1er juillet 1858 : loi qui favorise le défrichement. Napoléon III entend ainsi développer les productions agricoles. En 1860, pour développer le commerce extérieur par l’échange des produits, il souhaite améliorer l’agriculture.
Il écrira à son ministre d’Etat Fould (15 janvier 1860) : « En ce qui concerne l’agriculture, il faut la faire participer aux bienfaits des institutions de crédits ; défricher les forêts situées dans les plaines et reboiser les montagnes, affecter tous les ans une somme considérable aux grands travaux de dessèchement, d’irrigation et de défrichement ».
Accident
3 juillet 1858 : Il y a un an, le 24 juin 1857, Gillard Pierre-Marie, pauvre chiffonnier, eut la jambe fracturée sur la route de Châteaubriant à Redon. Le 3 juillet 1857, le maire de St Vincent des Landes le fit transporter à Châteaubriant et le Sous-Préfet ordonna son admission à l’hospice en garantissant le paiement des frais « par qui de droit ».
L’homme est resté à l’hospice jusqu’au 7 octobre 1857. Il y a passé 94 journées qui, à raison de 75 centimes l’une, donnent un total de 70,50 frs. L’administration de l’hospice réclame le paiement par « qui de droit ».
Mais on ne sait pas qui est ce « qui de droit » ! Le pauvre chiffonnier, lui, ne peut bénéficier de l’aide la société de secours mutuels de Châteaubriant qui est réservée aux habitants de cette ville.
16 juillet 1858 : le nommé Poignon Joseph, sabotier à Châteaubriant, est atteint d’aliénation mentale. M. Delourmel, docteur en médecine, estime que « l’état d’agitation de Poignon présenterait des craintes, même serait dangereux » et qu’il y a urgence à admettre cet homme dans un asile d’aliénés.
« La famille de ce malheureux est dans une position qui ne peut lui permettre de faire aucun sacrifice ». Mais M. Noury, avocat et propriétaire à Châteaubriant, s’engage à verser une somme de 50 frs à valoir sur la pension qui sera due, « ce qui diminuera d’autant la dépense à supporter par la commune ».
17 juillet 1858 : M. Louis Chupin, jardinier à Châteaubriant, est autorisé à tenir un cabaret en .remplacement du sieur Ledevin. M. Lemaitre, propriétaire, est autorisé à tenir un cabaret en remplacement de M. Mongodin. Le maire leur rappelle qu’ils ont à se conformer à la police des débits de boisson, sinon ...
18 juillet 1858 : M. Lebreton François (voir au 26 juin 1858) est finalement décédé à Tours. L’enquête du commissaire de police de Châteaubriant montre qu’il a quitté cette ville depuis 7 ans au moins. « Il est facile de démontrer qu’il a habité, depuis, d’autres communes ».
Marie Zoé est folle
23 juillet 1858 : depuis deux ans, une nommée Marie-Zoé Boulais (ou Boulay), cultivatrice, demeurant aux Cohardières à Châteaubriant, est atteinte d’aliénation mentale.
Sa folie, pendant longtemps, était assez calme mais, depuis plusieurs mois, elle devient furieuse et il y a lieu de croire qu’il y aurait danger pour les personnes qui vivent avec elle si elle continuait d’être libre.
« D’ailleurs il lui arrive assez souvent de courir les champs dans un état complet de nudité » . La mère de l’aliénée a pris l’engagement de payer chaque année jusqu’à guérison une somme de 60 frs. (voir au 5 août)
24 juillet 1858 : M. Lauzach Claude, perruquier à Morlaix, atteint d’aliénation mentale, a été interné à l’hospice civil de Châteaubriant. Le maire réclame 14 frs de frais.
Même chose pour Leduc Julien, de la commune de Rougé, au sujet duquel il réclame 11,90 frs.
29 juillet 1858 : l’inspecteur des écoles primaires de l’arrondissement de Châteaubriant informe l’instituteur M. Lucas Delaunay, que les vacances auront lieu dans toutes les écoles du département, du 1er septembre au 1er octobre 1858.
Proud’hon
Juillet 1858 : Pierre-Joseph Proudhon, contraint à l’exil, se réfugie en Belgique. Cet homme est un partisan de l’anarchisme : il refuse tout gouvernement, tout Etat et même le suffrage universel. Ni capitalisme, ni marxisme, il plaide pour le mutuellisme où tout le monde possède. Ainsi les travailleurs possèderaient eux-mêmes les terres ou les machines nécessaires au travail. C’est l’idée de la coopérative ouvrière où les associés possèdent le capital de façon indivise et en assurent collectivement la gestion (on parlerait de nos jours d’autogestion).
5 août 1858 : on revient sur l’histoire de Marie-Zoé (voir au 23 juillet) : « Après de longs pourparlers Mme veuve Boulay a fini par augmenter de 12 frs par an la somme qu’elle avait offerte » « tout en me faisant observer que ce sacrifice était bien lourd pour elle » dit le maire qui demande une prompte admission de Marie-Zoé mais fait observer que la commune « devrait profiter au moins proportionnellement » de la somme versée.
Le coût de l’internement de Marie Zoé sera de 401,50 frs annuels
72,00 frs payés par la famille
263,60 frs payés par le Département
65,90 frs payés par la Commune
VoirEsquirol
Télégraphe
5 août 1858 : Première liaison télégraphique entre l’Amérique et l’Europe, réalisée avec un câble posé par Cyrus W. Field qui relie Terre-Neuve à l’Irlande. Un Anglais émet l’hypothèse de la fin des guerres car le télégraphe permet l’échange de pensées entre tous les Terriens.
Le premier message sera envoyé dix jours plus tard. Mais l’isolation du câble ne résistera qu’un mois. Un second câble transatlantique sera tiré en juillet 1866 et restera en exploitation pendant une centaine d’années.
12 août 1858 : Des « médailles de Ste Hélène » sont remises à d’anciens militaires de Châteaubriant. Cette médaille a été créée le 12 août 1857 par Napoléon III, pour respecter le désir de Napoléon 1er qui voulait honorer les militaires ayant combattu sous les drapeaux pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire.
La médaille, de bronze, est surmonté de la couronne impériale et suspendue à un ruban vert à fines rayures rouges. Elle fut attribuée à 405 000 soldats encore vivants en 1857. Elle s’accompagna d’une pension en 1869 pour les quelque 44 000 derniers survivants.
14 août 1858 : le maire rappelle au Commandant des Sapeurs Pompiers que, le dimanche suivant, arrive l’anniversaire du 15 août, fête de S.M. l’Empereur.
« Un Te Deum solennel sera chanté à l’église paroissiale de St Nicolas auquel assisteront les autorités civiles et militaires ».
Le maire demande que la Compagnie de Sapeurs Pompiers « soit réunie sur la place de l’hôtel de ville à 11 h un quart du matin à l’effet d’y assister ».
23 août 1858 : un dénommé Walter Joseph est décédé, le maire en a été avisé par le Sous-Préfet mais « des renseignements recueillis d’après mes ordres, par le commissaire de police près de tous les chefs d’ateliers et ouvriers, il résulte que le nom de Walter y est totalement inconnu. Dès lors, Monsieur le Sous-Préfet, cet extrait de l’acte de décès ne peut être inscrit sur les registres courants de la commune de Châteaubriant ».
23 août 1858 : ça y est, le Préfet a ordonné le placement de Marie Zoé à l’asile. Le Maire écrit à sa mère pour l’inviter à la faire transporter et à l’y accompagner.
25 août 1857 : pour le nommé Poignon Joseph (voir au 18 juillet), le Préfet a ordonné sa sortie de l’asile St Jacques [Nantes] où il avait été admis d’office le 23 juillet. Le maire n’est pas content : « J’ignore si, dans un mois, il a pu être guéri, mais je sais que depuis près de 2 ans, il donnait des signes d’aliénation mentale et que, plusieurs fois, ses voisins ont eu à soustraire sa femme à ses mauvais traitements et à sa fureur ».
« Cet homme est dangereux. La présence dans sa famille menacerait la sécurité publique. D’un autre côté sa famille est dans l’impossibilité absolue de payer sa pension à l’asile St Jacques. Il y sera donc pourvu suivant le mode ordinaire en pareil cas » [c’est à dire par le budget du Département voire de la commune]. Cela finira mal, voir au 19 février 1859.
26 août 1858 : le sieur Buron Jean-Louis a fourni pour 83,30 frs de pain, aux troupes de passage à Châteaubriant, au cours du 2e trimestre de 1858.
26 août 1858 : le maire envoie un mandat de masse de 24,62 frs au soldat Pinel Charles, qui lui a été délivré par le Conseil d’Administration du 1er escadron du train des équipages militaires.
27 août 1858 : les souches, racines et ormeaux dont il a été question le 8 juin dernier, ont été vendus à Hervé François et Chazé Paul.
En août 1858 , fermeture du bagne de Brest : départ des derniers forçats pour le bagne de Cayenne. (1)
En Août : Début de la campagne sénatoriale d’Abraham Lincoln, candidat républicain, qui déclare que l’esclavage est un mal en soi. Le candidat démocrate, partisan de l’application du Kansas-Nebraska Act gagne le siège de sénateur de l’Illinois et Lincoln la célébrité.
29 août 1858 : en l’absence du maire, c’est M. Picot de Plédran qui préside le Conseil Municipal de Châteaubriant. Il explique que le presbytère (qui se trouve dans l’ancien hôtel du Boisdulier) ne comprend pas tout le logement désirable et qu’il sera insuffisant lorsque le personnel de la cure sera pourvu d’un second vicaire. Il propose l’achat d’une maison, avec cour et jardin, sise place St Nicolas et rue Neuve, dépendant de la succession de Mme la Comtesse de Schonendal d’Arimon.
Le prix serait de 20 000 frs, à payer en partie par la vente de l’hôtel du Boisdulier pour lequel il y a déjà une offre sérieuse à 13 500 frs. Il ajoute que la Fabrique s’engagerait à payer les intérêts de la moitié de la différence entre 13 500 frs et 20 000 frs. Plusieurs Conseillers demandent que la Fabrique paie la totalité des 6500 frs.
Chemins : Par ailleurs le Conseil Municipal examine deux tracés de chemins :
L’un pour le chemin n° 34 de Fougeray à Juigné (à rectifier)
L’autre pour le chemin n° 35 de Châteaubriant à Héric (à élargir).
Le Conseil Municipal considère qu’il est plus utile d’achever les autres chemins commencés avant de songer à rectifier ou élargir des chemins terminés et bien praticables.
Lavoir : M. Picot de Plédran présente le plan d’un lavoir à établir sur la rive gauche de la Chère, près le faubourg de la Torche. Ce lavoir aurait 10 mètres de long et coûterait 426,93 frs. Le Conseil Municipal augmente la longueur de moitié et vote une somme de 640 frs.
Comice agricole : le concours du comice agricole central de la Loire-Inférieure aura lieu à Châteaubriant le 13 septembre, veille de la Foire de Béré et il demande une somme de 700 frs pour :
Une estrade pour le jury du Comice
Des primes spéciales qui seront décernées au nom de la ville de Châteaubriant
Une fête publique
Il s’agit « d’exciter l’émulation, parmi les cultivateurs, ce qui serait favorable au projet de création d’un comice cantonal à Châteaubriant et d’attirer une plus grande affluence du monde ». Le Conseil Municipal vote 1000 frs et prévoit en outre 500 frs pour le cas où ce comice cantonal aurait lieu. « se réservant d’augmenter cette somme s’il est nécessaire et possible ».
Pompe : le Président présente un certificat de M. Liberge, architecte à Nantes, qui constate la réception définitive des travaux de construction de la pompe de la place St Nicolas.
L’installation en a été faite par M. Dorange marchand plombier et poëlier à Châteaubriant, pour 143 frs.
Repères de 1858
15 décembre : Ferdinand de Lesseps crée la Compagnie du canal universelle maritime de Suez : la France détient la moitié du capital, le khédive d’Égypte 44 %. |











