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1863, de janvier à juin




 Encore la maison Boutruche

janvier 1863 : une nouvelle fois l’hospice de Châteaubriant n’a pas trouvé d’adjudicataire pour la viande, les grains, le bois, le linge et beaucoup d’autres objets d’épicerie. Le Préfet autorise l’établissement à procéder par voie de régie en raison de « cette vaine tentative d’adjudication ».

16 janvier 1863 : le maire de Châteaubriant n’a toujours pas reçu l’exemplaire signé du journal l’Union Bretonne dont il a besoin pour ordonner le paiement de son terrain à M. Roinet. Ce journal, paraît-il, a été déposé à la Préfecture et s’est perdu.

17 janvier 1863 : le maire adresse au Sous-Préfet, avec un bordereau indicatif, seize déclarations qui ont été faites au secrétariat de la mairie « au sujet de la nouvelle contribution sur les chevaux et les voitures ».

En effet, depuis le 1er janvier 1863, il est perçu une contribution annuelle, pour chaque voiture attelée et pour chaque cheval affecté au service personnel du propriétaire ou au service de sa famille. Cette taxe dépend du nombre d’habitants de la commune. Pour Châteaubriant elle est de 25 frs pour les voitures à quatre roues, de 10 frs pour les voitures à deux roues et de 10 frs pour les chevaux de selle ou d’attelage. Les chevaux et voitures exclusivement employés aux travaux de l’agriculture ou d’une profession quelconque donnant lieu à l’application de la patente, n’ont pas à payer la taxe (loi du 2 juillet 1862). [En somme : une vignette avant l’heure !]

Taxé ou exempté ?

Cette histoire de taxe inquiète les médecins : si un médecin est obligé d’avoir, outre sa voiture à quatre roues, une voiture à deux roues pour circuler dans les chemins mal entretenus, une de ses voilures sera-t-elle imposée ? La Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, parue en 1863, précise (en page 312) :

Si le médecin a une voiture à quatre roues, une voiture à deux roues et un seul cheval il n’ y aura pas d’imposition car l’exemption de la taxe porte sur une voiture attelée et ici les voitures n’ont qu’un attelage.

Si le médecin a une quatre roues, une deux roues et deux chevaux la question pourra devenir délicate. L’administration prétendra qu’ici il y a deux voitures attelées, l’une pour la profession, exemptée ; l’autre pour la famille, taxée.

Le médecin pourra se défendre en disant que les deux chevaux ensemble sont nécessaires pour atteler la voiture à 4 roues et que cette voiture est consacrée à la profession. Ou que les besoins de la profession fatiguent deux chevaux par jour, chacun d’eux travaillant une demi-journée (…) Mais ici l’on entrera dans le domaine des appréciations de fait. Ce que l’on jugera pour l’un ne sera pas jugé pour l’autre.

18 janvier 1863 : le Conseil Municipal se réunit sous la Présidence de M. Béchu du Moulin Roul, maire. Il y est question du legs de 30 000 frs de M. Lorette de la Refoulais. Celui-ci demande en échange qu’une messe soit célébrée, à perpétuité, le 8 août de chaque année pour les défunts de la famille Lorette et que le montant du legs soit consacré à l’achat d’un immeuble rural devant appartenir à perpétuité à l’hôpital sans pouvoir être revendu ou aliéné.

La Commission adminitrative de l’hospice demande à être autorisée à accepter « le don à la fois si charitable et si généreux de M. Lorette de la Refoulais ». Le Conseil Municipal donne son accord et exprime « le vœu que l’hôpital de Châteaubriant soit autorisé par le gouvernement à accepter une libéralité si opportune ». Le Conseil fait part « des sentiments de reconnaissance dont il est pénétré »

23 janvier 1863 : le maire transmet au Sous-Préfet une délibération portant rectification du budget communal de 1863. Cette délibération « maintient le traitement de l’instituteur communal au chiffre de 500 frs fixé par délibération du 14 juin 1855 et persiste dans son allocation de 400 frs pour appointements du sous-maître » - « Le budget, au moyen des changement opérés s’équilibre par un excédent de recettes de 11 frs ».

Janvier 1863 : depuis la chute de Napoléon 1er, la Pologne est partagée entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, non sans de nombreuses protestations populaires. En 1848 par exemple les Polonais participèrent au « Printemps des Peuples ». En janvier 1863, commence une nouvelle insurrection polonaise dans la partie russe. Les libéraux de toute l’Europe applaudissent ces partisans de la liberté dressés contre une tyrannie. La répression russe sera terrible, provoquant en France la signature de 4000 pétitions.

 L’école des Ursulines

24 janvier 1863 : revoilà les Ursulines de Jésus. Le maire écrit à la Supérieure : « La Congrégation a demandé d’accepter la rétrocession d’immeubles situés à Châteaubriant et acquis par Mlles Foyer et de Tugny ». Mais le Ministre de l’Instruction publique et des Cultes dit qu’il ne peut donner suite à cette affaire. En effet :

« La Congrégation, reconnue par ordonnance du 28 mai 1826, était depuis longtemps autorisée lorsque se sont effectuées les acquisitions immobilières dont il s’agit. Elle pouvait donc acquérir elle-même (souligné dans le texte) après avoir demandé et obtenu l’autorisation ».

Mais en choisissant « l’intermédiaire de personnes interposées » elle a commis une grave irrégularité. « Dans ces conditions il ne peut y avoir lieu d’autoriser la rétrocession ».

Le Ministre ajoute : « Plusieurs fois déjà cette congrégation a eu recours à des interpositions de personnes pour acquérir des immeubles. Il importe qu’elle renonce à cette voie irrégulière contraire à ses intérêts et aux lois ».

Cet établissement comprend trois institutions distinctes :
- Un pensionnat
- Un externat payant
- Et une communauté des sœurs
(ndlr : ceci correspond à l’école Nazareth actuelle) .

Le Ministre n’est pas content : « Leur pensionnat et leur externat payant, qui devaient recevoir la visite de MM. Les inspecteurs, leur ont été obstinément fermés, contrairement aux instructions formelles de la loi du 15 mars 1850 ».

31 janvier 1863 : (au Comte de St Luc, propriétaire à Renac) : « J’ai présenté au Conseil Municipal le plan que vous m’avez remis relativement aux terrains du Bourgérard. Le Conseil Municipal a noté que cette vente, "avantageuse à votre propriété ", faciliterait l’agrandissement de la ville et la création de nouveaux quartiers ». Cependant le Conseil Municipal a refusé, pour des raisons financières, « de s’obliger à des travaux par vous stipulés pour conditions des concessions gratuites de terrains que vous offrez pour voie publique et emplacement d’un nouveau marché aux chevaux ».

Le Conseil Municipal souhaite établir une place pour le marché aux chevaux, une place de dépôt des charrettes pour les jours de marché et un lieu de dépôt pour la répurgation de la ville « maintenant accumulée, contrairement à tous les règlements, le long d’un chemin vicinal ».

Ces trois établissements pourraient se situer « sur la partie du champ du Bourgérard, comprise entre la route actuelle de St Aubin des Châteaux et la route nouvelle à ouvrir » - « Je vous prie, Monsieur le Comte, d’avoir la bonté de céder à l’amiable à la commune de Châteaubriant la parcelle de terrain sus-indiquée. Vos terrains éprouveraient une plus grande plus value ».

 Tiens ! L’Algérie ?

6 février 1863 : Napoléon III envoie une lettre publique au maréchal Pelissier, gouverneur de l’Algérie. « L’Algérie n’est pas une colonie proprement dite, mais un "royaume arabe". Les indigènes ont comme les colons un "droit égal" à ma protection. Je suis aussi bien l’empereur des Arabes que l’empereur des Français ».
[Ndlr : Tiens donc ! Il y avait un problème ??].

18 février 1863 : le Préfet accorde un secours de 1000 frs pour l’hospice de Châteaubriant au titre de l’année 1862.

 Bibliothèque

24 février 1863 : le Conseil Municipal se rénuit sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul qui lui communique une lettre du Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes, en date du 1er juin 1862, portant qu’il sera établi, dans chaque école primaire, une bibliothèque scolaire « dans le but de procurer des livres aux enfants indigents et de prêter des livres d’étude aux parents qui auraient le désir de s’instruire ». Le Conseil Municipal vote 60 frs pour la construction d’une armoire.

Toujours ce 24 février 1863, le receveur municipal a envoyé une lettre concernant les formalités de purge des hypothèques légales pouvant grever l’ancien hôtel d’Arimont acquis par la commune en avril 1859 pour faire une maison curiale. Le Conseil Municipal considère que « cet immeuble, depuis trois générations, a fait partie du patrimoine de trois femmes fort riches qui se sont successivement éteintes ». Il juge dont « fort inopportun de recourrir (avec deux r) à cette formalité dispendieuse ».

Le Conseil Municipal autorise le maire à acquérir une parcelle d’un are trente centiares (130 m2) nécessaire à la construction du chemin n°6 (de la Vannerie à la Barre) appartenant à demoiselle Delalande qui consent à céder à 3 frs le mètre. [voir au 6 juillet 1862].

 Ganache

Toujours le 24 février 1863, le Conseil Municipal autorise le maire à poursuivre la location d’une maison, dépendant des vieilles halles, « occupée par le sieur Ganache Auguste dont le bail expire le 4 juin 1863 » pour un prix de 182 frs. Mais dans la prévision de la prochaine démolition de ces vieilles halles, le Conseil Municipal engage le maire à solliciter du Préfet l’autorisation de renouveler le bail pour une courte durée.

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Place de la Motte, Faubourg des Loges

[Note : La route de St Aubin (chemin n°34) faisait un coude le long de la Ferme du Bourgérard. On en devine encore le tracé sur le boulevard de la République à Châteaubriant. En 1838 le Conseil Municipal rappelait que le marché aux chevaux se trouve sur le chemin de Saint-Aubin « dans le sein du Faubourg des Loges ». En 1853 il précisait que le Faubourg des Loges était contigu à la Place de la Motte]

Le Conseil Municipal adopte une rectification du chemin n°34 de Juigné à Fougeray, aux abords du « Faubourg des Loges » « pour le faire déboucher sur la Place de la Motte par une belle ligne droite dont le parcours présenterait plus de 500 m » et accepte de vendre des excédents de terrain à des riverains du chemin n°41 de Châteaubriant à Fercé. Il accorde au maire l’autorisation de dépenser les crédits précédemment alloués pour la création d’ateliers de charité.

Il vote par ailleurs une somme de 100 frs pour l’amélioration du sol des préaux des deux écoles de garçons, moitié pour l’école communale et moitié pour l’école des frères.

Enfin il autorise le maire à faire vendre le produit de la répurgation de la ville mais aussi à traiter amiablement avec le répurgateur, à élever de 600 à 700 frs la somme qui lui est allouée s’il consent à se charger de l’enlèvement journalier des immondices et, en cas de refus, à mettre cette entreprise en adjudication.

11 mars 1863 : M. Jean Charles est autorisé à ouvrir un débit de boissons en remplacement du sieur Rabu, décédé.

13 mars 1863 : les terrains situés dans les chemins du Bois Hamon et de la Méhardière sont en copropriété des communes de Châteaubriant et de St Aubin des Châteaux. Le maire de Châteaubriant demande au maire de St Aubin s’il serait en mesure de vendre. Estimation : 1532 frs.

17 mars 1863 : un jeune de Châteaubriant, ayant tiré le n°37, réclame l’exemtion du service militaire comme frère de Joseph Marie Mussel (ou Hussel ?), apprenti marin, embarqué à Toulon sur la frégate l’Amazone allant au Mexique. Les opérations du Conseil de Révision auront lieu le 26 mars pour le canton de Châteaubriant .

19 mars 1863 : le maire renvoie la feuille de route du sieur Jean Baptiste Malherbe, admis à la retraite, parce que « ce sous-officier n’a pas paru dans la commune de Châteaubriant ».

19 mars 1863 : le montant de la rétribution scolaire du premier trimestre de 1863 se monte à 476 frs : 342 frs quand les parents habitent Châteaubriant et 134 frs pour ceux qui habitent les communes voisines.

2 avril 1863, M. Duclos, boulanger à Châteaubriant, réclame un dégrèvement de sa prestation de 1862 « comme ayant été indûment imposé pour la raison qu’il était encore soldat et qu’à ce titre il était à la disposition du Ministre de la Guerre ».

4 avril 1863 : M. Legal, marchand-tanneur à Châteaubriant, qui a exposé à Rouvres, a reçu un diplôme de « mention honorable »

10-12 avril 1863 : au sujet de l’insurrection polonaise, l’Autriche, l’Angleterre et la France protestent auprès de la Russie en raison des excès de la répression. La Russie répond que la Pologne, du fait de sa révolte de 1830, a perdu ses droits et se trouve donc soumise au droit de la conquête. Et que le soulèvement polonais fait partie d’un mouvement révolutionnaire international (Tiens déjà le terrorisme international ?) : la Russie demande même aux trois Etats de l’aider à le réprimer.

15 avril 1863 : il y 1144 électeurs à Châteaubriant

16 avril 1863 : des nominations de répartiteurs des contributions directes sont faites pour 1864 :
- Joseph Bourdier, Receveur Principal des Contributions Indirectes
- Gabriel Bréhier, marchand quincaillier
- David Gondalier de Tugny, propriétaire
- Félix Dupin de la Ferrière, propriétaire
- Emmanuel Gahier, propriétaire à Rougé
sont nommés répartiteurs

- Michel Grimault, négociant
- Alexandre Adam, propriétaire
- Et un autre [illisible ! ], sellier et bourrelier
sont nommés répartiteurs suppléants.

17 avril 1863 : M. Bossé Pierre, marchand tanneur et mégissier à Châteaubriant, demande l’autorisation d’installer une tannerie-mégisserie dans les terrains de Belêtre, sur l’un des bras de la rivière de Chère. Le maire appuie cette demande « pour favoriser et protéger l’industrie »

20 avril 1863 : une des dames Ursulines de Chavagnes s’occupe de la pharmacie des pauvres, située dans son établissement, de manière totalement désintéressée « et que l’on ne peut considérer que comme un acte fort louable de charité »

Mais elle a été inscrite au rôle de la rétribution due par les pharmaciens et droguistes et imposée pour 6.03 frs, « pour frais de visite du jury médical en 1862 ». La commission administrative du Bureau de Bienfaisance réclame son exonération.

[Ndlr : le 30 avril 1863 : le Préfet répondra que le Bureau de Bienfaisance n’a pas qualité pour réclamer et que c’est à la Supérieure elle-même de faire une demande spéciale sur papier libre en l’accompagant d’une quittance de 6.03 fr ou du tiers de cette somme].

24 avril 1863 : à Paris le jury du Salon Annuel des Artistes Français, désigné par les membres de l’Académie, refuse plus de 3000 oeuvres sur les 5000 envoyées, ce qui est vivement contesté par les artistes refusés (Pissarro, Manet et d’autres).

L’empereur Napoléon III, informé du conflit, décide qu’un Salon des Refusés se tiendra au Palais de l’Industrie, avec pour devise : « Sans jury ni récompenses ». Malheureusement il n’eut pas de succès.
27 avril 1863 : M. Besnier Denis est décédé. Le maire propose une liste de personnes pour le remplacer à la commission administrative du bureau de bienfaisance, avec, en tête, M. Daniel-Lacombe [Ndlr : c’est celui-ci qui sera choisi par le Préfet]

30 avril 1863 : en France l’expédition au Mexique n’est pas appréciée. Le 30 avril est cependant le jour glorieux du combat de Camaron : une compagnie de la Légion Etrangère, 64 hommes commandés par le capitaine Danjou, résiste à plus de deux mille Mexicains, afin de protéger un convoi destiné au corps de siège de Puebla. Après neuf heures d’un terrible combat, il ne reste que trois légionnaires valides. Jour de gloire qui coûte cher !

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Boutruche et Thuau

3 mai 1863 : à Châteaubriant le Conseil Municipal se réunit sous la Présidence de M. Béchu du Moulin-Roul. Celui-ci communique le plan d’alignement d’une maison que M. Masseron se propose de reconstruire à l’angle de la Rue Porte Neuve et de la place St Nicolas. A la place d’un angle aigu, disgrâcieux et gênant pour la circulation, le Conseil Municipal est d’avis que le pan coupé demandé par M. Masseron soit autorisé.

Toujours ce 3 mai 1863, le Conseil Municipal autorise le maire à traiter avec MM. Boutruche et Thuau pour l’acquisition de leurs maisons qu’il est nécessaire de démolir pour l’établissement de la place des Halles.

Toujours ce 3 mai 1863, M. Dudouet propose de terminer à ses frais le pan coupé à l’angle des deux rues de la Vannerie, moyennant la cession gratuite par la commune de l’excédent de terrain.
Ce terrain, de 13 m2, est d’une valeur de 39 frs. Le pan coupé est nécessaire à la circulation et causera une dépense de 150 frs environ à M. Dudouet. Le Conseil Municipal consent donc à la cession gratuite du terrain.

8 mai 1863 : des élections législatives doivent avoir lieu à la fin du mois. Le ministre de l’Intérieur dit aux Préfets : « Désignez hautement, comme dans les élections précédentes, les candidats qui inspirent le plus confiance au gouvernement, des hommes dévoués sans réserve et sans arrière-pensée à la dynastie impériale et à nos institutions »

9 mai 1863 : à Châteaubriant M. Deroualle est autorisé à ouvrir un cabaret en remplacement de M. Julien Roiné.

10 mai 1863 : nouvelle réunion du Conseil Municipal de Châteaubriant qui vote 610 frs pour l’équipement de la musique des Sapeurs Pompiers - et 1500 frs pour les chemins vicinaux :
- 500 frs pour le chemin n° 41
- 1000 frs pour les chemins 3 et 6

Le Conseil Municipal revient sur l’acquisition de la maison Boutruche qui, dit-il, est indispensable afin d’arriver à la démolition et à l’enlèvement des vieilles halles, depuis longtemps énergiquement demandés par l’opinion publique pour l’assainissement et l’amélioration de la ville. Il accepte les prix et conditions de M. Boutruche, d’autant plus qu’il s’agit d’un paiement à terme et par sommes partielles.

 Et M. de St Luc ?

M. le Comte de St Luc insiste pour l’adoption des ses propositions qui lui semblent bien préférables au plan du Conseil Municipal. Mais celui-ci considère que « M. de St Luc ne tient pas compte de toutes les dépenses et cote ses terrains à une valeur qu’ils n’ont pas actullement et qu’ils ne pourront atteindre que par l’effet des travaux dispendieux que la commune ferait exécuter à ses frais. Le marché serait trop éloigné du faubourg qui en jouit et dont il faut respecter les intérêts. Le besoin de place de dépôt ne serait pas rempli ».

Le Conseil Municipal engage donc le maire à traiter avec M ; de St Luc et l’autorise à lui offrir 6000 fr de l’hectare à acquérir, en rappelant qu’en raison de la plus value qui sera donnée aux propriétés riveraines M. de St Luc aurait intérêt à faire des concessions généreuses à la commune.

 Boues et cloaques

Toujours le 10 mai 1863 : le Conseil Municipal étudie le budget de 1864, renouvelant ses instances pour obtenir l’établissement de caniveaux sur la route impériale n°178 dans le quartier de la mairie. « Dans cette partie de la ville les eaux ont peu d’écoulement. Tout l’hiver elles forment des boues et des cloaques bien gênants pour la circulation et les habitations voisines ».

M. le Préfet a vu les lieux lors du Conseil de Révision et le Conseil Municipal est persuadé que le premier magistrat du département aura jugé l’urgence de l’amélioration demandée et qu’il aura la bonté de la réaliser.

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Pont Glémois

[Note : Le Pont Glémois se trouve
dans l’actuelle Rue Denieul
et Gatineau, juste à côté de
la chapelle de l’ancien hôpital

Un certain nombre de vieilles
maisons existent encore].

 Pont Glémois et monticule

Sur la route impériale n°163, de Rennes à Angers, le Conseil Municipal revient sur les besoins de reconstruction du Pont Glémois.

C’est en effet un « vieux pont en bois de vilain aspect, ne se soutenant qu’à l’aide de fréquentes réparations et dont le tablier beaucoup trop élevé forme un haut monticule au dessus du niveau de la rue »

« Ce serait aussi une grande amélioration de rectifier la route n° 163 dans le faubourg de Couëré jusqu’à la rencontre du chemin de la Torche à la Trinité »

[Ndlr, de nos jours la route
n° 163 est la rue Denieul
et Gatineau
et le chemin de la Torche
à la Trinité est la rue
Jean Jaurès]

« Cela doterait la ville d’une belle entrée de ce côté et mettrait fin aux difficultés de communication résultant du brusque détour de la Trinité et des sinuosités existantes » poursuit le Conseil Municipal .

 Une barrière infranchissable

Le Conseil Municipal réitère sa demande de modification du tracé du chemin n°41 :
« dans l’intérêt du département d’Ille et Vilaine et de la Loire-Inférieure, pour favoriser et développer les relations commerciales agricoles et industrielles existantes déjà nombreuses, entre les cantons de Rhetiers, Châteaubriant et Rougé ».

Il propose : à partir du bourg de Fercé, « le chemin pourrait être dirigé au nord vers le Pont ou le Gué des Perrières sur le Semnon et de là sur le bourg de Couesmes ou tout autre point d’Ille et Vilaine qui serait adopté ».

« Ce classement aurait pour effet de créer une nouvelle ligne de communication avantageuse et de faire construire un pont sur le Semnon, petite rivière qui, dans une longueur de 14 km de Martigné au Pont du Moulin Eon près Soulvache, forme une barrière infranchissable et intercepte tous rapports entre les habitants des deux départements ».

12 mai 1863 : MM. Franco et Gurzincski ont demandé l’autorisation d’établir une machine à vapeur dans la fonderie qu’ils possèdent à Châteaubriant. L’enquête commodo-incommodo a été négative. Le maire appuie leur demande. L’autorisation sera donnée le 29 juillet 1863.

[Ndlr : il s’agit de la Fonderie Franco qui s’appela par la suite : Huard, puis Focast et maintenant Pebeco]

17 mai 1863 : après le piteux échec du 5 mai 1862 à Puebla au Mexique, les Français s’emparent de Puebla après un siège de deux mois. La route de Mexico est ouverte et le Président Bénito Juarez s’est enfui.

[Ndlr : Belle victoire (?) dans une cette guerre inutile qui dura jusqu’en 1867, jusqu’à ce que le dernier Français quitte le pays ! Sur les 38 493 militaires français envoyés au Mexique (soit 20 % des forces françaises), 6 654 sont morts de blessures ou de maladie. Pour rien. Ah que la guerre est jolie !]

20 mai 1863 : le sieur Buron, boulanger à Châteaubriant a fourni 375 rations de pain aux troupes de passage. « Le pain de 6 kg de froment était fixé à 1,75 frs par la mercuriale d’où il résulte que le prix de la ration était de 21,65 centimes et la somme due est 81.20 frs ».

23 mai 1863 : une section électorale est établie à Béré. En tout la commune de Châteaubriant comprend 1146 électeurs.

23 mai 1863 : en Allemagne, fondation à Leipzig de l’Association générale des travailleurs allemands (Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein). Elle prend son essor à partir des associations culturelles et poursuit l’objectif de l’instauration du suffrage universel direct et d’une législation sociale par des moyens légaux et pacifiques. Son fondateur, l’avocat Ferdinand Lassalle, défend la primauté de l’action politique sur le combat économique des salariés.

25 mai 1863 : M ; le Baron Achille Modeste Gilles Le Pays de la Riboisière, propriétaire, chevalier de St Louis, est décédé à Nantes le 9 avril 1862. Une concession est demandée pour lui au cimetière. Accord du Préfet.

31 mai 1863 - Elections Législatives en France. Echec complet du gouvernement à Paris mais les campagnes et les petites villes restent fidèles à l’empereur.
Napoléon III, cependant, est inquiet.

 Le déjeuner sur l’herbe

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Au premier plan, trois personnages : une femme nue et deux hommes habillés comme des dandys. Devant eux, les vêtements de la femme, un panier de fruits et un pain rond. La toile d’Edouard Manet, parue en 1863, et d’abord intitulée Le bain, puis Partie Carrée, fit scandale. La foule y vit une intention obscéne et tapageuse de l’artiste.

Emile Zola commente : « Ce qu’il faut voir dans le tableau, c’est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d’une délicatesse si légère ; c’est cette chair ferme modelée à grands pans de lumière, ces étoffes souples et fortes, et surtout cette délicieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, c’est enfin cet ensemble vaste, plein d’air, ce coin de la nature rendu avec une simplicité si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les éléments particuliers et rares qui étaient en lui »

Picasso et Manet

Vu au Musée d’Orsay en décembre 2008

1932 : Picasso-Manet

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Expo Picasso-Manet

Au dos d’une enveloppe de la galerie Simon, probablement en 1932, Picasso écrit : "Quand je vois le déjeuner sur l’herbe de Manet je me dis des douleurs pour plus tard". Les déclarations écrites de l’artiste sur les peintres ou leurs oeuvres sont rarissimes. Celle-ci est d’autant plus exceptionnelle qu’elle désigne un tableau en particulier ; elle projette l’artiste dans un futur indéterminé mais ébauché cependant dans ce rendez-vous annoncé.

1863 : Manet, Le déjeuner sur l’herbe

De toutes les oeuvres élues par Picasso pour ses "variations", Le déjeuner sur l’herbe est la plus proche de lui chronologiquement. Ce tableau porte encore vivace la marque du scandale qu’il a provoqué au Salon des Refusés de 1863. Manet est un "maître ancien" moderne. La modernité de Manet, sa "subversion", selon Georges Bataille, sont essentielles pour Picasso, qui porte, depuis la présentation des Demoiselles d’Avignon en 1907, le poids de toutes les frondes artistiques.

Le déjeuner sur l’herbe est une toile qui superpose les thèmes :

-  La référence aux maîtres anciens, Manet s’étant inspiré du Concert champêtre de Titien, conservé au musée du Louvre et du Jugement de Pâris, gravé par Marcantonio Raimondi d’après Raphaël.

- La question du nu, "il paraît qu’il faut que je fasse un nu. Eh bien je vais leur en faire, un nu", avait déclaré Manet à Antonin Proust.

- La question du sujet, objet de toutes les exaspérations, "nous ne pouvons trouver que ce soit une oeuvre parfaitement chaste que de faire asseoir sous bois, entourée d’étudiants en bérets et en paletot, une fille vêtue seulement de l’ombre des feuilles" (Ernest Chesneau, cité par Françoise Cachin dans Manet, RMN, 1983).

- Enfin, la question du plein air : plein air véritable selon Emile Zola, "Ce qu’il faut voir dans le tableau, […] c’est enfin cet ensemble vaste, plein d’air, ce coin de la nature rendue avec une simplicité si juste…".

Picasso aborde toutes ces problématiques en quatre temps.

1954 : copie/interprétation/variation.

Annoncée en 1932, il faudra attendre vingt-quatre ans avant que la confrontation ne débute. En 1954, Picasso ouvre un carnet sur la couverture duquel il écrit : "PREMIERS dessins/du déjeuner sur l’herbe/1954". L’artiste y réalise quatre dessins autour du Déjeuner, trois sont datés 26 juin 1954. Le dernier porte la date du 29.

Le premier dessin saisit la composition entière du Déjeuner. Tout y est, le paysage, la nature morte et bien sûr, les quatre personnages : la baigneuse, l’homme à gauche qui tend le bras (le beau-frère de Manet, Ferdinand Leenhoff), la femme nue (Victorine Meurent, le modèle de prédilection du peintre) et le second homme assis derrière elle (l’un des frères de Manet, Eugène ou Gustave).

Dans la deuxième étude datée du 26 juin, Picasso se concentre sur la position des quatre personnages. Pour la troisième, il cadre les visages de Victorine et Ferdinand.

Enfin, l’étude du 29 juin opère un retour fidèle, naturaliste et même affectueux, sur les quatre protagonistes.

Picasso s’empare de l’oeuvre de Manet, de sa mise en place, de ses acteurs, de leur relation qu’il a déjà fait évoluer. Il copie et interprète en même temps, s’écartant instantanément de la façon dont il a travaillé sur Delacroix et ses Femmes d’Alger en 1954 ou sur Vélasquez et ses Ménines en 1957. Dès cette mise en bouche, il modifie la composition, prend les commandes, un peu comme Manet avait fait lui-même avec les deux oeuvres dont il s’est inspiré. La question de la copie et de l’emprunt est d’actualité, tant pour Picasso, que pour Manet.

Jusqu’en août 1959, en plusieurs épisodes, Picasso explore à nouveau le tableau de Manet. Aucune douleur autour de ces multiples compositions : de la joie, de l’amusement, de l’ironie, du cabotinage parfois. La peintre a encore besoin de temps pour dominer "l’angoisse" Manet.

1960 : sujet

Au cours du mois d’août 1959, Picasso retrouve Le déjeuner sur l’herbe, autour duquel il exécute six dessins.

Le 27 février 1960, il livre sa première version peinte du Déjeuner. Le paysage s’éclaircit, la baigneuse du fond s’immisce entre les deux hommes. Victorine Meurent enfle comme un ballon. Son voisin s’amenuise.

Deux jours et deux tableaux plus tard, le paysage est réduit au sommet d’une vague colline où sont plantés deux arbres. Ferdinand, le "Causeur", comme le baptise Douglas Cooper (Picasso. Les Déjeuners, 1962), pérore toujours devant une Victorine qui a perdu sa rondeur. Son voisin fume désormais la pipe.

Au début de mars, Picasso met en chantier deux compositions radicalement différentes. La première introduit la couleur, tandis que la seconde toile renoue avec le style "cloisonné" développé par l’artiste à la fin de la guerre. Le tableau est sévère, vert et noir. Les personnages s’isolent et Picasso clôt cette première salve sur une composition totalement restructurée, comme si, après avoir décortiqué l’oeuvre pendant plusieurs semaines, il lui avait redonné un nouvel ordonnancement plus solide.

Picasso revoit la place de chacun des protagonistes. Victorine et le "Causeur" sont les piliers de l’oeuvre. Les deux autres, plus anecdotiques, changent de rôle. Ils s’effacent ou s’imposent selon les versions. La Victorine de Picasso n’est plus la baigneuse indécente de Manet. Elle ne regarde plus le spectateur mais dialogue silencieusement avec le personnage qui lui fait face. Une nouvelle scène se met en place, qui s’apparente au thème central des dernières années de l’oeuvre de Picasso : le dialogue entre le peintre et le modèle, le peintre et la peinture.

Picasso retourne à Manet en 1961. A l’opposé du dernier tableau de la première série, il semble s’amuser grandement des les deux versions datées du 19 avril. Victorine redevient un ballon tandis que la baigneuse du fond semble patauger dans une piscine gonflable et que le "Causeur", tout de rouge vêtu, ressemble à un Père Noël ou à un nain de jardin.

En juin, Picasso est sérieux. Chacun reprend son rôle dans la variation datée du 17. Début juillet, il grave plusieurs planches avec un "Causeur" dûment vêtu. Mais ensuite, Picasso révolutionne tout ce petit monde en déshabillant chacun. Picasso apporte ainsi une réponse à la bizarrerie du tableau de Manet, celle de la confrontation de la femme nue et des hommes habillés. Mais il semble également avoir regardé Cézanne qui regardait Manet.

Après avoir interprété le tableau de Manet, Cézanne dans ses longues recherches avait mêlé baigneurs et baigneuses dénudés. Le second homme, que Picasso couche dans l’herbe, un livre à la main, est véritablement cézannien. La parenthèse naturiste et cézannienne se clôt le 16 juillet 1961 avec un tableau dans lequel Victorine, démesurément allongée, géante, se penche vers le grand "Causeur" avec une allure de mante religieuse.

Le 27 juillet, Picasso transforme à nouveau Le déjeuner. Cette fois, il élimine le voisin de Victorine et tous les accessoires. Le "Causeur" perd ses cheveux, vieillit manifestement et évoque irrésistiblement le peintre lui-même. Picasso entre dans le tableau pour dialoguer directement avec une Victorine qui pourrait ressembler à sa femme Jacqueline.

Jamais Picasso n’a autant poussé Manet pour prendre sa place. Cinq fois il reprend cette nouvelle distribution. Parfois Victorine-Jacqueline est toute petite, soumise au docte geste du "Causeur". Parfois elle est son égale. Dans une dernière composition, peinte le 19 août 1961, Victorine-Jacqueline écrase de sa grandeur le "Causeur" transformé en marionnette, tandis que la baigneuse du fond patauge dans une baignoire. L’ironie est de retour.

1962 : le plein air

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Au Musée de Stockholm

Plusieurs oeuvres, gravures, dessins et même plaque céramique, témoignent de la persistance du thème du Déjeuner sur l’herbe en 1962. Un aspect de l’oeuvre reste d’ailleurs à traiter, celui du plein air.

Si peu préoccupé par le paysage qu’il ait pu être, il n’a pas échappé à Picasso qu’en fait du grand plein air que Zola avait vu dans le tableau de Manet, ce dernier n’avait peint qu’un décor de théâtre. Et, comme si Picasso avait voulu aller jusqu’au bout des intentions avortées de Manet, il reprend les personnages dans la vraie nature. Entre le 26 et le 31 août 1962, Picasso réalise une série de maquettes des personnages du Déjeuner.

Les cartons sont dessinés, pliés et Picasso peut placer, déplacer chacune des figures. Le déjeuner est un jeu échangiste, une "partie carrée" débonnaire et gaie. Les maquettes sont photographiées selon un ordre qui rejoint celui que Manet. Picasso place à leurs cotés une carte postale du tableau de Manet pour rappeler l’origine de sa composition. Pour insister sur le plein air, il dessine au crayon les arbres qui entoureront les baigneurs de béton. Ceux que Carl Nesjar tirera de ces maquettes et qui seront disposés, en 1966, dans le parc du Moderna Museet à Stockholm.

1970 : l’épilogue

La fin du tête-à-tête Picasso-Manet se situe peut-être dans une gravure intitulée Peintre cul-de-jatte dans son atelier peignant le "Déjeuner sur l’herbe" datée 5 avril 1970. Picasso a quatre-vingt-neuf ans. Son peintre n’est pas âgé mais il est diminué. Il ressemble toujours au "Causeur" des tableaux de 1961 mais il s’est projeté hors de la toile. A sa gauche, une femme (Jacqueline) se tient alignée le long du tableau. Tous deux regardent la composition. Victorine Meurent s’y abandonne dans les bras de son voisin (habillé). Le "Causeur" (habillé), désabusé, observe une poseuse nue que Manet n’avait pas imaginée.

La baigneuse du fond s’est éloignée. Le "Causeur" ne domine plus la situation, le peintre non plus. Les personnages et la peinture ont pris le pouvoir. Ultime chahut que Picasso impose à Manet. Et à travers Manet, à Giorgione, à Raphaël et à Marcantonio Raimondi et à Cézanne. A toute la peinture en somme.

Manet a été le premier à opérer la rupture avec l’héritage classique en même temps qu’il opérait le retour vers les musées et ses maîtres. Picasso sait que c’est précisément entre cette femme nue, figure éternelle, et l’homme en costume moderne, le peintre, tous les peintres, que se noue le dialogue entre la tradition et l’invention. C’est là que résident peut-être les "douleurs" que Picasso entrevoyait en 1932.

 

 Les Misérables

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Les Misérables

Les cinq parties du roman Les Misérables, de Victor Hugo, parurent entre le 3 avril et le 30 juin 1862. Le récit s’organise autour de Jean Valjean, ancien forçat, depuis sa sortie de prison en 1815 jusqu’à sa mort, en 1833, dans les bras de Cosette et de Marius. Mais autour de Jean Valjean, apparaissent aussi les destinées d’autres misérables : Fantine, ouvrière obligée de confier Cosette, sa fille, à des inconnus, les Thénardier qui la traiteront comme une esclave. Marius, qui tombe amoureux de Cosette, et qui s’engagera sur les barricades lors de l’insurrection de 1832. Gavroche, gamin de Paris, qui sera tué, en chantant, sur une barricade.

L’ambition démesurée de Victor Hugo est explicite : " Ce livre est un drame dont le premier personnage est l’infini. L’homme est le second ".
Force est de constater sa vigueur, 146 ans après sa sortie, et de saluer cette œuvre, qui selon Victor Hugo lui-même, visait à « dénoncer la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit ».

Il disait encore : "Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers et compliquant d’une fatalité humaine, la destinée qui est divine… tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres comme celui-ci pourront ne pas être inutiles."

 Dominique

L’œuvre maîtresse d’Eugène Fromentin est Dominique (1862), qui évoque le difficile renoncement de l’adulte aux rêves de l’adolescence. Cet unique roman transpose ses propres souvenirs et ses amours d’enfance. On retient de ce roman son caractère autobiographique, qui donne des accents de sincérité remarquable aux analyses psychologiques. Le sentiment de la nature, la beauté des descriptions de l’automne ont fait aussi la célébrité de cette œuvre.





Sources :

- Archives municipales séries 1 D 19
- 2 D 11 (courriers) - et 3.O.1