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1856 (de septembre à décembre)

Septembre 1856 : rien de spécial à signaler à Châteaubriant

4 octobre 1856 - un recensement a été organisé en France. Pour Châteaubriant il donne :
- 4143 habitants pour la population fixe
- 144 habitants pour la population flottante

Soit au total 4287 habitants.

11 octobre 1856 - le maire avise le Sous-Préfet que, le 25 août dernier, un enfant de trois ans, Guillaume Clévédé, a été déposé à l’hospice civil de Châteaubriant par suite de la mise en prison de sa mère, âgée de 28 ans, sans domicile fixe et sans profession. « Cette malheureuse, par jugement du Tribunal correctionnel de Châteaubriant du 26 septembre 1856, vient d’être condamnée pour vagabondage à six mois d’emprisonnement. L’enfant naturel ne peut rester à la charge de l’établissement pendant tout le temps que durera la détention de sa mère ».

En conséquence le maire demande qu’il soit admis au nombre des enfants abandonnés du département.

Une fois de plus on constate que les pauvres sont punis de prison et que les enfants sont alors abandonnés.

13 octobre 1856 - afin d’augmenter les ressources insuffisantes du bureau de bienfaisance de Châteaubriant, pour soulager les malheureux, la commission administrative de l’hospice demande l’autorisation d’établir une loterie. [Le Préfet donnera son accord le 29 octobre]

25 octobre 1856 - le maire de Châteaubriant écrit à un ouvrier horloger : « le meuble qui doit renfermer notre horloge est maintenant terminé. Vous pouvez donc venir la placer. Je me plais à croire que vous ne mettrez désormais aucun retard dans la fourniture de cette machine dont le besoin comme l’utilité se font sentir depuis longtemps ». (1)

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Octobre 1856 : Gustave Flaubert publie « Madame Bovary » sous forme de feuilleton. En février 1857, le gérant de la revue, l’imprimeur et Gustave Flaubert seront poursuivis pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ».

21 novembre 1856 - le fourneau « économique » servant à préparer les aliments distribués aux « gens » de l’hospice de Châteaubriant, a besoin de réparations (300 frs).

23 novembre 1856 - Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit sous la présidence de M. Béchu, maire.

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Hôtel du Boisdulier

A l’époque, la cure est encore dans l’ancien hôtel du Boisdulier, rue de Couëré. M. Augeard demande à acquérir une petite lisière de terrain, qui sépare sa maison, rue de Couëré, de l’Hôtel du Boisdulier appartenant à la commune. Celle-ci donne son accord et fixe le prix à 150 frs.

Le Conseil Municipal, reconnaissant « de l’abandon généreusement fait par M. Préaulx d’une somme de 56,72 frs, qui lui était due pour extraction de pierres au profit de la commune », invite le maire à lui transmettre des remerciements, bien sincères.

 

 Deux ormeaux pour une porte

23 novembre 1856 - M. le curé de Béré fait connaître que le portail de l’église de Béré est en mauvais état mais que la position pécuniaire de la caisse de la fabrique, et le produit d’une quête se montant à 800 frs, ne sont pas suffisants pour payer « le chiffre du devis ». Le Conseil Municipal, à la demande de M. le Curé, lui accorde les deux ormeaux qui se trouvent au chevet de l’église de Béré.

Asile : le Conseil Municipal rappelle que M. Ernoul-Provôté a légué la somme de 500 frs à la salle d’asile de la ville, et s’insurge : « la commission du bureau de bienfaisance essaie de détourner de sa vraie destination cette somme de 500 frs ».

Il rappelle alors que
- La salle d’asile est un établissement communal
- « malgré qu’il soit établi dans une partie des bâtiments hospitaliers » il n’est nullement à la charge de l’hospice
- La location des bâtiments occupés par la salle d’asile est payée de ses propres deniers, provenant des libéralités de la commune qui s’impose chaque année (souligné dans le texte) et de souscription volontaire des habitants.
- Cet établissement est entièrement distinct de l’hospice.

Par ces motifs, « le Conseil Municipal prie instamment M. le Maire de faire tous ses efforts pour que la somme de 500 frs ait la destination du testateur et qu’elle entre dans la caisse de la salle d’asile ».

 Un préau pour les enfants

23 novembre 1856 - M. Lucas Delaunay a demandé, le 8 septembre dernier, des réparations et des améliorations à la maison de l’école communale dont il est le directeur. M. le Maire « reconnaît la justice (sic !) de ses demandes et y a fait droit en partie » en faisant réparer les latrines, agrandir le dortoir et réparer les tables de la classe (232,92 frs).

M. Delaunay demande aussi la construction d’un endroit couvert pour abriter les élèves lorsqu’il tombe de la pluie. Le Conseil Municipal invite le maire à faire étudier l’emplacement le plus convenable.

En outre le Conseil Municipal reconnaît qu’un puits est indispensable à cet établissement mais il renvoie la décision à une autre session car, d’une part, ce n’est pas le moment de créer un puits et d’autre part il existe un projet de route qui doit aboutir, dit-on, près de la maison communale. Il est donc nécessaire que le Conseil en connaisse le tracé avant de prendre une délibération.

M. Delaunay demande enfin de reblanchir la salle de la classe et de la séparer par une cloison.

M. le maire suggère au Conseil Municipal de créer des ressources pour couvrir les nouvelles dépenses de l’école communale. Après en avoir délibéré le Conseil Municipal vote trois centimes additionnels au principal des quatre contributions.

 Halles : une taxe pour des pavés

23 novembre 1856 - M. le Président dit au Conseil Municipal que l’intérieur de la halle aux grains n’est ni carrelé ni pavé.

Le Conseil, « désirant prouver à ceux qui approvisionnent le marché aux grains de la ville, qu’il fait tout ce qui dépend de lui pour leur offrir une halle où ils se trouveront convenablement installés » prie le maire de faire étudier le meilleur système à employer.

Jusqu’à ce jour il n’a été perçu aucun droit sur les sacs de grains amenés à la vente sous les halles de cette ville. « La commune s’est imposé de grands sacrifices pour la construction de cet édifice et en a encore à faire pour terminer son amélioration et le mettre à la hauteur d’un chef-lieu d’arrondissement »

Mais malheureusement la situation de la caisse ne lui permet pas de pouvoir faire de nouveaux sacrifices sans créer de nouvelles ressources. Le Conseil Municipal se voit donc dans l’obligation d’établir une taxe sur toutes les espèces de grains amenés sous les halles, à savoir :
5 centimes pour 65 litres de froment, de seigle ou d’avoine
5 centimes pour 70 litres d’orge ou de blé noir

Les premiers produits de cette perception devront être employés aux travaux intérieurs mentionnés plus haut.

23 novembre 1856 - à partir du 1er janvier 1857, toute personne qui aura besoin d’un alignement dans la commune, pour construction ou réparation, paiera une taxe de 7 frs, soit :
- 5 frs pour celui qui sera chargé par M. le Maire de donner les alignements
- 2 frs pour la caisse communale

 Promenade des Terrasses

30 novembre 1856 - Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit sous la présidence de M. Béchu.

Celui-ci explique qu’il est nécessaire d’exécuter des travaux pour le raccordement de la Promenade des Terrasses avec le jardin acheté à M. Lesage. Travaux au moyen desquels la Promenade sera prolongée jusqu’à la rue du Dos d’Ane (coût estimé : 500 frs).

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Terrain Lesage

M. le Maire dit que la claire voie qui forme la clôture de la promenade du côté du midi, est d’un entretien extrêmement coûteux : il demande à être autorisé à la faire enlever et à abandonner gratuitement à l’hospice le bois qui en proviendra.

Il expose ensuite que deux arbres verts, plantés sur la partie de la Promenade qui touche aux murs du château, « ont acquis une élévation assez grande pour masquer le château, qu’ils y entretiennent l’humidité et empêchent le jour d’y pénétrer » . Il demande l’autorisation de les faire abattre. Accord du Conseil.

Lavoir : Le maire demandera au Préfet l’autorisation de conserver le lavoir de la Torche (qui se trouve dans le rempart de la Torche, en avant du moulin du même nom) et d’y faire les réparations nécessaires.

Il charge par ailleurs M. Moisdon, employé attaché à la mairie ; de monter l’horloge installée à l’Hôtel de ville et lui alloue un traitement de 75 frs pour l’année.

 Grenier d’abondance

30 novembre 1856 (suite) : A l’entrée de l’hiver et en présence de la cherté des subsistances, le maire de Châteaubriant estime « qu’il serait à désirer qu’il fut établi un grenier d’abondance pour fournir aux personnes nécessiteuses du blé noir à prix réduit ». Le Conseil Municipal s’associe à cette pensée de M. le maire et met à sa disposition la somme de 600 frs.

Garde-Champêtre :
la commune rétribuant un cantonnier, « celui-ci pourrait être employé à la répression publique et à la conservation des propriétés rurales, en qualité de Garde-Champêtre ».
Dans ce cas le Conseil Municipal décide d’élever son traitement, qui est de 400 frs, pour le porter à 600 frs au 1er janvier 1857, et de le doter d’une marque distinctive de ses fonctions : une bandoulière aux armes de la ville.

4 décembre 1856 - Par décret du 22 novembre, l’empereur a nommé MM. Vauquelin et Grimault comme lieutenant et sous-lieutenant de la compagnie de sapeurs pompiers de Châteaubriant

 Du rififi chez les pompiers

15 décembre 1856, le maire écrit au Sous-Préfet pour l’informer d’une fâcheuse affaire.

En effet, le 7 décembre dernier, la Compagnie de Sapeurs Pompiers fêtait la Sainte Barbe. Et voilà qu’au retour les deux Tambours, sans doute très gais, ont fait du tapage après 10 heures et ont été menacés d’un procès-verbal par le Maréchal des Logis (= gendarme)

Voulant éteindre cette affaire naissante, le maire va trouver M. le lieutenant de gendarmerie pour lui dire qu’il n’y a pas lieu de poursuivre les Tambours d’une compagnie revenant d’une fête autorisée.

« J’insistai principalement sur la convenance de ne pas mettre en hostilité deux corps destinés à se prêter un mutuel appui pour le bien du gouvernement et je le priai d’engager son Maréchal des Logis à ne pas rapporter procès-verbal ».

Mais le lieutenant de gendarmerie répond que tous ceux qui font du tapage doivent être poursuivis et qu’il ne peut empêcher son Maréchal des Logis de faire son devoir.
Donc le procès-verbal est établi, contre le capitaine des Pompiers (M. Legal) et contre les Tambours.

Le maire poursuit son enquête, pour savoir comment ça s’est passé et il raconte au Sous-Préfet qu’on a vu le Maréchal des Logis « suivre d’un bout du faubourg à l’autre la compagnie des pompiers, l’examiner, la tenir en suspicion, enfin, ne trouvant rien de plus à faire, menacer les Tambours, traiter le banquet d’orgie, la compagnie de cohue » . Bigre, cela sent l’acharnement gendarmique !

Le Capitaine Legal, maintient ses troupes, ne permet pas au mécontentement de se produire « contre l’escorte malveillante des gendarmes ». Et quand arrive la scène des Tambours, le Capitaine Legal s’empresse de dissoudre la compagnie, de renvoyer chacun chez soi.

Le maire commente : « Il faut louer le Capitaine Legal, restant dans son droit et la dignité du commandement, agissant avec une prudence difficile à la tête d’un corps qu’on exalte, impossible si l’influence prétendue de liqueurs alcooliques eut été dominante ». « Pour sa conduite provocante du commencement à la fin, le Maréchal des Logis pouvait amener une fâcheuse collision (sic !) et non seulement trouver mais créer des coupables ».

Le maire, point content du tout, continue : le procès-verbal établi par le Maréchal des Logis « est injurieux dans sa rédaction, de nature à blesser les susceptibilités et l’amour-propre d’un corps constitué quand il ne s’agissait que de constater le bruit de deux tambours après 10 heures ».

« Pareille répression n’est point dans l’esprit de l’article 479 du Code Pénal et sans doute M. le Juge de Paix est un magistrat trop éclairé pour donner gain de cause à une telle poursuite »...
... « Mais il me semble qu’il ne faut pas livrer à la publicité et à l’irritation de l’audience un procès-verbal de cette rédaction et de cette nature. Il en résulterait des embarras inadmissibles et une longue division entre la Gendarmerie et le Corps de Sapeurs Pompiers ».

Le maire demande donc ... le déplacement du Maréchal des Logis : « Pour ramener la bonne harmonie ébranlée, il serait à désirer que M. le Maréchal des Logis fut appelé à une autre destination, ou qu’il fut désapprouvé par ses chefs et engagé à faire un emploi plus judicieux de son pouvoir pour concourir de manière utile au bien-être du gouvernement qui doit être un but de tous les fonctionnaires de l’Empire »

Le cahier de délibérations n’indique pas ce qui s’est passé ensuite !

27 décembre 1856 : le maire de Châteaubriant écrit au Sous-Préfet : « le sieur Paul Chazé, ancien militaire, né à Châteaubriant, est susceptible, par sa moralité et son instruction, de remplir la tâche de garde-champêtre, à la satisfaction de l’administration ».

« Nous venons de perdre la brigade de Gendarmerie à pied, il est bon pour la sécurité publique de constituer de nouveaux agents et autres moyens de surveillance »

La vallée de l’homme nouveau

Août 1856, en exploitant une carrière, des ouvriers découvrent des ossements humains dans une petite grotte de la vallée de Neander, près de Dusseldorf. Par un heureux hasard, Neander signifie « vallée de l’homme nouveau ».

Ce fossile est d’abord pris pour « un soldat cosaque » fuyant les armées de Napoléon ! Puis on en fait le représentant d’une « race sauvage et barbare ». C’est l’Irlandais William King qui, en 1863, le nommera Homo neandertalensis et le rangera parmi les Homo sapiens archaïques. On a, par la suite, trouvé d’autres spécimens de ces ancêtres.

Neandertal

Les hommes néandertaliens auraient vécu dans une période allant de -30 000 à -300 000 ans avant notre ère. Petits (autour de 1,60 m), avec une forte musculature, ils ont été victimes de nombreuses fractures mais celles-ci montrent peu de signes d’infection, ce qui suggère que les individus étaient pris en charge au cours de leur période d’invalidité.

L’arthrite et l’arthrose les faisaient souffrir. Les carences alimentaires ont provoqué des stries et des cannelures sur leurs dents.

Après avoir longtemps été considérés comme des êtres archaïques et encore proche de l’animalité, les Néandertaliens commencent à apparaître comme des êtres dotés de capacités intellectuelles et de traditions culturelles.

Des découvertes récentes montrent que l’Homme de Néandertal avait développé certaines techniques évoluées (débitage de lames]) ou adopté des traits culturels modernes (sépul-tures, signes gravés).


(1) source de l’image : http://eig.unige.ch/itech/appl-horl...