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1863, de juillet à décembre




1er juin 1863 : à Châteaubriant, troisième circonscription de Loire-Inférieure, au bureau de vote de Châteaubriant il y a eu 767 votants. M. Joseph Simon, candidat du gouvernement, sortant, a obtenu 636 suffrages tandis que son concurrent, M. Jean Oheix en a obtenu 124. Au bureau de vote de Béré sur 96 votants. M. Simon a obtenu 90 voix et M. Oheix 6 voix.

10 juin 1863 : au Mexique, Bazaine occupe Mexico et Napoléon propose le titre d’empereur à Maximilien d’Autriche. Celui-ci hésite mais son épouse, Charlotte de Belgique, est éblouie. Maximilien répond qu’il ne siègera que si la nation mexicaine tout entière, en est d’accord. On fait donc voter les notables, tout en indiquant en marge la population de la localité, comme si tous les habitants avaient voté.

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Faubourg de Loges

14 juin 1863 : Un Conseil Municipal se réunit à Châteaubriant sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul, maire. Il s’oppose à ce que le classement du chemin n° 34 (de Fougeray à Juigné) soit poussé jusqu’à la rencontre avec la route impériale n°178 [Ndlr : c’est-à-dire jusqu’au boulevard de l’Eperon]. « Le chemin doit s’arrêter à l’entrée de la place du marché aux vaches, c’est-à-dire à la partie extrême du Faubourg des Loges, du côté de la ville. Il convient que la place reste soumise à la voirie urbaine. La route qui le traverserait et qui pourrait, par ses caniveaux, être gênante pour la tenue du marché, serait d’ailleurs inutile et ne serait pas suivie par la circulation »

Par ailleurs le Conseil Municipal est d’avis d’ajourner le nivellement du Faubourg des Loges qui aurait pour effet « de nuire à la solidité des maisons et d’entraîner des indemnités considérables ».

Enfin le Ministre de l’Intérieur accorde une subvention à la ville, pour travaux d’utilité commmunale. Le Conseil témoigne à son excellence sa reconnaissance et dit que cette somme sera employée « en travaux de voirie et en faveur des ouvriers sans ouvrage »

15 juin 1863 : en conformité avec la circulaire du Préfet du 10 novembre 1862, la commune de Châteaubriant s’abonne en double exemplaire au « Moniteur des Communes » à partir du 1er juillet 1863.

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Rue Aristide Briand

16 juin 1863 : M. Boutruche propose de vendre à la ville la maison qu’il possède rue de Couëré, pour 12 000 frs. « Prix nullement exagéré » : le maire a d’ailleurs fait faire une estimation qui s’est révélée supérieure.

19 juin 1863 : M. Lucas Delaunay, insti-tuteur, demande qu’on l’autorise à porter à 15 le nombre de ses pensionnaires. Avis très favorable du maire.

26 juin 1863 : le maire transmet à M. Pasqua Gustave, le diplôme de bachelier qu’il a obtenu devant la faculté des sciences de Rennes.

26 juin 1863 : le montant de la rétribution scolaire pour le 2e trimestre de 1863 se monte à 482 frs dont 330 frs pour les élèves domiciliés à Châteaubriant et 152 frs pour les élèves étrangers.

 La manière toute spéciale de M. le juge

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5 juillet 1863 : à l’occasion d’une enquête publique sur le projet de démolition des vieilles halles, le juge de paix « en l’absence de toute observation, pour ou contre, et voulant suppléer au silence significatif de ses concytoyens (sic), a présenté en deux pages in-quarto, quatre timides observations ». Le Conseil Municipal du 5 juillet « qui connaît de longue date la manière de voir toute spéciale de M. le Juge de paix » lui fait, à l’unanimité, la réponse suivante :

« Il est nécessaire de démolir la maison Boutruche en saillie sur l’alignement de la place et faisant corps avec les vieilles halles. Pour les propriétaires riverains dotés de nouvelles lignes de façade, l’avantage d’une reconstruction est si évident qu’on a souvent dans le Conseil délibéré sur la question de savoir si oui ou non on les ferait concourir aux dépenses de la ville pour cet objet ».
M. le Juge de Paix aurait pu affirmer et proclamer l’amélioration et l’assainissement produits par la démolition des anciennes halles. Cette espèce de rue couverte est privée d’air et de soleil, un des bas-côtés dont la toiture touche le sol n’est d’aucune utilité et, malgré la surveillance incessante de la police, devient le plus souvent un dépôt d’ordures. Il faudrait, dit le Juge de Paix, commencer sur d’autres points les améliorations de voirie et les reporter sur les rues Basse, de Claire Goutte, Tournebride et du Pélican. Pour améliorer ces rues d’une importance très secondaire, il faudrait acquérir un grand nombre de maisons. Le Conseil croit plus opportun de concentrer les possibilités financières de la commune sur le quartier des vieilles halles, point central et seule traverse de la ville du nord au midi, ces halles d’un aspect sordide touchent la rue de la mairie bien construite et presque complétée par les halles et vastes maisons qui s’y élèvent ».

« Les anciennes halles sont d’une insuffisance notoire à couvrir les populations rurales. Le marché aux volailles et au beurre s’étend bien au delà et bien plus dans les rues Grande et de Couëré : en temps de pluie les populations s’y pressent et forment un encombrement tel que la circulation devient presque impossible ».
« Tous les marchés à Châteaubriant sauf le marché aux grains, se tiennent en plein air. La démolition des halles aura pour résultat de mettre à décou-vert à peu près le quart de l’espace ocuppé (sic !) par le marché des menues denrées »

Le Conseil Municipal ne pense donc pas qu’il y ait lieu de surseoir à l’acquisition de la maison Boutruche qu’il peut toujours faire à des conditions avantageuses. Et que l’amélioration de ce point est la plus désirable pour la ville. « Les propriétaires voisins sont les premiers à demander l’enlèvement des vieilles halles, comprenant bien que leurs maisons y gagneront air, soleil, façade et clientelle (sic !) puisque tous continueront à jouir d’un marché dont l’emplacement agrandi permettra le développement nécessité par l’accroissement des produits de l’agriculture ».

5 juillet 1863 : à ce même Conseil Municipal il est dit que le Préfet annonce l’établissement de caniveaux sur la route impériale n°178 au droit de l’hôtel de ville « Ces rigoles, dit-il, seront faites dans le courant des années 1864-1865 »

Concernant le Pont Glémois, l’administration apprécie l’incontestable utilité des travaux réclamés. MM. les ingénieurs sont chargés de rédiger les projets. Toutefois la commune de Châteaubriant n’est pas autorisée à en conclure que la reconstruction du Pont Glémois et la rectification du Faubourg de Couëré doivent être entrepris prochainement. Bien des projets plus urgents, dont les projets sont depuis des années approuvés par l’autorité supérieure, n’ont pas encore eu leur tour d’exécution. « Il est à craindre que le chapitre du budget des routes impériales continuant d’être très surchargé, le projet de reconstruction du Pont Glémois ne puisse être exécuté que dans un délai assez éloigné ».

6 juillet 1863 - Fondation du Crédit Lyonnais à Lyon par Arlès-Dufour, Enfantin, Talabot et Chevalier.

7 juillet 1863 : lettre au Sous-Préfet au sujet des vieilles halles.

« Elles sont situées au point central de la ville de Châteaubriant sur la ligne la plus importante pour la circulation et le commerce, la plus courte pour relier entre eux les quatre principaux marchés. Ce quartier s’améliore : la rue neuve des Halles, large et régulière, se complète cette année par des constructions relativement belles et importantes. Sur d’autres points il se bâtit des maisons satisfaisantes.

Les vieilles halles, sous lesquelles il faut passer, laides, sales et dégoûtantes, forment un disparate choquant et très critiqué. Elles rendent bien peu de services. Leur démolition est très désirée ».
« Pour y parvenir, pour établir une place régulière et centrale où le marché aux denrées se tiendrait plus à l’aise, prendrait de l’accroissement, il est besoin d’acquérir les maisons de Boutruche et de Thuau qui font saillies et sont enchevêtrées dans la construction des Halles »

« Nous avons pu acheter à un prix raisonnable la maison Boutruche, stipulé un mode de paiement s’accordant bien avec les possibilités de la commune. Si Monsieur le Sous-Préfet veut bien approuver cette acquisition, les habitants de Châteaubriant seront reconnaissants et satisfaits de la perspective d’une prochaine amélioration de leur ville »

[Ndlr : la rue neuve des Halles qui s’appelait aussi : rue de la mairie, s’appelle maintenant : rue A.Briand]

Pour donner une preuve des désirs des citoyens, le maire joint à sa lettre une pétition adressée en 1856 au Conseil Municipal « et couverte de nombreuses signatures ».

13 - 16 juillet 1863 : dans les villes du Nord, en Amérique, les Blancs pauvres s’en prennent aux Noirs qu’ils accusent d’être à l’origine de la guerre civile. À New York, les émeutiers attaquent le bureau de recrutement principal. Pendant trois jours, ils détruisent bâtiments, usines, tramways et domiciles des riches. Des Noirs sont assassinés. Les troupes de l’Union entrent dans la ville pour mettre fin aux émeutes. Total : 400 morts environ.

14 juillet 1863 : Mme Marie Rose Lorieux, est la veuve de François Derouet, marchand de nouveautés et propriétaire à Châteaubriant. Par un testament du 30 décembre 1848 elle a légué à l’hospice la somme de 200 frs « qui ne sera payée par sa légataire qu’un an après le décès de la testatrice ».
[Ndlr : Mme Lorieux est décédée le 9 mars 1863. [voir plus loin au 7 février 1864].

Mlle Cécile Guérin, propriétaire à Châteaubriant, par testament olographe du 14 mai 1855, a constitué, à titre perpétuel, une rente de 50 frs, à charge pour l’hospice de faire célébrer chaque année deux messes basses pour le repos de son âme et de celle de ses parents.

Ces extraits de testaments sont envoyés au maire par le notaire.

15 juillet 1863 : l’hospice de Châteaubriant reçoit 14.25 frs, correspondant au montant d’une amende.

 L’ouvroir

17 juillet 1863 : l’inspecteur général des établissements de bienfaisance a visité l’hospice de Châteaubriant. La commission administrative de cet hospice « a été flattée de voir combien M. Martin Doisy savait apprécier son zèle et son dévouement dans l’accomplissement d’un mandat souvent ingrat et toujours difficile ».

22 juillet 1863 : un secours de 450 frs est attribué par le ministre de l’instruction publique à la salle d’asile de Châteaubriant, pour secours de vêtements et aliments aux enfants pauvres. Le maire en avise la Présidente des Dames Patronnesses de la salle d’asile.

27 juillet 1863 : il y a un problème averc l’ouvroir, établi dans les bâtiments de l’hospice, qui assure nourriture et logement à des jeunes filles. Mme la supérieure de l’ouvroir souhaite payer à l’hospice une rétribution de 30 centimes par jour en présence d’élèves et percevoir à son profit la rétribution des élèves et tous autres revenus de l’établissement.

Le Préfet n’apprécie pas cette situation : « L’ouvroir est établi dans des bâtiments appartenant à l’hospice et doit conserver son caractère d’institution hospitalière et publique ». - « Il ne serait d’ailleurs pas convenable que l’administration de l’hospice conservât dans son établissement une institution privée dont la direction serait indépendante de son action et de sa surveillance ».

Par ces motifs M. le Préfet propose « que l’hospice continue de loger et entretenir les élèves de l’ouvroir et perçut à son profit la rétribution des élèves, le produit du travail et, en un mot, tous les revenus de l’institution ». [voir au 23 septembre]

6 août 1863 : la famille de l’enfant sourd et muet, Hersant Léon, né à Châteaubriant le 7 juillet 1854, désirerait bien le faire admettre à l’école de la Persagotière à Nantes. Mais sa position de fortune ne peut lui permettre de faire aucun sacrifice « pour lui procurer les bienfaits de l’instruction ». Le maire demande, pour eux « que M. le Préfet de la Loire-Inférieure, dans sa sollicitude pour le malheureux, daignât l’y faire entrer à titre gratuit ». Le chef de cette famille, qui tient un petit débit de boisson, est « un ancien militaire dont la conduite a toujours été très honorable. Et sa moralité est à l’abri de tous reproches ».

6 août 1863 : le maire écrit à des propriétairees de Châteaubriant : MM. Jules de la Pilorgerie, de St Luc, Le Pays de la Riboisière Gustave, Derval Victorien et à Mme Marsolier (ils sont tous propriétaires de terrains ou maisons dans le Faubourg des Loges).

Le maire leur demande « s’ils sont dans l’intention d’accepter ou de refuser l’indemnité qui leur est offerte pour cession de terrains destinés à la construction du chemin n° 34 de Fougeray à Juigné les Moutiers ».

8 août 1863 : le maire écrit à M. Merson, imprimeur libraire à Nantes, pour lui demander « de vouloir bien inscrire dans le numéro le plus prochain de [son] estimable journal », une note concernant la vente par Mlle Delalande Françoise, d’une parcelle de terrain destinée à la construction du chemin n°6.

« A l’expiration de la quinzaine, veuillez bien, monsieur, avoir l’extrême obligeance de faire légaliser votre signature par M. le maire de Nantes et de me faire parvenir un numéro de votre journal contenant l’insertion dont il s’agit en y joignant votre mémoire »

[Ndlr : le chemin n°6, (de la Vannerie à la Barre), correspond, de nos jours , à la Rue de la Victoire et à la rue Marcel Viaud]

11 août 1863
 : M. Bossé Pierre est autorisé par arrêté préfectoral du 9 mai 1863, à établir une tannerie et une mégisserie à Belêtre sur le bord de la Chère.

11 août 1863 : la vente des herbes des promenades publiques a rapporté 46 frs.

 Le pont effondré

16 août 1863 : un Conseil Municipal se réunit à Châteaubriant sous la présidence de M. Béchu, maire, analysant un incident survenu en janvier 1863 : « le tablier en bois du pont sur le Rollard, Grande Rue, [sous lequel coule le ruisseau de Vozelles] est tombé de vétusté. Les madriers formant le tablier, posés il y a 53 ans, étaient pourris et n’avaient plus de solidité. Rien ne révélait cet état de choses dissimulé par le pavé recouvrant l’aqueduc ».

« Un abaissement subit, heureusement sans accident, eut lieu sous la charge d’une charrette. La réparation immédiate d’urgence et par voie d’économie était nécessaire. Tous les vieux madriers ont été enlevés et remplacés en bon et fort bois ». La dépense s’est élevée à 771.03 frs. Ler maire demandera, le 22 septembre, l’approbation du Préfet.

Autre sujet : plusieurs propriétaires demandent des alignements pour des constructions qu’ils se proposent d’élever sur leurs terrains bordant la Place des Terrasses où se tient le marché aux cochons. Le Conseil Municipal charge M. Morin, architecte de la ville, de faire un projet pour cette place.

18 août 1863 : le maire de Châteaubriant demande au Sous-Préfet de relancer les maires de Soudan, St Aubin et Ruffigné qui n’ont pas encore renvoyé le questionnaire de l’enquête agricole de 1862, nécessaire pour l’enquête cantonale….. Mais le 16 octobre 1863 il n’aura toujours rien. Et dire que cette statistique était qualifiée d’urgente !

23 août 1863 : nouveau Conseil Municipal à Châteaubriant, donnant son accord sur le plan d’alignement proposé pour la Place des Terrasses.

Par ailleurs le Conseil autorise le maire à effectuer les travaux nécessaires dans le grenier joignant la grande salle de la mairie pour le convertir en salle d’archives.

Enfin le Conseil autorise le maire à rectifier les abords du lavoir public dit « Le bassin » et à couvrir ce canal jusqu’à la grand route.

24 août 1863 : il y a un problème avec le testament de Mlle Fresnaie de la Briais car les conditions éventuelles du legs à l’hospice ne sont pas réalisées car « par suite du prédécès de la testatrice à M. Fresnais de Lévin, ce dernier est devenu possesseur irrévocable des biens qui lui ont été attribués » .

31 août 1863 : En ce qui concerne la Maison Boutruche, le Préfet n’accepte pas les conditions de l’achat par la ville, il demande que le paiement ait lieu à des époques fixes et déterminées à l’avance. Le Conseil Municipal offre de solder par des annuités de 3000 frs à partir de 1866 mais M. Boutruche n’est pas d’accord.

Il expose en effet qu’à son âge avancé (environ 60 ans), retiré des affaires, et dans sa position de fortune, il souhaite « s’assurer pendant sa vie d’un revenu fixé, certain, sans risque et sans difficulté de paiement » et que « si on lui imposait de toucher des capitaux il ne consentirait pas à la vente de sa maison qui lui produirait le même revenu solidement établi ; que pour fixer un terme de paiement déterminé, il consentirait à stipuler que le capital serait soldé par annuités de 3000 frs à partir de 1880 parce que, dans ce délai, il aura certainement cessé d’exister ». Avec humour il ajoute : « Je ne sais jusqu’à quel point cette dernière supposition non écrite est sérieuse ».

Le maire commente : « dans cet état de choses et du moment qu’il est possible d’acquérir cette maison, il serait à désirer que M. le Préfet voulût bien autoriser l’acceptation des conditions exprimées par M. Boutruche dans la promesse de vente par lui souscrite » - « Ces conditions ne compromettent pas réellement les intérêts de la commune et lui sont plutôt très avantageuses, en lui laissant la facilité pour d’autres améliorations. L’intérêt communal sera servi, sans grever la commune. Il n’est à peu de choses près que l’intérêt du revenu que produirait le capital qu’elle conserve. Et, quand se réalisera l’époque du placement du capital, la commune aura un an d’avance, pour gouverner, sous la direction de l’administration supérieure, son budget de manière à faire face à sa dette et à ses engagements ».

Le maire insiste : cette tâche est loin de dépasser les forces financières de la commune. « L’examen du budget montre que chaque année la commune, les dépenses obligatoires payées, consacre à des dépenses obligatoires qui peuvent être réduites ou supprimées, une somme bien supérieure aux annuités de 3000 frs à payer aux héritiers Boutruche ».

 Ambarassantes

Dans son plaidoyer le maire dit encore : « A cet égard, et pour répondre d’avance aux éventualités des charges de l’avenir, je ferais observer que la commune n’est pas arrivée à l’apogée de ses ressources, qu’elle n’a d’octroi que sur les boissons et pas de centimes additionnels extraordinaires »

« Ces vieilles halles sont ignobles et ambarassantes (sic !), elles nuisent à l’aspect du principal quartier de la ville. Leur démolition est ardemment désirée par la population. C’est une mesure dispendieuse, il est vrai, mais une de ces mesures qu’il appartient à l’autorité supérieure, appelée à favoriser les améliorations, de conseiller et de faciliter quand les communes veulent bien les entreprendre à leurs dépens ».

1er septembre 1863 : lettre à M. Crouillebois, cabaretier, qui a demandé un changement de domicile. « M. le Sous-Préfet m’informe que les renseignements qui lui sont fournis sur la tenue de votre établissement ne lui permettent pas de l’accueillir ».

 Sourd-muet

16 septembre 1863 : le jeune Hersant [revoir au 6 août 1863] sera admis à l’école des sourds-muets de Nantes « lorsqu’il surviendra des vacances » mais les époux Hersant doivent se mettre « en position d’aisance suffisante pour concourir à la dépense d’entretien de leur enfant ne fut-ce même que pour l’achat du trousseau ». Le maire précise que « dans leur dévouement et leurs désirs de bons parents de faire admettre le plus tôt possible leur enfant à l’école des sourds-muets et de diminuer les malheurs de son infirmité, les époux Hersant sont disposés à se soumettre, au prix des plus grands sacrifices, à tout ce qu’il plaira à dire ».

Hersant est un ancien militaire de 48 ans, estropié du bras droit. Il jouit d’une pension militaire de retraite de 228 frs [par an] pour « blessures et infirmités évaluées à la perte absolue de l’usage d’un membre ».

« Cet homme invalide conduit, moyennant un faible salaire, des voitures publiques en qualité de postillon. C’est pour lui un métier dangereux. Cette année il a fait une chute grave qui, pendant plusieurs mois, a causé souffrances et interruption de travail. La femme Hersant, âgée de 44 ans, est faible et de mauvaise santé. Elle tient un débit de boissons et jusqu’ici elle n’a donné lieu à aucune plainte dans l’exercice de cette profession ».

« Les époux Hersant sont de bonne conduite. Ils ont de l’ordre, de l’économie, de la prévoyance. Hersant est membre de la société de secours mutuels. Ils auraient de l’aisance s’ils n’avaient pas perdu leur pécule placé chez un notaire infidèle. Je me suis assuré que, depuis, ils ont refait un petit capital de quelque 100 frs, ressource prudente et nécessaire pour les éventualités de toutes sortes et pour subvenir aux frais d’apprentissage de leurs enfants ».

« Ils ont 3 enfants, le second âgé de 10 ans, sourd-muet, est très intéressant. Il est fort, il a une figure ouverte, intelligente et a le plus grand désir d’apprendre et d’entrer à l’école (…) ».

Les parents seront heureux et reconnaissants si M. le Préfet, ainsi qu’il a semblé le décider, les assujettit seulement à l’achat du trousseau. « Ce serait commisération et justice ».

18 septembre 1863 : M. Legal, propriétaire négociant à Châteaubriant, est nommé membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance de Châteaubriant (arrêté du Préfet du 11 sept). M. Bessin, notaire à Châteaubriant, est nommé membre de la commision administrative de l’hospice de Châteaubriant (arrêté du Préfet du 11 sept).

22 septembre 1863 : La rétribution scolaire pour le 3e trimestre 1863, se monte à 298 frs (dont 218 frs pour les élèves dont les parents habitent Châteaubriant ).

23 septembre 1863 : au sujet de l’ouvroir [voir au 27 juillet 1863], la commission administrative de l’hospice a adressé au Préfet les raisons qui l’ont déterminée à adopter pour l’ouvroir, établi dans les bâtiments de cet asile charitable, la constitution d’une indemnité de logement et de pension au profit de l’établissement. Le Préfet approuve ces mesures.

« La recette de 900 frs se trouvant ainsi assurée, M. le Préfet ouvre au budget de l’hospice de 1863, un crédit additionnel de pareille somme, à titre d’achat de farine, pain, viande et comestibles » .
Pharmacien
chocolatier

25 septembre 1863 : M. Thoumelet, (ou Thommelet), pharmacien à Châteaubriant, a demandé l’autorisation de se servir d’une machine à vapeur locomobile pour faire marcher une chocolaterie qu’il possède dans une maison appartenant à M. Guimené, sise rue de la Porte Neuve de cette ville. L’enquête commodo-incom-modo n’a recueilli aucune observation. Le maire appuie la demande d’autorisation.

28 septembre 1863 : M. Jamonneau Victor, en religion « Frère Claudiou », de l’institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, demande d’adjoindre à l’établissement qu’il dirige « un petit pensionnat également libre ».

1er octobre 1863 : les individus soumis à la surveillance de la Haute Police sont désormais quatre par l’arrivée dans la commune de Piraud Mathurin. En ce qui concerne les trois autres « je vous dirai que la conduite de ces malheureux, pendant le 3e trimestre de 1863, n’a donné lieu à aucune remarque ».

13 octobre 1863 : la commission administrative du bureau de bienfaisance sollicite l’autorisation d’établir une loterie « dont le produit serait employé au soulagement de la classe indigente ». Le prix de chaque billet est fixé à 50 centimes et il y aura 2500 à 3000 billets [Le Préfet donnera son autorisation le 20 octobre]

13 octobre 1863 : le Préfet a ouvert un crédit de 300 frs au budget de la commune pour entretien de la salle d’asile

16 octobre 1863 : le maire de Châteaubriant s’impatiente. Pour une statistique agricole déclarée « urgente » par le Préfet, il a réclamé des éléments aux autres maires de son canton : St Aubin des Châteaux, Soudan et Ruffigné. Le 8 juillet les maires de St Aubin et Soudan avaient promis de remettre sous quinzaine le questionnaire dûment rempli. Le maire de Ruffigné était absent. Le 18 août le maire de Châteaubriant a demandé au Sous-Préfet de faire une relance. Mais depuis … il n’a toujours rien !

18 octobre 1863 (et lettre du 22 octobre) : un Conseil Municipal se réunit en session extraordinaire sous la présidence de M. Béchu pour entendre le refus du Préfet, trouvant que les conditions posées par M. Boutruche, pour la vente de sa maison, sont trop onéreuses pour la commune. Le maire soumet alors de nouvelles propositions de M. Boutruche : le prix de 12 000 frs sera payable en 4 annuités de 3000 frs le 24 juin 1866 et pareil jour des années 1868, 1870 et 1872 avec intérêt de 5 %.

M. Boutruche propose de remplir, aux frais de la ville, les formalités nécessaires pour rendre son fils, encore mineur, « habile à consentir la vente » qui devra être réalisée au plus tard le 1er janvier 1864. Le Conseil Municipal accepte mais demande « la délibération homologuée du conseil de famille autorisant la vente au nom du mineur Boutruche ».

Par ailleurs le Conseil Municipal autorise le maire à offrir à M. Thuau [propriétaire d’une autre maison attenante aux vieilles halles] la somme de 6000 frs à la condition expresse que l’affaire soit réglée à l’amiable.

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Châteaubriant-ouest

Enfin le maire attire l’attention du Conseil Municipal sur l’opportunité de modifier le chemin n° 7 [de Béré au Bois Briant] et propose, à partir du village de La Mercerie, de bifurquer « de manière qu’une des branches soit dirigée sur le village important du Moulin Neuf pour, plus tard, après avoir traversé la rivière, être continuée par la Rouhaudière, et la Thébergeais en desservant le village de l’Audays »…

« Et que l’autre branche soit dirigée de façon à relier l’extrémité de la commune avec celle de Rougé en desservant les villages de La Bricaudière, du Puits, de la Bruère et de la Corbinais ». [Voir aussi au 27 octobre 1863]. Le Conseil Municipal considérant que le bon état des voies de communication est le plus sûr moyen d’améliorer l’agriculture et de faciliter l’expansion du commerce, adopte à l’unanimité les modifications proposées.

En même temps il appelle l’attention du service vicinal sur l’état déplorable des terrassements du chemin de St Aubin « qui chaque jour soulèvent les plaintes les mieux justifiées » et conclut en demandant leur empierrement immédiat.

21 octobre 1863 : Y a-t-il eu un problème avec M. Yvon ? Le maire écrit au commissaire de police : « M. Yvon s’est décidé tardivement à former une demande d’alignement. Le temps ayant manqué pour instruire cette demande, je vous prie de solliciter du tribunal de simple police un sursis, et le renvoi de l’affaire à quinzaine ». [voir au 2 novembre 1863]

27 octobre 1863 : Le maire adresse au sous-préfet le tracé retenu pour le chemin de petite communication n°1.

« Le chemin étant exécuté jusqu’au village de La Mercerie, il est nécessaire que MM. les agents du service vicinal veuillent bien s’occuper des plans à faire pour le prolonger suivant les indications du Conseil »

« La ligne jusqu’au village du Moulin Neuf est la plus urgente, le chemin actuel est très mauvais et le village n’a pas d’autre débouché ».

« La ligne sur les villages du Puits, de Haute et Basse Bruyère nécessitera beaucoup moins de travaux, le chemin actuel est large et solide. Dans une partie seulement et de très peu de longueur, il a été tellement rétréci par d’anciens envahissements qu’il est impossible d’y passer avec des charrettes chargées. Il serait à désirer que cette partie fut promptement réparée.

2 novembre 1863 : le maire écrit au commissaire de police « Je vous transmets, pour être notifiée sans perte de temps au sieur Yvonn propriétaire à Châteaubriant, une ampliation de l’arrêté que j’ai pris sous la date du 31 octobre, à l’effet de fixer l’alignement que ce propriétaire aura à suivre pour clore son terrain jouant la place de la Halle aux Blés » (= place de la mairie).

7 novembre 1863 : la construction du chemin vicinal n°41 (de Soulvache au Grand-Auverné) a laissé vagues des parcelles de terrains jouxtant les propriétés de M. Chatelier Jean Baptiste, docteur en médecine et de M. Delaunay de St Denis Léon, qui veulent profiter de la loi du 18 mai 1836 et « ont soummissionés ces terrains « (sic !)

2 décembre 1863 : le maire de Châteaubriant peut enfin renvoyer au sous-préfet le questionnaire de l’enquête agricole de 1862 mais … sans les renseignements pour la commune de Ruffigné !

7 décembre 1863 : M. l’abbé Anger lègue une somme de 200 frs à M. le Curé de Châteaubriant. Il institue l’hospice son légataire universel « et par éventualité le bureau de bienfaisance de cette ville ». Mais à charge de transmettre des legs particuliers au grand séminaire de Nantes et à trois paroisses du département de la Mayenne.

10 décembre 1863 : le 9 octobre dernier le bureau de bienfaisance a voté, additionnellement au budget, une somme de 300 frs pour donner des aliments aux indigents. Le crédit est épuisé.

17 décembre 1863 : M. Etienne, commissaire de police, a quitté la commune le 13 décembre 1862 et a été remplacé le 26 janvier 1863 par M. Berruyer. Cependant le salaire de 1400 € a été payé en totalité à M. Etienne. Le maire réclame 3.83 frs par jour soit 20 jours en 1862 (76,66 frs) et 25 jours en 1863 (soit 95,77 frs). [La ville sera remboursée le 26 décembre, d’un montant de 166,86 frs]

22 décembre 1863 : le maire transmet au sous-préfet « une supplique » au sujet de l’admission du jeune Hersant à l‘école des sourds-muets de Nantes. « Je vous ai adressé les pièces du jeune le 6 août dernier » dit-il. « Ce malheureux enfant excite vivement l’intérêt public et plusieurs personnes charitables m’ont demandé de solliciter en sa faveur la bienveillance du M. le Préfet ». [Voir au 26 décembre 1863]

22 décembre 1863 : le maire écrit au sous-préfet : « Je vais faire tirer de la pierre dans la carrière de la Bricaudière en s’étendant vers les terrains de Mlle Delaunay de St Denis. Le dommage qui en résultera pour Mlle Delaunay sera à peu près nul et j’ai besoin de cette pierre pour la construction du chemin qui servira à l’exploitation de sa métairie ». [Il s’agit du chemin n° 7, revoir au 18 octobre 1863].

« Si cependant Mlle Delaunay était dans l’intention de s’opposer à l’extraction de cette pierre, j’aurais à faire régulariser l’affaire en demandant à M. Le Préfet que la carrière fut réservée aux besoins des chemins vicinaux. Je ne pense pas que pareille décision fut dans l’intérêt de Mlle Delaunay et ne la provoquerai pas sans qu’elle me mette dans la nécessité de le faire ».

23 décembre 1863 : le montant de la rétribution scolaire pour le 4e trimestre de 1863 se monte à 566 frs, soit 368 frs pour les élèves appartenant à la commune et 198 frs pour les autres

26 décembre 1863 : au sujet du jeune Hersant, le Préfet rappelle que, le 13 août dernier, il avait fait savoir qu’il n’y avait pas de place vacante dans l’établissement de la Persagotière à Nantes. Ce jeune ne pourra être accueilli qu’en septembre 1864 au mieux.

Au chaud

Il est toujours intéressant de consulter une revue médicale pour se rendre compte de l’évolution des techniques. En page 321 de la revue de thérapeutique médico-chirurgicale, parue en 1863, on lit ceci, à propos des brûlés : « Quand on a à secourir un blessé de ce genre, il faut le mettre au lit aussi chaudement couvert que possible ». Et, en ce qui concerne les pansements : « le premier pansement doit être laissé jusqu’à ce qu’il soit baigné de suppuration ».

A notre époque, au contraire, on recommande le refroidissement ses zones brûlées et on fait en sorte d’éliminer tout risque d’infection.

Chapeau

Comment faire savoir à la mairie le sexe de l’enfant qu’on vient décaler ? Le procédé est simple :

« La plupart des communes de France ont conservé la disposition de l’ancienne qui enjoint de présenter le nouveau né à la mairie. Il est des communes dans le midi de la France où le nouveau né n’est jamais présenté, où il n’ y a même aucune déclaration verbale de la naissance. Il y a déclaration pourtant mais cette déclaration est symbolique : si le père de l’enfant se présente au domicile du maire en gardant son chapeau sur la tête, celui ci inscrit un garçon ; si le père reste la tête couverte d’un bonnet, le maire inscrit une fille. A Paris nous croyons que dans les arrondissements le certificat du médecin fait foi »

(revue de thérapeutique médico-chirurgicale, 1863, page 310)

 Olympia

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Olympia

Olympia est un célèbre tableau réalisé par Édouard Manet en 1863. Initialement prévue pour le Salon des Refusés de la même année, l’œuvre ne sera finalement dévoilée par le peintre que deux ans plus tard.

L’œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l’herbe, représente une prostituée semblant issue d’un harem à l’orientale et s’apprêtant visiblement à prendre un bain. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche et la femme noire, s’inscrit en réalité dans la longue tradition artistique dite de « l’odalisque à l’esclave ».

L’atmosphère générale d’érotisme est renforcée par la présence du chat noir à la queue relevée, aux pieds de la jeune fille. L’animal fut ajouté par Manet, non sans humour, peut-être pour désigner par métaphore ce que la jeune fille cache précisément de sa main

Bien que Manet ait à l’évidence cherché le scandale, l’avalanche de récriminations dont il fut la victime l’accabla assez fortement, et le soutien de son ami Charles Baudelaire l’aida à passer ce cap difficile de sa vie.

Source : Wikipedia





Source : archives municipales de Châteaubriant 1 D 19 et 2 D 11 (courriers).

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