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1847 (de janvier à juin)



10 janvier 1847 : M de la Pilorgerie, qui fait fonction de maire de Châteaubriant explique que le Conseil Municipal se réunit ce jour pour « prendre les mesures nécessaires pour que la commune puisse avoir part au secours extraordinaire de 4 millions de francs, ouvert par ordonnance royale du 28 décembre 1846 ». Les conditions sont les suivantes :
1.- les travaux effectués par les communes seront d’utilité communale et immédiatement entrepris
2.- les communes les auront votés dans une intention de bienfaisance et les exécuteront par prélèvement sur leurs revenus ordinaires et à défaut au moyen d’impositions extraordinaires

M. de la Pilorgerie propose au Conseil de voter une allocation extraordinaire « motivée par les rigueurs de la saison, le haut prix des subsistances et le grand nombre d’ouvriers manquant d’occupations ». Un conseiller propose 1200 francs. Un autre suggère 1500 francs. C’est cette dernière proposition qui est retenue. Ces 1500 francs seront employés à ouvrir immédiatement, sur les chemins vicinaux de la commune, dans les parties les plus rapprochées, et particulièrement sur le chemin de St Aubin, « des ateliers d’extraction et de bris de pierres ainsi que de terrassements ».

Le Conseil regrette que la situation de la commune ne lui permette pas de porter cette allocation à un montant plus élevé. Il espère que le Préfet voudra bien prendre en considération « le sacrifice déjà accompli par la commune dans le but de maintenir à un taux fixe et modéré le prix du pain de froment et de méteil, dans l’intérêt des classes ouvrières. 1500 francs ont déjà été votés pour ce service et il est possible que cela ne suffise pas pour l’assurer jusqu’à la belle saison ».

« Donner du travail aux malheureux ou élever le prix du salaire, car la mesure de réduction du prix du pain a ce résultat, n’est-ce pas tendre au même but ? » s’interroge le Conseil.

 Merci ! mais ...

Le Conseil Municipal cependant s’inquiète : il a remarqué dans la circulaire du Préfet, un éloge, auquel il s’associe de grand cœur, de la bienfaisance de SAR le Duc d’Aumale. Mais craignant que des renseignements inexacts ne portent le Préfet à croire que la somme de 30 000 francs dépensée par le Prince, le soit à Châteaubriant seulement, le Conseil explique au Préfet que le dixième de cette somme, à peu près, est destiné à être employé dans la commune de Châteaubriant à des travaux déjà assez avancés. « Cet atelier ne saurait donc suffire à occuper jusqu’au printemps les nombreux ouvriers et manœuvres de la ville, ainsi que les indigens valides que les communes pauvres et dénuées de moyen d’emploi des environs, versent sans cesse au chef-lieu d’arrondissement » [ndlr : en 2003, il en est de même !].

Le Conseil croit également de son devoir de recommander au Préfet l’hospice communal et le bureau de bienfaisance de Châteaubriant dont les ressources sont, de tous temps, « et surtout cette année, infiniment en dessous des besoins ».

19 janvier 1847 : la mairie écrit au Duc d’Aumale : « Les ouvriers de Châteaubriant auxquels votre Altesse Royale a bien voulu adresser une somme de 200 francs, me chargent de vous transmettre l’expression de leur reconnaissance. Qu’il me soit permis aussi, au nom de toute la population, de témoigner à votre Altesse Royale combien nous avons reconnaissance des travaux que vous avez ordonnés dans vos domaines. Ce moyen est l’un des plus efficaces pour atténuer les misères produites par le haut prix des subsistances ».

20 janvier 1847 : un détachement de militaires « 5e léger » est arrivé à Châteaubriant. Le Sous-Préfet dit que la ville doit fournir l’éclairage du Corps de Garde. Le maire répond que cette dépense ne peut être mise à la charge de la commune, mais bien plutôt au compte du Département de la Guerre.

Mais il y a urgence. « Dans l’état où se trouvait ce détachement en arrivant ici, j’ai mis une portion de la mairie à sa disposition » dit le maire, « Je lui ai en outre fait fournir le chauffage, le couchage et l’éclairage aux frais de la ville » en attendant que le Ministère de la Guerre rembourse .

 Ledru-Rollin

Janvier-février 1847 : la situation économique en France provoque le mécon- tentement de la province et des campagnes. Des troubles éclatent dans plusieurs villes où les marchés sont pillés. L’avocat d’extrême-gauche Alexandre-Auguste Ledru (dit Ledru-Rollin) réclame une politique sociale plus marquée, notamment par l’intermédiaire de son journal « La Réforme » dont il ouvre les colonnes au socialiste Louis Blanc.

3 février 1847
 : lettre à Monsieur le Curé. « Le Conseil Municipal a exprimé, depuis plus d’un an, le désir de voir l’horloge publique transférée dans la nouvelle tour de l’église, de manière que la grosse cloche servit de timbre à cette horloge.. A cette époque, la grosse cloche servait habituellement à annoncer les offices ce qui rendait difficile l’exécution immédiate de ce projet. Le moment opportun d’assurer cette translation semble venu. Les avantages qui en résulteraient pour le public seraient :
- 1). Que les heures seraient entendues dans un rayon plus étendu
- 2). Que deux cadrans placés à l’extérieur de la tour permettraient aux habitants des divers quartiers de la ville de s’assurer des heures du jour.
- 3). Enfin le mécanisme de l’horloge, devenu, par suite de cette translation, beaucoup plus simple, serait plus régulier »

Le maire demande au curé de bien vouloir entretenir le Conseil de Fabrique de ce projet, dans l’intérêt général.

 Les petites filles à la Boule d’Or

7 février 1847 : au Conseil Municipal le maire rappelle qu’en septembre 1846 un affaissement du pavé démontra que le pont sur le Rollard, situé au milieu de la Grand Rue, avait besoin de réparations. Ce pont fut visité et le résultat de l’inspection apprit qu’il avait besoin d’être refait à neuf et d’urgence. En conséquence des ouvriers furent mis immédiatement à l’œuvre et la circulation fut bientôt assurée. Coût des travaux : 173, 20 francs

Par délibération du 30 janvier dernier, le bureau de bienfaisance a décidé d’utiliser les 200 francs accordés par le Duc d’Aumale pour l’achat « d’alimens au profit des indigens ».Suivant une autre délibération du même jour, le bureau de bienfaisance demande l’autorisation d’effectuer divers travaux pour 340,62 francs, « dans la maison de la Boule d’Or où l’école des petites filles pauvres a été transférée, à partir du moment où elle a été congédiée du local de la Porte Neuve actuellement consacré au service de la prison provisoire ». Le Conseil Municipal donne son accord.

Le sieur Chrétien, qui souhaite une portion de terrain vague du côté du jardin Saint Sauveur appartenant à Mlle Ernoul-Provôté au faux-bourg de Béré (revoir au 15 novembre 1846) a produit, à l’appui de sa demande, un acte signé devant le notaire de Châteaubriant par lequel Mlle Ernoul-Provôté se désiste de toute prétention à l’achat de ce terrain et l’autorise à bâtir sous réserve de certaines conditions.

Le Conseil Municipal en débat longuement et décide de vendre ce terrain par voie d’adjudication publique en même temps que d’autres terrains de la ville, d’autant plus qu’il y a d’autres demandes par exemple, « relativement à un pâti situé au bas des Landes du Bois Hamon, au bord du chemin de Vieille Voie ».

Le sieur Eon, qui est propriétaire d’une maison délabrée ayant une façade sur la place Saint Nicolas, demande à être autorisé à la réparer : « elle est dans l’état le plus déplorable et offre surtout au midi un aspect hideux qu’il serait fort à propos de remplacer par une façade de bon goût ».

Le Conseil, qui en a déjà parlé le 23 novembre 1845, est persuadé que le sol sur lequel repose cette maison ne peut devenir partie intégrante de la voie publique que dans un avenir fort éloigné. Il tolère donc (écrit en gros caractères) que le sieur Eon rétablisse sa maison, sous les conditions suivantes :

- 1.- qu’en reconstruisant ou en réparant, il ne maintienne pas de pignon sur la place
- 2.- qu’en cas d’expropriation, à quelque époque que ce soit, il n’aura pas droit à une indemnité supérieure à 5000 francs
- 3.- que le sieur Eon prenne l’engagement positif et solennel de se contenter de ce prix (il demandait 9000 francs à l’origine)

 Rue des Halles

Toujours le 7 février 1847 : L’ordonnance royale du 13 septembre 1846 autorise l’ouverture de la rue dite « Rue des Halles » partant de la Place des Halles et aboutissant à la route royale n°163 [actuelle moitié nord de la rue Aristide Briand]. Pour l’expropriation liée à cette ouverture, M. Prod’homme refuse les offres qui lui sont faites. Il demande 1504 francs, le Conseil propose 1000 francs et menace de recourir au jury d’expropriation.

Même menace pour M. Couetoux qui fait de nouvelles demandes que le Conseil juge « complètement inadmissibles ».

11 février 1847 : le Sous-Préfet a écrit pour inviter la mairie, soit à renouveler la paille fournie au détachement militaire du 5e léger, soit à faire établir un lit de camp dans le Corps de Garde. Le maire répond encore une fois que ces dépenses sont du ressort du département de la Guerre. « Mais comme il convient, dans la circonstance, de procurer aux militaires de garde les moyens de se reposer, je viens de donner des ordres pour que le lit de camp qui sert à la garde nationale soit placé dans le Corps de Garde, à disposition de la troupe » . Bien sympa !

14 février 1847 : au Conseil Municipal on apprend que des travaux de grande voirie vont être effectués sur la route royale n° 178 entre l’extrémité du Faux-bourg de la Torche et celle du Faux-Bourg de la Barre. « Cette entreprise occupera un grand nombre de bras et contribuera, avec les autres ateliers du pays, à garantir des travaux et par suite à procurer des moyens d’existence à la classe indigente ».

Pour la subsistance des indigents, la conseil vote un crédit supplémentaire de 1000 francs ;

 Félicitations à la police

Ce 14 février 1847, un conseiller demande une gratification extraordinaire de 100 francs au profit de M. Goutan, commissaire de police « qui s’acquitte de ses fonctions avec une probité et un dévouement remarquables, notamment en ce qui concerne la branche si délicate et si essentielle des subsistances ». Le Conseil accepte, en reconnaissant que M. Goutan a obtenu, dans toutes les circonstances difficiles, les succès les plus satisfaisants « et a su, par son impartialité, se concilier l’estime de toutes les personnes honorables » [ndlr : et des autres ?].

  Première répurgation en régie

Ce 14 février 1847, M. de la Pilorgerie (« remplissant par vacance et suppléance de droit, la fonction de maire ») signale que le sieur Besnier, intéressé par l’enlèvement des boues de la ville, refuse le principe de l’adjudication et demande un salaire. Le Conseil suggère de recourir au système de la régie « qui concilierait vraisemblablement l’intérêt pécuniaire avec celui de la propreté et de la salubrité ». Il est question alors d’acheter un « tombereau à bras » d’une capacité convenable « pour que son chargement corresponde à la force de deux hommes », et d’embaucher deux hommes choisis par l’autorité municipale sur une liste de candidats formée par suite de publication annonçant un concours. « Ces hommes, toujours révocables par la mairie, auraient mission spéciale de balayer les rues avec soin, de mettre en tas le produit du balayage, de l’enlever au moyen du tombereau et d’un faire le dépôt à un lieu qui leur serait désigné ».

Ces hommes se fourniraient balais, pelles et autres instruments nécessaires pour bien remplir leur tâche. Ils seraient chargés de « remuer les monceaux de boues amassées au lieu de dépôt, afin de les pulvériser et de les purger de pierres. Une fois ou deux fois par an les boues, ainsi préparées, seraient vendues au profit de la ville avec concurrence et publication ».

« Cette expérience aurait l’avantage de fixer l’opinion de l’administration et des agriculteurs sur la valeur des boues et de fixer le prix de ferme si, un jour, il y avait lieu de renoncer au système de régie et de remettre en ferme la répurgation ». [c’est la première fois qu’apparaît le mot répurgation]. Pour l’achat du tombereau le Conseil fixe 130 à 150 francs et prévoit pour chacun des deux hommes un salaire annuel de 300 francs.

 Encore les rues

Ce 14 février 1847, le Conseil prend connaissance d’une nouvelle lettre de M. Couetoux (pour la future rue des Halles). Mais cette lettre, loin d’aplanir les difficultés, les rend de plus en plus insurmontables « car les deux notes du 19 janvier 1846 et du 4 février 1847 contiennent des conditions et des propositions inconciliables entre elles ».

En ce qui concerne la rue de la Coquerie(voir au 14 mai 1846), tout semblait sur le point de s’accomplir. Mais la famille Belot « qui avait témoigné des intentions raisonnables, élève aujourd’hui des prétentions fort élevées ». Allons bon !

« Toutefois, comme les dispositions ont été faites dans la partie de la place St Nicolas située au Nord-Ouest du portail de l’église, dans la prévision de l’ouverture de cette rue, le travail n’en sera pas moins continué. La ruelle de la Coquerie sera excavée avec les précautions nécessaires pour prévenir la chute du mur de clôture de la maison Belot ».

Par ailleurs le maire informe que le pavé a été complété dans la rue de Rigale, là où cette rue a été élargie il y a un an, au point de jonction avec la Grand Rue, en vertu de la délibération du 16 novembre 1845. Quelques mètres ont été également restaurés « dans la rue de la Planche Marguerite » [c’est-à-dire dans la Rue Tournebride].

22 février 1847 : le maire écrit à « La Reine des Français » Marie-Amélie, fille de Ferdinand IV de Naples : « Chaque année votre Auguste Majesté honore de son auguste bienveillance la loterie que le bureau de bienfaisance a instituée en faveur des indigents de cette ville. La faiblesse de nos ressources, les grandes misères que nous avons à soulager, nous font plus que jamais un devoir de recourir à ce moyen d’atténuer l’insuffisance de nos ressources. Nous avons espoir que Votre Majesté, dont la bonté est inépuisable, voudra bien concourir par l’envoi de quelques lots à cette œuvre de bienfaisance. Le tirage aura lieu le 8 mars ».

 Brouettes

22 février 1847 : lettre au maire de St Aubin-des-Châteaux : « à partir de cette année, la commune de Châteaubriant consacrera à la route se dirigeant vers Saint-Aubin-des-Châteaux les ressources affectées à la réparation des chemins vicinaux, pour un montant de 800 francs environ. Lorsque cette somme est intégralement employée au terrassement et cassage des pierres, elle suffit chaque année pour mettre une assez grande longueur de chemin à l’état d’entretien (...). Mais dans la partie du chemin de St Aubin, comprise entre la Butte du Bois Hamon et la limite des deux communes, la nécessité de charrois se fera sentir, il y aura obligation d’amener des pierres des carrières situées à une assez faible distance, à la vérité, mais trop éloignées pour qu’on puisse recourir à l’emploi des brouettes ».

Il est donc demandé au maire de St-Aubin « une aide de bon voisinage et de bonne administration » c’est-à-dire la mise à disposition de quelques journées de charrois, une trentaine de journées environ.

 Etalons

26 février 1847 : lettre au Sous-Préfet : « Je viens d’apprendre que, contrairement aux légitimes espérances que nous avions conçues, la station d’Etalons destinée à l’arrondissement de Châteaubriant est établie à la ferme de Grandjouan [à Nozay]. Les étalons ne viennent à Châteaubriant que pour la seconde période de la campagne et, malgré l’autorisation de l’administration de dépasser le nombre assigné de saillies, beaucoup de juments devront être refusées. ». Le maire demande donc deux stations d’étalons pour l’arrondissement de Châteaubriant, ou qu’à défaut « Châteaubriant et Grandjouan soient mis sur un même pied d’égalité »

 Rose Jaquette

3 mars 1847 : le maire signale au Sous-Préfet l’altération des facultés mentales de « Rose Jaquette » femme d’un gendarme. Celui-ci demande son admission à l’hospice départemental de Nantes. « La présence de cette femme dans la caserne de gendarmerie ne pourrait se prolonger sans danger ».

Mars 1847 : à Paris vient en discussion un projet de loi sur la réforme électorale et parlementaire. Le système pratiqué depuis 17 ans est, selon l’opposition, fondé sur la distribution des faveurs et des emplois, et la corruption des députés-hauts fonctionnaires qui constituent l’armature inébranlable de la majorité. Il est réclamé la réduction du nombre de ces hauts fonctionnaires, et l’abaissement du cens électoral à 100 francs au lieu de 200 francs (c’est-à-dire que tous ceux qui paient au moins 100 francs d’impôts directs aient le droit d’être électeur). Il est proposé aussi que des personnes « choisies en dehors de tout cens pour leurs capacités » puissent avoir le droit de vote. Le nombre d’électeurs passerait alors de 240 000 à 450 000 [ce qui est encore très loin d’un suffrage universel !]

Le chef du gouvernement, François Guizot, combat ces projets. Ils sont repoussés.

Avril 1847 : à Paris, les intellectuels, qui ne paient pas assez d’impôts pour être électeurs, se mettent du côté des politiques pour combattre la Monarchie de Juillet (c’est-à-dire le gouvernement de Louis-Philippe) et son immobilisme. C’est à cette époque que Lamartine lance son « Histoire des Girondins » destinée « à donner au peuple une haute leçon de moralité révolutionnaire, propre à l’instruire et à le contenir à la veille d’une révolution ».

Cette histoire en 8 volumes se termine par l’apologie de Robespierre, ce qui ne choque personne. Jules Michelet, lui, qui a terminé sa monumentale Histoire de France (6 volumes), commence son "Histoire de la Révolution Française", œuvre engagée et inspirée, enthousiaste et remarquablement documentée, dans laquelle le peuple est toujours héros ou saint.

30 avril 1847 : L’agitation qui s’amplifie ne touche pas le roi Louis Philippe. Aux souhaits qu’on lui présente pour sa fête, il répond : « La France jouit de tous les avantages de la paix et de la prospérité » Dans 10 mois il déchantera.

 Eviter la terreur panique

4 mai 1847 : le Préfet demande au maire de Châteaubriant quelles sont « les causes auxquelles on doit attribuer le prix modéré des céréales sur le marché de Châteaubriant, à une époque où partout ailleurs elles ont atteint un taux beaucoup trop élevé ». Le maire répond que la question des subsistances lui a semblé si importante qu’elle a été l’objet d’une sollicitude particulière de sa part. Et il explique que, dès novembre 1846, le Conseil Municipal a adopté les mesures nécessaires « pour rassurer la portion nécessiteuse de la population » : concrètement, il a fixé un prix maximum pour le pain, la différence étant à la charge de la commune.

En même temps, une réserve de 12 000 décalitres de blé noir a été constituée « ce qui a puissamment contribué à l’alimentation du tiers des habitants de la commune à un taux de plus de 50 % en dessous des cours du marché ».

Le bureau de bienfaisance et l’hospice usèrent de toutes leurs ressources pour atténuer les effets du haut prix des subsistances. Le pain fut taxé chaque quinzaine, pas toujours en rapport exact avec les variations du marché. Les propriétaires détenteurs de grains résolurent de vendre au détail aux habitants de la ville. « L’effet de ces mesures a été de nature à rassurer pleinement la population nécessiteuse et de la désintéresser de la question des subsistance. Elle n’a pas paru à la halle où, le plus souvent, comme l’expérience nous l’apprend, ce sont les petits acheteurs qui contribuent le plus activement par leurs terreurs paniques, à la surélévation des prix ».

 Le maire et la sécurité

« Toutefois, poursuit le maire, malgré ces motifs de sécurité, je n’ai cessé de surveiller la tenue des marchés et de me renseigner sur la nature des transactions qui s’y opéraient. Quelques mesures de rigueur furent employées avec succès, soit pour empêcher que des achats soient faits par les marchands blatiers avant l’heure de midi, soit pour réprimer les transactions, offres et manœuvres de ce genre. L’intelligence et le dévouement du commissaire de police [M. Goutan ] nous a été d’un grand secours en cette occurrence. C’est à l’ensemble de ces mesures que l’on doit attribuer la modération des cours de notre marché pendant les 4 derniers mois. ».

M. de la Pilorgerie se livre alors à un véritable plaidoyer sur la nécessaire intervention des pouvoirs publics : « Pour ma part, j’ai toujours été pénétré de la vérité de ses principes que c’est en éloignant du marché les consommateurs pauvres plus disposés que d’autres à s’effrayer, en faisant connaître à la population les quantités disponibles, en maintenant sévèrement la police des marchés et la liberté des transports, qu’on parvient le plus souvent à éliminer les causes perturbatrices et artificielles qui concourent pour une large part à l’exagération et surtout à l’élévation des prix ».

Il termine son courrier en expliquant que des greniers, ouverts par les propriétaires de la ville, « servaient à indiquer aux habitants le moyen de se procurer des céréales sans se présenter au marché. Par ce moyen nous réussissions à diminuer la concurrence ».

 Bons de pain

9 mai 1847 : au Conseil Municipal, Jules Luette de la Pilorgerie rappelle que 1500 francs et 1000 francs supplémentaires ont été « consacrés au service de l’œuvre des bons de pains » et que ces sommes sont épuisées. « Au début il s’est manifesté des abus que l’autorité s’est attachée à réprimer. Il est incontestable que la mesure adoptée a produit (...) un bien immense dans le pays. Tous les besoins ont été satisfaits et le calme le plus profond a constamment régné ».

« La hausse du prix des grains depuis le mois de janvier et les rigueurs d’un long hyver, ont exigé que le cercle dans lequel la délivrance des bons [de pain], avait d’abord été circonscrite, s’élargisse peu à peu. D’où un accroissement des dépenses de mois en mois ».

Nous sommes en mai, l’hiver est fini, et pourtant : « Il y a peu d’espoir que cet état de choses s’améliore avant les approches de la prochaine récolte et comme il importe que l’acte de bienfaisance dure aussi longtemps que la cause qui l’a déterminé, il est proposé le vote d’un troisième crédit de 2500 francs avec lequel l’on espère atteindre la deuxième quinzaine de juillet. ». Accord du Conseil. Cependant, la délibération du 15 novembre 1846 est modifiée : au lieu de dire que les bons seront délivrés « en raison du nombre d’individus de tout âge et de tout sexe », ils ne seront délivrés dorénavant que « dans la proportion des besoins de chaque famille ». [à notre époque il existe les restos du cœur, et leurs distributions alimentaires cessent au 31 mars].

 Rouvrir un puits

A ce Conseil Municipal du 9 mai 1847, il est fait état de la demande de plusieurs habitants concernant la réouverture du puits de la Place de la Pompe « dont l’usage serait non seulement précieux pour les besoins des ménages, mais encore fort important en cas d’incendie. Les édifices de ce quartier sont presque tous vieux et construits en grande partie en bois. Et si le feu de cheminée qui s’est dernièrement produit avait pris de l’extension, l’on aurait eu probablement de grands malheurs à déplorer ».

Des conseillers font remarquer que la Place de la Pompe [en face du Café Suisse, actuellement, rue Aristide Briand] est fort exiguë, que l’ancien puits placé presque au centre était une gêne pour la circulation, « que sa suppression n’était pas de nature à entraîner de grands inconvéniens » parce que l’eau y était peu abondante et que, dans tous les cas, le puits de la Place des halles, à peu près intarissable et muni d’une pompe, est situé à quelques dizaines de mètres de distance et semble pouvoir suffire à tous les besoins ordinaires. La décision à ce sujet est reportée à une autre séance.

Il est question aussi de l’achat d’une pompe à incendie, moyen beaucoup plus puissant que le puits de la Place de la Pompe, pour combattre un sinistre occasionné par le feu.

 Maison d’Arrimont : en contrehaut

En ce qui concerne la place Saint Nicolas, le mémoire de M. et Mme d’Arrimont tend à obtenir l’autorisation de poursuivre la commune de Châteaubriant devant les tribunaux pour la faire condamner à payer une indemnité évaluée provisoirement à 8500 francs. Les époux d’Arrimont font valoir que « les fondements de l’une de leurs maisons se trouvent à 80 cm au moins en contrehaut du niveau actuel de la Place St Nicolas ». Le Conseil Municipal répond que la commune n’a pas opposé de résistance à la conciliation, qu’elle n’est point « possédée de la manie des procès » et que si celui dont elle est menacée a lieu, ce ne sera point de sa faute ; « La commune qui ne veut, ni chicanne, ni mauvaise querelle, a toujours reconnu et reconnaît encore qu’un préjudice a été porté à la propriété de M. et Mme d’Arrimont. Elle avoue qu’un dédommagement leur est dû, mais elle ne veut consentir qu’à la concession d’une indemnité proportionnée aux dommages » et que 8500 francs lui paraissent exagérés.

« Il est bon de noter que les frais d’établissement de perrons et ceux de reprise et d’enduits au bâtiment de l’église St Nicolas, dont les murs sont dans une position analogue, n’entraîneront pas une dépense de 300 francs ».

 Perrons et enduits

Mais voilà un autre problème qui se présente, avec M. Voiton cette fois. Lorsque les travaux de nivellement de la place St Nicolas sont arrivés à l’entrée méridionale de la ruelle de la Coquerie, M. Voiton s’est opposé à leur continuation, « sous le motif que le sol de cette ruelle est sa propriété et qu’il n’est grevé que d’une simple servitude de passage du profit des habitans (selon un titre du 11 avril 1708) ». M. Voiton affirme que la continuation des travaux aurait pour résultat de déchausser les murs Sud et Est de sa maison et lui porterait un grave préjudice.

Le Conseil Municipal conteste et dit que les travaux, au contraire, débarrasseraient les murs de la maison d’une masse de sable qui les enveloppe, et permettraient de convertir en appartements plus salubres « des locaux qui, presque ensevelis sous terre aujourd’hui, ne sont que des espèces de caves humides ». Et il ajoute, non sans ironie que « il y a lieu de s’abstenir quelquefois de rendre service aux gens contre leur gré ». Il invite le maire à prendre des renseignements sur le mérite de la prétention de M. Voiton.

Mais c’est pas tout ! « le nivellement de la place Saint Nicolas, en abaissant le sol, a rendu impossibles l’entrée et la sortie de l’église par deux de ses portes. Il faut réaliser des perrons convenables pour 181,66 francs et appliquer des enduits aux parties de l’édifice qui ont été mises à découvert (92,44 francs) ». Il manque aussi des pavés (environ pour 600 francs). De plus, un crédit de 1223,35 francs est voté pour dépavage, nivellement et repavage de la Rue de la Porte Neuve qui se trouve en contrehaut de la place Saint Nicolas. Suivant l’ancien usage, les propriétaires riverains contribueront au pavé dans la proportion de un mètre cinquante en face de leurs propriétés respectives.

Enfin un crédit de 300 francs est mis à la disposition du maire pour faire transférer, avec l’agrément du Conseil de Fabrique, le mécanisme de l’horloge dans le clocher neuf de l’église St Nicolas, « de disposer le marteau de cette horloge pour qu’il frappe sur la grosse cloche de la paroisse » et d’installer au sommet de la maçonnerie, trois cadrans pour indiquer les heures.

« Cette opération aura pour effet de répandre d’avantage [sic] le son de l’horloge et de procurer les moyens de connaître de divers côtés, et à une assez grande distance, la marche des aiguilles du cadran »

13 mai 1947 : Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit à nouveau, cette fois pour examiner la comptabilité de la commune, de l’hospice et du bureau de bienfaisance. Il conclut qu’il y a lieu de recruter du personnel : « frappé de plus en plus de la nécessité d’attacher à la mairie un expéditionnaire pour aider le secrétaire en chef et même pour le suppléer en cas d’absence ou de maladie » il insiste « de la manière la plus expresse » pour l’exécution de la délibération du 17 mai 1846. En conséquence le Conseil vote 300 francs pour le salaire annuel de cet expéditionnaire, à partir du 1er janvier 1848.

 Travaux divers

Puits : Par suite des travaux de nivellement et de redressement de la côte du faubourg de la Torche, un puits assez profond, le seul qui existe pour les besoins de tout ce faubourg, est menacé d’une destruction complète. « D’après les principes de l’équité naturelle, le préjudice doit être réparé par celui qui en est l’auteur » : il est donc demandé aux Ponts et Chaussées d’établir un autre puits pour le quartier.

Coquerie : sans doute lassé des contestations au sujet du nivellement de la place St Nicolas, le maire, J. de la Pilorgerie, déclare qu’il est convaincu du droit de la commune de faire abaisser le niveau de la ruelle de la Coquerie, « et il se propose de faire entreprendre cette opération à ses risques et périls personnels ». Mais le Conseil refuse, « entendant que la commune soit responsable ».

Pan coupé : une indemnité de 30 francs est accordée à la veuve Mahé qui a cédé du terrain afin de faire un pan coupé au bord de la Grande Rue et de la Rue du Dos d’Ane.

Horloge : le maire est autorisé à traiter avec un mécanicien concernant l’horloge, le marteau et le cadran. Mais le Conseil estime que deux cadrans suffiront, l’un au Sud, l’autre au Nord.

 Droit d’étal

Ce 13 mai 1847, le sieur Pierre Laurent, adjudicataire du droit d’étal, demande une réduction de 300 francs car, dit-il :
- les travaux de nivellement et de pavage de la place St Nicolas ont gêné le placement des marchands
- et la vente au Duc d’Aumale d’une portion de la Place des Terrasses « où se tiennent les foires de la Trinité et de la Toussaint » a rétréci l’espace disponible pour les étalages des marchands.

Le Conseil Municipal considère que, quoiqu’occupée partiellement par des dépôts de matériaux, la Place St Nicolas n’a pas été encombrée au point de nuire essentiellement à l’occupation des places habituelles des marchands étrangers (= étrangers à la ville).

Et que par ailleurs le sieur Laurent n’aurait pas dû exercer des perceptions sur la Place des Terrasses ! Le Conseil décide qu’il n’y a pas lieu d’intenter contre lui des poursuites pour cause de perceptions illégales. « On peut au moins admettre compensation entre ce qu’il a pu perdre sur la Place St Nicolas et ce qu’il n’aurait pas dû toucher sur la Place des Terrasses ». Le demande du sieur Laurent n’est donc pas accueillie.

 Evasion à la prison

22 mai 1847 : lettre au Préfet : « J’étais loin de prévoir, lorsque j’eus l’honneur de vous entretenir mercredi dernier, du peu de salubrité et de sécurité de la prison nouvelle, qu’un événement aussi prochain transformerait une partie de mes prévisions en réalité ».

Jules de la Pilorgerie raconte alors : « Hier soir, 21 mai, la prison contenait 21 prisonniers plus les six personnes composant la famille du geôlier. Celui-ci, après avoir pris toutes les précautions nécessaires n’alla se coucher qu’à une heure assez avancée de la nuit. Dès 4 heures du matin, la visite habituelle lui a fait connaître que deux jeunes gens de 15 à 18 ans, arrêtés sous prévention de vol, avaient profité de la nuit pour s’évader. L’excès de population de la prison avait obligé le geôlier à les déposer au troisième étage, sous les combles, dans une chambre destinée, du reste, à contenir des détenus. Ces jeunes gens ont pratiqué une ouverture dans le plafond, puis percé la toiture et enfin, s’introduisant dans le trou, ils se sont laissé glisser du toit supérieur sur celui placé au dessous, pour, de là, gagner le jardin d’une propriété voisine qui n’est séparée de la Place de la Motte que par un mur de peu de hauteur ». Le geôlier s’est empressé de prévenir le Procureur du Roi et la Gendarmerie. « Dans une prison distribuée comme la nôtre, cet exemple pourrait bien ne pas rester sans imitateur ».

29 mai 1847 : lettre au directeur du Haras Royal d’Angers. « Le garde étalon attaché à la station de Châteaubriant me prie de vous faire connaître que le nombre de cartes de saillie, qui lui avaient été remises, est épuisé et que cependant un assez grand nombre de juments sont inscrites pour être présentées aux étalons ». Le maire demande des cartes supplémentaires et se félicite « de l’empressement toujours croissant avec lequel les propriétaires et fermiers du pays amènent leur jument à la station. Cet état de choses est bien propre à prouver à l’administration supérieure combien nos longues et vives réclamations contre l’état d’abandon dans lequel on nous a laissé si longtemps, a été préjudiciable au pays » [ndlr : de nos jours la région de Châteaubriant dépend du Haras national de La Roche sur Yon].

Mai-juin 1847 : la misère du peuple et des paysans, le mécontentement d’une partie de la bourgeoisie touchée par la crise économique, trouvent un aliment dans la découverte d’un grave scandale financier : un ancien ministre des Travaux Publics, devenu Président de chambre à la Cour de Cassation, a touché des sommes importantes (94 000 francs) pour faire accorder à ses amis des mines de sel gemme. Un ancien ministre de la Guerre est complice. Traduits devant la Cour des Pairs, ils s’en tirent avec des peines que l’opinion publique juge trop légères..

 Des pommes de terre pour les bestiaux

3 juin 1847 : à la demande du Ministère de l’agriculture et du commerce, le maire dresse un bilan :

CEREALES : Les surfaces emblavées à l’automne de 1846 l’ont été principalement en froment, seigle et avoine qui sont les trois céréales plus particulièrement cultivées dans le pays. Le renchérissement des blés ne s’est pas produit, du moins de manière à dénoter une grande insuffisance dans la récolte de 1846. A l’époque des ensemencements d’automne je ne crois pas que les surfaces emblavées soient beaucoup plus considérables que celles de l’année précédente. Je n’estime pas la différence à une quantité supérieure au dixième et une partie de cette différence doit être attribuée aux progrès généraux de l’agriculture dans notre pays.La culture du froment de mars ne réussit pas ici. Les ensemencements d’orge et d’avoine ont été supérieurs d’un cinquième à ceux de l’année précédente.

POMMES DE TERRE : La quantité de pommes de terre semées a été inférieure d’un cinquième à celles cultivées en moyenne dans les deux années précédentes. Ce déficit doit être attribué aux mauvais semis de 1845 et 1846. Du reste cette tubercule ne sert guère dans le pays qu’à l’alimentation des bestiaux.

LISETTE : La culture de la lisette tend à remplacer en partie celle des pommes de terre. La culture des légumes n’a ici aucune importance. [la lisette est une betterave, appellation locale].

 Sarrasin et noir de raffinerie

BLE NOIR : En ce moment j’espère les ensemencements de sarrasin, produit qui a rendu cette année de si éminents services au pays. La quantité que l’on se dispose à emblaver dépassera d’un quart celle de l’année dernière. Mais le produit de cette céréale dépend beaucoup plus de la température des 100 jours nécessaires à son développement complet que de l’étendue de sa culture. Un insuccès serait cette année d’autant plus regrettable que le « noir de raffinerie » employé principalement à la culture du sarrasin a renchéri de 2 ou 3 fois par tentative. Huit tentatives étant nécessaires pour fumer un hectare, les frais de culture dépassent de 16 à 24 francs par hectare ceux de l’année 1846.

NOIR DE RAFFINERIE : « Par une coïncidence assez singulière le renchérissement du noir de raffinerie est l’effet même du transport des céréales. La navigation ayant été employée à transporter des grains, le fret de Marseille à Bordeaux, de Hambourg à Nantes, s’est considérablement élevé. De là vient le surenchérissement des noirs que l’on tire en grande partie des ports » explique le maire.

ESPOIRS : « En ce moment l’aspect des céréales et plantes farineuses est aussi plein de promesses que possible. Les blés, dont la végétation avait été lente et gênée durant les froids, se sont développés avec une grande force et une richesse qui dénote que la plante s’était vigoureusement enracinée dans le sol. L’apparence des froments est partout remarquable et l’emporte encore plus celle des seigles »

Mai 1947 : à Paris on assiste à un regroupement de toute l’opposition : les radicaux avec Alexandre Ledru-Rollin, le centre gauche avec Odilon Barrot et d’Adolphe Thiers, la gauche réformiste avec Prosper Duvergier de Hauranne. Les républicains deviennent de plus en plus actifs, autour de Louis Blanc et d’Armand Marrast.

 Sous-Préfecture

14 juin 1847 : Le Conseil Municipal autorise le bureau de bienfaisance à ester en justice, si besoin est, pour parvenir à un partage, avec deux particuliers, « d’un canton de terre, près la métairie de La Laie à Châteaubriant, indivis entre eux et cet établissement ».

Puis le Conseil examine le devis fait par des experts pour raccorder le portail, la cour et l’écurie de la maison servant d’hôtel de Sous-Préfecture, avec le sol de la rue Neuve [actuelle rue Joseph Hervouët].

L’expert de la commune pense qu’il suffira de 3 marches, la troisième formant seuil dans la baie de la porte cochère, « attendu que les dimensions de la cour ne permettent pas de tourner une voiture dans l’intérieur » . Coût 55 francs.

L’expert de la Sous-Préfecture propose au contraire un plan incliné pour 288,50 francs car il s’agirait de démolir et reconstruire les deux piliers de la porte cochère, de rajuster les deux battants du portail « qui se trouve aujourd’hui suspendu en l’air », de raccorder le sol de la cour et de l’écurie avec celui de la rue, de rallonger la porte de l’écurie et de fournir 4 marches : une à l’entrée du vestibule, une à la porte de la sellerie et deux à la porte de la cuisine. Ce projet est cinq fois plus cher que l’autre !

Le Préfet se range à l’avis de l’expert de la Sous-Préfecture mais ce choix soulève de nombreuses objections du Conseil.

Le Préfet s’engage alors à prendre en charge une partie des frais mais il restera à la ville une dépense de 118,77 francs, étant entendu que la commune ne sera pas chargée de l’exécution des travaux et que la résolution du Conseil ne pourra en aucun cas être invoquée par d’autres propriétaires [dans le cadre de la réparation des dommages provenant de travaux publics].

14 juin 1847 (suite) : un nouveau crédit de 2193,50 francs est voté par le Conseil Municipal de Châteaubriant pour le service des bons de pain à la classe indigente, jusqu’au 15 juin. Il faudra encore prévoir 500 francs pour la deuxième quinzaine de juin, dépense moins forte que prévue « parce que la liste a été révisée et réduite et parce que la baisse constatée aux deux derniers marchés, dans le prix des céréales, permet d’abaisser dans une assez forte proportion, le prix du pain ».

Ce qui fait qu’au delà des 5000 francs votés jusqu’à ce jour, la dépense se monterait à 2693,50 francs. Cependant, par précaution, « ne pouvant rien préjuger sur le prix des céréales jusqu’à la fin juin », le Conseil ouvre un crédit de 3000 francs.

En outre, le Conseil décide que, si à partir du 1er juillet la taxe de pain ne dépasse que de 25 centimes par 6 kg, le prix de 2 francs le pain de froment et celui de 1,40 francs pour le pain de méteil, le service des bons n’aura plus lieu « parce que l’abondance des travaux et les ressources de la saison permettront à la classe indigente de parvenir par elle-même à sa subsistance. »

 Déclamations et récriminations

15 juin 1847 : il y a urgence à ce que le sol de la ruelle de la Coquerie soit abaissé afin de livrer passage aux eaux qui, en temps de pluie, « forment une vaste marre vis à vis l’angle nord-ouest de l’église et interceptent la communication ». Les travaux de remblaiement commencent donc ce jour. Aussitôt M. Voiton signifie opposition extrajudiciaire par rapport d’huissier de même jour. Le maire lui demande de communiquer officieusement l’acte par lequel M. Dupin, son beau père, a acheté la maison de la Coquerie. Mais M. Voiton refuse. Et même « il s’est jeté dans des déclamations et des récriminations qui sont loin de présager une solution pacifique et qui n’expliquent rien, si ce n’est l’embarras d’une réponse cathégorique ».

La damnation de Faust et le désespoir de Berlioz

Hector Berlioz, « monté » à Paris pour y faire des études de médecine, change d’orientation et entre au Conservatoire à 23 ans. Il s’enthousiasme pour Virgile, Shakespeare, Goethe, Beethoven. Sa cantate Sardanapale obtient le prix de Rome en 1830 (il a 27 ans). Sa Symphonie fantastique est une réussite de la musique romantique par sa couleur mélodique, et ses hardiesses rythmiques et harmoniques. Son Requiem est un succès (1837) mais d’autres œuvres suscitent l’hostilité de la critiques et les sarcasmes du public. En revanche, il
reçoit un accueil triomphal en Angleterre et surtout dans les villes allemandes où il bénéficie du soutien de Mendelssohn, Wagner, Liszt.

De retour en France, comptant sur le renom qu’il a acquis à l’étranger, il donne « La Damnation de Faust » les 6 et 20 décembre 1846 à l’Opéra-Comique mais ne rencontre que le dédain et l’indifférence, le laissant ruiné et amer. Sa « légende dramatique » ne connaîtra le succès qu’après la mort de son auteur.

Considéré en France comme un excentrique de la musique, Berlioz apparaît aujourd’hui comme le créateur d’un univers sonore inouï, il est l’inventeur d’un style polyphoniste dont l’influence s’est exercée jusqu’à nos jours. Il est le plus grand, sinon le seul représentant du romantisme musical français, et, dans la multiplicité de ses styles, un maître de liberté.

(Source : dictionnaire Le petit Robert 2)



Sources :

Archives municipales série 1 D 18
1 D 19 , 2 D 10 et 1 M6
- Histoire de la France et des Français
par A. Castelot et A. Decaux
(Editions Robert Laffont)
- Rois de France, Ed.Atlas
- Itinéraires Littéraires, Ed Hatier


Orthographe de l’époque : inconvéniens, hyver, indigens, alimens, pâti