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Accueil > Histoire > Histoire au jour le jour > 1859 de septembre à décembre

1859 de septembre à décembre

 Découverte du pétrole

27 août 1859 : Découverte de pétrole à Titusville en Pennsylvanie aux États-Unis par un cheminot, Edwin Drake. Ceci marque traditionnellement le début de l’âge du pétrole. Le pétrole sera d’abord utilisé comme combustible pour les locomotives et les navires.

1er septembre 1859 : L’astronome britannique Richard Carrington est le premier à observer une éruption solaire en « lumière blanche »

2 septembre 1859 : le Préfet maintient sa décision : Mme Hervé ne sera pas admise à l’asile St Jacques. Elle devra donc quitter l’hospice de Châteaubriant [revoir aux 25-27 août 1859].

10 septembre 1859 : En perspective de la Foire de Béré le maire de Châteaubriant rappelle au commissaire de police que les loteries de toute espèce sont prohibées et qu’il en est de même des « jeux de hasard comme des jeux qui font métier de deviner, de pronostiquer ou d’expliquer les songes ».

« Vous aurez aussi à empêcher le séjour de tout individu implorant la charité du citoyen, soit dans le champ de foire, soit sur les routes qui y conduisent. Pour la plupart ils ont des plaies factices et dégoûtantes qu’ils découvrent aux yeux des passants ».

13 septembre 1859 : la rétribution scolaire pour le 3e trimestre de 1859 s’élève à 240 frs

17 septembre 1859 : l’Angleterre propose à la France de reprendre l’action commune en Chine, interrompue au début de la guerre d’Italie. En effet, en avril juin 1858, Anglais et Français font pression sur la Chine pour qu’elle s’ouvre au christianisme et au commerce et à l’industrie des nations occidentales. Mais les accords, qui auraient dû être signés à Pékin, ne l’ont pas été. L’Angleterre et la France décident d’infliger au gouvernement chinois un « châtiment ».

19 septembre 1859 : la veuve Peuriot demande un secours (depuis des années !) et encore le 10 décembre 1848. Depuis, elle n’en a plus entendu parler.

 La perception de l’octroi

22 septembre 1859 : le maire explique au Sous-Préfet comment se fait la perception des droits d’entrée sur les marchés :

« Les hommes employés à la perception ont été choisis parmi les ouvriers mariés connus pour leur conduite et leur moralité irréprochables ». Ils sont deux à chaque poste, l’un marque à l’ocre ou à la craie les objets soumis aux droits pendant que l’autre prend le droit, « souvent ils changent de fonctions. Le voulussent-ils il leur devient très difficile de tromper l’administration ».

« Bien que les frais de cette sorte de régie soient assez élevés, la ville y trouve des avantages très réels et les offres qu’elle a reçues de divers concurrents désireux de devenir fermiers de ces droits dépassent à peine la moitié de leur produit net ».

« Dans la belle saison, avant et après les marchés, ces gens font pour la commune les travaux de remblai, de transport ou de répurgation qui viennent amoindrir les frais de perception »

« Une partie des employés stationne sur les marchés pour y maintenir le bon ordre pendant que l’autre, se rendant aux différents lieux de dépôt, y perçoit les droits de stationnement. Deux de ces gens tiennent le poids public »

« Dans le but de fournir à de bons pères de famille une occupation bien rétribuée et d’augmenter les ressources de la commune, l’administration municipale a cru devoir adopter ce mode de perception des droits sur les places et marchés de notre ville. Elle en a sollicité et obtenu l’autorisation ».

« La perception terminée, les fonds sont déposés au secrétariat de la mairie où il est passé écriture et versés immédiatement à la caisse du receveur municipal où un bordereau certifié par moi et ce comptable en donne récépissé ».

26 septembre 1859 : le sieur Jamonneau Victor Pierre, en religion frère Claudien, est directeur de la maison d’instruction primaire que l’institut des Frères de la Doctrine Chrétienne possède à Châteaubriant, en remplacement du frère Lothier.

28 septembre 1859 : le maire demande l’autorisation de réunir un Conseil Municipal extraordinaire.

9 octobre 1859 : Conseil Municipal extraordinaire à Châteaubriant avec trois points :

- Lecture du procès-verbal d’une délibération du bureau de bienfaisance, désirant vendre une maison, sise place de la Motte, d’une valeur de 11 500 frs.

- Lecture d’une lettre de M. Favreau, directeur de la Compagnie d’assurances La Bretagne, qui sollicite du Préfet l’autorisation d’appeler la commune devant les tribunaux comme redevable d’une somme de 15,82 frs restant due sur les cotisations de 1854. Le Conseil Municipal décide de payer !

- La commission de salubrité publique, nommée le 5 juin dernier, ne renferme aucun membre du bureau de bienfaisance. Or un membre a démissionné depuis. « Le conseil peut, sans craindre de blesser personne, se conformer au vœu de la loi en complétant la commission par M. Legal, capitaine des sapeurs-pompiers ».

13 octobre 1859 : la maison à vendre, place de la Motte, est celle de « l’école charitable ». Elle est mise à prix 12 000 frs

14 octobre 1859 : M. Grandin, relieur à Châteaubriant, demande, s’il est possible, un brevet de libraire.

 Minimité

14 octobre 1859 : le maire annonce que la ville paiera les 15,82 frs restant dus pour assurance incendie, mais se défend : « Les prétentions de cette société étaient très discutables mais la minimité de la somme ne pouvait raisonnablement permettre d’engager une action judiciaire pour les faire vider » ...
... Minimité ... le mot est rare !

15 octobre 1859 : la vente des boues de la ville a rapporté 1346 frs.

22 octobre 1859 : le sieur Nion-dit-Lacroix, arquebusier, a cédé 38,46 m2 à la voie publique dans le chemin de la Vannerie. Après bien des hésitations il accepte le prix de 3 frs qui lui est offert.

Le sieur Babonneau, sellier, a abandonné, lui, 75,62 m2 il accepte aussi le prix de 3 frs (du mètre carré).

26 octobre 1859 : à la suite du déplacement de la pompe des anciennes halles, le maire propose à Mme Margat de payer 40 frs comme elle l’avait proposé.

7 novembre 1859 : le bureau de bienfaisance demande l’autorisation d’établir une loterie « dont le produit est destiné à procurer de nouvelles ressources à cet établissement ». Il espère placer au plus « 3000 bulletins ce qui, à 0,50 frs pièce, donnerait 1500 frs ».

Du 10 au 11 novembre : Napoléon III négocie, avec l’empereur d’Autriche le Traité de Zurich qui clôt définitivement la guerre d’Italie : la majeure partie de la Lombardie va au Piémont mais Venise reste sous domination autrichienne. En contrepartie le Piémont cèdera la Savoie et Nice à la France après un plébiscite (24 mars 1860). L’unité italienne va se faire autour de Victor Emmanuel II, qui sera proclamé roi d’Italie le 17 mars 1861.

12 novembre 1859 : le maire vient de prendre un arrêté pour la suppression des conduits de latrines établis sur le ruisseau du Rollard « qui traverse la ville du midi au nord » et sur ses affluents. Un délai de deux mois est accordé aux propriétaires pour la construction de fosses mortes. [ndlr : dans les années 1965-70 il y avait encore, en centre ville de Châteaubriant, des latrines qui se déversaient directement dans la rivière de Chère !]

12 novembre 1859 : le jeune Frédéric YVON est décédé à l’hospice du Dey à Alger le 31 octobre dernier. Son père et sa mère « consentent à renoncer purement et simplement à la succession de leur fils » et autorisent le lieutenant commandant la Compagnie des Voltigeurs du 4° régiment de ligne, « à faire la distribution aux créanciers, à due concurrence de leurs créances, des fonds lui appartenant, sous la réserve toutefois de la médaille dont il était décoré et de toute valeur supérieure à ce qu’il pourrait devoir »
[Le 23 décembre 1859 la famille demandera aussi à récupérer la montre en or du jeune homme. Il devait donc être bien fortuné ... et d’une vie dissolue ... pour avoir des créanciers et une montre en or !].

22 novembre 1859 : le maire écrit à Mme Dufresne de Virel pour lui dire que les terrains de Belêtre intéressent la ville, 3 ou 4 hectares au prix de 6500 frs l’hectare. [revoir au 12 juin 1859]. « J’espère que vous voudrez bien accepter les propositions que j’ai l’honneur de vous faire ».

Dans l’attente de cette décision, le maire demande à Mme Dufresne de Virel « l’autorisation d’ouvrir dès à présent les routes projetées, offrant de vous tenir compte à dire d’experts des indemnités qui vous seraient dues pour une jouissance des parcelles occupées ». Cette autorisation est demandée dans l’intérêt public « et dans l’intérêt de nombreux ouvriers qui cet hiver employés à des travaux de route gagneraient leur vie et celle de leur famille ».
[Cette autorisation sera donnée
et, le 16 décembre, le maire annonce qu’il va commencer les travaux]

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27 novembre 1859 : au Conseil Municipal, le maire explique qu’il est nécessaire de trouver un terrain pour y déposer les boues provenant de la répurgation de la ville. M. Legal, marchand tanneur, consent à céder un terrain, au BourgGérard, de 3660 m2 moyennant 100 frs par an.

Le Conseil Municipal entend ensuite lecture d’une pétition de M. Le supérieur du Collège Sainte Marie, en date du 19 octobre 1859, qui demande l’achèvement du chemin n°3 conduisant de Béré à La Torche et passant aux pieds de la nouvelle construction du collège. « Pour obtenir le prompt et complet achèvement du dit chemin » le pétitionnaire abandonne à la ville la somme de 200 frs qu’il a avancée pour payer le terrain du sieur Soulard, terrain nécessaire à l’élargissement du chemin dont il s’agit ». Mais sous la condition que la ville cède gratuitement à l’établissement toute la lisière de l’ancien chemin sur laquelle s’élève le nouveau bâtiment. Ainsi que les parcelles adjacentes.

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Sépulture : le Conseil Municipal fixe à 12 m2 la superficie du terrain concédé gratuitement et à perpétuité pour la sépulture de MM. Les Curés et Vicaires des paroisses de St Nicolas et de Béré.

Octroi : le Ministre des finances fixe à 200 frs l’indemnité allouée annuellement au receveur principal de la ville de Châteaubriant, en raison de son concours au service de l’octroi.
« Toutefois Son Excellence [le Ministre] estime que le chiffre de cette indemnité lui paraît insuffisant : basé sur le travail fourni par l’agent de la régie et calculé d’après le tarif de cette administration, il devrait être de 300 frs ».

Le Conseil Municipal attribue alors à M. Le receveur principal de la ville, un supplément de 50 F, « les revenus de cette branche de produit ne permettent pas de faire plus ».

Incendie : le maire présente au Conseil le plan d’une construction à faire à l’entrée de la Promenade, rue du Dos d’Ane, pour loger la pompe à incendie. Le devis se monte à 1500 frs. Le Conseil Municipal exprime le désir que le bâtiment soit promptement réalisé.

Pavage : le maire présente un devis pour le pavage de la Rue du Pélican, 2000 frs « voie publique fort étroite et très fréquentée et en très mauvais état » (C’est, semble-t-il, la première fois qu’on parle de rue « du Pélican », pour cette ruelle étroite aboutissant à la Grand’Rue et qui portait le nom de « Rue de la Ruette »].

Enfin le Conseil vote un crédit de 300 frs pour achat d’une bibliothèque, « meuble reconnu nécessaire à la mairie ».

3 décembre 1859 : la loterie du bureau de bienfaisance a été autorisée par le Préfet. La commission administrative « a cru devoir s’adresser à l’inépuisable bonté de sa majesté l’impératrice afin qu’elle daigne y participer par le don d’un lot ».

9 décembre 1859 : finalement l’indemnité du receveur central pour la perception de l’octroi sur les boissons serait portée à 300 frs (au lieu de 250), à compter du 1er janvier 1860.Ca n’a pas traîné ! [Revoir au 27 novembre].

14 décembre 1859 : le maire dit au Sous-Préfet que « le chemin n°41 de Soulvache au Grand Auverné vient par une ligne oblique sur les halles et l’hôtel de ville de Châteaubriant. Je crois que cette disposition sera disgracieuse et qu’il serait préférable d’avoir une ligne perpendiculaire depuis le chemin n° 3 traversant de la Torche à la Trinité ».

23 décembre 1859 : la rétribution scolaire due pour le 4e trimestre de 1859 se monte à 400 frs. M. Lucas Delaunay est toujours instituteur communal.

 Echange petit chemin contre grand chemin

29 décembre 1859 : au Conseil Municipal, le maire expose que, pendant deux campagnes, il a fait travailler sur le chemin n° 41 (de Soulvache au Grand Auverné) :

- . Le terrassement est fait depuis la limite de Rougé jusqu’à la Butte de Morval sur une longueur de 1200 m.

- . Depuis la butte de Morval jusqu’au moulin à vent de Choisel, sur une longueur de 1200 m, les travaux de terrassement sont fortement ébauchés, aux trois-quarts faits.

- . Deux aqueducs ont été construits, l’un au lieu-dit La Galissonnière, l’autre sur le cours d’eau du Deil. Deux autres aqueducs ont été faits sur les chemins latéraux de la Galissonnière et de la Borderie.

- . En faisant les travaux on a extrait dans les déblais plusieurs centaines de m3 de pierres dont le cassage est bien avancé et continué par les ouvriers sans autre ouvrage.

Ces travaux ont été faits au moyen de :
- 1500 frs donnés par M. Le Sous-Préfet
- Ressources de la petite vicinalité
- Allocation du Conseil Municipal
- Charrois volontaires faits par les propriétaires et fermiers venant bénévolement à la demande du maire.
- . Maintenant il reste à ouvrir ce chemin depuis le Moulin de Choisel jusqu’à la limite de la ville sur 500 m.

Pour le prompt achèvement du chemin n° 41 le maire se dit tout disposé à abandonner à la grande vicinalité tout le rôle de la petite vicinalité et il propose au Conseil Municipal « de maintenir au budget les 1200 frs portés pour le rachat de la prestation, sauf à prélever sur cette somme l’entretien et les besoins de la petite vicinalité ». M. l’agent-voyer de l’arrondissement ajoute que, si le Conseil Municipal se montre généreux, M. le Préfet accordera sans doute une forte allocation en faveur de la commune.

Le maire ajoute qu’il a commencé le chemin de petite communication n° 3 de la Torche à la Trinité, « chemin qu’il y avait d’ailleurs nécessité de faire pour le besoin d’une construction importante » [Celle du Collège Ste Marie sans doute].

Le Conseil Municipal approuve l’échange fait par le maire, du budget de la petite vicinalité à la grande vicinalité, pour l’exécution du chemin n° 41, depuis la limite de Rougé jusqu’à l’hôtel de ville de Châteaubriant, à condition
- 1. Que les travaux soient faits en régie
- 2. Par les ouvriers de la commune
- 3. Qu’ils serviront d’atelier de charité et qu’à cet effet ils seront faits surtout l’hiver et dans les temps de chômage.

Le Conseil Municipal sollicite une allocation de M. le Préfet, « d’autant plus considérable qu’il n’en a pas été fait depuis plusieurs années ».

Enfin il demande au Préfet de « rapporter son arrêté allouant au sieur Hersant, entrepreneur, le dixième des sommes dépensées, attendu qu’il n’exécute pas les travaux dont la plus grande partie d’ailleurs n’a jamais été comprise dans son adjudication ».

30 décembre 1859 : Le maire demande une loterie en faveur de la salle d’asile « dont les ressources ne sont pas complètement assurées pour l’année 1860 ».

Avec l’année 1859 se termine ce qu’on a appelé « l’Empire autoritaire », 1853-1860, période pendant laquelle Napoléon III gouverna de façon presque absolue. Le commerce, l’agriculture et l’industrie se développèrent grâce aux chemins de fer, au télégraphe et aux Compagnies de navigation, et à la création du Crédit Foncier et des Caisses d’Epargne.

La période 1860-1870 sera appelée « l’Empire libéral ».

Huile de pierre

Le pétrole, du latin petraoleum (soit « huile de pierre »), est une roche liquide carbonée, ou huile minérale.

L’usage du pétrole remonte à l’Antiquité, mais l’approvisionnement était limité aux affleurements naturels de pétrole, et au pétrole trouvé accidentellement en creusant des puits à la recherche de l’eau potable ou de la saumure. Les civilisations mésopotamiennes s’en servaient comme produit pharmaceutique, cosmétique et comme combustible pour les lampes à huile. Les Égyptiens employaient de l’asphalte pour la momification.

Au Moyen Âge, l’huile de pierre a été utilisée par les Byzantins, puis les Vénitiens, dans la préparation du « feu grégeois » pour incendier et couler les navires ennemis.
Les Amérindiens, de leur côté, utilisaient du pétrole pour calfater les embarcations et pour ses supposées vertus médicinales. Au début du XIXe siècle, il existait une utilisation ponctuelle du pétrole, surtout aux Etats-Unis où il était vendu comme remède « miracle », ou servait dans des lampes et comme lubrifiant.

Puisque le pétrole qu’on trouvait en surface semblait fuir depuis des réserves souterraines, on devait pouvoir en produire beaucoup plus en creusant pour accéder directement à celles-ci. En 1859, Edwin Drake fora donc un puits en Pennsylvanie, (dans une région connue pour les affleurements de pétrole), grâce à un trépan suspendu à un câble et mis en mouvement par une machine à vapeur. Le précieux liquide jaillit lorsque le trépan atteignit 23 mètres de profondeur seulement. Ainsi furent produits les premiers barils de l’ère moderne. Les États-Unis en produisirent 274 tonnes en 1859. L’année précédente, le seul producteur était la Roumanie avec 200 tonnes.

Il s’ensuivit une « ruée vers l’or noir » avec un production faible de l’ordre du baril/jour. Le marché restait confiné aux applications traditionnelles, pétrole lampant en tête. En 1857, la ville de Bucarest devient la première au monde éclairée au pétrole. Notons qu’en fournissant un carburant liquide beaucoup moins cher que l’huile de baleine employée jusque-là, le pétrole a probablement sauvé cette espèce de l’extinction totale.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Petrole

Chant d’automne

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ. (...)

Baudelaire

 Inventions de 1859

Gaston Planté invente la première "batterie" capable de stocker de l’électricité : deux feuilles de plomb séparées par un tissu et enroulées en spirale, immergées dans une solution d’acide sulfurique à 10%. Sa découverte n’eut des applications industrielles que 20 ans plus tard.

L’inventeur français Ferdinand Carré conçoit un système de réfrigération.

Les travaux de Lenoir (1859), de Beau de Rochas (1862) et de Hugon aboutissent à la définition et aux principes de fonctionnement des moteurs à deux et à quatre temps.

En 1859 le Portugal adopte le système métrique.

Inde : la Révolte de l’indigo éclate parmi les paysans bengalis exaspérés par les brutalités des planteurs britanniques. Elle aura pour conséquence le développement de la culture du jute, qui deviendra une des premières activités du Bengale.

Darwin

« J’aimerais autant pour ma part descendre du petit singe héroïque, qui brava son ennemi redouté pour sauver son gardien ; ou bien du vieux babouin qui, descendant des hauteurs, emporta triomphalement son jeune camarade après l’avoir arraché à une meute de chiens étonnés - que d’un sauvage qui se délecte à torturer ses ennemis, se livre à des sacrifices sanglants, pratique l’infanticide sans remords, traite ses femmes comme des esclaves, ignore toute décence et est en proie aux superstitions les plus grossières. » (Citation de Derwin, par André Pichot dans la Société Pure page 105).

Le jeune Charles Darwin, à la fin de ses études, s’embarque avec Robert Fitzroy, capitaine du HMS Beagle, pour une expédition de cinq ans, dans le but de cartographier la côte de l’Amérique du Sud.

Il parcourt ainsi la Terre de Feu, les îles Malouines, l’île Chiloé, la Cordillère des Andes, les îles Galapagos, Tahiti, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Tasmanie, l’île Maurice et Le Cap et profite de l’occasion pour étudier les propriétés géologiques des continents et des îles visités au cours de cette expédition, ainsi qu’une multitude d’organismes vivants et de fossiles.

À son retour de voyage, le 2 octobre 1836, Darwin analyse les très nombreux spécimens qu’il a rapportés et note des similitudes entre les fossiles et les espèces vivantes dans la même zone géographique. Il remarque notamment que chaque île possède son propre type de tortues et d’oiseaux, dont l’apparence et le régime alimentaire diffèrent légèrement, mais qui sont par ailleurs assez semblables. Il élabore alors la théorie selon laquelle, par exemple, chaque sorte de tortue a pour origine une même espèce, chacune étant adaptée de façon différente à la vie sur les différentes îles. Ce faisant, il abandonne l’idée de la création divine des espèces.

Le 29 novembre 1859 il publie l’ouvrage « L’origine des espèces par la sélection naturelle » qui se résume ainsi :
- Il se produit une évolution.
- L’évolution est progressive, et demande des milliers et même plusieurs millions d’années.
- La sélection naturelle est le mécanisme principal de l’évolution.
-** 1. sélection de survie
-** 2. sélection sexuelle, c’est-à-dire aptitude à trouver un partenaire : un individu remarquablement adapté pour la survie et qui ne serait pas du tout attirant pour le sexe opposé ne transmettra pas son patrimoine (d’où l’émergence de la queue du paon, par exemple, bien que celle-ci le handicape fortement vis-à-vis de prédateurs éventuels).

La théorie de Darwin a été largement confirmée, ensuite, par la découverte des gènes et de l’ADN. L’église catholique admet aujourd’hui le mécanisme darwinien mais certains milieux fondamentalistes protestants, surtout aux États-Unis, le combattent encore.

 Aliénés

La folie n’a pas toujours été considérée comme une maladie, et l’on est étonné de voir pendant combien de temps les malheureux qui en étaient atteints, ont pu être privés de soins. Avant la Révolution Française, les hôpitaux d’aliénés étaient ouverts au public, lui offrant une visite où l’apparente commisération cachait une curiosité malsaine. Au fond des loges basses et humides d’hôpitaux parisiens comme Bicêtre ou la Salpêtrière s’entassaient, parfois enchaînés et souvent vêtus de guenilles, les "insensés" traités sans ménagement par leurs « geôliers » armés de fouets. Il fallut attendre les années 1790 pour que Jean Baptiste Pussin et Philippe Pinel engagent une réforme visant à offrir aux aliénés des conditions de vie décentes.

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aliénés

Jean-Baptiste Pussin, ancien tanneur arrivé malade à Bicêtre en 1711, resta dans cet hospice après sa guérison et, progressivement, fut promu surveillant dans le service des aliénés agités. Il était très humain avec les malades et s’efforçait de les faire libérer de leurs chaines. Il est considéré comme le père spirituel de l’infirmier en psychiatrie

En 1793, Philippe Pinel, nommé médecin des aliénés de Bicêtre, remarque sa façon de faire, et obtient l’autorisation de supprimer l’usage des chaînes à Bicêtre. Il supprime les saignées et les diverses médications qui ne faisaient qu’affaiblir les malades.

En 1798, Pinel écrit une Nosographie philosophique : classification des maladies mentales, appelées à l’époque vésanies.

Il y distingue la mélancolie (délire partiel),
la manie (délire généralisé), la démence (affaiblissement intellectuel généralisé), l’idiotisme (abolition totale des fonctions de l’entendement). Il y affirme que les troubles mentaux sont dus à des atteintes physiologiques provoquées par les émotions. L’aliéné est un sujet et il convient de prendre en compte son passé et ses difficultés pour la mise en place d’une thérapeutique.

En 1820, Jean-Etienne Esquirol, médecin à la Salpêtrière, approfondit la nosographie de Pinel. Il est l’un des premiers à avoir fait la distinction entre hallucinations (perceptions sans objet externe, produites et construites par l’esprit) et illusions (erreurs de perception ; mauvaise interprétation des stimulis réels) et à faire le parallèle Folie-Passions. Il est à l’origine de la loi du 30 juin 1838 qui met fin aux internements arbitraires et définit les modalités d’internement. Cette loi fut modifiée le 3 janvier 1968 (statut juridique du malade) et le 27 juin 1990 (droits des personnes hospitalisées)

Dans la lettre ci-contre, envoyée au maire de Châteaubriant, il est rappelé que les aliénés ne peuvent être ni conduits avec les condamnés ou les prévenus, ni déposés dans une prison.

Booz endormi

 
Booz s’était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.
 
Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge
Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n’avait pas de fange en l’eau de son moulin ;
Il n’avait pas d’enfer dans le feu de sa forge.
 
Pendant qu’il sommeillait, Ruth, une moabite,
S’était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.
 
Booz ne savait point qu’une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle.
Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.
 
L’ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.
 
La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature était douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet. (...) Victor Hugo
Booz endormi - 1859