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1847 (de juillet à décembre)



4 juillet 1847 : Au Conseil Municipal, Jules de la Pilorgerie revient sur la ruelle de la Coquerie et sur les prétentions de M. Voiton. Il rappelle que le plan d’alignement prévoyait de convertir cette ruelle en une rue de 7 mètres de large. « La famille Belot avait manifesté des dispositions favorables mais, tout-à-coup, une funeste inspiration vient déranger de sa part toutes les combinaisons relatives au côté Est. Quant au côté occidental, les difficultés ont toujours paru difficiles à vaincre à cause des prétentions de M. Voiton à une indemnité de 12 000 francs. Le seul moyen d’applanir les obstacles sera sans doute le recours au jury d’expropriation ».

Le Conseil Municipal s’étonne de voir M. Voiton se référer à un acte du 11 avril 1708 alors que son beau-père a acheté la maison de la Coquerie il y a 30 et quelques années. Il rappelle que la ville a fait, sous l’administration de M.Dauffy Dujarier, décédé en octobre 1812, remplacer les pierres ardoisines qui formaient l’escalier de la Coquerie par des marches en granit sans que M. Voiton se soit plaint. De plus, les mêmes marches ont été repiquées et redressées par ordre de l’autorité municipale pendant que M. Brossays était maire, sans que M. Voiton se soit plaint.

« Dans tous les temps, pour préserver les marches de cet escalier des dommages que le passage des chevaux leur eût occasionnés, une barrière avec un cadenas dont la clef était déposée à la mairie, était placée chaque jour de marché au pied de l’escalier par les soins de l’autorité municipale », sans que M.Voiton y trouve à redire.

Le Conseil pense que, si M. Voiton ne parle point du titre en vertu duquel son beau-père est propriétaire, c’est parce que ce titre ne contient aucune énonciation favorable ! Le chef du pouvoir municipal (= celui qui fait fonction de maire) est invité à recueillir des informations sur le mérite des prétentions de ce particulier.

La ville est autorisée à ester en justice relativement à la propriété de la ruelle et de l’escalier de la Coquerie.

 Pont de la Vannerie

Ce même 4 juillet 1847, M. de la Pilorgerie fait le compte-rendu de la visite du Préfet le 19 mai dernier. Le Préfet s’est rendu sur place et a admis la nécessité d’un pont sur le gué de la Vannerie « qu’il faudra toujours traverser pour se rendre du Faubourg de la Barre au Faubourg St Michel et pour communiquer avec le territoire d’Erbray et avec diverses propriétés (Launay, Les Briottais) situées sur le territoire de Châteaubriant. ». Le Préfet n’ayant manifesté aucune exigence soit pour un élargissement soit pour un redressement du chemin, le Conseil décide la construction de ce pont.

6 juillet 1847 : ce matin, un loup a attaqué plusieurs bestiaux appartenant à un agriculteur du Bignon et a blessé en plusieurs endroits un poulain. Le maire demande au Sous-Préfet l’autorisation de rechercher et de détruire cet animal.

 La campagne des banquets

9 juillet 1847 : pour secouer l’opinion, les chefs de l’opposition, à la Chambre des Députés, décident d’organiser des banquets au cours desquels on exaltera les souhaitables réformes politiques et sociales, et où on plaidera pour la démocratie. C’est ce qu’on a appelé « la campagne des banquets ».

Le premier d’entre eux a lieu le 9 juillet à Paris : 1200 personnes dont 85 députés, des journalistes, toutes les opinions du rose pâle au rouge vif. Dans cette campagne s’est illustré Ledru-Rollin (voir la caricature due à Cham) : Ledru est présenté en cuisinier, un pain sous le ras, un couteau à la ceinture et le ventre protégé d’un vaste tablier, appelant les foules en frappant une grosse caisse de sa louche. La pancarte indique que « l’on porte l’émeute à domicile ».

De juillet à décembre, 70 banquets sont organisés à Paris et en province, réunissant en tout 17 000 personnes. A Dijon, Louis Blanc annonce la prochaine révolution en disant : « Quand les fruits sont pourris, ils n’attendent que le passage du vent pour se détacher de l’arbre ». (C’est en effet l’interdiction des banquets par Guizot qui donnera le signal de la révolution de 1848). Mais dans l’immédiat la campagne n’a pas de répercussions sur le peuple.

18 juillet 1847 : dans sa ville natale, le poète Alphonse de Lamartine, au cours d’un immense banquet (300 convives, 6000 auditeurs), commence à parler au moment où se déchaîne un violent orage,, « quelque chose de saisissant et de prophétique lorsqu’aux derniers grondements du tonnerre, sous une tente battue par l’ouragan, la voix sévère du poète prédit la chute du trône et le renversement de la monarchie » dit la comtesse Marie d’Agoult. Lamartine annonce que « après avoir eu les révolutions de la liberté et les contre-révolutions de la gloire, vous aurez la révolution de la conscience publique et la révolution du mépris ».

9 août 1847 : Pierre Soulard, canonnier de la 3e compagnie du Régiment d’artillerie de marine est décédé en Martinique le 3 août 1847. Ce militaire a remplacé un jeune, en 1841, pour la classe de 1840. La famille Soulard, qui habite Châteaubriant recherche dans quel département et quel jeune il a remplacé, pour pouvoir réclamer le prix de son remplacement, ou une partie, dans le cas où n’aurait pas été versé le montant intégral. On apprendra par la suite qu’il s’agit d’un jeune de la Haute Vienne.

10 août 1847 : les boulangers de Châteaubriant demandent que la taxe du pain à Nantes serve de base à celle de Châteaubriant avec une réduction proportionnelle à la différence des frais généraux. Les conditions de travail étant nettement dissemblables entre les deux villes, le maire de Châteaubriant demande l’avis du maire de Nantes.

18 août 1847 : le scandale Teste (du nom de ce président de chambre à la Cour de Cassation, accusé d’avoir touché 94 000 francs pour faire accorder des faveurs à ses amis), éclabousse l’armée et la magistrature. Et voilà qu’un duc, le duc de Fraslin, qui veut vivre avec sa maîtresse, tue sauvagement son épouse. Cette fois c’est la noblesse qui est éclaboussée. Le duc est arrêté mais il s’empoisonne trois jours après. Le peuple manifeste sa colère et prétend que le gouvernement a voulu soustraire le noble duc à la guillotine.

25 août 1847 : le comité local d’instruction primaire de la commune de Châteaubriant donne un avis favorable pour que les Frères de la Doctrine Chrétienne ouvrent dans leur école une classe d’adultes.

 Les oisifs et le violon

29 août 1847 : la somme de 9 francs donnée comme indemnité au gardien de la maison d’arrêt de Châteaubriant, « lors de la mise de perturbateurs et d’ivrognes au violon » se trouve déjà épuisée parce que, « grâce notamment au maintien prolongé d’un cantonnement de soldats oisifs à Châteaubriant », les occasions de recourir à ce moyen de police ont été plus fréquentes que par le passé. Dans cet état de choses, « quoique la cause du désordre soit heureusement retranchée » il y a lieu d’avoir un petit fonds disponible. Le Conseil vote un crédit additionnel de 20 francs.

La démolition de la maison des héritiers Charles Besnier, prévue pour l’ouverture de la rue des Halles a été entreprise. Une charretée de pierres a été transportée sur un petit terrain vague en aval du Pont Glémois, sur lequel il pourra y avoir lieu à établir ultérieurement un lavoir public. Les pierres de taille sont mises en réserve pour construire le pont à la suite de la rue des Halles. Les autres matériaux, sauf peut-être un couple de poutres nécessaires pour établir une passerelle provisoire, seront vendus administrativement aux enchères et le produit de la vente sera versé à la caisse municipale.

 L’école en décadence

Ce 29 août 1847, le bâtiment de l’école communale, construit en exécution de l’adjudication du 30 juin 1841, tombe en décadence. Le Conseil « considérant que la dislocation des planchers et des cloisons paraît provenir de vices de construction » décide de recourir aux garanties prévues à l’article 1792 du Code Civil.

M. Tixier, maître adjoint à l’école communale, demande un supplément de traitement. Le Conseil lui alloue 50 francs (en plus de son salaire de 300 francs), en raison de son état de maladie.

Les travaux à la Sous-Préfecture [située dans la rue Neuve] ont été faits mais comme les piliers de la porte cochère n’ont été ni démolis ni reconstruits, parce qu’ils n’avaient subi aucune altération, la ville demande le remboursement d’une somme équivalente à la dépense qui n’a pas été faite.

 Témérairement

Ce 29 août 1847, le Conseil Municipal note que la Foire de Béré, fixée au 14 septembre de chaque année, a conservé son ancienne importance malgré les foires nouvelles qui, depuis un certain nombre d’années, « ont été fondées plus ou moins témérairement dans plusieurs communes voisines ». Les communes de la Guerche et de Nozay, situées dans un rayon de deux à trois myriamètres de distance ont aussi une foire qui se tient le mardi après le 8 septembre. Ces deux dernières foires étant mobiles, il arrive de temps en temps que le mardi après le 8 septembre se trouve être le 14. Alors les foires de Châteaubriant, La Guerche et Nozay tombent le même jour.

« Quand cette coïncidence se produit, les trois foires se portent un mutuel préjudice. Toutefois, la foire de Châteaubriant étant la plus forte et la plus renommée, c’est elle qui souffre le moins ».

Le Conseil Municipal de Châteaubriant pense cependant qu’il y a lieu de soumettre aux Conseils Municipaux de Nozay et de la Guerche, des observations sur cet état de choses, « afin que, dans leur sagesse, ils apprécient s’il ne serait point convenable de demander pour leurs foires une fixation telle qu’elles arrivassent toujours de manière à ne subir ni à porter aucun dommage ».

3 septembre 1847 : Victor Hugo : Je partirai

Septembre 1847 : grâce à une excellente récolte, la crise des subsistances est surmontée. Mais le marasme économique reste grand et l’agitation se poursuit dans toute la France. A Paris, Guizot (qui en faisait fonction jusqu’à présent), devient officiellement Président du Conseil.

3 septembre 1847 : lettre du maire au Préfet : « J’ai l’honneur de solliciter de votre extrême bienfaisance l’admission à l’Hôtel-Dieu à Nantes, pour y faire ses couches, de Mlle Cotteverte Marie, journalière. Cette malheureuse, qui est entrée dans son 9e mois de grossesse, est sans aucune fortune et conséquemment hors d’état de pouvoir satisfaire aux besoins résultants de sa fâcheuse position ».

20 septembre 1847 : le maire s’adresse à un horloger de Nantes car « l’absence d’horloge est une gêne pour le public ».

Octobre 1847 : le Duc d’Aumale, 25 ans, est nommé gouverneur général de l’Algérie, remplaçant Bugeaud qui a démissionné en juillet précédent. Il entend en finir avec Abd el-Kader qui, chassé du Maroc, est condamné à errer.

7 octobre 1847 : le Conseil Municipal de Châteaubriant accepte « un traité de tolérance » avec M. Margat, propriétaire de tout le terrain côté Est de la traverse du bas des Halles à la route royale n° 178, qui s’oblige à faire reconstruire le pignon de sa maison, sur l’alignement de la nouvelle rue, « pourvu que l’on me permette d’y faire les ouvertures que je jugerai à propos ». Le Conseil précise que si M. Margat veut édifier des constructions par la suite, « il ne pourra être bâti que des édifices sans pignons et sans ruelles sur la rue » [politique municipale constante depuis quelques années, voir 21 mai 1846]

 Justice distributive

4 novembre 1847 : au Conseil Municipal lecture est faite d’une lettre du Sous-Préfet et de l’agent-voyer contenant divers remarques notamment à propos du pavage de la Rue Porte Neuve et des marches « que l’abaissement du sol rendra nécessaires pour accéder à certaines maisons qui se trouveront déchaussées ».

Le maire répond que le problème ne se posera guère puisque presque toutes les maisons sont en contrebas du pavé actuel et que « les maisons dont l’accès sera rendu plus ou moins difficile par l’abaissement du sol, sont des édifices dont la caducité appelle une prochaine reconstruction ».

A propos de l’obligation faite aux propriétaires riverains de concourir sur une certaine largeur aux frais de rétablissement du pavé, le maire signale que cela se fait depuis 1813 et que ne pas le faire « serait aujourd’hui un manque de justice distributive ».

Le Conseil regrette les remarques de l’agent-voyer. « Considérant que c’est parfaitement ici le cas de l’application de la maxime "de minimis non curat praetor", (1) qu’agir autrement ce serait apporter des entraves à la réalisation des projets d’utilité publique, surtout dans les petites localités, et porter le découragement là où précisément l’administration s’était jusqu’ici efforcée de porter des encouragements, le corps municipal est d’avis de proposer l’approbation du projet » [de pavage de la rue Porte Neuve].

Par ailleurs, M. le maire est invité à faire tous ses efforts pour arriver à la prompte terminaison de l’affaire relative à la ruelle de la Coquerie, au rétablissement de l’horloge, à la fixation définitive des halles futures et de l’hôtel de ville, à la régularisation des pans coupés en haut de la Grande Rue vers la rue St Michel et la rue du Dos d’âne, et enfin à une plus grande propreté du chemin de la fontaine de la Vannerie. Comme quoi les projets municipaux ne manquent pas.

7 novembre 1847 : les fils de Louis-Philippe s’inquiètent : leur père a 74 ans et « est arrivé à un âge auquel on n’accepte plus les observations. Il est habitué à gouverner et les forces lui manquent pour prendre une résolution virile » dit, l’un des fils, le prince de Joinville, à son frère le duc de Nemours.

 Ferme - école ?

21 novembre 1847 : le maire, ou plutôt celui qui en fait fonction, lit au Conseil Municipal une lettre du docteur Isaac Defermon qui propose la création d’une ferme-école dans la propriété des Briotais. A cette lettre est jointe une dépêche du Préfet informant M. Defermon que l’existence de l’établissement de Grand Jouan [à Nozay], ne permet pas de donner suite à son projet.

M. Defermon s’adresse donc au Conseil Municipal pour trouver « un encouragement et un appui pour l’aider à surmonter les obstacles qu’il rencontre ».

Le Conseil considère que la propriété des Briotais, voisine d’une route royale, « présente un ensemble de terres de qualités diverses très propres à servir de théâtre à l’enseignement d’une bonne culture à l’ouest. Le bâtiment central est dans une situation élevée et salubre. Des animaux de choix sont déjà réunis dans les étables des Briotais. Le culture des plantes fourragères y a été entreprise sur une grande étendue par M.Defermon ».

« Toutes les conditions désirables pour l’établisement d’une ferme-école aux Briotais semblent se trouver réunies » continue le Conseil. « Les connaissances étendues de M. Defermon en agriculture, chimie, hygiène, le rendent éminemment propre à remplir avec distinction la mission qu’il veut bien s’imposer avec tant de dé-vouement ».

Le Conseil ajoute que l’institut agricole de Grandjouan reçoit quelques enfants à son école primaire. Ces enfants sont des boursiers des départements voisins. Bien peu d’entre eux appartiennent au département de Loire-Inférieure.

« L’effet de cette institution destinée surtout à former des professeurs d’agriculture et des théoriciens ne se fait point sentir dans la classe des fermiers. La ferme-école des Briotais sans viser aussi haut que l’institut agricole de Grandjouan, rendrait immédiatement des services réels et précieux ». Le Conseil appuie donc la proposition de M. Defermon.

 Ecole et sous-maître

Le Conseil demande la désignation d’un homme de l’art « capable », pour rédiger un procès-verbal circonstancié de l’état de dégradation de la maison d’école « car il est certain que plusieurs chambres sont désormais inhabitables ».

M. Ozanne [directeur de cette école] demande, non pas un secours, mais une allocation fixe de 500 F à titre de pension du sous-maître qui le seconde dans l’accomplissement de sa tâche. Le Conseil répond qu’il ignorait que M. Ozanne cessait de procurer gratuitement la pension à son sous-maître, et attend une communication directe avec celui-ci pour délibérer d’un traitement plus élevé.

 Anciennes halles

Ce 21 novembre 1847, le maire entretient l’assemblée d’un projet d’amélioration des halles dont la réalisation doit entraîner la démolition de la chambre et d’un grenier de la veuve Gauchet, de la maison du sieur Thuau et d’une partie du bâtiment du sieur Boutruche. Les deux premiers paraissent être « dans de bonnes conditions et aucune entrave ne paraît être à redouter de leur part ». Quant au sieur Boutruche il ne veut pas d’une vente partielle de son corridor et de son grenier mais de toute sa propriété pour 10 000 francs.

Le Conseil note que le corridor et le grenier sont attenants à la maison mais cependant séparés de celle-ci puisqu’ils se trouvent situés au dessus de la halle. Mais il est d’avis de faire une proposition équitable au sieur Boutruche pour l’achat de toute sa propriété, ou bien de procéder à l’expropriation.

 La tour du sieur Artur

Un conseiller signale comme « entreprise illicite et nuisible aux droits de la ville » la démolition que fait faire, à son presque profit, le sieur René Artur, « dans une vieille tour au joignant de la Porte de la Torche, laquelle tour serait propriété communale ».

Le maire précise que le sieur Artur a, depuis un temps fort long, la jouissance exclusive d’une casemate au fond de la dite tour, que la ville n’a aucun titre à opposer au sieur Artur et qu’il ne connaît aucun texte qui confère aux villes la propriété d’anciens murs dont elles n’ont jamais joui

« Au surplus la démolition doit entraîner des frais d’une quotité supérieure à la valeur des matériaux et, dans tous les cas, la suppression de ce massif doit contribuer à l’assainissement de la rue de Rigale en favorisant la circulation de l’air ».

 Difficultés de la police

Un conseiller se plaint de l’inertie du commissaire de police qui tolère une foule d’abus de curage, de balayage, d’éclairage, d’encombrement des rues, etc. Il réclame la stricte exécution du règlement général de police. Le maire dit en effet il y a beaucoup à désirer dans certaines parties du service de la police mais que la tâche du commissaire est devenue d’autant plus difficile que désormais il n’est plus secondé par la gendarmerie qui ne veut agir qu’en vertu de réquisitions écrites.
[les choses n’ont guère changé].

4 décembre 1847 : le maire demande au Sous-Préfet l’autorisation de réunir le Conseil Municipal pour lui soumettre les moyens à employer pour que le service des dépêches sur Paris soit accéléré.

12 décembre 1847 : au Conseil Municipal, M. de la Pilorgerie signale que le bail concernant les places aux halles et marchés expire le 1er janvier 1848. Il sera renouvelé dans les mêmes conditions, sauf les modifications ci-après :
- 1.- sur la place St Nicolas, les étalages des marchands seront placés « de telle sorte que les maisons de cette place et notamment celles où se fait du commerce ne soient pas gênées ».
- 2.- en cas de travaux pour l’amélioration des halles, l’adjudicataire aura droit à une indemnité proportionnelle au préjudice qu’il éprouvera.
- 3.- pour les travaux de pavage, l’adjudicataire ne pourra prétendre à aucune indemnité
- 4.- dans le cas où l’amélioration des halles et des abords procurerait de nouveaux emplacements, « cette circonstance donnerait lieu à une adjudication spéciale ».

 3 à 4 heures de plus pour 24 km de moins

Concernant le service des dépêches de Paris à Châteaubriant, le Conseil Général demande une accélération du service. Le Conseil Municipal appuie fortement cette demande. « Les dépêches de Paris à Châteaubriant arrivent à Angers par la malle de Paris à Nantes. Le courrier d’Angers à Châteaubriant a 24 km de moins à parcourir que celui d’Angers à Nantes et cependant les dépêches arrivent à Châteaubriant trois ou quatre heures plus tard qu’elles ne parviennent à Nantes ».

Le Conseil Municipal ajoute que la distribution des lettres et journaux de Paris n’a lieu à Châteaubriant qu’entre 6 et 8 heures du soir, tandis qu’elle pourrait avoir lieu entre 2 et 4. « Il est par suite fort difficile de répondre par le retour du courrier »

Le Sous-Préfet dans une lettre du 6 décembre explique que la distribution du courrier de Paris se fera le soir de toutes façons, « afin de distribuer en même temps les correspondances venant par les courriers de Derval, Nozay et La Guerche ». Pour le Conseil cet avis « est dénué de valeur » car les trois courriers les plus importants pour Châteaubriant sont ceux de Paris, Nantes et Rennes. « Ces deux derniers n’arrivent qu’à neuf heures et onze heures du soir [21 h et 23 h] , leurs dépêches ne sont distribuées que le lendemain matin à 8 h. Si le courrier de Paris arrivait dans le milieu du jour , rien ne s’opposerait à ce que la distribution des dépêches ait lieu immédiatement » dit le Conseil qui fait remarquer que la très prochaine mise en activité de la section de chemin de fer de Tours à Saumur et à Angers lui permettra d’arriver à Châteaubriant entre 10 heures et midi.

« Quant aux dépêches de peu d’importance et peu nombreuses de Derval, Nozay, la Guerche et Laval, leur distribution pourrait sans inconvénient être renvoyée au lendemain matin comme celle de Nantes et Rennes ».

Et pour tout concilier, le Conseil Municipal propose une légère augmentation de traitement du facteur pour « organiser trois distributions dont la dernière exigerait peu de temps » [Ainsi, en 1847, il y avait déjà deux distributions de courrier par jour, on en envisageait même trois ! Cent cinquante ans plus tard, au temps des avions supersoniques et des TGV, il n’y a plus qu’une distribution de courrier par jour. C’est le progrès ?].

En ce qui concerne la construction projetée d’un pont sur le ruisseau proche la fontaine de la Vannerie, le Conseil considère que la saison d’hiver s’oppose à ce qu’on s’en occupe avant l’été prochain.

 Une histoire de grands-mères

22 décembre 1847 : un enfant Gautron se trouve orphelin de père et mère : « Les mères des époux Gautron sont encore existantes et habitant Châteaubriant mais elles sont loin, l’une comme l’autre, d’être en position à pouvoir leur permettre de faire des sacrifices en faveur de cet orphelin. L’oncle de ce petit malheureux demeure aussi à Châteaubriant où il exerce la profession de cloutier. Mais il ne peut non plus le prendre à sa charge, ayant sa famille à élever et sa mère à charge ». Bref le maire constate que nul ne peut accueillir l’infortuné.

23 décembre 1847 : l’émir Abd El-Kader, qui a été bloqué par Lamoricière au col de Beni-Snassen, remet son épée au général et vient s’incliner devant le Duc d’Aumale en lui offrant une magnifique jument blanche, la dernière qu’il a montée. Le duc d’Aumale promet de le faire conduire en exil à Alexandrie ou à St Jean d’Acre. La Chambre des Députés n’apprécie guère la mansuétude du gouverneur de l’Algérie.

28 décembre 1847 : SAR le Duc d’Aumale possède plusieurs pièces de terre aboutissant sur le chemin de Juigné. Il est indispensable pour la conservation de ce chemin, qui vient d’être réparé avec soin par la commune, que des ponceaux soient établis. Il faudrait ....« huit ponceaux neufs tant à l’abord de ces pièces qu’à l’entrée des petits chemins qui servent à leur exploitation ».

 Couchant à deux

30 décembre 1847 : le maire adresse à l’intendant militaire un état nominatif des habitants de la commune qui ont droit au paiement de l’indemnité de logement des hommes de la troisième compagnie du 1er Bataillon du 6e régiment d’infanterie légère. Mais le commandant de cette compagnie « a compté les hommes couchant à deux comme s’il n’y avait qu’un homme seul ». Le maire essaie de remédier à cette anomalie.

28 décembre 1847 : à Paris les hostilités s’engagent entre le gouvernement et l’opposition, animée par les chefs républicains.

31 décembre 1847 : Mme Adélaïde, sœur du roi, meurt, privant ainsi Louis-Philippe d’une conseillère lucide.

La fin de la « Monarchie de juillet » est proche ... L’année 1848 verra une nouvelle Révolution, le rétablissement de la République, le suffrage universel et le drapeau tricolore.

A propos d’Abd el-Kader :

Hors du commun

Abd el-Kader fut un adversaire hors du commun, fort savant, lettré, d’une intelligence vive, d’un charisme indéniable.

Après sa reddition, le 23 décembre 1847, et malgré la promesse de le conduire en exil en Orient, Abd el-Kader est embarqué pour la France à Mers el-Kébir, emprisonné au Fort de Lamalgue puis à Pau en 1848, et à Amboise en 1850. Il recouvre la liberté en 1853 et se retire à Brousse en Turquie. En 1855 il s’installe à Damas en Syrie. Le gouvernement français lui accorde une pension de 100 000 francs. Abd el-Kader se consacre alors à la philosophie et à la théologie. Franc-maçon tout en étant fervent musulman, il met un point d’honneur à se faire le protecteur des chrétiens de Damas lors des massacres de Syrie en 1860, ce qui lui vaut d’être fait Grand-croix de la Légion d’Honneur par Napoléon III. Il sera le consolateur épistolaire de l’impératrice Eugénie après Sedan et mourra le 26 mai 1883 à l’âge de 76 ans.




(1) de minimis non curat praetor , peut se traduire par : "on ne peut demander à un haut responsable de s’occuper du moindre petit problème"

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