcérées à la Maison Centrale de Rennes et déportées en 1944. Une étude historique avec des témoignages de survivantes
- 21 juin 1941, les nazis entrent en Russie. La résistance armée des communistes s’organise.
- 14 août 1941, le régime de Vichy crée les Sections Spéciales.
- Au printemps 1944, 245 femmes, condamnées par les Sections Spéciales et incarcérées à Rennes, sont "libérées et remises aux autorités Allemandes" ... et massivement déportées à Ravensbrück.

Lire ici : http://wwwcrdp.ac-rennes.fr/crdp_do...


message reçu le 13 septembre 2011 :

J’ai découvert cette monographie il y a 2 jours et souhaitais contacter son
auteur pour le remercier.

Alors que ma mère a disparu depuis plus de trente ans, je peux enfin
apprendre des détails de son histoire.

Elle s’appelait Andrée Moner, elle avait 21 ans, elle est revenue de
Ravensbrück. Mais à quel prix...

Pourtant, rien n’aurait pu l’empêcher de faire son devoir. Bien des noms
sur ces listes me sont familiers, mais les dates, les lieux - à part les
Baumettes, la centrale de Rennes et Romainville - tout cela semblait avoir
disparu avec elle.

Alors cet hommage m’est allé droit au coeur et j’en suis bouleversée et
reconnaissante.

Merci, monsieur, de tout mon coeur, merci.

Marie-France D.


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