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1855



5 janvier 1855 - Jean-Louis Buron, boulanger à Châteaubriant, a fournit 1039 rations de pain, pour 275,55 frs, aux troupes de passage dans la ville au cours du 4e trimestre de 1854.

10 janvier 1855 - Le Piémont, qui n’a aucun intérêt dans la Guerre de Crimée, souhaite gagner le bon vouloir des grandes puissances : il offre 15 000 hommes.

21 janvier 1855 - sous la Présidence de Lucien Delourmel, maire, la Commission Municipale se réunit à Châteaubriant . M. Béchu du Moulin Roul, adjoint, y est présent avec voix consultative seulement.

Lors de la précédente réunion (19 novembre 1854), la Commission a demandé au maire de faire des plantations mais a oublié de lui voter les fonds nécessaires. « Réparant cette lacune », elle vote un crédit de 150 frs.

La situation économique en France est difficile. La Commission Municipale apprend, par une circulaire du Préfet en date du 5 janvier, que « pour soulager les misères produites par la mauvaise saison et par la persistance de la crise alimentaire », l’Empereur a, par décret du 20 décembre 1854, mis un crédit extraordinaire de 5 millions de francs à la disposition du Ministre de l’Intérieur. Pour sa part, le département de Loire-Inférieure percevra 80 000 frs.

Sur cette somme,
- 20 000 frs seront distribués en subvention aux bureaux de bienfaisance pour secours à domicile.
- Une somme de 20 000 frs sera, en outre, à partager entre les communes les plus nécessiteuses pour les aider à organiser des ateliers de travail.
- Enfin 40 000 frs sont ménagés pour accorder aux communes qui feront un sacrifice pour créer des travaux afin de venir en aide aux indigents valides.

 Ateliers de charité

M. le Maire expose que la rigueur de la saison rend forcément oisifs un nombre considérable de journaliers et d’ouvriers, qui, comme les maçons, ont besoin, pour travailler en plein air, d’une température exempte de glace.

Il propose les travaux suivants :
- L’extraction et le cassage de pierres propres au mackadamisage
- Le nivellement et l’empierrement des deux rues latérales et de la rue septentrionale de la Halle Neuve
- L’amélioration du Chemin de Launay qui était jadis la route d’Angers et dont le sol contient une grande quantité de vieux matériaux.
- Des réparations au Chemin des Marres, dans sa partie joignant le faubourg St Michel

M. Guibourg ajoute le chemin n° 13 qui part du Champ de Foire de Béré, conduit vers les villages du Moulin Neuf, de la Bruère et de la Corbinaie. Il ajoute « qu’il y aurait lieu peut-être d’invoquer avec succès le concours des propriétaires des terres riveraines ou des fermes situées dans les villages susdits, lesquels contiennent une nombreuse population ».

L’assemblée prend en considération ces diverses propositions et laisse au Maire le soin de choisir.

 Sacrifice

Quoique la situation financière de la ville ne soit pas prospère, « par suite de la réduction toujours subsistante des droits d’octroi », la Commission Municipale se déclare « jalouse de venir, dans les plus grandes proportions possibles, au secours de la classe indigente ». Elle compte bien sûr sur « la juste bienveillance de M. le Préfet » à qui elle demande d’allouer une subvention en rapport avec les misères locales. En attendant elle vote 1500 frs pour la création d’ateliers de charité.

Toujours le 21 janvier 1855, le maire obtient l’autorisation de renouveler le bail, au profit de M. Meaujendre, qui loue une boutique et arrière-boutique dans une vieille maison située sous les vieilles halles, moyennant le prix annuel de 195 frs.

Fin février 1855 - cela fait 3 mois et demi que le camp des alliés subit le rude hiver russe, au pied de Sébastopol. La neige ayant fondu, les opérations peuvent reprendre

2 mars 1855 - le maire demande au Sous-Préfet d’approuver sans tarder le renouvellement du bail « Meaujendre » : « afin que je puisse procéder à l’adjudication avant le 25 de ce mois. Comme vous le savez, le 25 mars est, à Châteaubriant, une époque où l’on prévient que l’on casse la jouissance des maisons ou des loyers ».

Finalement cette maison sera louée pour 82 frs par an (au lieu de 195 frs)

21 avril 1855 -
La Commission administrative de l’Hospice a le projet d’aménager deux pièces :
- L’une pour femmes enceintes détenues dans la maison d’arrêt
- L’autre comme chambre se sûreté pour les aliénés « déposés provisoirement dans cet établissement ».

 Attentat

30 avril 1855 - réunion extraordinaire de la Commission Municipale de Châteaubriant. « Des dépêches parvenues aujourd’hui à Châteaubriant ont fait connaître qu’un Italien a, dans la soirée du 28 avril 1855, tiré sur l’empereur qui se promenait à cheval aux Champs Elizés » (sic !) . La Commission municipale rédige et signe l’adresse suivante :

Sire,
« La Commission Municipale de Châteaubriant s’empresse de vous offrir l’expression de l’indignation qu’inspire à tous les gens de biens (sic !) le lâche attentat dont Votre Majesté a failli être victime.
La Providence n’a pas voulu que l’homme courageux à qui elle a confié les destinées de l’Europe, fut ravi à sa haute mission.
Vivez, sire.
Vivez pour consolider la prospérité que votre génie a si bien su fonder après de douloureuses épreuves et pour assurer le triomphe de nos armées engagées dans une entreprise héroïque, digne par les conséquences qu’elle doit produire, de la France et du chef qu’elle a choisi ».

[On a envie de conclure par ... taga tsoin tsoin !]

Cet attentat a été perpétré par Giovanni Pianori (qui sera condamné à mort). Précédemment, en juillet 1853 et septembre 1854, des attentats ont été déjoués à temps.

 Taxe sur les chiens

2 mai 1855 - Depuis 1852 le conseil départemental de la Seine demande la création d’une taxe sur les chiens, « seul moyen de prévenir l’accroissement incessant de l’espèce canine, et les nombreux accidents dont elle est chaque année la cause. ... on arrivera plus sûrement que par tout autre moyen à la réduction de ces animaux, qui absorbent aujourd’hui, en France, une quantité considérable de substances alimentaires qui pourraient être employées à la nourriture d’animaux plus utiles ».

Une loi dans ce sens est votée le 2 mai 1855, et applicable à partir du 1er janvier 1856. La taxe se fera au bénéfice des communes.

15 mai 1855 - Ouverture de l’Exposition Universelle à Paris. Il y aura cinq millions de visiteurs éblouis par la puissance industrielle de l’Empire.

[De cette exposition il reste le « Panorama National » : Sa forme circulaire, permettait d’exposer, à 360 degrés, des toiles relatant les exploits militaires de Napoléon. Par la suite la rotonde est devenue une patinoire (Le Palais des Glaces) jusque vers 1980. Elle est ensuite réinvestie par la compagnie Renaud-Barrault, sous le nom de Théâtre du Rond-Point ].

Ancien « Panorama National »

25 mai 1855 - Mme Julie Bouchet, demeurant à Châteaubriant, « se trouve depuis plusieurs jours atteinte d’aliénation mentale de nature à compromettre la sûreté des personnes et même l’ordre public ». Le maire sollicite son adhésion à l’asile St Jacques à Nantes en joignant « une feuille de renseignement sur les causes et symptômes de la maladie ».

 Fainéantise et intempérance

27 mai 1855 - séance ordinaire de la Commission municipale à Châteaubriant, sous la présidence de M. Delourmel, maire. Le cahier officiel précise que « M. Béchu, adjoint, n’a figuré qu’avec voix consultative ».

L’avis de la Commission est demandé sur les projets de la commune de Coêsmes qui veut une foire le 3e lundi d’avril de chaque année. De son côté, Issé demande le 3 mai et le 16 août (jour de la St Roch) de chaque année.

La Commission reprend les mêmes avis que précédemment. Elle considère que « désormais les foires sont tellement multipliées que, presque chaque jour de la semaine, dans un rayon de quelques kilomètres, les populations sont conviées à se déplacer, au détriment du véritable commerce qui ne peut être nomade, et de l’agriculture qui a besoin d’un travail soutenu » -

« Les foires que l’on a essayé d’improviser depuis un certain nombre d’années, toutes plus ou moins stériles, ne sont le plus souvent qu’un rendez-vous à l’adresse de la fainéantise et de l’intempérance, dont toute administration sage doit s’efforcer de prévenir le développement ».- et que le nombre de bonnes foires est bien inférieur « à celui des foires médiocres et mauvaises dont l’expérience a fait justice ».

En conséquence de quoi la Commission est d’avis que les demandes de Coësmes et d’Issé ne soient point accueillies.

27 mai 1855 - Communication a été donnée, par M. le Maire, d’une demande formée par M. Lucas Delaunay, Frédéric, Jean, instituteur communal, qui veut annexer à cette école communale un pensionnat primaire. La Commission Municipale donne un avis favorable .

Ce même jour, M. Mathurin Soubrel, adjudicataire des travaux de construction de la Halle aux grains, demande la radiation de l’inscription hypothécaire prise, sur les immeubles, au profit de la commune, pour garantie de l’exécution des travaux. [cette adjudication date du 15 juillet 1849].

La Commission Municipale donne un avis-favorable à la main levée demandée, « sans renoncer à l’application éventuelle de l’article 2270 du Code Napoléon ».

28 mai 1855 - suite de la réunion du 27 mai - pour approuver le compte d’administration de 1854 et étudier le budget additionnel de 1855 .

On constate ainsi que la ville a perçu deux mandats de 300 frs et 700 frs pour créer des ateliers de charité pendant la mauvaise saison [ revoir au 21 janvier]. De son côté la ville a réservé 1500 frs pour ces ateliers.

La participation municipale aux frais d’entretien des aliénés indigents se montera à 100 frs.

 Pompe

28 mai 1855 - En ce qui concerne la pompe de la place St Nicolas, l’assemblée souhaite un appareil très simple, très solide, qui ne fasse pas obstacle à la circulation. Un membre suggère que la pompe, imitant une borne, soit installée à l’angle Sud-Ouest de la chapelle méridionale de l’église ou à défaut, dans un piédestal qui formerait la base du pilier auquel le réverbère public est suspendu. « Le maintien de ce pilier est nécessaire pour l’éclairage et l’embarras qui en résulte forcément ne serait accru qu’insensiblement par l‘addition d’une pompe ». La Commission ouvre, pour cette amélioration très vivement désirée, une somme de 1500 frs.

 Aqueduc

28 mai 1855 - (suite) - Pour les Sapeurs-Pompiers, le budget supplémentaire prévoira 94,15 frs, pour paiement d’objets divers. Mais la Commission n’apprécie pas d’être mise devant le fait accompli :
« Elle a vu avec regret que cette dépense a été faite sans autorisation préalable et elle a exprimé le vœu qu’à l’avenir il n’en soit plus ainsi ». Ah mais !

Sur le chemin de grande communication n°34, la construction d’un aqueduc a été accordée à M. Bauduz le 18 février 1849 et a fait l’objet d’un traité dûment approuvé le 30 mars dernier..... 70 frs.

Solde des travaux exécutés pour l’établissement d’un lavoir public au Pâtis des Planches .... 107,42 frs

Frais du procès soutenu par la ville par suite de la délibération du 28 février 1853 contre le sieur Cornet à l’occasion de la propriété d’un terrain à Béré ... 167,15 frs.

15 juin 1855 - Un enfant de Châteaubriant demande à entrer à l’école des mousses à Nantes. Le Maire appuie la candidature « de ce petit malheureux » - « Cet enfant se conduit bien, est intelligent et surtout bien désireux d’en faire partie. Il est d’ailleurs dans une position qui le recommande à la bienveillance de la commission ».

Ce même jour la Commission administrative du Bureau de Bienfaisance constate que ses ressources « deviennent chaque jour trop faibles pour secourir les malheureux d’une manière convenable ». Elle demande l’autorisation d’établir une loterie [Elle en recevra l’accord le 21 juin]

 Allumettes

23 juin 1855 - La veuve Avisse Marie-Jeanne, en surveillance de haute police à Châteaubriant, ne pouvant trouver, « au moyen de son petit commerce d’allumettes chimiques », les ressources nécessaires pour subsister, demande à quitter Châteaubriant pour fixer sa résidence à Château-Gontier.

Le Maire signale au Sous-Préfet qu’elle s’est toujours bien comportée et « bien que sa position soit malheureuse, elle ne réclame aucun secours »

16 juillet 1855 - Le maire fait savoir à M. Lucas Delaunay, qui veut annexer à l’école communale un pensionnat primaire, que la Commission Municipale du 27 mai a donné un avis favorable

 Un nouveau Conseil Municipal

12 août 1855 - Lucien Delourmel de la Picardière, maire de la ville de Châteaubriant procède à l’installation du nouveau Conseil Municipal :

Ernoul Provôté	        Jean Baptiste
Béchu du Moulin Roul	Hippolite
Guimené	                Prosper
Gripon	                Joseph
Prod’homme	        Victor Florent
Ballais	                Jules
Pasquier-Hamon	        Pierre	
Hervochon	        Jean-Baptiste
Lemaître	        Bernard
Deslandes	        Jean-Baptiste
Derul	                Victorien
Bidet	                Louis
Sabathier	        Jacques
Bossé	                Pierre
Tessier 	        François

Après lecture du Sénatus-Consulte du 25 décembre 1852, chacun des membres ci-dessus prête le serment : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur ».
Puis M. le Maire donne lecture de trois lettres : MM. de la Pilorgerie et Defermon déclarent ne pas vouloir accepter les fonctions de membre. Et M. Presterle, obligé de s’absenter pour affaires, ne peut assister à la réunion.

 Taxe sur les chiens

12 août 1855 - L’assemblée municipale établit une taxe sur les chiens (loi du 2 mai 1855) à savoir :

- 1re classe : chiens d’agrément ou de chasse - 5 francs
- 2e classe : chien de garde - 11 francs

Cautionnement : le bail de M. Meaujendre, qui louait la maison située sous les anciens halles et appartenant à la ville, a expiré le 24 juin dernier. Le Conseil Municipal constate que le dit Meaujendre a satisfait à ses engagements et ne s’oppose pas à la remise des 195 frs de caution qu’il avait déposés. [cf 21 janv.1855]

24 août 1855 - le Maire écrit au Sous-Préfet pour soutenir la candidature du jeune Louis Bourdais pour l’école des mousses de Nantes.

30 août 1855 - le Maire a pris un arrêté pour « la vente de la chandelle et de la bougie » dans la commune de Châteaubriant .

Août 1855 : Victor Hugo : J’ai cueilli cette fleur

 J’y suis, j’y reste

5-7 septembre 1855 : un « bombardement infernal » frappe Sébastopol où les troupes alliées assiègent toujours l’armée russe, depuis onze mois. Le 8 septembre l’assaut sur Sébastopol se fait par quatre points à la fois. Les Russes repoussent trois de ces assauts mais celui de la Tour Malakoff réussit. « J’y suis, j’y reste » déclare Mac-Mahon quand on lui dit que la tour est minée.

8 septembre 1855 - Un certain Lecoq, tailleur d’habits, amputé de la jambe droite, est passé à Châteaubriant au milieu du mois d’août mais sans qu’on sache quelle direction il a pu prendre

10 septembre 1855 - Les alliés entrent dans Sébastopol. Le siège a duré 350 jours. Les premiers soldats commencent à rentrer en France. Le prestige personnel de l’Empereur est immense. Il a coûté cher : 10 000 morts chez les alliés, 12 000 chez les Russes et combien de blessés ?

22 septembre 1855 - Une rétribution scolaire est demandée aux parents ou tuteurs des élèves de l’école communale :
- 84 frs pour ceux qui habitent Châteaubriant :
- 40 frs pour les élèves étrangers à la commune

 Prison pour pauvreté

6 octobre 1855 - Par jugement du tribunal correctionnel de Châteaubriant, en appel à Nantes, la dame Louise Yon a été condamnée à 13 mois de prison pour délit de mendicité en réunion. Cette femme est sans profession, n’est point mariée et est mère de cinq enfants « naturels ».

« Cette malheureuse a été transférée à Nantes, laissant dans l’hospice de la ville deux enfants, Marie 7-8 ans et Donatien 5 ans » dit le maire. « L’hospice ne peut garder ces enfants ». Le maire demande donc au Sous-Préfet de les faire admettre à l’asile des enfants abandonnés de Nantes.

18 octobre 1855 - le maire transmet au Sous-Préfet le procès-verbal d’installation et de prestation de serment du 12 août dernier. Il y joint cinq lettres portant serment de conseillers, absents lors de l’installation officielle.

27 octobre 1855 - le maire renouvelle (encore une fois !) une demande de secours éventuel pour la dame Peuriot Victoire, veuve de Julien Letort, ancien sous-officier dans l’artillerie à pied de la Vieille Garde et membre de la Légion d’Honneur.

« Les états de service de son mari sont tellement beaux et si honorables que sans aucun doute le gouvernement daignera accueillir favorablement la demande d’une veuve jouissant d’une très faible rente et sans fortune ».

31 octobre 1855 - Victor Hugo est expulsé de Jersey par les autorités de cette île britannique. Il doit s’embarquer pour Guernesey, île plus petite et plus sauvage que Jersey. C’est dans cette période d’exil, commencée en 1852, que Victor Hugo écrit des satires contre celui qu’il appelle "Napoléon le petit". Et des œuvres immenses comme : Les Contemplations, La Légende des siècles et Les Misérables.

Amabilités

Victor Hugo, le grand Victor Hugo, a la dent dure pour ceux qu’il déteste :

« Baroche dont le nom n’est plus qu’un vomitif » écrit-il au sujet de l’avocat Pierre Baroche.

« Fould, vous êtes un fat, Suin, vous êtes un cuistre », au sujet de Achille Fould (ministre des finances) et Victor Suin (membre du Conseil d’Etat)

« L’assassinat, sous le nom de Magnan, est membre du sénat » au sujet de Bernard Magnan, sénateur et Maréchal de France

Au sujet de Louis Veuillot, journaliste, il écrit :

O Veuillot, face immonde encor plus que sinistre,
Laid à faire avorter une femme, vraiment !
Quand on te qualifie et qu’on t’appelle cuistre
"istre" est un ornement.

(Pauvre Veuillot, passé à la postérité de cette façon... il aurait, dans ce cas, sans doute cité Alphonse Allais : je préfère hériter à la poste que passer à la postérité).

2 novembre 1855 - le maire réclame au Préfet les formulaires de déclaration à faire pour les propriétaires de chiens. Il estime à 325 le nombre de déclarations à faire.

3 novembre 1855 - au sujet du livret ouvrier, le maire écrit au Préfet : « Vous m’avez fait parvenir un exemplaire de la loi du 22 juin 1854 et du décret du 30 avril 1855 déterminant la forme des registres qui doivent être tenus par les mairies. Veuillez me faire parvenir le registre »

« Mais je vous dirai que depuis longtemps l’on tient à la mairie de Châteaubriant les nouveaux livrets et qu’il serait inutile de lui en adresser d’autres jusqu’à ce que ceux qu’elle possède ne soient écoulés ».
10 tonnes de poudre

3 novembre 1855 - Deux convois de poudre de 5000 kg chacun, expédiés d’Angoulême pour se rendre à Rennes, passeront prochainement à Châteaubriant où ils séjourneront la nuit.

Le maire écrit au Capitaine Commandant la Compagnie de Pompiers pour qu’un poste de sapeurs-pompiers soit disponible à prendre les armes le cas échéant.

« Comme vous le savez, la Garde Nationale, à défaut de troupes de ligne, est appelée à fournir dans pareille circonstances un poste suffisant de gardes nationaux pour veiller à la sécurité du convoi ».

 Fonderie Franco

15 novembre 1855 - Nouvelle séance du Conseil Municipal de Châteaubriant. MM Durand, Poirier, Presterle, Gautier et Picot de Plédran signalent qu’ils ont envoyé leur serment en qualité de membres du Conseil Municipal.

MM. Franco et Gurzinski demandent à être autorisés à établir, dans une pièce de terre appartenant à M. de Boispéan, située sur le bord de la rivière de Chère, une fonderie avec fourneau à la Wilkinson

[Il s’agit de la fonderie Franco qui deviendra plus tard la Fonderie Huard, puis Focast et qui s’appelle désormais Pebeco].

Le Conseil considère que cette usine, dans le terrain projeté, « ne saurait nuire et satisferait à des nombreux besoins ». Il donne donc à l’unanimité un avis favorable.

 Nouvelle fontaine

15 novembre 1855 - Les eaux de la fontaine de la Vannerie devenant troubles par temps de pluie, par suite d’infiltration occasionnée par la réparation et l’exhaussement des chemins, le maire propose de créer une nouvelle fontaine dans l’ancien jardin de M. de la Rolandière.

La pompe de la fontaine actuelle serait placée sur la nouvelle fontaine. L’ancienne serait réparée mais laissée à ciel ouvert. Le devis de 203 frs est accepté.

Secours aux bureaux de bienfaisance

15 novembre 1855 - M. le Maire donne lecture de la circulaire du Préfet en date du 27 octobre 1855, relative aux secours à accorder aux bureaux de bienfaisance pendant l’hiver 1855-56. Il engage le Conseil, malgré le peu de ressources de la caisse municipale, à voter la somme de 2000 frs « pour faire exécuter des travaux publics pendant l’hiver qui va commencer » - « Cette somme est assurément bien inférieure aux besoins présumés mais il y a tout lieu d’espérer que M. le Préfet voudra bien faire, dans les fonds alloués par le gouvernement, une large part à la ville de Châteaubriant ».

Le maire rappelle que, outre ces 2000 frs, une souscription de 7000 frs a été faite « par de nombreux habitants charitables », pour donner à prix réduit du blé noir aux familles nécessiteuses.

Pour qui cette aide ? Pas pour les campagnes « qui cette année prospèrent » mais pour la ville à population agglomérée d’ouvriers sans ouvrage l’hiver « et qui seraient dans l’impossibilité de payer le haut prix de leur subsistance sans la ressource de travaux publics lucratifs et abondants »

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La France « riche et heureuse » ??

 Quels travaux ?

Le maire propose à peu près les mêmes que le 21 janvier 1855. Il ne parle plus ni des rues entourant la Halle Neuve, ni du Chemin des Marres (sans doute les travaux ont-ils été faits).

Mais il évoque :
- Extraction et cassage des pierres
- Réparation du Chemin de Launay et du Chemin de la Vannerie
- Remblai de la Promenade du Bout du Monde
- Entretien de la Place de la Motte
- Réparation du Chemin de la Borderie, mais à condition que les riverains de ce chemin et ceux qui ont le plus intérêt à sa réparation, « concèdent gratuitement le terrain nécessaire et fournissent un large concours ».

15 novembre 1855 - Le sieur Genêt, résidant rue de Rigale, demande à pratiquer, dans le mur servant de clôture à la cour de sa maison, des ouvertures dont la construction sera régulière et satisfaisante. Le Conseil Municipal donne son accord, « à condition qu’en cas d’expropriation, il ne pourrait rien réclamer pour la plus-value résultant des travaux »

23 novembre 1855 - Le Conseil Municipal attribue une somme de 100 frs à titre de secours « pour la glorieuse armée d’Orient ».

5 et 11 décembre 1855 - Le maire annonce 150 frs pour le budget additionnel de l’Hospice « par suite de l’augmentation des prisonniers auxquels il est livré des rations de soupe chaque jour et des portions de viande le dimanche »

et 200 frs pour achat de médicaments destinés à être distribués aux personnes indigentes de la commune.

Adrien Gaspard Félix Tournachon (Nadar)

Le principe de la photographie est découvert par le physicien français Nicéphore Niepce en 1824, mais ce n’est qu’en 1839 que l’image peut être fixée sur une plaque de métal. On obtient alors un " daguerréotype ", du nom de J. Daguerre, associé de Niepce.

En 1854 Adrien Gaspard Félix Tournachon (plus connu sous le nom de Nadar) ouvre à Paris son premier atelier photographique. Il devient professionnel en 1855. On lui doit les portraits des écrivains de l’époque : Nerval, Vigny, Dumas père, Sand, Baudelaire.

André Disdéri lance en 1859 le format "carte de visite" (65 x 110 mm) qu’il a, semble-t-il, emprunté à un Marseillais du nom de Dodéro. Un précurseur, ce Dodéro, qui a déjà imaginé la possibilité d’appliquer la photographie à l’impression de foulards.

Dans la revue « La Lumière » d’août 1851, un certain Francis Wey suggère de remplacer, par une photo, « ces signalements ridicules à force de banalité : - yeux ordinaires, nez moyen, menton rond, visage ovale... une telle ressource serait surtout précieuse à la Banque et dans les grands comptoirs où l’on reçoit des dépôts d’argent destinés à être rendus sur la seule constatation de la ressemblance des signatures... »

Cher au début (15 à 20 frs soit dix jours de salaire d’un ouvrier), le prix des portraits baisse au fur et à mesure que se développe la technique. En 1869 le poète Charles Cros invente la photographie couleur. Lors de l’exposition universelle de 1888 on voit apparaître les premiers appareils portatifs. En 1900, 17 % des visiteurs de l’exposition universelle en possèdent un. La photographie est devenue « la photo ».

Un art, la photographie ? Les artistes de l’époque avaient tendance à répondre : non, puisqu’elle est basée sur une technique.

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(voir ci-contre la caricature de Daumier : Nadar élevant la photographie à la hauteur de l’art).

Les personnages célèbres qui, autrefois, étaient représentés par des portraits dessinés ou peints, adoptent peu à peu la photo pour se faire connaître.

D’autres, comme Flaubert, soucieux d’exactitude, utilisent la photographie comme le moyen de constituer des documents.

Zola, photographe amateur passionné, déclare qu’il faut photographier les êtres et les choses si on veut vraiment les connaître.

Charles Baudelaire stigmatise « les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux » qui se réfugient dans la photographie : « cet universel engouement portait non seulement le caractère de l’aveuglement et de l’imbécillité, mais avait aussi la couleur d’une vengeance. »
Lamartine, lui, écrira : « La photographie c’est un art ; c’est mieux qu’un art, c’est le phénomène solaire où l’artiste collabore avec le soleil ».

Sources :
http://www.marillier.nom.fr/collodions/pghDd.html
Et http://baudelaire.litteratu ra.com/rub=regards &srub=art&id=1



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