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1858 ( de janvier à juin)

 

3 janvier 1858 : Mme Veuve Ballais a enfin consenti à accepter les offres qui lui étaient faites pour le terrain qu’elle cède à la voie publique, pour l’établissement du chemin n° 41 (de Soulvache au Grand Auverné), « partie comprise entre la nouvelle halle au blé et l’ancien tracé de ce chemin, un peu au dessus du village de La Borderie ». Le Conseil Municipal a voté 411,48 frs au budget supplémentaire 1858.

Le maire demande l’approbation du Préfet « et de le dispenser des formalités de la purge des hypothèques légales » de façon à pouvoir indemniser Mme Ballais d’ici le mois de mars.

13 janvier 1858 : un nommé Delaunay Victor, forçat libéré, journalier natif de la commune de Livré (Mayenne) et sans domicile fixe, est arrivé à Châteaubriant. Le maire en avise le Sous-Préfet.

14 janvier 1858 : un patriote italien Felice Orsini, membre du mouvement Jeune Italie qui reprochait à Napoléon III de trahir la cause de l’unité italienne, lance trois bombes contre le couple impérial qui se rend à l’Opéra par la rue Le Peletier. Bilan : huit morts, 142 blessés (mais l’Empereur et sa femme sont indemnes). Les coupables sont arrêtés. Napoléon III continue de soutenir les aspirations italiennes à l’unité.

17 janvier 1858 : sous la présidence de M. Béchu du Moulin-Roul, le Conseil Municipal de Châteaubriant s’adresse à l’empereur :

« Sire !

Avec toute la France nous venons vous exprimer l’horreur que nous inspire cet exécrable attentat du 14 janvier.

La Providence n’a point permis, Sire, que vous tombiez victime d’un complot qui ne pouvait être commis que par des étrangers chez lesquels tous les sentimens honnêtes ont disparu pour faire place à la haine la plus aveugle et la plus injuste. Ils poursuivent en votre personne le sauveur de la société européenne, le prince désigné par une main divine pour rétablir les grands principes sociaux partout ébranlés et contre lequel les conspirations de l’anarchie demeureront toujours impuissantes .

Vivez, Sire !, vivez pour la grandeur et le repos de la France, pour la sécurité du monde »

Cet instant d’émotion grandiloquente étant passé, le Conseil Municipal revient à ses routes et chemins, qui l’occupent beaucoup en cette période.

 Routes et chemins

M. Gripon, propriétaire à Châteaubriant, achètera, pour 10 frs l’are, un excédent de chemin situé entre un pré lui appartenant et la route n° 14 de Châteaubriant à Bain de Bretagne [Ndlr : il semble que c’est la première fois qu’on voit apparaître le nom Bain de Bretagne. Jusqu’à maintenant on disait : Bain].

Pour la rectification de la route de St Julien de Vouvantes à Châteaubriant, qui viendrait aboutir dans la rue de la Vannerie, le Conseil Municipal décide d’élargir la rue de la Vannerie pour la porter à 18 mètres « dans tout son parcours, tant de l’ouest à l’est, que du midi au nord », cet élargissement devant être pris « du côté où il sera le moins coûteux, c’est-à-dire du côté où il n’y a point de bâtiments ».

Enfin le Conseil Municipal prie le maire de faire ce qui dépendra de lui pour que la route de Juigné-des-Moutiers à Châteaubriant soit achevée promptement.

18 janvier 1858 : à Paris l’Empire se durcit, Napoléon III annonce le retour au régime d’exception de 1852 pour « réduire au silence les oppositions extrêmes et factieuses ». Le 1er février une loi « de sûreté générale » , qu’on appelle encore la « loi des suspects », permet d’interner en France ou en Algérie tout individu condamné pour complot, rébellion, attroupement, détention d’armes, offenses à l’Empereur.

22 janvier 1858 : dimanche 24 sera chanté à l’église paroissiale de Châteaubriant, un TE DEUM solennel d’action de grâce pour « remercier la divinité d’avoir protégé les jours si précieux de S.M. l’Empereur et de son auguste compagne ». La compagnie de sapeurs-pompiers est appelée à y participer. « Vous aurez à donner les ordres nécessaires pour qu’elle soit réunie sur la place de l’Hôtel de Ville à onze heures un quart précise » écrit le maire au commandant de la compagnie.

 Autorisation pour un mariage

23 janvier 1858 : le maire de Châteaubriant écrit à « Monsieur le Général » à Nantes : « J’ai l’honneur de vous transmettre une demande formulée par le Sr CAILS Jean Marie, soldat à la 2e compagnie d’ouvriers constructeurs des équipages militaires, résidant en cette ville lieu de sa naissance, en vertu d’un congé temporaire de six mois lui accordé par M. le Général de division commandant la 19e division militaire à Bourges le 4 juillet 1856 ».

Pourquoi cette demande : « obtenir, pour pouvoir contracter mariage, l’autorisation voulue par le décret du 16 juin 1808 ». Le maire joint un certificat de moralité de la jeune fille. « La demoiselle Ledevin Aurélie Héloïse, à laquelle il désire unir ses destinées, est une jeune personne de bonne conduite et qui appartient à une famille honnête de Châteaubriant ».

26 janvier 1858 : la commission administrative de l’hospice n’a pu trouver qu’un adjudicataire pour la viande nécessaire à la consommation de cet établissement pour 1858 « et se trouve sans nulle espérance, ou pour mieux dire, dans l’impossibilité de trouver à traiter les autres fournitures ».

Elle demande que l’économe soit autorisé à pourvoir aux autres besoins « par voie de régie et d’économie ».
28 janvier 1858 : La commission administrative du Bureau de bienfaisance demande une autorisation au Préfet pour que « la dame religieuse chargée de dépenser les secours de l’établissement » puisse dépenser 200 frs pour acheter des objets pour les pauvres : « objets de literie à distribuer aux personnes indigentes et malades et vin rouge nécessaire aux divers services de la pharmacie ».

28 janvier 1858 : 385,50 frs seront nécessaires pour solder diverses dépenses, notamment du pain distribué aux personnes indigentes de la commune et des réparations urgentes à l’ancienne maison de l’école charitable.

3 février 1858 : le maire transmet au Sous-Préfet le registre de 77 vaccinations opérées gratuitement en 1857 par le docteur Delourmel de la Picardière.

8 février 1858 : on apprend qu’un traité a été signé le 28 décembre 1857 entre la commission administrative de l’hospice civil de Châteaubriant et M. Bochet Louis-Pierre, fournisseur général des prisons, à Lyon, pour fournir la soupe nécessaire aux détenus de la prison de Châteaubriant, moyennant le prix de 20 centimes par ration. L’engagement aura une durée de 3 à 6 ans à partir du 1er janvier 1858.

11 février 1858 : jusqu’au 16 juillet, la jeune Bernadette Soubirous annoncera avoir eu 18 visions de la Sainte Vierge, à la grotte de Massabielle, à Lourdes (Hautes-Pyrénées).

13 février 1858 : le maire signale au Sous-Préfet que, le 16 mars 1857, une demande de secours a été présentée en faveur du sieur JOB Etienne Charles Joseph, ex-caporal au 35e régiment d’infanterie de ligne. « Il a fait la campagne de Crimée et a été blessé à la cuisse droite par une balle, à l’attaque des ouvrages blancs ». Mais la lettre est restée sans réponse.

23 février 1858 : arrivée à Châteaubriant de François Roussel, tailleur de pierres, qui avait été condamné à 8 ans de travaux forcés pour vol.

25 février 1858 : procès de Felice Orsini, qui fait figure de vedette. L’impératrice elle-même se serait engouée de « cet assassin aux gants de paille » (comme dit Hübner). Orsini, et un complice, seront exécutés le 13 mars 1858.

25 février 1858 : le maire demande que la nommé HOGREL Louise, native de Soudan et domiciliée à Châteaubriant, soit admise à faire ses couches à l’Hôtel Dieu à Nantes. « Cette malheureuse est dans un état affreux d’indigence ».

28 février 1858 : La commission de l’hospice, à Châteaubriant, souhaite construire un corps de bâtiment.

Il s’agirait de favoriser le service de l’hospice, d’améliorer le logement des malades et celui des dames hospitalières, et de pouvoir mettre à la disposition des malades aisés quelques appartements « où notamment de jeunes ouvriers étrangers pourraient, moyennant une faible rétribution, recevoir les soins les plus éclairés » :
Les bâtiments projetés prolongeraient le bâtiment principal et renfermeraient un réfectoire, une pharmacie, des salles de bains, un logement pour les sœurs et des chambres pour les malades aisés.

Le Conseil Municipal, appelé à donner son avis, considère que cette construction rendrait de grands services à la ville, sans en charger les finances. Il donne donc son approbation.

 Revenons à nos chemins

Mme Ballais accepte 411,48 frs pour prix du terrain qu’elle concède [revoir au 13 décembre 1857]. M. Herbert est indemnisé de 250 frs pour un terrain de 10 ha.

Le Conseil Municipal, qui veut profiter du concours gratuit que proposent les propriétaires et riverains voisins du chemin vicinal n°41 de Soulvache au Grand Auverné, vote 1000 frs pour continuer l’atelier de charité établi sur ce chemin (qu’on appelle aussi : chemin de Fercé).

Il explique : « la cessation des travaux entrepris par la commune sur le chemin de Fercé ouvre les plus fâcheux résultats en éloignant pour l’avenir le concours de riverains qui, avec le dévouement le plus louable, font des prestations gratuites en hommes et en harnais et dont un certain nombre, non contents d’abandonner leur terrain gratuitement, ont encore souscrit pour des sommes considérables ».

Chaque année 1550 frs sont employés à la construction de chemins de grande communication. « Cette somme est maintenant absorbée par leur entretien qui, cette année, s’élève à 1574,20 frs ». Les chemins de grande communication étant en bon état, il serait désirable qu’une partie de cette somme soit employée au profit de la commune : le Conseil Municipal demande au maire de solliciter du Préfet l’autorisation nécessaire.

Un riverain se porte acquéreur de la partie du chemin rural de Bel Etre qui longe son terrain et que la construction du chemin n°41 de Fercé au Grand Auverné rend inutile. Le Conseil Municipal ajourne sa détermination.

[Note : Belaitre, Bel Etre ... 
les appellations changent. 
Châteaubriant a toujours une rue de Belêtre 
parallèle à la route de Fercé. 
Cette dernière s’appelle maintenant Rue Guy Môquet]

 Un abattoir ?

La prairie de Bel Etre, par son voisinage de la ville et de la rivière de Chère, paraît à tous les habitants le lieu le plus convenable pour y créer une place destinée à recevoir et à garer, principalement les jours de marché, « la grande affluence de charrettes qui encombrent la ville et causent souvent des accidents ».

Cette place ne serait-elle pas le meilleur emplacement pour établir l’abattoir réclamé par les habitants ? « En améliorant la qualité de la viande on augmenterait les ressources de la commune ». Le Conseil Municipal nomme une commission pour réfléchir à la rectification du chemin de Bel Etre.

Enfin, à la suite de la demande des habitants qui réclament des réverbères, le maire propose d’en acheter six d’occasion à Nantes, cette ville ayant procédé à un éclairage au gaz.

6 mars 1858 : Mme Chapuis Jacquette, veuve de Jean Marie Lelardeux de Châteaubriant, a versé une somme d’argent à la Caisse des Invalides

15 mars 1858 : le maire écrit au général commandant le département de Loire-Inférieure au sujet du « soldat LUCE [qui] a eu un congé de 6 mois le 29 mars 1857 ». Il demande son renouvellement pour « ce fils unique de veuve » en raison de la position de sa « malheureuse famille ».

16 mars 1858 : le 3 mars dernier le Préfet a accordé 1500 frs pour le chemin n°41. Le maire remercie et demande que cette somme soit versée dans la caisse du receveur municipal « pour être payée de quinzaine en quinzaine aux ouvriers qui travaillent pour leur pain de chaque jour et ne peuvent attendre des paiements éloignés ». Une prompte solution est nécessaire : « samedi prochain il y aura deux quinzaines arriérées ».

16 mars 1858 : un certificat est demandé au colonel commandant le 77e régiment d’infanterie de ligne, constatant la présence au corps du nommé GESLIN Hipolite, fusilier à la 1re compagnie du 1er bataillon en garnison à La Rochelle. En effet, « ce militaire a un frère qui fait partie du recrutement de la classe de 1857, et auquel il se trouve dans le cas de procurer l’exemption en sa qualité de substituant ».

19 mars 1858 : l’hospice civil de Châteaubriant envoie au Sous-Préfet les plans et devis pour la construction prolongeant le bâtiment principal de l’hospice. Coût estimé à 12 945 frs.

22 mars 1858 : la rétribution scolaire due par les élèves de l’école primaire communale s’élève à 428 frs pour le 1er trimestre 1858.

27 mars 1858 : et revoilà le contentieux avec M. Dupin. Le maire demande l’autorisation d’ester en justice.

11 avril 1858 : Mme la supérieure du Collège Sainte Marie désire augmenter les bâtiments du collège en faisant construire une aile sur le chemin qui conduit du Faubourg de la Torche à la ferme de Bel Etre. Elle demande un alignement. Le maire a fait étudier un projet de chemin. Coût prévu : 1514,60 frs.

Mme Margat expose « la gêne de tous les instants et le préjudice que lui cause la pompe adossée à sa maison de la Rue Neuve des Halles ». Elle demande l’enlèvement de cette pompe et propose de se charger des frais occasionnés par son déplacement. Le Conseil Municipal est d’avis de choisir un emplacement plus convenable, à condition que Mme Margat prenne en charge une partie des frais d’installation (il lui sera demandé 40 francs le 26 octobre 1859).

Enfin il est donné lecture d’une lettre du Sous-Préfet au maire de Châteaubriant lui donnant la marche à suivre dans l’affaire des terrains communaux envahis par la famille Dupin sur le bord de la route n°178 (de Caen aux Sables d’Olonne).

Mais le maire dit que cette procédure est impraticable, « attendu que la famille Dupin, ayant enclos et cultivé ces terrains depuis plusieurs années, jouit de possession annale et que la commune est forcément demanderesse ». Le Conseil Municipal engage le maire à consulter un homme de loi.

14 avril 1858 : l’enquête publique effectuée sur le « chemin n° 3 » est négative. Ce chemin relie la route impériale n° 178 dans le Faubourg de la Torche et la route impériale n° 163 dans le Faubourg de Béré. « Il ne peut manquer de procurer [à ce faubourg] un avenir plus favorable puisque des constructions sont déjà projetées » dit le maire qui ajoute : « Il serait à désirer que [ce chemin] soit établi promptement mais il y a lieu de craindre que les ressources communales ne puissent le permettre surtout en présence des exigences de Mme veuve Dufresne de Virel qui, sans aucun doute, n’abandonnera son terrain que moyennant paiement préalable ».

Le maire commente encore : « Il est à regretter que la loi du 11 juin 1842 soit venue diminuer nos revenus en réduisant les droits d’octroi sur les boissons ». En oui, seize ans après, il regrette encore l’amputation des ressources occasionnée par cette loi.

14 avril 1858 : le maire transmet à l’hospice un imprimé destiné à établir l’inventaire des archives de cet établissement. Inventaire qui devra être « dressé avec soin et dans la plus grande régularité » - « en triple, deux exemplaires envoyés au Préfet et le 3e conservé dans l’établissement ». [voir au 23 août 1859]

 Pas d’eaux

14 mai 1858 : l’établissement des eaux minérales de Pougues (dans la Nièvre) a adressé une lettre et deux affiches au maire. Celui-ci répond, poliment : « Je vous remercie de l’offre généreuse de vos eaux en faveur des malheureux de la commune. L’occasion se présentant, je m’empresserai d’en profiter ».

14 mai 1858 : M. Jean Maussion de Châteaubriant est autorisé par le Sous-Préfet à tenir une cantine à la fabrique d’engrais de « Sainte Amélie du Moulin Roux » à Châteaubriant.

24 mai 1848 : la liste des électeurs pour 1858 comporte 1100 inscrits.

 Mandat de masse

1er juin 1858 : le maire avise M. Narbonne, domestique à Riaillé, que son « mandat de masse » se trouve à la mairie de Châteaubriant depuis qu’il a quitté le 82e régiment d’infanterie de ligne.
[Qu’est-ce que ce « mandat de masse » ? S’agit-il du pécule versé au soldat qui quitte l’armée ? Pour mémoire, le pécule, versé aux militaires à la fin de leur engagement, a été institué par les Romains. Quant au mot « soldat » il dérive de ... solde.]

1er juin 1858 : M. Nouel, prêtre desservant la Paroisse de St Jean de Béré fait demander « aux hommes de bonne volonté de la compagnie de Sapeurs Pompiers d’assister en armes dimanche prochain à la procession de la Fête Dieu » à 5 h du soir.

6 juin 1858 : Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit sous la présidence du maire M. Béchu du Moulin Roul. Il enregistre la demande du Conseil de Fabrique de l’église de Béré qui demande d’élever de 250 à 400 frs l’indemnité de logement accordée au desservant de la paroisse de Béré.

Le Conseil Municipal donne son accord car il considère que la situation financière de la Fabrique tend à s’améliorer et que « l’indemnité ne devrait pas être de longue durée puisqu’elle a pour but d’aider au payement de la rente viagère due à M. l’Abbé Robert, précédent propriétaire de la Cure ».

6 juin 1858 : le maire envoie au Sous-Préfet les pièces concernant le projet de suppression et d’aliénation d’une partie de la ruelle, située rue de Couëré, qui sépare la cour du Sieur Augeard des dépendances du presbytère. [ce presbytère est encore situé à l’Hôtel du Boisdulier]

8 juin 1858 : sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul, le Conseil Municipal examine les comptes de l’année 1857.On note que les droits d’octroi ont rapporté 5000 frs, que l’imposition pour les chemins vicinaux a rapporté 1332 frs et que le produit des places occupées par les bestiaux s’est élevé à 2000 frs. Toutes les autres recettes sont inférieures à 1000 frs.

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Le Conseil Municipal autorise le maire à vendre aux enchères les souches et racines provenant de la construction du chemin n° 41 et trois ormeaux morts sur les promenades et boulevards.

 Adieu, M. le Sous-Préfet

8 juin 1858 : le Conseil Municipal complimente M. ERIAU qui est nommé Préfet de Montluçon et lui exprime « les vifs regrets qu’excite son départ ». M. Eriau « avec une sensibilité qui l’honore » témoigne combien il est « peiné de quitter l’arrondissement de Châteaubriant qu’il aime cordialement » .

« M. Eriau administrateur distingué, habile, énergique, s’était concilié l’affection, la reconnaissance, les sympathies générales par l’aménité et l’obligeance de son caractère, son esprit de conciliation et son dévouement actif, intelligent, pour les intérêts de l’arrondissement » dit le maire.

« La ville de Châteaubriant lui doit en particulier l’importante acquisition du château. En le restaurant avec goût et intelligence, en l’affectant à des services publics (Sous-préfecture, Palais de Justice, Gendarmerie, Prison, entrepôt, maison d’enseignement, etc), M. Eriau a sauvé de la ruine et conservé pour l’avenir un monument du passé, célèbre par ses âges de construction, par les faits historiques et par la splendeur de ses anciens propriétaires ». Le Conseil Municipal souhaite à M. Eriau toutes les satisfactions « dues à ses éminentes qualités ».

15 juin 1858 : M. Picot de Plédran, premier adjoint, obtient 1809 suffrages sur 2405 votants et est dont été élu Conseiller Général (on dit encore Conseiller d’arrondissement).

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 Ecole primmaire

16 juin 1858 : le rôle trimestriel de la rétribution scolaire due par les parents des élèves présents au 2e trimestre 1858 dans l’école primaire communale de Châteaubriant s’élève à 384 frs. L’instituteur communal est toujours M. Lucas-Delaunay.

17 juin 1858 : Mme Lerable Eugénie, institutrice communale à Ruffigné, profitant des dispositions de l’article 1er du décret de M. le Président de la République en date du 7 octobre 1850, a fait une déclaration au secrétariat de la mairie de Châteaubriant, « par laquelle elle manifeste l’intention d’établir à Châteaubriant une école de jeunes demoiselles ».

Dans la marge est portée
la mention « Instruction primmaire »
avec deux m)

26 juin 1858 : « je m’empresse de vous faire connaître que le nommé Lebreton François, atteint d’aliénation mentale, arrêté sous prévention de vagabondage et déposé à l’asile de Tours, est entièrement inconnu dans la commune de Châteaubriant où il a pu passer mais où il n’a jamais habité » écrit le maire au Sous-Préfet.

« Il n’y existe qu’un seul individu de ce nom, lequel y demeure depuis 1828, époque à laquelle il s’y est marié. Il a un fils qui actuellement fait son Tour de France comme tailleur d’habits et qui porte le prénom de Félix » (...) « la déclaration de Lebreton est complètement erronée »

En effet, de par la loi, les aliénés dépendent de la justice et des municipalités. Le maire de Châteaubriant ne se soucie sans doute pas de récupérer une personne qui n’habite pas la ville !

A noter que depuis la loi Esquirol de juin 1838, les aliénés bénéficient d’un régime à part : en aucun cas ils ne doivent être déposés dans les prison ou conduits avec des condamnés ou des prévenus.

29 juin 1858 : Mlle Rimbaud, épicière, est autorisée à tenir un dépôt d’eau de vie en remplacement de Mme Trimoreau. Le maire lui conseille : « Veuillez faire en sorte d’éviter toute contravention aux lois et règlements sur la police des débits de boissons parce que, autrement, votre autorisation pourrait vous être retirée ».

Même recommandation à M. René Guillon (en remplacement de M. Joseph Lemaître ) : « il est bon de vous faire savoir que votre autorisation est essentiellement révocable ».

De la mode

Par Théophile Gautier (1858)

« Pourquoi l’art du vêtement est-il abandonné tout entier au caprice des tailleurs et des couturières, dans une civilisation où l’habit est d’une grande importance, puisque, par suite des idées morales et du climat, le nu n’y paraît jamais ?

Le vêtement, à l’époque moderne, est devenu pour l’homme une sorte de peau dont il ne se sépare sous aucun prétexte et qui lui adhère comme le pelage à un animal, à ce point que la forme réelle du corps est de nos jours tout à fait tombée en oubli.

Toute personne un peu liée avec des peintres, et que le hasard a fait entrer dans l’atelier à l’heure de la pose, a éprouvé, sans trop s’en rendre compte, une surprise mêlée d’un léger dégoût, à l’aspect de la bête inconnue, du batracien mâle ou femelle posé sur la table. Une espèce inédite, rapportée récemment de l’Australie centrale, n’est pas plus imprévue et plus neuve, au point de vue zoologique, et, vraiment, une cage du Jardin des Plantes devrait être réservée à deux individus de l’un et de l’autre sexe, appartenant au genre homo, et dépouillés de leur peau factice. Ils y seraient regardés avec autant de curiosité que la girafe, l’hémione, le tapir, l’ornithorhynque, le gorille ou la sarigue. »

L’auteur regrette « le nu, qui est le principe même de l’art », mais apprécie « la crinoline, les jupes cerclées, les robes à ressorts qu’on fait raccommoder comme des montres par l’horloger lorsqu’elles se détraquent ».

Un texte savoureux !
http://ourworld.compuserve.com/home...

Sociétés de secours mutuel

En 1854 le frère Lothier, directeur de l’école des frères des Ecoles Chrétiennes, crée à Châteaubriant une société de secours mutuels « entre les ouvriers de tous états et toutes professions ». Elle prend pour devise : « Aimons-nous les uns les autres ».

Elle a pour but
- 1° de donner les soins du médecin et les médicaments aux membres participants malades,
- 2° de leur payer une indemnité pendant la durée de leurs maladies, suivant les conditions prescrites par les statuts
- 3° de pouvoir à leurs funérailles

Pour faire partie de cette société il faut « être de la classe ouvrière » et « être de bonnes vies et mœurs ». « Aucun secours n’est dû pour les maladies causées par la débauche ou l’intempérance, ni pour les blessures reçues dans une rixe lorsqu’il est prouvé que le Membre participant a été l’agresseur ». Tout sociétaire est libre de choisir son médecin, « néanmoins la Société ne paiera pas les frais du médecin ou du pharmacien, si le Médecin n’est pas attaché à la Société »

L’emblème de cette société est composée de deux ruches, au pied d’un clocher. Sur les branches d’un arbre chantent des petits oiseaux !

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La société est administrée par un comité de surveillance qui se réunit le premier dimanche du mois. Les fonctions de Conseiller sont gratuites mais une amende de 25 centimes frappe les absents aux réunions.

La société comporte des « visiteurs » chargés de visiter les sociétaires malades. Cette fonction est obligatoire pour un an au moins.

La société est divisée en dizaines et chaque dizaine est placée sous la direction d’un Chef de dizaine. Les fonctions de chef de dizaine sont obligatoires pour un an au moins.

[ndlr : comme ça il n’y a pas de sociétaires qui profitent du bénévolat des autres !]

En cas de décès d’un membre, la participation des sociétaires aux obsèques est fixée ! Cela peut être la société tout entière ou plusieurs dizaines. Par exemple, si une personne bienfaisante a fait un don à la Société : « Si le don est inférieur à 200 frs, le Conseil fixera le nombre de dizaines à convoquer, suivant l’importance de la libéralité ».

En 1895 il sera constitué une société de secours mutuels des employés de Châteaubriant (employés des Administrations, du Commerce, de l’Industrie, des Maisons de Banques, des Sociétés Anonymes et les Clercs des Officiers Ministériels ). Dame ! On ne mélange pas les ouvriers et les employés.

Charité Maternelle : même des sangsues

La société de la Charité Maternelle, fondée en 1839 par M. Brossays (maire) est toujours en activité dans les années 1850-1860. Elle fournit aux mères indigentes de la layette, deux paires de draps et diverses aides : « pain, bouillon, vin, chocolat, ... sangsues ... linge, médicaments ».

La layette est composée de : « deux petits bonnets, quatre brassières, deux langes, quatre couches et l’usage de deux paires de draps ». Coût de la layette : 20 francs environ.

Il est bien précisé que, « si l’enfant succombe avant 6 mois révolus, la mère doit rendre le petit paquet ».

Quant aux draps, ils sont seulement ... prêtés.

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Mais attention, il faut que la mère soit de bonnes mœurs.
« En aucun cas la naissance d’un enfant naturel ne peut
motiver un secours de la Société ».


Sources :

- Archives municipales séries 1 D 19
- 2 D 11 (courriers)
- Histoire de la France et des Français
par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)