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1851 (de juillet à décembre)



10 juillet 1851 : le maire de Châteaubriant écrit à M. Lecouvette, régisseur des domaines du Duc d’Aumale « afin d’éviter tout malentendu ». En effet, la Garde Nationale de Châteaubriant a l’habitude de passer ses revues annuelles sur la Promenade des Terrasses attenant au château, « promenades aliénées par la ville et qui sont aujourd’hui propriété du M. le Duc d’Aumale ». Le maire demande si cet usage peut être continué.

10 juillet 1851 : le maire de Châteaubriant annonce à son Conseil que le Sous-Préfet lui a envoyé une lettre relative à la construction d’un palais de justice, d’une prison et d’une caserne de gendarmerie. La ville cherche un emplacement.

 Où ? Où ?

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Elle pense d’abord à un terrain « en nature de jardins, situé face de la nouvelle rue du Dos d’Ane à quelques mètres au nord de la route » (voir 1 sur la carte)

Elle pense à des terrains en jardins et prairies situés à l’ouest, à l’entrée du Faubourg de la Barre. (voir 2 sur la carte)

Ou « plus sérieusement au placis de la Terrasse avec adjonction de l’école communale et dépendances ainsi que du sol de plusieurs jardins, dont l’acquisition pourrait coûter 24 000 francs » (voir 3 sur la carte)

Ou encore à des prés appartenant à la famille Bain, en face de la promenade des Terrasses, pour 14 500 francs (voir 4 sur la carte)

Mais ces quatre emplacements séduisent fort peu le Sous-Préfet.

Le premier (1 sur la carte) absence de bonnes conditions de salubrité [il est vrai qu’il est très proche de la Chère, en zone inondable(ndlr)]

Le second (2 sur la carte) lui paraît manquer de discernement « car la situation du quartier de la Barre, le plus favorisé de tous les quartiers de Châteaubriant, paraît désormais faite. Et que d’ailleurs, indépendamment du prix des terrains à exproprier, les édifices projetés se trouveraient relégués au second plan »

Le troisième terrain ’3 sur la carte) outre le coût en « acquisitions, déblais, remblais » ne saurait concourir au développement de la ville « qui n’a aucune tendance à s’accroître de ce côté ». Le Préfet pense cependant que l’aspect des bâtiments plairait sur ce point élevé. Quelques voix, « qui n’ont pas été contredites » ajoutent l’inconvénient de sacrifier une place publique « utile pour la tenue des foires et pour d’autres besoins » et signalent des dépenses énormes à faire « en fondations et substructions » « par la raison que la surface presque tout entière de cette place formait jadis des douves de 7 à 8 mètres de profondeur comblées en 1791. »

Au 4e terrain (4 sur la carte), qui repose sur un fond particulièrement solide, le Sous-Préfet reproche « isolement et défaut d’attraction » bien qu’il offre « un magnifique développement en façade et une structure culminante éminemment heureuse pour la perspective ».

 4 + 2 = 6

Deux autres emplacements sont alors proposés dont le Sous-Préfet discute le mérite et la convenance.

L’un est situé sur le coteau méridional de Belêtre (5 sur la carte) au delà de la rivière de Chère, « en face de la Traverse du Dos d’Ane et son acquisition ne doit pas coûter plus de 11 945 francs. »

L’autre se trouve dans le quartier de la Vannerie (6 sur la carte) au sud du rempart St Michel emprunté par la route de Laval et dans le prolongement de la rue neuve des Halles. Prix d’acquisition : 36 000 francs.

L’emplacement de Belêtre (voir 5 sur la carte) réunit les suffrages de M. le Sous-Préfet et de M. Le Préfet qui en a fait récemment l’inspection. Il semble très favorable à l’extension de la ville par la création d’un nouveau quartier « à cause de l’encouragement que donnerait à la spéculation le voisinage ...
- de la halle au blé nouvellement construite,
- celui des bâtiments départementaux projetés,
- l’ouverture promise par les ingénieries des Ponts et Chaussées d’une nouvelle traverse en grande voirie du Pont du Dos d’Ane à la Trinité,
- et celle d’un axe conduisant de la halle à cette nouvelle traverse »

Enfin, les partisans de cet emplacement mettent en avant « la faculté de profiter du cours de la Chère » [ndlr : il y avait sans davantage d’eau que de nos jours]. L’administration des Ponts et Chaussées interviendrait pour 11 000 francs relativement aux frais de la traverse et il resterait à la charge de la ville une dépense d’environ 3700 francs pour la rue et pour le pont de jonction. « La question de salubrité ne paraît pas susceptible d’être controversée » et la proposition « offrirait tout à la fois économie et chances d’avenir »

Ouvrir une rue

Reste l’emplacement de la Vannerie « dont l’idée a surgi postérieurement à tous les autres projets » et dont l’adoption assurerait « des avantages supérieurs si les finances départementales et communales permettent de s’y arrêter ».

Ces dépenses ne s’élèveraient pas à moins de 36 000 francs, chiffre déjà posé pour expropriation au compte du département et en dessous de 37 000 francs pour acquisition par la ville de maisons qui devraient être démolies depuis la place de la Pompe jusqu’au rempart St Michel

Par la réalisation de ce projet, « une belle ligne droite se trouverait ouverte du Nord au Sud à travers toute l’ancienne ville qui serait ainsi aérée, assainie, et embellie »,

L’hôtel de ville et le Palais de Justice se trouveraient mis en regard, des édifices s’élèveraient immédiatement sur les terrasses libres joignant les maisons démolies et d’autres bâtiments ne manqueraient pas d’être entrepris autour du Palais de Justice et de ses accessoires.

Toutefois, en présence de l’approbation donnée par M. le Préfet au choix de l’emplacement de Belêtre, « Monsieur le Sous-Préfet considère comme fort difficile d’obtenir que ce magistrat accueille aujour-d’hui le projet de la Vannerie. Cependant ce résultat n’est pas impossible ».

Il faudrait pour parvenir à la substitution « que la ville s’imposât des sacrifices pour l’ouverture, sinon immédiate, au moins prochaine de la rue des halles. Le produit d’une imposition additionnelle consacré à amener, dans 5 ou 7 ans l’exécution du débouché, serait le moyen le plus efficace mais il faudrait un vote immédiat ».

« Indépendamment du rapport et de la lettre sus-visée de Monsieur le Sous-Préfet dont le Conseil s’est plu à apprécier le zèle », M. le Maire met sous les yeux de l’assemblée des lettres, des rapports et des plans dont la collection totale forme le nombre de 13 pièces

M. le Maire complète l’exposé de considérations diverses parmi lesquelles « on a remarqué celles qui se rattachent à la situation assez précaire des finances de la ville, aux charges qui pèsent déjà sur la population et qui seraient accrues dans une proportion sensible ».

« A raison de l’importance de la question qui embrasse le présent et l’avenir, l’avis du maire, partagé par l’assemblée, a été qu’une solution ne doit pas être improvisée. Que l’affaire doit être examinée avec maturité ». Le maire ajoute qu’il y a lieu de nommer une commission spéciale qui ferait son rapport dans une séance prochaine.

Cette commission devrait « accueillir les vues de la population douée de l’aptitude convenable pour bien juger de l’opportunité des différents projets » |donc ce n’est pas l’avis de tout le monde qui est sollicité, mais seulement celui de la population douée ...ndlr]

L’opinion la plus générale est que le Conseil Municipal entier serait plus à même de choisir, chaque membre apportant « le tribut des impressions qui l’auraient frappé. »

M. le maire se plie à cette idée et décide de ne pas faire de commission. Toutes les pièces du projet demeureront, dans l’intervalle, à la disposition des membres de l’assemblée et des personnes qui voudront les consulter, sans déplacement, à l’hôtel de Ville.

Une séance aura lieu à l’hôtel de ville lundi prochain 14 juillet à 2 heures du soir afin d’arriver à exprimer , s’il est possible, un avis définitif et à émettre les votes nécessaires.

14 juillet 1851 : Sous la présidence de Jules de la Pilorgerie, le Conseil Municipal de Châteaubriant commence par retrancher du débat, comme paraissant n’avoir aucune chance d’être admis, le petit emplacement (1 sur la carte), au bord de la route sur les terrains Bouchet en face de la rue et du Pont du Dos d’Ane, de même que les deux emplacements sur la place des Terrasses. (3 et 4 sur la carte).

Il reste le choix entre le coteau de Belêtre (5 sur la carte) au nord du principal bras de la Chère, et celui des jardins de la Vannerie (6 sur la carte) à quelques décamètres au sud du rempart St Michel. Ils ont l’un et l’autre des partisans « qui attachent à leur adoption des idées d’embellissement et d’avenir ».

Le Conseil reprend les arguments déjà donnés à propos du coteau de Belêtre mais dit que les 11 000 francs des Ponts et Chaussées seront insuffisants pour ouvrir des débouchés et les achever et en même temps pour bâtir des ponts.

D’un autre côté, la traverse du faubourg de Couëré se trouvant déclassée, la ville aurait à pourvoir, soit seule, soit conjointement avec le département, à l’achèvement du nouveau tracé et à l’entretien du faubourg dans le parcours duquel se trouve le Pont Glémois « qui, construit en bois et remontant à 1818, aura prochainement besoin d’un remplacement complet, au moins d’une réparation fort coûteuse ».

 Artistique

Le jardin de la Vannerie (emplacement 6) n’appelle rigoureusement pas l’ouverture d’une voie nouvelle « puisque le palais de justice et ses accessoires, élevés au midi de la route de Laval, auraient, par cette route, un abord spacieux et commode ».

« Si l’on envisage le côté artistique, il est impossible de ne pas reconnaître que, placés dans cet endroit, les édifices départementaux se trouveraient dans la position la plus éminemment heureuse ».

Le Conseil reparle cependant de prolonger la rue des Halles, « au fur et à mesure que les finances communales le permettront », car alors le Palais de Justice et l’hôtel de ville (halle aux blés) se trouveraient en regard « et la force d’attraction, pour les nouvelles constructions, ne serait pas moindre à la Vannerie qu’à Belêtre ».

  Les gendarmes à l’école charitable

Reste la question du prix des terrains, plus élevé au midi qu’au nord. « Le département trouverait une large compensation dans l’absence du besoin de construire une caserne pour la gendarmerie.

En effet la ville pourrait offrir à de bonnes conditions, pour cette destination, le bâtiment encore moderne et les dépendances de l’ancienne école charitable qu’il serait facile d’approprier ».

Un conseiller voudrait « que la population fut solennellement conviée à donner son avis sur le plus ou le moins de convenance de chaque emplacement » afin d’éclairer la détermination du Conseil.

Un autre conseiller répond que l’emploi du moyen indiqué « pourrait bien ne traduire qu’une opinion factice. Qu’il faut prendre garde d’exciter les passions et que déjà l’on a tort de persuader faussement aux ouvriers qu’ils trouveraient plus de travail à Vannerie qu’à Belêtre ».

Le maire ajoute que la population pourra donner son avis par l’enquête publique de commodo-incommodo.

 Pas de sacrifice

Des conseillers suggèrent de voter des centimes additionnels afin d’en consacrer le produit à l’exécution de travaux accessoires à l’établissement du Palais de Justice à la Vannerie. « Cette mesure témoignerait beaucoup plus éloquemment qu’un vote stérile, des bonnes intentions de la ville ».

M. Bivaud fait remarquer qu’il s’agit uniquement de bâtiments départementaux « sur l’emplacement desquels M. le Préfet a eu la courtoisie de demander l’opinion du Conseil Municipal » et qu’il n’y a pas lieu d’aborder la considération financière.

M. le Maire ajoute qu’il serait inopportun d’accroître, par une surtaxe, les impôts qui pèsent déjà sur la commune. En ce qui concerne le prolongement de la rue des Halles, il répète que « cette ouverture n’est pas nécessaire pour l’accès au futur Palais de Justice s’il est placé dans les jardins de la Vannerie ». Il déclare au surplus qu’en procédant partiellement, cette rue pourra être entièrement ouverte dans un délai de 10 ans, « en affectant à cet emploi les excédents annuels des budgets qu’une administration prévoyante ne manquera pas de ménager ».

Enfin il souhaite « prémunir l’assemblée » contre le danger d’adopter le projet relatif à Belêtre, adoption qui, prononcée sans réserve, « engagerait implicitement la ville dans un assez notable sacrifice pécuniaire ».

M. Lesage propose l’émission d’un vote, « accompagné d’une déclaration exclusive de ce sacrifice ». La discussion étant épuisée, le vote par bulletin écrit donne :
16 votants
- Pour Belêtre 7
- Pour Vannerie 9

Le Conseil Municipal souhaite, au cas où le Préfet se rangerait à l’avis qui a prévalu, que les architectes soient chargés de comprendre, dans le plan relatif aux édifices départementaux, le prolongement de la Rue des Halles dont la ville s’occupera le plus promptement possible dans la limites de ses ressources ordinaires.

 Rétribution scolaire

Pour terminer cet important Conseil Municipal consacré au futur Palais de Justice, les élus fixent le taux mensuel de la rétribution scolaire pour les élèves non-gratuits :
- 1er degré 1,00 franc
- 2e degré 1,50 francs
- 3e degré 2,00 francs

Revoir : 27 oct. 1831 et 23 juillet 1848

19 juillet 1851 : à Paris l’Assemblée Nationale vote la révision de la Constitution, mais la majorité des trois-quarts n’étant pas atteinte, la révision est rejetée. Impasse ! Louis Napoléon comprend qu’il ne pourra demeurer au gouvernement que par un coup d’Etat. Il ouvre secrètement un dossier qu’il intitulera « Rubicon »

 Première femme

15 août 1851 : La Bretonne, Angélique-Marie Duchemin, 79 ans, ancien soldat de la République, reçoit la Légion d’Honneur des mains de Louis-Napoléon Bonaparte. Elle est la première femme à recevoir cette décoration instituée par Napoléon Bonaparte en 1802.

 Assurances

22 août 1851 : le maire de Châteaubriant propose un cahier des charges, rédigé par lui, pour parvenir à la mise en forme des greniers de la Halle neuve. Ce projet est discuté, article par article, par le Conseil Municipal, un peu modifié puis adopté.

Deux compagnies d’assurance contre l’incendie ont été sollicitées pour la halle neuve : les assurances générales et la Compagnie du Phénix qui ont toutes les deux un représentant à Châteaubriant .

Les deux proposent la prime simple à 24 centimes pour les bâtiments et à 60 centimes pour le mobilier avec possibilité de disposer des locaux, sans augmentation de prix pour « des bals et des concerts de même que pour des représentations de spectacles par des artistes ambulants et des saltimbanques ». Toutefois Les Assurances Générales déclarent que, si la ville veut affranchir les artistes du recours locatif, elle le peut en payant un supplément de 8 centimes.

Le Conseil Municipal laisse le maire libre de choisir l’une ou l’autre, ou bien de partager l’assurance entre les deux compagnies.

 Légère mais aérée

22 août 1851 : le nombre de places disponibles à l’école communale de Châteaubriant est de 80. Or, selon les inscriptions déjà prises, il y aura au moins une centaine d’élèves inscrits à la fin des vacances. Il y a quelques années, on a songé à accroître la salle de classe du côté du jardin. Mais le projet a été abandonné.

« Dans l’état des finances actuellement un peu critique de la ville, et en accord avec le chef de l’école, le seul parti à prendre consiste à élever, du côté Est de la cour, depuis la parroi [sic] du mur de la maison principale, jusqu’à la Place des Terrasses, une construction légère mais aérée, salubre et solide, qui fournisse asile à une quarantaine d’enfants ».

« Cette galerie, qui se trouvera en communication immédiate et directe avec la salle principale des classes, offrira toutes les conditions désirables sous le rapport de la surveillance ».

  Une demi-lune pour l’école ?

« L’on pourra objecter que cette petite construction rétrécira la cour. C’est un point incontestable, mais comme il s’agit d’une école d’externes, la considération qui se rattache à une étendue plus ou moins grande du préau est de faible importance ».

« Toutefois, afin d’atténuer ce que le rétrécissement pourrait avoir de gênant, il sera pratiqué dans la nouvelle clôture, au bord de la Place des Terrasses une demi-lune en saillie sur cette place ».

Le coût des travaux est estimé à 708,15 francs, selon le devis de M. Bilange, ingénieur civil des mines.

M. Legal suggère que, au lieu de bâtir la galerie à l’est de la cour, la ville achète le jardin contigu à l’ouest, appartenant aux époux Renaud, dans lequel on construirait, au besoin de façon provisoire, un prolongement du bâtiment de l’école.

M. le Maire répond : « si la caisse municipale était dans une situation florissante, on pourrait peut-être accueillir le voeu de M. Legal dont la réalisation entraînerait une dépense d’un dizaine de mille francs, y compris l’acquisition du jardin (3 ares) ».

Il ajoute que le projet de galerie coûte dix fois moins cher et qu’il .est « nécessaire et suffisant ». Le Conseil Municipal vote ce projet .

 Deux greniers sur dix

17 septembre 1851 : le maire de Châteaubriant explique que, à trois reprises, il a essayé d’affermer les dix greniers de la halle neuve. Mais huit seulement ont pu être affermés. Les six grands ont été loués à 39, ou 34 ou 31 francs, et les deux plus petits à 26 francs. « Les deux qui restent pourront l’être quelque jour mais l’époque est incertaine ». Le maire demande l’autorisation de procéder à leur affermage de gré à gré. Le Conseil Municipal est d’accord pourvu que le prix annuel ne soit pas au dessous de 26 francs chacun.

29 septembre 1851 : le legs de Marie Jeanne Ernoul de la Provôté (revoir au 24 mai 1850) est accepté par décret du Président de la République en date du 8 septembre 1851.

4 octobre 1851 : le Président de la République, Louis Napoléon Bonaparte, a bien d’autres préoccupations. Il propose d’abroger la loi du 31 mai qui a réduit d’un tiers le corps électoral. Les conservateurs s’alarment de voir le gouvernement s’unir aux « rouges » La rente baisse. Les ministres démissionnent.

 La fille de 80 centimètres

29 octobre 1851 : le maire de Châteaubriant expose au Préfet une situation difficile : une jeune fille originaire de Moisdon a demandé son admission « dans une maison de refuge » - « Elle n’a guère plus de 80 cm de hauteur ; elle est devenue objet de commisération publique ».

D’après le Docteur Delourmel, elle n’est atteinte d’aucune infirmité qui puisse la faire admettre dans un hospice « mais elle est privée, par sa conformation singulière, de la faculté de travailler activement ou de se mouvoir autrement qu’avec une grande lenteur ». Cette admission procurerait à la malheureuse « un bienfait qu’elle n’a jamais connu » et assurerait pour l’avenir son existence « aux besoins de laquelle elle se trouve, depuis la mort de sa mère, dans l’impossibilité de pourvoir elle-même ».

3 novembre 1851 : un convoi de poudre doit séjourner à Châteaubriant les jours suivants. La garde nationale, à défaut de troupes de ligne, est appelée à fournir un poste suffisant pour veiller à la sûreté du convoi.

6 novembre 1851 : à Paris, trois questeurs de l’Assemblée Nationale rappellent qu’ils peuvent, selon un décret de la Constituante de mai 1848, requérir « directement » la force armée pour assurer sa sécurité. C’est en quelque sorte un moyen d’affirmer ouvertement une hostilité contre le gouvernement.

13 novembre 1851 : l’Assemblée Nationale refuse d’abroger la loi du 31 mai (revoir au 4 octobre 1851). Du coup, Louis Napoléon se pose en champion du suffrage universel.

17 novembre 1851 : le conflit s’aggrave entre l’Assemblée Nationale et le gouvernement. Celui-ci assure qu’il mettra à la disposition de l’Assemblée les forces nécessaires à sa protection, mais lui refuse le droit de les convoquer elle-même. Le ministre de la Guerre avoue même qu’il a fait disparaître, de toutes les casernes, le décret de mai 1848. On imagine le tumulte dans l’Assemblée.

Le Préfet de police convoque les généraux présents à Paris et les informe d’une possible opération : « Vous obéirez passivement aux ordres » leur dit-il. Concrètement, dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, le Préfet de police fera procéder à l’arrestation de 18 députés.....

30 novembre 1851 : tandis que les tensions s’avivent à Paris entre l’assemblée nationale et le Président de la République (Louis Napoléon), le Conseil Municipal se réunit à Châteaubriant sous la présidence de son maire, Jules Luette de la Pilorgerie.

Il vote d’abord quelques dépenses supplémentaires, par exemple :
- Fourniture d’un petit réverbère près de la Poste aux lettres : 48,34 francs
- Réparation au tombereau servant à la répurgation : 1,50 francs
- Clôture en palissade du côté ouest du jardin de l’école : 11,45 francs

Pour l’agrandissement de l’école, le projet municipal du 22 août dernier n’a pas été accueilli par M. le Préfet qui a fait établir un autre projet « d’après lequel un bâtiment pour une classe supplémentaire serait construit dans le jardin de l’école »

« Pour cela, il serait ménagé un corridor correspondant à une porte qui serait ouverte dans l’emplacement de la fenêtre la plus orientale de la façade du midi de la classe actuelle »

Le maire estime que ce projet semble moins acceptable que celui du 22 août et il cherche une autre idée, « un projet tout nouveau qui, en conciliant l’économie qu’impose la caisse municipale, procurât le moyen de fournir place à des tables pour une trentaine d’élèves ». Il suggère de réunir le corridor existant à la classe, par la suppression du mur de séparation et de construire un escalier tournant en fonte qui, « placé dans un petit espace clos à part, à l’angle nord-ouest, établirait la communication avec les parties supérieures de la maison » . Il estime que pareille disposition entraînerait peu de frais.

 Un terrain pour l’école

M. Legal revient à sa proposition du 22 août [acheter un terrain contigu à l’ouest de l’école]. Mais le maire considère que l’état financier de la commune, sans être inquiétant, « n’est pas de nature à encourager des conceptions dont la réalisation, bien qu’utile, ne serait pas commandée par une impérieuse nécessité ».

La ville en effet est débitrice pour le solde des travaux de la halle d’une somme de 12 000 francs qui doit être provisoirement abaissée à 8000 francs « pour cause de la retenue pendant un an du dixième du montant de l’adjudication ». Pour solder ces 8000 francs, la ville n’a d’autres ressources que 5000 francs placés au trésor et un boni de 2000 à 3000 francs sur l’exercice courant. Il y a bien encore le produit éventuel de la vente à faire des parcelles disponibles « au couchant de la halle » dont la dernière estimation est de 7000 francs, et celui de l’aliénation d’excédents de chemins évalués à 1100 francs « mais ces dernières ressources ne sont ni réalisées ni disponibles ».

Pour 1852 la situation sera plus satisfaisante et si rien ne vient déranger les prévisions, la commune aura, en sus de ses besoins ordinaires, un fonds de 5000 francs environ.

M. Legal insiste, et le débat s’engage entre les conseillers municipaux.

L’un d’eux trouve que le terrain, estimé à 2000 francs, a un prix exagéré et que la caisse de la ville ne peut s’imposer pareil sacrifice. « Si l’on se borne à accroître la classe par la réunion du corridor, il ne s’agirait plus que de construire à l’extérieur un escalier pour accéder au premier étage et aux greniers de la maison d’école »

Un autre, au contraire du précédent, signale « les dangers de l’encombrement des élèves dans une classe et une cour trop petites » et est favorable à l’acquisition du jardin.

Un troisième, gendre des époux Renaud (propriétaires du terrain), dit que ses beaux parents sont disposés à vendre moyennant la somme de 2000 francs payables sous le délai de 4 ans avec un intérêt annuel de 4 %.

Après échange de quelques nouvelles objections, la grande majorité de l’assemblée autorise le maire à traiter avec les époux Renaud, aux conditions ci-dessus.

 Pétitions

Une première pétition, signée d’un grand nombre d’habitants du quartier de la Motte et des environs, tend à obtenir une pompe publique « qui puiserait à travers la muraille et la cave, de l’eau dans le puits de la maison de l’ancienne école charitable ». M. Guibourg demande que cette pompe soit placée au puits de la Place Saint Nicolas.

Une deuxième pétition demande de transférer sur la Place des Terrasses le marché des porcs, des chevaux et des moutons qui se tient sur la Place de la Motte. Le Conseil Municipal y réfléchira.

Une troisième pétition demande d’affranchir de l’octroi les lieux de Paluel « et de Chescheux » . Le Conseil Municipal y réfléchira.

 Cloaque

1er décembre 1851 : le maire de Châteaubriant écrit à l’ingénieur des Ponts et Chaussées : « Vous avez fait établir , il y a quelques semaines, un caniveau bordant la place de la mairie et destiné à faciliter l’écoulement des eaux qui descendent de la partie supérieure de la route n°163. Ce caniveau n’étant ni pavé, ni revêtu de macadam, s’est transformé presque aussitôt en cloaque ».

« La ville ayant fait empierrer la place de la mairie, les abords de cet édifice seraient aujourd’hui convenables si le caniveau ne constituait pas un obstacle difficile à franchir. Cet état de choses ne peut que s’aggraver par le passage fréquent des piétons et des voitures qui se dirigent vers la mairie et la halle au blé, principalement les jours de marché ». Le maire demande une consolidation du caniveau sur une longueur de 4 ou 5 mètres en face de l’entrée principale de l’hôtel de ville.

 Le coup d’Etat du Président

1er décembre 1851 : La Constitution de la seconde République, par une disposition très maladroite, interdit au président en exercice de solliciter un deuxième mandat.

Empêché de se représenter aux élections prévues en mars 1852, Louis-Napoléon Bonaparte prépare un coup d’Eat depuis quelques mois.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre, il décide de franchir le Rubicon. Les ouvriers de l’Imprimerie nationale composent deux affiches sous la surveillance de la police.

Cette même nuit, dix-huit députés sont arrêtés, ainsi qu’une soixantaine de meneurs capables de prendre la tête d’un soulèvement.

Pour arrêter les questeurs, qui logent au Palais-Bourbon, la troupe est requise. Quand le questeur Baze apparaît en chemise de nuit, sa harangue aux soldats ne provoque que des rires. Jeté dans un fiacre, il est conduit en prison.

Députés et généraux essaient de résister, en s’appuyant notamment sur l’article 68 de la Constitution.[qui dit que :

Toute mesure par laquelle
le président de la République
dissout l’Assemblée nationale,
la proroge ou met obstacle
à l’exercice de son mandat,
est un crime de haute trahison.
Par ce seul fait, le président est déchu
de ses fonctions ;
les citoyens sont tenus
de lui refuser obéissance ;
le pouvoir exécutif passe de plein droit
à l’Assemblée nationale ».].

Mais évoquer la Constitution quand on est en bras de chemise avec un bonnet de nuit : cela n’est pas pris au sérieux !

Au matin du 2 décembre 1851, jour anniversaire du sacre de Napoléon 1er (1804) et de la Victoire d’Austerlitz (1805), les Parisiens découvrent sur les murs les textes qui annoncent la dissolution de l’Assemblée, « foyer de complots », le rétablissement du suffrage universel, l’état d’urgence et des élections pour donner tout pouvoir au Président.

Les ouvriers, qui ont eu à subir cette Assemblée « repaire de conservateurs, de monarchistes et de cléricaux », qui les a fait mitrailler en juin 1848, restent indifférents. Les bourgeois, ne sont pas fâchés d’être débarrassés d’une Assemblée composée de provinciaux d’un autre âge.

Cependant les quelque 220 députés non-arrêtés se réunissent à la mairie du Xe arrondissement qu’ils refusent d’évacuer. La plupart d’entre eux sont envoyés à la prison de Mazas.

3-4 décembre 1851 , Les députés républicains, au premier rang desquels Victor Hugo et Victor Schoelcher, tentent mais en vain de mobiliser le peuple. Il n’y a guère plus de 1000 à 1200 insurgés. Une frêle barricade est édifiée dans le Faubourg Saint Antoine. Alphonse Baudin (40 ans), député de l’Ain et médecin à Nantua, y mourra en lançant aux ouvriers goguenards : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ! » [montant de l’indemnité journalière des parlementaires].

L’incident le plus grave a lieu sur les Grands Boulevards où la troupe, excédée par les huées de jeunes bourgeois, des « gants jaunes », fait feu et laisse environ 200 morts sur le pavé, dont un enfant, mort de deux balles dans la tête.

Victor Hugo : souvenir de la nuit du 4

Les émeutes sont beaucoup plus graves dans la Nièvre, l’Hérault, le Var et les Basses-Alpes où les sociétés secrètes républicaines tardent à se rendre à la raison faute d’informations sur la situation à Paris.

Ces morts du Coup d’Etat vont tourmenter le futur Napoléon III jusqu’à la fin de ses jours. Louis-Napoléon, en effet, souhaitait vivement que son accession au pouvoir absolu se fasse sans effusion de sang. Loupé !

4 décembre 1851 au soir : il n’y a plus une barricade à Paris. La bourgeoisie a repris confiance. La Bourse a monté de 5 francs en deux jours.

4 décembre 1851 : à Châteaubriant, le maire a convoqué son Conseil Municipal et propose d’adopter la résolution suivante :

Le Conseil Municipal
de Châteaubriant
proteste contre les faits
qui se sont passés à Paris
et qui constituent une violation
de la Constitution
suivant son article 68.

Décidé à maintenir l’ordre,
il conserve son mandat
jusqu’à ce qu’un pouvoir régulier
l’ait relevé de ses devoirs.

M. Lesage n’est pas d’accord, il propose même de déclarer la réunion illégale. Mais le Conseil repousse sa déclaration « qui n’a été appuyée que par son auteur »

Quatre conseillers s’abstiennent, dont M. Guibourg, parce que, dit-il, « les circonstances de 1851 ne lui paraissent pas plus graves que celles de 1848. En février 1848 le Conseil Municipal s’est abstenu de toute approbation ou improbation. Comptant sur le bon esprit de la population, il espérait le maintien du bon ordre. Et le bon ordre a été maintenu ». M. Guibourg croit « qu’aujourd’hui comme alors, il convient de s’abstenir afin de n’exciter aucune inquiétude qui pourrait nuire au calme ».

M. Delourmel se retire avant le vote. Les autres membres à l’exception de M. Lesage, adoptent la proposition du maire (par 8 voix sur 14).

 Huit révoqués

En marge du registre du Conseil Municipal de Châteaubriant, il est porté la note suivante :

Extrait du registre des arrêtés de la
Préfecture du Département de Loire-Inférieure, 8 décembre 1851.

Le Commissaire extraordinaire du gouvernement, considérant que le Conseil Municipal de Châteaubriant, en se réunissant le 4 de ce mois, a pris une délibération conçue en termes injurieux pour le pouvoir exécutif (...) révoque les huit conseillers qui ont voté la résolution proposée par le maire.

Le Sous-Préfet est chargé de pourvoir à l’administration de la commune en appelant aux fonctions municipales les Conseillers inscrits les premiers dans l’ordre du tableau

 Victimes du Coup d’Etat

26 884 personnes, de 270 communes, ont été poursuivies à la suite du Coup d’Etat.

- 247 "inculpés" sont envoyés devant les conseils de guerre ;
- 239 sont condamnés à la déportation en Guyane ;
- 4 549 à la déportation en Algérie en résidence forcée ;
- 5 032 à la déportation en Algérie en résidence libre ;
- 980 "prévenus" sont expulsés définitivement de France, et 640 éloignés temporairement ;
- 5 194 sont placés sous la surveillance de la police, dans leur ville résidentielle

Parmi eux, beaucoup artisans (cor-donniers) et commerçants (aubergistes, ...) de village, véritables chefs en second d’un parti républicain largement dirigé, encore, par des bourgeois. « La moitié de la France dénonce l’autre » écrit George Sand. Les haines s’accumuleront et éclateront dans 19 ans. A la chute du Second Empire.

Le 2 décembre et ses conséquences ont engendré une longue défiance à l’égard d’un pouvoir exécutif qui tente de se substituer au législatif par la force ou la contrainte morale. Une défiance qui connaît des prolongements jusqu’à notre époque.

6 décembre 1851 : Charles Morny, Ministre de l’Intérieur, écrit aux Préfets : « aucun journal ne pourra paraître sans mon autorisation ». Toujours les dictatures s’en prennent à la liberté de la presse.

Une consultation électorale est prévue pour les 20-21 décembre 1851. C’est plus exactement un plébiscite. [Le dictionnaire dit : Plébiscite = vote du peuple qui a pour objet de légaliser un coup d’Etat].

La question posée est celle-ci : « autorisez-vous Napoléon-Bonaparte à établir une nouvelle constitution ? ». L’affiche du Ministère de l’Intérieur est très explicite : « il est bien entendu que ceux qui veulent maintenir Louis-Napoléon Bonaparte et lui donner les pouvoirs pour établir une Constitution sur les bases indiquées dans sa proclamation du 2 décembre, doivent voter avec un bulletin portant le mot OUI »’

19 décembre 1851 : à Châteaubriant, M. Delourmel, faisant fonction de maire, demande au Sous-Préfet un poste de 25 gardes nationaux , « pour veiller à la tranquillité publique et garder les boites du scrutin pendant la nuit ».

Ce même jour, M. Delourmel annonce que la maison de l’école charitable (qui appartient toujours au bureau de bienfaisance), est louée par trois personnes, marchands de vin et aubergiste, pour 800 francs par an.

21 décembre 1851 : le plébiscite est une victoire

- 7 439 000 oui
- 647 000 non
- 1 500 000 abstentions.

« Plus de sept millions de suffrages viennent de m’absoudre » dit Louis-Napoléon.

26 décembre 1851 : huit conseillers municipaux sont réunis à la mairie de Châteaubriant. M. Delourmel remplit par vacance des fonctions de maire. Il lit une lettre du Sous-Préfet : « Monsieur le Préfet m’informe que les cérémonies de la proclamation du Président de la République auront lieu le 1er janvier. Chaque chef-lieu d’arrondissement devra être représenté par le maire et à défaut par un délégué désigné par le Conseil Municipal ».

  Un gage de repos

M. Delourmel déclare ne pouvoir s’y rendre en raison de l’exercice de sa fonction de médecin.

Les autres membres présents ne peuvent y aller non plus parce que « leurs occupations ou l’état de leur santé les retiennent impérieusement chez eux ».

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
« L’assemblée, désireuse de faire un choix honorable, désigne M. Triau, Sous-Préfet, avec l’espoir qu’il pourra accepter cette délégation ».

29 décembre 1851 : M. Delourmel, accomplissant par vacance les fonctions de maire, donne lecture d’une lettre du Sous-Préfet disant que « le délégué de la ville de Châteaubriant doit être pris au sein du Conseil Municipal ». Il remercie toutefois « de l’honneur qu’elle a bien voulu me faire et dont je garderai toujours un bon et agréable souvenir ».

C’est bien beau mais .... M. Delourmel et tous les membres présents déclarent que leurs occupations ou l’état de leur santé ne leur permettent pas d’accepter la mission importante d’assister à la proclamation de M. le Président de la République. « Ils regrettent vivement de ne pouvoir prendre part à cette cérémonie qu’ils considèrent comme un gage de repos et de tranquillité pour la France ».

Le peuple dans la littérature

Au XIXe siècle, les émeutes succèdent aux révolutions. Dans ces grands bouleversements, les écrivains découvrent, avec intérêt et avec inquiétude, l’existence des "classes laborieuses" et le rôle qu’elles peuvent jouer.

Les Romantiques se passionnent pour la révolte des nations opprimées. Jules Michelet dans l’étude historique, Victor Hugo dans le roman, font revivre l’histoire de la Révolution française qui fait du peuple les héros collectif d’une épopée moderne : celle de la Patrie.

Héros floué : le peuple demeure souvent le spectateur impuissant d’une histoire qui remplace un tyran par un autre (voir Musset, Lorenzaccio) . Gavroche meurt le nez dans le ruisseau, au pied d’une barricade.

Le peuple apparaît comme une figure de l’échec, géant impuissant que des écrivains comme Vigny, Michelet, Hugo voudraient guider vers la lumière de la connaissance dont il est privé.

La vision de la foule révolutionnaire devient un thème majeur à la fin du XIXe siècle, une sorte d’image obsessionnelle : flot effrayant de l’émeute de 1848 (dans Flaubert, l’Education sentimentale), vision rouge, étendard sanglant des insurgés qui, pour Emile Zola ou Jules Vallès, annoncent la germination d’une société nouvelle.

La condition ouvrière et son cortège de misères, de dégradations physiques et morales, donne naissance à une abondante littérature qui dresse le sombre bilan des premières décennies de la révolution industrielle.

Le « roman populaire » privilégie la description effarée des « bas fonds » mais certains écrivains comme Eugène Sue, Victor Hugo et Emile Zola, abordent la question sociale et montrent l’enchaînement fatal de la misère et des injustices. A défaut d’une dignité humaine, sans cesse à conquérir, le peuple acquiert une dignité ... littéraire.

Source : itinéraires littéraires,
XIXe s. Ed. Hatier 1990



Sources :

- Archives municipales séries 1 D 20 et
2 D 11 (courriers)
- Histoire de la France et des Français
par A. Castelot et A. Decaux
(Editions Robert Laffont)
- Espaces et Civilisations, 4e, Ed Belin