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1864 - mai-juin




 Histoire de boucheries

19 mai 1864 : le maire réclame des secours urgents pour « deux malheureuses de la commune, Marie Merot, veuve Boisseau, et Anne-Marie Brillet, pour les aider à élever leurs enfants »

20 mai 1864 : Jean Marie Hurel, cavalierfde première classe au 8e régiment de lanciers a reçu un congé de libération le 31 décembre 1863. Il réclame son « mandat de masse ». D’après le livret dont il est porteur, celui-ci s’élèverait à 50,28 frs. Le maire en fait la demande, pour lui, au sous-intendant militaire à Nantes.

24 mai 1864 : le Curé de Châteaubriant invite la compagnie de sapeurs pompiers à assister aux processions de la Fête Dieu qui auront lieu, la première le dimanche 22 mai à 11 heures du matin et la seconde le dimanche 5 juin à 5 heures du soir.

24 mai 1864 : Maximilien d’Autriche est devenu empereur du Mexique depuis le 10 avril. Son arrivée à Vera Cruz est glaciale. Les Mexicains se sont cloîtrés chez eux. Les rues ne sont peuplées que par les atroces copilotes, ces vautours mangeurs de charogne qui croassent lugubrement sur le passage du cortège.

25 mai 1864 : à Paris la loi du 25 mai 1864 modifie le Code pénal visant la grève : la répression n’est désormais prévue que dans le cas de violence, de menaces ou d’atteintes à la liberté du travail. La loi de 1864, dont le député républicain Émile Ollivier fut le rapporteur, est la plus importante loi de l’Empire car, implicitement, elle autorise la grève. Elle s’inscrit dans le programme de réformes sociales qui devait comprendre l’octroi d’un statut légal des coopératives (défini dans le cadre de la loi de 1867 sur les sociétés) et la tolérance accordée aux chambres syndicales ouvrières (1868)

Emile Ollivier

Emile Ollivier est un homme politique français né en 1825. Elu député de la Seine en 1857 il s’affirma d’emblée comme le principal orateur de la petite opposition dite « des Cinq » et s’attacha à faire évoluer l’Empire vers le parlementarisme. Il ne cessa de réclamer des réformes mais, loin de se cantonner dans une opposition stérile, il fut en particulier le rapporteur de la loi du 25 mai 1864 abolissant le délit de coalition créé par la loi Le Chapelier de 1791 et instaurant le droit de grève.

26 mai 1864 : le maire de Châteaubriant écrit à son collègue de Martigné Ferchaud au sujet du jeune Peltier né en 1852 ou 1853 à Martigné. « Ce petit malheureux, sourd et muet, se trouve sans aucun moyen d’existence. Ayant l’intention de le faire admettre à l’Hôtel Dieu de Nantes comme enfant abandonné, l’extrait de l’acte de sa naissance m’est d’une absolue nécessité. Je vous remercie de la peine que cette affaire va vous donner ».

1er juin 1864 : M. Escarpit, mécanicien à Châteaubriant, est autorisé à ouvrir un débit de boisson en cette ville. « Je vous invite à vous conformer aux lois et règlements de la police des cabarets si vous voulez éviter le retrait de cette autorisation » lui écrit le maire.

2 juin 1864 : le Comité consultatif d’hygiène du service médical des hôpitaux, institué auprès du Ministère de l’Intérieur, a présenté un rapport sur les améliorations à apporter au régime alimentaire dans les établissements destinés aux malades. Le maire adresse à M. Lecouvette, ordonnateur des dépenses de l’hospice, un exemplaire du bulletin officiel du Ministère de l’Intérieur où, notamment, la circulaire du 27 avril 1864 préconise de donner deux fois chaque jour de la viande à tous les malades, de privilégier le rôti plus nutritif.

Histoire de boucheries

Selon un rapport fait au maire de Châteaubriant par le commissaire de police (document sans date) :

« M. Julien Leroy, boucher, rue de Couëré, a établi sans autorisation une fosse morte dans son abattoir, fosse qui présente les plus graves inconvénients du point de vue de la salubrité publique ». Dans cette fosse il dépose « le fumier de ses animaux de boucherie, le sang, les débris de ces animaux et enfin la viande corrompue. Toutes ces matières entrent en fermentation et lorsqu’il s’agit de leur transport, tout le quartier est infesté ».

« Samedi dernier cette opération avait lieu entre 2 et 3 h de l’après-midi et motivait une protestation générale de tous les habitants de ce quartier. Rien cependant ne peut arrêter M. Leroy. J’ai dû intervenir et faire refermer immédiatement la fosse, en même temps que je faisais fermer portes et fenêtres de son établissement avec injonction de continuer les travaux après 10 h de la nuit seulement »

« M. Leroy qui, dans le début de l’exploitation de sa fosse devait se borner à y déposer les fumiers et pas autre chose et procéder au nettoyage pendant la nuit, n’a jusqu’à présent nullement tenu compte de nos prescriptions.
J’estime Monsieur le Maire que dans l’intérêt de la salubrité publique il importe de prendre une mesure radicale qui coupe court à cet état de chose : condamner cette fosse. La laisser subsister serait entretenir le mécontentement qui se manifeste si ouvertement et aussi énergiquement par tous les habitants de ce quartier et par certains de ceux des quartiers voisins »

(Archives municipales de Châteaubriant 5 I 3)

5 juin 1864 : Une commission de 5 membres est chargée d’examiner les pièces de la comptabilité communale et de faire un rapport pour le 12 juin.

6 juin 1864 : un « mandat de masse » de 15,75 frs est arrivé pour le sieur Gareau Jean Marc. Hélas toutes les recherches faites pour découvrir sa résidence à Châteaubriant restent sans résultat.

9 juin 1864 : dans une lettre à Mme la Marquise de Préaulx, à Pouancé, le Conseil Municipal demande de « faire remise à la commune des droits de la carrière qui vous sont dus, pour pierre extraite aux Cohardières ». Cette pierre est destinée « à l’établissement si dispendieux des voies de communication ».

« Les communes, vous le savez Mme la Marquise, sont toujours pauvres et sans ressources suffisantes pour satisfaire aux besoins d’amélioration. Les dons, les secours leur sont bien précieux, et nous vous serons très reconnaissants de vouloir bien cette année, comme les années précédentes, nous assurer gratuitement la pierre extraite pour les besoins de l’administration municipale ».

12 juin 1864 : au Conseil Municipal de Châteaubriant, M. Legal, rapporteur, fait part de l’examen des pièces de comptabilité auquel il s’est livré et « après avoir donné toutes les explications propres à éclairer la religion de l’assemblée » il conclut à l’approbation du compte-rendu.
- Recettes 39 846,25 frs
- Dépenses 27 212,23 frs
- Excédent 12 634,02 frs.
(pendant le vote le maire s’est retiré de la séance).

Le Conseil vote ensuite :
- 1000 frs au budget supplémentaire 1864 à titre de subvention au chemin n° 41. Cette subvention sera fournie en pierre cassée à raison de 3 frs le m3.
- 500 frs au budget supplémentaire 1864, pour les besoins de la petite vicinalité
- 100 frs pour coopérer à l’installation à Châteaubriant « d’un comice agricole dont la fondation au chef-lieu est instament (sic) réclamée par l’élite des laboureurs, fabricants et commerçants du canton »

Il convient aussi de voter 499 frs « pour remplir de ses avances » M. le Pays de la Riboisière (terrain de Mlle Caron)

Le Conseil Municipal évoque à nouveau la démolition des vieilles halles « gênantes pour la circulation, d’un aspect hideux, nuisant à la salubrité et à l’aération, empêchant le développement des constructions, etc » et reparle d’acquérir la maison Boutruche (12 000 frs) et la Maison Thuau (6000 frs).

« Le Conseil n’entend pas cependant fermer la voie à toute amélioration. Il sait que la commune a d’autres dépenses à faire qui ne peuvent être longtemps retardées » :
- Acquisition de places pour marché et dépôt
- Maison d’école insuffisante
- Un abattoir serait nécessaire pour débarrasser la ville du voisinage insalubre de boucheries particulières.

« Le chemin de fer dont nous espérons être dotés prochainement pourra entraîner pour la ville des dépenses d’aménagement et d’embellissement. Il est sage d’attendre à connaître le passage du chemin de fer dans la traverse de Châteaubriant pour placer d’une manière utile les nouveaux établissements. Lors de cette exécution, il y aura lieu de refaire appel à des ressources extraordinaires »

« Maintenant que l’occasion est donnée de s’occuper de l’intérieur de la ville, les maisons Thuau et Boutruche, les baux expirant, ont pu être achetées à de bonnes conditions et les ressources actuelles de la commune donnent le moyen de solder ces acquisitions ».

« Dans cet ordre d’idée le Conseil Municipal vote à prendre sur les fonds disponibles :
- 6000 frs pour être payés le 25 juin 1867 à M. Thuau et formant le solde de l’acquisition de sa maison.
- 4000 frs pour le premier tiers de l’acquisition
- 1500 frs pour frais de contrat de ces acquisitions »

 Police

Avant de se séparer, le Conseil Municipal du 12 juin 1864, sur l’observation de M. Lacombe, dit qu’un dégrèvement de 200 frs ramènerait la part incombant à la commune de Châteaubriant dans le traitement du Commissaire de Police, à un chiffre en rapport plus exact avec celui des communes suburbaines et du Canton de Rougé et charge le maire de faire ses efforts pour l’obtenir de l’autorité supérieure. Puis le Conseil se proroge au 3 juillet pour continer ses travaux.

15 juin 1864 : enfants abandonnés : le maire demande l’admission à l’hôtel-dieu de Nantes, du jeune Peltier Pierre-Théophile, âgé de 13 ans. « Le petit malheureux, par la perte des ses parents, se trouve sans moyen d’existence et dans l’état du plus complet dénuement. Il n’a plus d’ascendant et aucun parent ou ami ne veut s’en charger ».

Mme Bautier Jeanne Louise a mis au monde le 24 décembre 1863 un enfant de sexe féminin auquel il a été donné les prénoms de Mathilde Louise. L’enfant a été reconnue par un nommé Aron Alfred, originaire de Metz qui, peu de temps après, a quitté le pays, abandonnant la mère et l’enfant. La situation de « la fille Bautier » ne peut lui permettre de subvenir aux besoins de l’enfant. Le maire invoque pour elle « les dispositions bienveillantes de l’arrêté de M. le Préfet en date du 21 octobre 1861 ».

[Ndlr : les 3 juillet et 2 août, en l’absence de réponse, le maire renouvellera ses demandes].

16 juin 1864 : et voilà que le testament de l’abbé Anger pose problème tout à coup. « les héritiers naturels du testateur se refusent à la délivrance du legs » mais ne donnent aucun motif plausible susceptible d’être admis. « Lors de la confection de l’inventaire ils furent par sommation appelés à y assister et aucun d’eux ne s’y présenta ! »

17 juin 1864 : le maire demande l’admission de Louis Marie Guitton, fils de Anna Guitton, âgé de 6 ans, à l’école des sourds-muets du département. « Cette malheureuse, dont la conduite est irréprochable, n’a d’autre ressource que son travail de lingère pour satisfaire à ses besoins, à ceux de son fils et d’une mère très âgée ». Le maire demande une instruction gratuite pour l’enfant.

18 juin 1864 : le maire demande au commissaire de police de notifier, sans perte de temps, à Mme Veuve Hunault, copie d’un arrêté municipal « ordonnant la démolition d’une maison lui appartenant et laquelle menace ruine ».

18 juin 1864 : M. Grandin reçoit un brevet de libraire, accordé par le Ministre de l’Intérieur, en remplacement du sieur Thommerie démissionnaire.

27 juin 1864 : la rétribution scolaire du 2e trimestre de 1864 se monte à 570 frs : 356 frs pour les élèves de la commune et 214 frs pour les élèves étrangers. L’instituteur communal est toujours M. Lucas Delaunay.

29 juin 1864 : le maire de Châteaubriant écrit à celui de Châteaugontier au sujet de l’abbé Anger qui a institué l’hospice de Châteaubriant son légataire universel. Pour obtenir du gouvernement l’autorisation d’accepter le legs, il manque des pièces. Le maire demande donc « la position de fortune de Mme Galbin, née Anger

Nathalie, résidant à Châteaugontier, héritière naturelle du décédé, le nombre de ses enfants, leur âge et les charges de famille qu’elle pourrait avoir à supporter ».

Même genre de questions au maire de Sablé pour le sieur Anger, marchand-mégissier à Sablé.

Génération spontanée

A l’époque on croyait que les organismes inférieurs pouvaient naître tout seuls de conditions physico-chimiques particulières : c’était la théorie de la génération spontanée. Renier la génération spontanée c’était, en quelque sorte, renier la création divine.

Pasteur était fermement convaincu, à l’inverse, que les organismes ne pouvaient naître que de germes (de "parents") déjà présents dans le milieu ambiant. La controverse déclencha les passions et fut débattue à l’Académie des Sciences, qui trancha officiellement en faveur de Pasteur. En 1864, une conférence théâtrale à la Sorbonne marqua cette victoire. Les débats, qui se prolongèrent malgré tout jusque dans les années 1870, donnèrent un élan considérable à la microbiologie et eurent un impact considérable en médecine. Pasteur pensait en effet que l’origine et le développement des maladies étaient comparables à la fermentation : une maladie apparaît à cause de germes externes attaquant l’organisme. Ce concept, appelé "théorie des germes", fut longuement débattu par les médecins et les scientifiques du monde entier. L’idée que des micro-organismes puissent tuer des organismes beaucoup plus gros semblait ridicule ...

 

Gai gai, marions-nous !

Mariage de parents :

Le 28 mai 1846 le Parquet du Procureur du Roi écrit au maire de Châteaubriant :
« Pierre Jean Boisseau et Louise Galisson sa belle-sœur, sollicitent des dispenses pour se marier. Je vous prie de bien vouloir me faire connaître leur conduite et leur moralité et de me dire s’ils sont dignes de la faveur qu’ils réclament. Je vous serai également obligé de me faire savoir si l’autorité de la famille ou tout autre motif, n’aurait porté atteinte à la liberté de consentement de l’un des futurs époux. Je vous prie encore de me dire si vous pensez que ce mariage n’exercera pas une impression défavorable sur l’esprit des habitants de la commune ».

 

Signé : Lesage

 

Mariage avec des étrangers :

Le 27 février 1855 le Procureur Lesage (qui cette fois est procureur impérial), s’inquiète des mariages contractés en France par des étrangers « en négligeant de se pourvoir de l’autorisation préalable des Autorités dont ils dépendent. Cette précaution est surtout indispensable à l’égard des Françaises qui perdraient leur nationalité en épousant des étrangers, sans participer à la nationalité de ceux-ci, et qui ne seraient considérées que comme des concubines dans le pays de leur mari »

Mariage des jeunes :

Le 20 avril 1864, le procureur impérial précise : « En ce qui concerne le mariage, l’homme n’est majeur qu’à 25 ans, s’il a des ascendants existants. L’homme qui n’a pas d’ascendant et la femme dans tous les cas, sont majeurs pour le mariage à 21 ans (art 65 du Code Napoléon) ».

Les actes :

En ce qui concerne la rédaction des actes, les instructions, en 1858, disent : « Des détails inutiles y sont insérés. L’âge des époux doit être indiqué par ..." âgé de … ans ". La date précise de la naissance est un détail superflu qui surcharge sans nécessité la rédaction ».

Mais en 1859, les instructions officielles précisent : « l’âge des époux doit être indiqué par ces mots : " âgé de… ans, étant né le …, à … " ». Voyez-vous comme ça change !





Sources :

- Archives municipales Châteaubriant
- 1 D 19 (conseils municipaux)
- 2 D 11 (courriers) ; E1 edt 5 I 3
- Histoire de la France et des Français
par André Castelot et Alain Decaux
- Et Wikipédia (par internet)