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1853 (de mai à octobre)



4 mai 1853 : le maire de Châteaubriant envoie au Sous-Préfet le poids moyen d’un hectolitre de froment, de seigle, d’orge et d’avoine [ndlr : il manque le document correspondant]

9 mai 1853
 : Mme Perrine Jouin, journalière, est à son 9e mois de grossesse. « Cette malheureuse est sans aucune ressource, il serait donc à désirer qu’elle fut admise à l’Hôtel Dieu à Nantes pour y faire ses couches ».
L’histoire ne dit pas comment cette femme réussit, par la suite, à s’occuper de son enfant.

10 mai 1853 - le maire demande au Préfet d’approuver les tarifs des droits de places prévus sur les bestiaux et les grains amenés aux foires et marchés de Châteaubriant

 Contestations sur les chemins

15 mai 1853 : M. Delourmel remplit toujours les fonctions de maire de Châteaubriant.

Un arrêté du Préfet met en demeure la commune de voter, pour 1854, le maximum de centimes additionnels autorisés par la loi du 21 mai 1836 (ce maximum est de 5 centimes), « afin qu’il soit pourvu convenablement à l’entretien et à la confection des chemins vicinaux et qu’il se trouve des ressources suffisantes afin de concourir aux dépenses de la grande vicinalité ».
L’assemblée reconnaît l’importance des chemins mais, si elle désire ardemment qu’ils soient en bon état, « elle voudrait que ce fut d’une façon autre que celle qui est suivie » . Et elle s’explique :

« On entreprend beaucoup et l’on n‘achève rien ou presque rien. Par exemple le chemin de Bain [de Bretagne], n°14, commencé il y a une quinzaine d’années, n’est point encore terminé. Pendant l’été on fait des terrassements que l’hyver suivant détruit. L’on impose par là aux communes des sacrifices stériles fort considérables »

« D’un autre côté les projets sont conçus dans des conditions exagérées au lieu d’établir, comme le dit la loi, des chemins vicinaux (souligné dans le texte), l’on veut confectionner des grandes routes. Les agents voyers prennent à tâche non seulement de lutter avec les ingénieurs des Ponts et Chaussées mais encore de les surpasser en fait d’alignements, de redressements, de nivellements et de travaux d’art de toute espèce. Ils imposent par là aux communes des sacrifices énormes en expropriations et en journées ».

« La pratique de ce système dont le moindre inconvénient est de retarder infiniment la jouissance des chemins, a pour effet de ruiner les caisses municipales et d’inspirer aux populations le dégoût des chemins tout en les amenant insensiblement à des sentiments de défiance vis-à-vis de l’administration ».

La commission pense donc qu’il est urgent de remédier « aux vices nombreux » de ce système, surtout dans l’intérêt d’un pouvoir « que les campagnes ont accueilli et acclamé et qu’elles doivent continuer d’entourer de leur gratitude et de leur affection. »

Après cette protestation, la commission municipale vote cependant le maximum demandé, soit 5 centimes pour 1854.

15 mai 1853
- La Commission Municipale demande au Préfet d’approuver le plan d’alignement dressé en 1847 pour le quartier extra-muros (souligné dans le texte) de la Vannerie, qui a été plusieurs fois appliqué par elle et qui, par là, a acquis « une sorte d’autorité qui ne peut lui être contestée sans inconvénient et sans remettre en cause des faits accomplis loyalement ».

Enfin une commission spéciale est nommée pour examiner la comptabilité du dernier exercice.

 1,25 francs par jour

19 mai 1853 - Lors de la réunion de la Commission Municipale de Châteaubriant, la commission spéciale chargée d’examiner les comptes de 1852 conclut à l’approbation de ceux-ci.

Elle fait cependant observer que le salaire de 2 francs par jour, demandé par les agents-voyers au profit de leurs porte-chaînes, et payé par la caisse municipale, est exagéré - et qu’il y a aussi exagération dans la fixation à 1,75 francs des journées portées sur un mémoire produit par Louis Freulon pour ouvrages de maçonnerie au compte de la ville. « Le salaire des porte-chaînes est trop élevé de 0,75 franc et il y a lieu de le réduire à 1,25 francs, qui est la rémunération quotidienne des journaliers travaillant en ville » dit la commission
[ndlr : les agents-voyers étaient des techniciens des mesures des surfaces et des levés des terrains. Ils utilisaient notamment une chaîne d’arpenteur (10 mètres) et d’autres instruments. Les porte-chaînes portaient les instruments et aidaient à tendre la chaîne pour les mesurages.]

 Budget communal pour 1854

Les 5 centimes additionnels (votés le 15 mai 1853) vont rapporter 561,35 francs sur la contribution foncière et 239,10 francs sur la contribution personnelle et mobilière. Le produit brut de l’octroi est 6010 francs.

Les droits à percevoir pour le stationnement des bestiaux sur le champ de Foire est de 1600 francs.

« Le produit spontané des promenades publiques (herbe) est de 30 francs ».

Les frais de perception des centimes communaux se montent à 400 francs. Les frais de perception des droits sur les bestiaux se montent à 600 francs.

Le traitement du secrétaire de mairie sera de 800 francs.

 Les balanciers sont fatigués

L’entretien des fontaines coûtera 100 francs. « On a fait remarquer que les balanciers des pompes sont inutilement fatigués, surtout par les enfants. Il est à désirer que M. le commissaire de police exerce surveillance et répression à cet égard ».

Le puits de la place St Nicolas est le seul qui n’est pas pourvu d’une pompe. Il a été reconnu indispensable d’en établir une « car l’eau y est tellement malpropre que nul n’ose s’en servir ». Mais où mettre cette pompe ? « soit contre les maisons voisines, soit contre le mur de l’église » : mais dans les deux cas cela a été reconnu impraticable. Il est donc question de « construire un monument simple et peu dispendieux pour l’établir au milieu de la place et obtenir par là un objet de décoration ».

 Revoilà l’horloge

Le montage de l’horloge et la fourniture d’huile se monteront à 110 francs. « Placée dans un petit compartiment du grand clocher paroissial dont la cloche sert de timbre, l’horloge y est fort mal et s’y détériore. Il y a urgence de la mettre dans un autre emplacement » : le maire est invité à préparer des mesures qu’il importe de mettre à exécution le plus promptement possible.

Pour l’entretien des promenades publiques : 150 francs (au lieu de 100 francs), « prix plus élevé que par le passé car la ville a acquis la promenade des Terrasses en janvier dernier ».

« Jalouse de lui donner un nouveau témoignage de gratitude » la Commission Municipale élève le traitement du commissaire de police de 600 à 700 francs. [En fait le Préfet refusera cette augmentation et maintiendra 600 francs].

Traitement des deux tambours ....   60 frs
Traitement de l’instituteur .......600 frs
Traitement du sous-maître .........300 frs

Le Recteur de l’Académie et l’Inspecteur des Ecoles Primaires, dans leur dernière inspection, ont considéré que « à raison de la consistance du local, il était impossible de tenir deux classes simultanément » . Ils ont donc conclu à « l’inutilité d’un sous-maître » mais la Commission Municipale le maintient.

Indemnité du gardien de la prison lors du dépôt de perturbateurs par la police : 30 frs.

Prix aux élèves de l’école communale : 30 frs. Prix d’honneur au collège Sainte Marie : 20 frs.

 Un legs pour des lits

M. Delourmel (toujours faisant fonction de maire), communique à l’assemblée municipale un extrait du testament olographe de feu demoiselle Sophie Fresnais de la Briais en date du 2 août 1850, qui dit ceci :

« Dans le cas où M. Alexandre Fresnais de Lévin, mon neveu et légataire universel, viendrait à mourir avant moi, je veux que le legs que je viens de faire pour lui soit recueilli par ses enfants. Mais s’il ne laissait pas d’enfant, ce même legs serait alors recueilli par l’hospice de Châteaubriant pour y établir des lits pour les pauvres de la commune de St Julien de Vouvantes et de celle de Juigné des Mouties ».

Le Commission Municipale émet un avis favorable à l’acceptation de ce legs éventuel. M. Alexandre Fresnais de Lévin est légataire du domaine et des trois métairies de la Briais, sis dans la commune de St Julien de Vouvantes. (ndlr : il est écrit Briais, alors que le nom de la métairie était Bryais).

26 mai 1853 - Le maire de Châteaubriant écrit au Sous-Préfet de Bagnères de Bigorre : « M. Jean Marie Seulé réside à Châteaubriant depuis un an et y apprend le métier de charpentier. Originaire de Mauléon en Barousse, il fait partie de la classe 1852. Il désire passer la révision à Châteaubriant afin de ne pas interrompre son travail. Il a écrit à ses parents pour obtenir les renseignements exigés par la circulaire ministérielle du 21 mai 1852.

La lettre est restée sans réponse ». Etant sans ressources et dans l’impossibilité de se rendre dans sa commune, le maire de Châteaubriant demande s’il fait partie du contingent à fournir pour le canton de Mauléon étant donné que « il a obtenu au tirage le numéro 40 »

31 mai 1853 - le maire envoie au Sous-Préfet le rapport du Commissaire de Police qui porte sur « les plaintes formées par les habitants de la rue de Couëré au sujet de la retenue par le sieur Artur des eaux de sa rivière ».

16 juin 1853 - le maire écrit au gardien-chef de la prison de Châteaubriant pour lui transmettre l’arrêté préfectoral « réglant l’emploi des 15 et 20 centimes alloués aux gardiens des prisons pour la ration alimentaire des militaires détenus ou conduits sous escorte ainsi que pour fixer le taux de remboursement et la fourniture de paille destinée au couchage ».

 Des os calcinés.

17 juin 1853 : Mme Amélie MITAULT demande l’autorisation d’établir au lieu-dit La Clonerie, une fabrique d’engrais, de colle forte et calcination d’os. Le projet est attaqué par une seule personne, propriétaire de la métairie de la Boisonnay, située de l’autre côté de la rivière de Chère.

Le maire, qui qualifie lui-même cet établissement comme insalubre, s’en remet à l’avis du Conseil Central de Salubrité de Loire-Inférieure mais précise que cet établissement, « à raison de sa proximité d’habitat de la route départementale n°8, et du Bois du Parc qui sert de promenade aux habitants de la ville, devrait nuire aux voisins et voyageurs ou promeneurs ». « Je suis d’avis que la demande de Mme Mitault ne fut pas accueillie ».

18 juin 1853 - le maire transmet au Sous-Préfet le cahier des charges et conditions destiné à servir à la vente de la maison, située Place de la Motte et rue de la Porte Neuve, « servant actuellement de prison ».

22 juin 1853 - le baron Haussmann est nommé Préfet de la Seine. On lui devra des travaux importants qui changeront la physionomie de Paris.

  Demi-bourse

28 juin 1853 - M. Delourmel, faisant fonction de maire de Châteaubriant, lit une lettre du Sous-Préfet, en date du 24 juin :

« M. Richalley, capitaine au 71e de ligne en garnison à Marseille, vient d’adresser à M. le Préfet les pièces nécessaires à l’inscription de son fils Louis-Charles comme élève au Prytanée impérial militaire. Conformément aux instructions de M. le Ministre de la Guerre, cette demande doit être accompagnée d’une déclaration du Conseil Municipal. Constatant que la famille Richalley est sans fortune et qu’elle est dans le cas d’obtenir soit une bourse entière, soit une demi-bourse, Mme Richalley, demeurant à Châteaubriant et le jeune Richalley se trouvant lui-même au pensionnat Sainte Marie, c’est au Conseil Municipal de Châteaubriant qu’il appartient de délivrer la déclaration voulue par les instructions »
Après échange de « diverses observations et supputations touchant la situation financière de la famille Richalley, qu’il est au moins fort difficile d’apprécier exactement », la Commission Municipale exprime l’avis ci-après :

Considérant
- que M. Richalley, capitaine d’infanterie en activité, reçoit le traitement affecté à son grade et en outre celui de chevalier de la Légion d’Honneur,
- que Mme Richalley son épouse reçoit également le traitement afférent à l’emploi de directrice des Postes qu’elle exerce à Châteaubriant, indépendamment des intérêts du cautionnement qu’elle a fourni,
- que le revenu des immeubles qu’elle possède s’élève annuellement à 500 francs environ (...)

il résulte que les époux Richalley ne sont pas absolument sans fortune.

Mais considérant que les époux Richalley, à raison de leurs fonctions, sont obligés de vivre séparément et ne peuvent faire que de faibles économies, la Commission Municipale estime qu’il y a lieu d’accorder à Louis-Charles Richalley, leur enfant unique, une demi-bourse au Prytannée (sic !) impérial militaire. ».

Ceci étant dit, revenons à l’aménagement de Châteaubriant.

 L’aigle d’or

Toujours ce 28 juin 1853, il est question de la rue qui va du Champ de Foire de Béré vers la route impériale n° 163. Cette rue « a été rétrécie vis-à-vis le pignon occidental de la maison dite " l’aigle d’or " , par suite d’un envahissement remontant à une époque peu reculée ». Le propriétaire de la maison semble peu disposé à restituer la surface usurpée. « Dans le cas où il résisterait tout-à-fait, il y aurait lieu à revendication au profit de la commune en recourant aux voies judiciaires ».

 Une baignoire dans la Chère, aux Planches

Depuis le dessèchement de l’étang du Chêne au Borgne (au sud de la ville) , « remontant à deux années », les habitants de Châteaubriant se trouvent privés de tout emplacement « propre à prendre, sans danger, des bains de plein air ». « Cet état de chose est fort gênant surtout pour la classe ouvrière et il peut même en résulter des maladies occasionnées par la malpropreté ».

Il est donc question de créer « un bassin suffisamment vaste et alimenté par une eau courante et abondante dans lequel le public pourrait prendre des bains en toute sécurité ». Le lieu envisagé ? « la partie sud-ouest du pâti communal des Planches au bord et dans le courant de la Rivière de Chère ». Dépense prévue : 200 francs.

Une longue discussion s’engage. La convenance de l’emplacement est contestée à cause du voisinage d’un lavoir public à l’usage des femmes de Béré « aux-quelles la vue des baigneurs, s’ils ne restaient pas dans la limite de la décence, serait de nature à produire une fâcheuse impression ». Mais la Commission Municipale considère qu’un règlement de police permettrait de « prévenir toute offense à la morale publique de la part des baigneurs ». L’emplacement est donc retenu. Reste à établir un devis.

 Clôture

Alignement : une pétition de M. Defermon, propriétaire de la maison et dépendances de la Vannerie, demande un alignement pour reconstruire une portion du mur de son jardin et de sa cour, au bord et au nord-est du chemin vicinal des Briottais. Il prévoit en outre l’érection d’une clôture dans l’angle sud-est de la maison occupée par son fermier, jusqu’à la remontée du pré de La Chapelle au Duc.

La Commission « n’a pas à s’immiscer dans cette question qui, se rattachant à un alignement de petite voirie, est de la compétence exclusive du chef du pouvoir municipal ». Toutefois, dans le but d’être agréable à M. le Maire, elle déclare qu’il y a lieu d’accorder les terrains demandés par M. Defermon, même s’ils offrent une surface assez considérable, « car ce propriétaire, officieusement et sans formalités, a précédemment cédé une quantité comparable au moins par son étendue et sa qualité, pour rectifier le chemin du côté opposé et qui, en outre, a fourni gratuitement une grande masse de remblais ». « il s’agit ici d’un acte d’équité contre la réalisation duquel la commission ne saurait élever aucune objection ».

30 juin 1853 : le Préfet de Loire-Inférieure autorise le bureau de bienfaisance à ouvrir un bazar et à mettre en loterie divers objets mobiliers dont le produit sera affecté au soulagement de la classe indigente.

2 juillet 1853 : les sommes payées à titre de secours aux voyageurs « indi-gens » munis de passeports, s’élèvent à 19,65 frs pour le 2e trimestre de 1853.

4 juillet 1853 - le maire signale au Sous-Préfet qu’il y a à Châteaubriant deux individus soumis à la surveillance de haute police : « la conduite de ces deux condamnés pendant le 2e trimestre de 1853 a été exempte de remarques c’est-à-dire qu’elle a été bonne ».

5 juillet 1853 - la commission administrative de l’hospice accepte de fournir des médicaments aux gendarmes malades ainsi qu’à leurs femme et enfants.

Ete 1853 : la France connaît de mauvaises récoltes (ce qui provoquera une augmentation du prix du pain). D’autres catastrophes affectent les populations : une maladie de la pomme de terre qui fait pourrir une partie des récoltes ; une maladie de la vigne ; et une maladie des vers à soie.

 Croupissante

31 juillet 1853 - lors de la réunion de la commission municipale, le sieur Gérard demande à acheter « une parcelle de terrain en nature de fossés », située près de la métairie de La Grange au bord du chemin du Bois Briant. La commission considère que la parcelle peut être aliénée sans inconvénient pour la circulation et avec avantage pour la santé des bestiaux qui vont y boire « une eau croupissante ». Prix de vente : au moins 10 francs l’are.

Curage de la Chère : le Sous-Préfet demande « si la Commission Municipale est disposée à seconder, au moins de son concours moral, les efforts de l’Administration pour parvenir à un curage sérieux de la Chère. Une pétition de onze riverains, garantissant l’adhésion de deux autres, demande ce curage et la fixation du niveau des eaux de l’étang de la Torche. ». Une autre lettre, signée par 20 riverains, va dans le même sens. Le maire rappelle la loi du 14 floréal an II sur le curage des canaux et rivières non navigables et celle du 6 octobre 1791 sur les déversoirs.

La Commission Municipale considère que les plaintes sont motivées par les inondations produites par la Chère en amont et en aval de Châteaubriant et que les plaintes « deviennent chaque année plus nombreuses et plus vives ». Plusieurs riverains en amont affirment que, depuis un certain nombre d’années, les eaux envahissent leurs terrains « dans une proportion toujours croissante », convertissant en marais stériles des prairies fertiles autrefois.

« Cet état de choses semble devoir être attribué, non seulement à l’encombrement du lit de la Chère, mais encore, au bord de l’Etang de la Torche, à l’exaucement (sic !) du radier du pont de la Torche lors de l’élargissement de celui-ci en 1847. »

Selon le meunier M. Artur, « le défaut de déversoir, tant à l’Etang de la Torche qu’au bassin contenant l’eau motrice du Moulin de Couëré, peut aussi être rangé au nombre des causes d’inondation, pour la raison que si les vannes ne sont pas levées en temps utile, il y a gonflement dans la partie supérieure et que, lorsqu’elles sont levées, quand il y a eu trop-plein, l’eau qui s’échappe avec impétuosité déborde de toutes parts sur les terrains inférieurs où elle cause des ravages ».

La commission municipale estime en outre que « des marais à proximité de la ville peuvent être une cause d’insalubrité ».

Elle demande donc à l’administration supérieure des prendre des mesures efficaces :
- . « Curage convenable de la Chère
- . Curage dans le bassin alimentaire du Moulin de Couëré, entre ce moulin et celui de la Torche
- . Fixation du niveau des eaux dans l’Etang de la Torche.
- . Établir des déversoirs à l‘Etang et au bassin dont il vient d’être parlé ».
2 août 1853 - la maison servant de prison a été achetée par le sieur Aimé VINCENT pour le prix de 5000 francs.

6 août 1853 - L’horloge, placée dans le clocher de l’église St Nicolas, dont l’une des cloches sert de timbre, se détériore. Le maire écrit à M. Gourvin, horloger mécanicien au Mans : « Voudriez-vous, Monsieur, venir à Châteaubriant pour visiter les lieux et choisir celui où elle pourrait être établie d’une manière plus convenable pour sa conservation et y faire les réparations dont elle peut avoir besoin. ».

13 août 1853 - M. Charruau, docteur en médecine à St Brieuc, fait connaître que son père a légué 50 francs à l’hôpital de Châteaubriant. Mais il y a des formalités longues et coûteuses à effectuer, occasionnant des frais à la charge de la succession.

Le maire conseille à M. Charruau : « le moyen à employer pour les éviter serait de verser la somme de 50 francs au receveur général des Côtes du Nord, sous la désignation de don fait à l’hospice civil de Châteaubriant qui vous remettrait en échange une traite sur son collègue de Loire-Inférieure et qui ensuite la passerait à l’ordre du receveur de l’hospice qui en toucherait le montant et l’inscrirait en recettes à titre de don ».
C’est tout simple !

16 août 1853 - le maire s’impatiente : les notes de frais qu’il a envoyées fin juin-début juillet à l’officier-comptable chargé des subsistances, relatives aux fournitures faites par deux commerçants de la ville, aux troupes de passage, n’ont pas été payées.

 Donner un lit à la rivière

17 août 1853 - le maire écrit au Sous-Préfet que les riverains de la Chère « ne peuvent s’entendre et se concerter pour donner un lit à la rivière ». Il demande que le Préfet rende le curage obligatoire, « chaque propriétaire devant y contribuer proportionnellement aux avantages qu’il en retirera ». Mais il ajoute :

« Sur la portion en amont, il existe une retenue d’eau qui fait mouvoir le moulin de la Torche. Par suite de travaux effectués par les Ponts et Chaussées, le déversoir, ou ce qui en tenait lieu, a été supprimé. Le Meunier en profite, tient les eaux très hautes, de manière qu’elles recouvrent des terrains qui n’étaient submergés que dans les grandes crues d’eau.

Il faut donc que le Préfet fixe la hauteur d’eau et ordonne l’établissement d’un déversoir qui permettra au trop plein de s’écouler et donnera un véritable lit à la rivière qui en est privée maintenant la plus grande partie de l’année ».

Le maire signale en outre que des propriétaires et riverains des rues qui avoisinent la retenue d’eau de Couëré demandent eux aussi un déversoir. « Dans ce réservoir se rendent les eaux de l’Etang de la Torche, et du ruisseau Rollard qui traverse la ville et sert d’égout à toutes les rues. Vous penserez comme moi qu’il est indispensable que l’on fasse droit à la demande des réclamants. Vous savez que le Meunier [René Artur] se décide difficilement à lever ces vannes alors quand il survient un orage l’eau afflue dans les rues et entre dans les maisons. De là querelles et procès regrettables ».

 Artur, as-tu le droit ?

Le maire poursuit : « J’attire votre attention sur une question qui est du plus haut intérêt pour la ville : le Meunier est-il oui ou non propriétaire du fond du réservoir de Couëré servant autrefois de douves aux fortifications de la ville ? La nation le lui a-t-elle vendu ? Les termes de l’acte de vente sont un peu ambigus. Le sieur Artur se prétend propriétaire bien qu’il ait signé le contraire. Il croit même avoir le droit d’empêcher de puiser l’eau dans le bassin et bientôt peut-être il exigera que la ville supprime les lavoirs publics qu’elle a fait établir sur ce cours d’eau ».

« C’est au Conseil de Préfecture qu’il appartient d’interpréter les termes du contrat de vente. Vous rendrez à la ville un service qu’elle n’oubliera jamais et la Commission Municipale, d’accord avec toute la population ne refusera pas de payer les frais de l’instance ».

17 septembre 1853 - M. Deloumel fait toujours fonction de maire.
Le sieur Gautron désire élever une petite construction sur un terrain vague en avant d’une vieille maison, au bas de la Place des Terrasses.

La Commission Municipale considère que ce petit édifice n’est pas d’un goût irréprochable mais qu’il aura pour effet, du moins
« de masquer en partie la cabanne (sic !) vendue par le propriétaire précédent et qu’ainsi il y aura amélioration ». La commission accorde une concession gratuite au sieur Gautron, « à la condition qu’après 3 ans la construction en projet devra être démolie, sans indemnité, à la première réquisition de l’autorité municipale et que si, avant la révolution des trois années, la dite construction venait, à quelque époque que ce soit, à tomber par accident ou par force majeure, elle ne pourra être ré-édifiée ».

Ce que souhaite la Commission, elle le dit clairement ; un édifice régulier et symétrisant avec la maison actuelle et contiguë du sieur Gautron ».

27 septembre 1853 : Victor Hugo,chanson

9 octobre 1853 - on apprend que par arrêté du 23 septembre 1853, le Préfet a prescrit le curage de la Chère. La ville doit concourir à ce curage parce qu’elle est propriétaire riveraine de la Chère depuis le 23 novembre 1819. Seulement voilà : « les limites entre la propriété de la ville et la propriété du sieur Artur n’ont jamais été reconnues ».

« Celui-ci s’étant transporté sur les lieux, des jallons (sic !) ont été posés sur des points en rapport avec ceux indiqués sur le contrat d’acquisition. L’opération a été approuvée par le sieur Artur jusqu’au placement du dernier jallon ». Mais ce dernier a posé problème et le sieur Artur s’est retiré « ce qui a empêché la terminaison du travail »
« Dans ce cas il y a nécessité de recourir au bornage pratiqué par des experts qui, nommés par justice, appliqueront le titre au terrain ». Le maire ajoute que le bornage est urgent : avant la fin du mois. La Commission municipale autorise le maire à se pourvoir en justice pour faire établir, entre la ville et le sieur Artur, le bornage des marais achetés par l’acte du 23 novembre 1819.

 Le Bout du Monde

9 octobre 1853 - Il existe un petit bassin semi-circulaire au dessous et au Nord de la promenade basse du Bout du Monde. La commission municipale pense le combler et remblayer une portion du marais voisin, de façon à accroître la promenade, comme cela avait été conçu dans l’acte de 1819.

Le curage de la Chère procurera une très grande masse de matières végétales lesquelles pourront être déposées à titre de remblais dans le bassin semi-circulaire, ce qui entraînera une dépense (non inscrite au budget) de 300 francs « pour l’achat des ustensiles et outils nécessaires et pour le salaire des ouvriers.

10 octobre 1853 : le Français Charles Bourseul fait les premiers essais de téléphone. Mais son invention n’est pas prise au sérieux.

13 octobre 1853 - le maire réclame à nouveau, pour les fournisseurs, le paiement de 641 rations de nourriture demandé depuis le 24 juin et redemandé le 15 juillet et le 16 août.

17 octobre 1853 - une jeune fille, sans profession, est enceinte « et dans une situation de fortune qui ne peut lui permettre de pourvoir à ses besoins ». Sa mère est hors d’état de venir à son secours. La ville de Châteaubriant demande qu’elle soit admise à l’hôtel-Dieu de Nantes pour y faire ses couches.

22 octobre 1853 - le maire écrit au Sous-Préfet pour demander l’autorisation d’ester en justice contre le sieur René ARTUR pour fixer la délimitation exacte de ses propriétés le long de la Chère.

La Traviata

En 1853 Verdi crée : la Traviata, inspiré du roman La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas (fils). C’est un opéra politique, une réflexion sur le statut de la femme dans un monde dominé par les hommes, dans une société pétrie de morale et d’hypocrisie. Le mot « traviata » en italien signifie : femme perdue.

Violetta, la courtisane, (ou maîtresse professionnelle), est aimée d’Alfredo mais doit s’effacer pour ne pas porter atteinte à la réputation de la famille et assurer l’avenir de la soeur d’Alfredo, promise à un bonheur bourgeois. Alfredo tente cependant de sauver son amour mais Violetta meurt, minée par la tuberculose.

Cette situation conduit à un retournement paradoxal qui fait apparaître Germont (le père d’Alfredo) et son ordre “petit-bourgeois”, comme immoral et Violetta, la femme perdue, la "dévoyée", comme morale.

Rigoletto (1851), la Traviata et Le Trouvère (1853) constituent ce qu’on a appelé la trilogie romantique de Verdi.

Gérard de Nerval : Les filles du feu

Gérard de Nerval (de son vrai nom Gérard Labrunie) publie sous ce titre un ensemble de nouvelles, de souvenirs et de réflexions écrits entre 1839 et 1853. Le feu, mobile et redoutable, est à l’image des femmes-fées qui peuplent le recueil : Angélique, Aurélie, Adrienne, Sylvie et autres femmes belles, révoltées, parfois volcaniques.
Sylvie c’est l’histoire d’un homme qui se trompe dans la recherche de l’idéal. A l’enthousiasme des premiers chapitres succède une désillusion amère.

Gérard de Nerval se pendra le 26 janvier 1855, à 47 ans, victime de la folie qui s’est manifestée depuis 1841.
Et quand vint le moment où,
[ las de cette vie
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie ;
Il s’en alla disant :
[« Pourquoi suis-je venu ? »