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1866, juin-septembre




 La ville refuse le legs de la cirière

4 juin 1866 : le maire de Châteaubriant écrit à M. Tessier-Ménard trésorier de la musique des Pompiers : « les instruments achetés et payés par les fonds alloués par la commune resteront à la disposition de la musique des Pompiers tant qu’elle continuera d’exister. En cas de dissolution, ils devront être déposés à la mairie »

7 juin 1866 à Monsieur le Curé de Châteaubriant : « A la mort de M.Ribot, la population reconnaissante des longs services de cet excellent curé, voulut élever à sa mémoire un monument funéraire au moyen de souscription. La somme nécessaire, et au-delà, fut réunie. Alors la commission instituée pensa qu’il y avait possibilité d’agrandir l’œuvre, qu’il y avait lieu de profiter de la généreuse concession de terrain faite par le Conseil Municipal [en juin 1860] et de fonder des caveaux pour la sépulture, à toujours, des membres du clergé. Cette pensée conçue dans des sentiments de piété, de gratitude et de prévoyance, a été suivie d’exécution ». Déjà deux prêtres ont été déposés dans le caveau construit : M. Lorin curé de Béré « et M. Anger qui a disposé de sa fortune en oeuvre pie. Ces vénérables prêtres ont reçu ainsi une sépulture honorable et sans nouveaux frais ».

Mais il manque 460 frs pour le règlement définitif des dépenses de construction du monument et des caveaux, reliquat « que l’entrepreneur réclame avec impatience ».

Le Conseil Municipal, faisant preuve de bienveillance pour le clergé, a bien voulu prendre à sa charge la moitié, 230 frs. Il a pensé que les 230 frs restant pourraient être payés, « moitié par la Fabrique de St Nicolas qui a déjà fourni 130 frs à la souscription, moitié par la Fabrique de Béré qui a dès à présent bénéficié, et au-delà, de ce qu’elle aurait maintenant à donner. En effet, l’achat du terrain et le tombeau à élever à M. Lorin, à défaut de caveau, auraient coûté une somme bien supérieure aux 115 frs dont on demande la concession pour part contributive dans le solde d’une œuvre faite en l’honneur du clergé présent et à venir ».

« Je vous prie, M. le Curé, de soumettre cette lettre à messieurs les membres de Fabrique de votre paroisse et de solliciter un vote favorable à la conclusion de cette affaire. Il y aura, ce me semble, honneur, convenance, avantage même pour les Fabriques, à vouloir bien faire le don qui leur est demandé pour parvenir à solder un entrepreneur qui attend depuis plusieurs années le paiement de travaux faits pour assurer une digne sépulture aux prêtres de cette ville »
Une affaire qui traîne depuis des années ! Bigre !


Gregor Mendel

 La génétique

Johann Gregor Mendel, moine et botaniste tchèque germanophone, est reconnu comme le père fondateur de la génétique. Il est à l’origine de ce qui est aujourd’hui appelé les lois de Mendel, qui définissent la manière dont les gènes se transmettent de génération en génération.

Mais en 1866, lorsque Mendel publie ses travaux sur l’hérédité dans le Journal de la Société d’histoire naturelle de Brno, il n’a absolument aucun impact : il n’est qu’un auteur inconnu écrivant dans un journal inconnu !

Il fallut attendre 35 ans pour que ses découvertes soient reconnues.

7 juin 1866, à Monsieur Louis Lecoconnier, nommé directeur à la Caisse d’Epargne, en remplacement de M. Morisson (décédé) : « J’espère, Monsieur, que vous voudrez bien accepter ces fonctions et, dans l’intérêt public, collaborer au succès d’une œuvre éminemment utile ».

7 juin 1866, malgré les efforts faits depuis trois mois pour maintenir la paix en Europe, les troupes prussiennes envahissent le Holstein autrichien. Le 20 juin les Italiens déclarent la guerre à l’Autriche, ils seront écrasés quelques jours plus tard à Custozza.

28 juin 1866 : la mairie envoie au Sous-Préfet « ampliation de la délibération prise par le Conseil Municipal le 27 mai dernier touchant la demande faite par le Département afin d’obtenir de la commune de Châteaubriant la cession d’une parcelle de terrain, touchant la maison d’arrêt de cette ville, pour l’établissement d’un chemin de ronde ». Le département pourra ainsi acquérir 550,68 m2 au prix d’un franc le mètre. Le sieur Barré, maître maçon, sera chargé des travaux.

3 juillet 1866 : l’Autriche est battue par la Prusse à Sadowa. Cette nouvelle fait à Paris l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Napoléon III propose sa médiation à tous les belligérants. En vain.

4 juillet 1866 : la rétribution scolaire pour le 2e trimestre de 1866 à Châteaubriant est :

  • ► 372 frs pour les élèves de la commune
  • ► 184 frs pour les élèves qui y sont étrangers. Soit au total 556 francs.

13 juillet 1866, à M. Pigrée Jean, propriétaire : « Vous avez fait des ouvertures dans une maison qui vous appartient près le Pont Glémois et vous avez établi des marches en saillie sur le terrain qui semble dépendre de la voie publique. Avant de faire ces travaux, vous auriez dû, ainsi que le veut la loi, demander l’autorisation nécessaire lors même que le terrain sur lequel vous avez construit serait votre propriété particulière. Pour éviter toute difficulté et me dispenser de faire rapporter un procès-verbal contre vous, adressez-moi une demande que je ferai instruire et qui recevra une solution de bon droit et justice » lui écrit le maire.

14 juillet 1866 : le maire envoie un « tableau de présentation » au Sous-Préfet. Cette fois, il s’agit de remplacer M. Morisson, décédé, au Bureau de Bienfaisance. M. Oger du Rocher [procureur impérial près du Tribunal de première instance de l’arrondissement] est tête de liste. « Je me suis assuré de son concours ». Le Sous-Préfet transmettra une réponse favorable, le 9 août 1866.

 Crime et châtiment

Le roman de Dostoïevski, paru en 1866, dépeint le meurtre d’une vieille prêteuse sur gage et de sa sœur cadette par un ancien étudiant de Saint-Pétersbourg, nommé Raskolnikov, et ses conséquences émotionnelles, mentales et physiques sur le meurtrier.

Après être tombé malade et être resté au lit, cloué par la fièvre, pendant plusieurs jours, Raskolnikov est atteint de paranoïa et commence à s’imaginer que tous ceux qu’il rencontre le suspectent du meurtre ; la connaissance de son crime le rend presque fou. Mais il rencontre Sonia Semionovna, une prostituée dont il tombe amoureux. Dostoïevski utilise cette relation comme une allégorie de l’amour de Dieu pour l’humanité déchue et du pouvoir de rédemption de l’amour. Mais Raskolnikov n’est racheté que par l’aveu du meurtre et la déportation en Sibérie.

Au-delà du destin de Raskolnikov, le roman, avec sa galerie de personnages variés, traite de sujets tels que la vie de famille, l’athéisme, l’alcoolisme, et de la recherche identitaire avec le regard aigu que Dostoïevski portait sur la société russe de son temps. Même si Dostoïevski rejetait le socialisme, le roman est aussi une critique du capitalisme qui se mettait en place dans la société russe de cette époque. (Source : Wikipedia)

19 juillet 1866 : M. Besnier maître de poste à Châteaubriant, qui a toujours été chargé du service des transports civils et militaires, jusqu’à ce jour, fera connaître à l’entrepreneur des fournitures militaires à Nantes, à quelles conditions il consentirait à continuer ce service.

Le même jour, le Préfet réclame une copie de l’inventaire des archives anciennes de l’hospice civil de Châteaubriant

Le même jour, le maire demande au Sous Préfet l’autorisation de réunir le Conseil Municipal au sujet du comice agricole « institution utile et bienfaisante » qui pourrait être organisé pour le canton de Châteaubriant et auquel « d’autres cantons voisins pourraient s’adjoindre ».

26 juillet 1866 : l’Autriche signe l’Armistice de Nikolsburg. Elle doit quitter la confédération germanique et verser 20 millions de florins d’indemnités de guerre à la Prusse. Bismarck a les mains libres pour organiser une Confédération de l’Allemagne du Nord (1867). La Prusse annexe le Hanovre, la Hesse-Cassel, Nassau, Francfort, le Schleswig et le Holstein. Thiers déclare que « La France n’a pas eu de plus grand malheur en 400 ans ». Napoléon III est malade, amaigri, ulcéré.

27 juillet 1866 : le maire renvoie au sous-intendant militaire à Nantes, les « effets d’habillement » déposés à l’hospice civil de Châteaubriant par les soins de la gendarmerie et provenant de militaires décédés.

29 juillet 1866 : la veuve Monnier (née Adam) souhaite toucher les arrérages de la pension viagère de son mari, à Nozay, où elle va demeurer. Le maire écrit pour elle au Payeur Général à Nantes.

Août 1866 : l’impératrice Eugénie déclare à un confident « L’Empereur est exténué. Je crains que nous ne marchions sur notre décadence. Je me demande parfois s’il ne vaudrait pas mieux qu’il disparût subitement [de la scène politique], au moins quelques temps ».

7 août 1866 : Napoléon III tente quelques manœuvres pour reprendre la main, ruinant ainsi son crédit en Europe où il semble à tous qu’il provoque des guerres pour pouvoir s’agrandir.

 La fête de l’Empereur

13 août 1866, lettre au Commandant de la Compagnie de Sapeurs Pompiers de Châteaubriant : « mercredi prochain, la France entière va célébrer la fête nationale du 15 août. A cette occasion vous voudrez bien donner des ordres pour que la Compagnie de Sapeurs Pompiers, avec la musique qui en fait partie, soit réunie sur la place de l’hôtel de ville à 11h30 du matin » (la lettre précise même : onze heures et demi, ce qui signifie sans doute que la notation -11h30- est encore peu usitée).

« Cette prise d’armes a pour but d’assister au Te Deum qui sera chanté dans l’église paroissiale de St Nicolas à midi et de donner à cette fête le plus d’éclat possible ».

[Ndlr : il s’agit de la fête de l’Empereur, que toute la France célèbre. En revanche il n’y a rien eu le 14 juillet ...]

14 et 16 août 1866 : envoi au Sous-Préfet des actes de concession au cimetière pour Dame Gledel Julie-Appoline, Michel Grimault négociant à Châteaubriant et Frédéric Cloteau marchand drapier.

 L’origine du monde

(tableau de Gustave Courbet 1866)

Le tableau, qui était une commande privée, resta longtemps caché au public. En 1994 Jacques Henric publia un livre « Adorations perpétuelles » (Seuil) , livre sur l’art, avec, en couverture, une reproduction du tableau. A Clermont-Ferrand et à Besançon, des fonctionnaires de police, à la demande d’associations de défense des familles, intervinrent pour que le livre soit retiré des vitrines de deux librairies.
L’œuvre figure au Musée d’Orsay depuis 1995. Le 27 juin 1995 le journal L’Humanité en publie une copie à la Une, provoquant une violente réaction de ses lecteurs. Le lendemain, le journal répond : « Mais où en sommes-nous donc, dans ce pays qui doit s’enorgueillir de Rabelais, des Lumières, des Libertins, de Sade, de la Raison au plus haut prix, si la reproduction d’un tableau peint il y a plus d’un siècle peut passer pour un acte immoral, tandis que la perpétuelle allusion salace des publicités télévisées n’a d’autre fonction que de réveiller de façon subliminale le cochon de payant qui sommeille ».

 Les sauterelles

19 août 1866 : Conseil Municipal à Châteaubriant. Le maire expose que les populations de l’Algérie viennent d’être profondément éprouvées par l’apparition d’épaisses colonnes de sauterelles qui se sont abattues dans les champs du Tell et qui ont dévoré une partie des récoltes sur pied. « L’appel fait par les colons à la mère-patrie a été entendu dans toute la France et des souscriptions volontaires ont été ouvertes de tous côtés pour venir en aide aux victimes de ce fléau. Il convient de donner une preuve d’intérêt à nos compatriotes d’outre-mer en nous associant à une manifestation aussi générale ». Le Conseil Municipal vote donc une somme de 50 frs destinées à être remise aux colons algériens par l’entremise du receveur particulier de Châteaubriant .

Le maire expose aussi que, pour la confection du chemin de petite communication n°1, une cession de terrain d’une contenance de 5 ares 1 centiare a été demandée à monsieur Antoine Hardy, propriétaire à Châteaubriant. La valeur de cette parcelle de terrain est de 156,25 frs. « Eu égard au peu d’importance de cette parcelle et à la solvabilité du propriétaire, il convient d’user du bénéfice de la loi pour régler avec le propriétaire sans accomplir les formalités de purge légale ».

De même, il est dû à M. Guimené le prix d’une parcelle de terrain de 46 m2 abandonnée par lui à la voie publique (Place St Nicolas et rue Claire Goutte) à l’époque de la construction de la maison occupée par M. Marchand imprimeur. « il convient de voter, pour le désintéresser, une somme de 460 frs. Le Conseil Municipal est d’accord, avec dispense d’opérer les formalités de purge légale ».

Le Conseil Municipal examine ensuite les comptes administratifs du receveur, relatifs à l’hospice et au bureau de bienfaisance pour les années 1864 et 1865. Une discussion s’élève sur le point de savoir si la somme de 600 frs inscrite au budget de la ville pour être versée à l’hospice, est acquise tout entière et sans condition à cet établissement. « Le Conseil rappelle que, dans sa pensée, il n’avait voulu voter au profit de l’hospice qu’une somme de 200 frs ; qu’en réalité les 400 frs restant étaient destinés à subvenir à l’entretien des sœurs directrices de la salle d’asile ; que, par suite, il y a lieu de retrancher la somme de 400 frs sur celle de 600 frs allouée jusqu’à ce jour à l’hospice et de reporter ce crédit en faveur des dames de la salle d‘asile ce qui portera la subvention allouée par la ville à ce dernier établissement à la somme de 800 frs ».

Le Conseil Municipal se poursuivra le 26 août.

23 août 1866 : le maire écrit au Sous-Préfet au sujet du traitement du Commissaire de police : « Le Conseil Municipal, lors de la session ordinaire du mois de mai, a trouvé que la quote part assignée à la commune de Châteaubriant était trop élevée, qu’elle devait être l’objet d’une nouvelle répartition et par suite d’un dégrèvement à son profit car il semble extraordinaire que les communes chefs-lieux de canton [Rougé et Châteaubriant] fussent seules chargées de satisfaire au traitement de ce fonctionnaire et les sept autres communes qui en font partie, dispensées d’y contribuer ».

 Doubler l’école

26 août 1866 : nouveau Conseil Municipal. Mme veuve de la Touche Virginie, Félicité, Eulalie Legeard de la Dyriais, demeurant au château de la Borgnère à Bain, propose de céder à la commune de Châteaubriant un jardin situé sur les Terrasses, 810 m2, joignant à l’Ouest le jardin et les bâtiments de l’école communale et au Nord la Place des Terrasses. Prix 4000 frs

La maison et les dépendances de l’école communale ne contiennent que 9 au 10 ares qui sont complètement insuffisants pour maintenir l’école. « Dans une situation de prospérité à laquelle elle doit atteindre dans un temps prochain, les bâtiments actuels seront insuffisants pour recevoir tous les élèves qui se présentent pour participer aux bienfaits de l’éducation. Des agrandissements deviennent nécessaires et s’imposent à la sollicitude de la commune comme un de ses premiers devoirs ».

Sur ces belles paroles, le Conseil Municipal autorise l’acquisition et vote 4400 frs pour principal, intérêts, frais de contrat, purge légale et accessoires.

« L’acquisition du jardin de cette dame doublera l’espace disponible et résoudra le problème depuis longtemps cherché de conserver l’école où elle se trouve actuellement et permettra d’accroître successivement, selon les besoins, les bâtiments et de doubler l’espace disponible pour obtenir un promenoir pour les enfants ».

 Un legs refusé

Toujours le 26 août, le bureau de bienfaisance de la ville annonce qu’il a refusé le legs fait en sa faveur par Mlle Eugénie Thebaut, propriétaire à Châteaubriant. Le refus est motivé par « la situation d’esprit de la testatrice et les appréhensions de subir un procès long et dispendieux qui aurait été la conséquence de cette acceptation ». (voir au 1er octobre 1866). Le Conseil Municipal se range à cet avis.

 Les Terrasses hors la ville

Toujours le 26 août 1866, plusieurs membres du Conseil Municipal sont frappés « de l’inconvénient résultant, pour une grande partie de la ville, du transport de l’administration des Postes sur les Terrasses ». Ils engagent M. le Maire à faire ses efforts auprès du Receveur des Postes et, au besoin, auprès de l’administration supérieure pour obtenir une boite supplémentaire qui serait fixée à la mairie et qui ferait disparaître les plaintes légitimes des habitants « depuis le transport de cette administration dans un local presque en dehors de la ville ».

 La Poste aux Terrasses


Le relais de Poste s’est trouvé, pendant longtemps, place de la Motte à Châteaubriant (là où se trouve, de nos jours, le magasin Champion). C’est là en particulier que le receveur a été assassiné, vers 1850, par un client qui avait trouvé cette façon originale d’effacer une dette qu’il avait envers lui.

Lors des recensements de 1866, 1872 et 1876, la Poste se trouve place des Terrasses. Le receveur est Pierre Bouet. En 1881, toujours place des Terrasses, le receveur est Richard
Halley. En 1886 le receveur est Henri Fodéré.

En 1896 La Poste se trouve Rue de l’Hôtel de Ville (qui ne s’appelle pas encore Rue Michel Grimaud). Le receveur est encore Henri Fodéré. Dans ce qui est, de nos jours, la Rue Michel Grimault, au n°16, il reste un vieux balcon portant la mention « Postes et télégraphes ». Immeuble sans doute postérieur à 1885

 L’atelier d’Angélique brûle

28 août 1866 lettre au Sous-Préfet : « Dans la nuit du 27 au 28 août, la ville de Châteaubriant a été réveillée par les cris « au feu » par les tambours battant la générale. Avec la plus grande célérité, les Sapeurs Pompiers ont conduit les pompes sur le lieu du sinistre ». Deux chaînes, « abondamment pourvues par l’affluence des habitants, ont été formées pour le service d’eau ». L’incendie s’est produit entre la Rue de Couëré et le Boulevard de l’Eperon, dans l’atelier de Mme Hervé, confiseur d’Angélique.

Le midi il y avait eu cuisson, le fourneau avait été éteint à 6 h du soir et, à 9 h, Mme Hervé avait constaté qu’il était bien éteint en faisant son inspection habituelle. A minuit et demi, le feu s’est déclaré dans les hauteurs du bâtiment, dû sans doute « au tuyau en poterie du fourneau ». « Les flammes dans la charpente et la toiture prenaient une telle intensité et s’élevaient vers les maisons voisines que les locataires quittaient précipitamment, un grenier contigu étant rempli de paille ».

C’est alors que M. Roué, maître ouvrier, sous-officier des sapeurs-pompiers, est monté à l’aide d’échelle sur le bâtiment. L’eau a été « habilement et abondamment » projetée et bientôt le feu a été maîtrisé.

« Le travail a été continué longtemps encore pour éteindre complètement les bois brûlant et répandant une épaisse fumée. A trois heures du matin, le travail d’extinction était terminé. A cette heure j’ai quitté les lieux avec la compagnie des pompiers » dit le maire.

« Je ne pourrais trop faire l’éloge du rôle, du dévouement, de l’habileté des pompiers dans cette circonstance critique, de l’empressement et de l’affluence au travail des habitants. Les autorités militaires, administratives, judiciaires, les membres du clergé, s’étaient en toute hâte rendus sur le lieu de l’incendie pour organiser, prendre part au travail, donner l’exemple et témoigner l’intérêt que leur inspire le bien public. Le bâtiment incendié et détruit était assuré pour une somme de 2000 fr »
« Deux habitants, M. Chapron maître boulanger et M. Grandin maître couvreur, ont été blessés à la main, blessures qui, jusqu’ici, n’ont pas de gravité et causeraient une incapacité de travail pendant quelques jours ».

29 août 1866 à M. Lancelot, percepteur receveur municipal. « Je vous prie de bien vouloir me dire si vous avez un bail du jardin de Mme veuve de la Touche, à quelle époque de l’année a commencé votre jouissance et si, dans le cas où la commune ferait l’acquisition de ce jardin pour agrandissement de la maison d’école, vous consentiriez à renoncer gratuitement aux bénéfices du bail qui peut exister entre vous et Mme de la Touche. J’ai besoin de votre déclaration pour régulariser l’acquisition et pour constater l’acte de générosité et de dévouement au bien puclic que vous êtes disposé à accomplir »

 Les prix flambent

4 septembre 1866 au commissaire de police : « plusieurs femmes sont venues aujourd’hui se plaindre à la mairie du haut prix du pain et de la mauvaise qualité du pain de méteil. Je leur ai fait observer que les prix du grain et des farines s‘élevant, le prix du pain devait être en rapport, que le boulanger ne pouvait pas vendre à perte et que, pour vivre, il devait faire bénéfice de son état ; qu’il n’y avait plus de taxe officielle ; que partout en France nous étions dans le régime de la liberté, de la libre concurrence mais que le gouvernement ne se départissait pas de sa surveillance ; que j’allais transmettre leurs plaintes à M. le Commissaire de police et provoquer sa plus grande surveillance ».

« J’ai dit aux femmes qu’elles avaient plusieurs moyens de se soustraire aux prix de la boulangerie s’ils n’étaient pas convenables ; qu’il leur était facile d’acheter des grains et de les faire convertir en farine, ou d’acheter de la farine pour en venir à fabriquer elles-mêmes leur pain suivant l’usage encore de beaucoup de personnes, usage qui était autrefois bien plus généralement adopté »

« Je vous donne avis, M. le Commissaire, de la démarche faite par 7-8 femmes [dont il cite les noms, dont celui de la femme d’un cloutier qui a beaucoup d’enfants]. Vous pourrez prendre auprès d’elles des renseignements. Je vous invite à surveiller la boulangerie, à constater la qualité du pain, à donner des avertissements s’il y a lieu »

7 septembre 1866 : le projet de chemin, sur la rive droite de la Chère, progresse. [voir au 29 mars 1866]. Le Conseil Municipal de Rougé a voté son classement et sa mise à exécution. Le maire de Châteaubriant réclame à son collègue de Rougé une copie de la délibération « afin de pouvoir la joindre au dossier de cette intéressante affaire ».

8 septembre 1866 : sauterelles - suite. Le maire écrit au Sous-Préfet : « en présence du fléau qui frappe l’Algérie par suite de l’invasion de sauterelles, la commune de Châteaubriant s’empresse de répondre à l’appel fait aux sentiments de charité et de patriotisme de la France en faveur des victimes, en venant à leur secours. Par délibération du 19 août dernier, le Conseil Municipal a voté une somme de 50 frs ». Le maire demande l’approbation du Préfet.

 L’asile, quelle histoire !

13 septembre 1866. Des administrateurs de l’hospice ont fait une réclamation auprès du Préfet. Celui-ci a écrit au maire de Châteaubriant qui, en réponse, renvoie les délibérations du 10 novembre 1861 et du 6 juillet 1862.

C’est qu’il y a une histoire compliquée : le Conseil Municipal pensait donner une subvention de 600 frs à l’hospice et une autre de 400 frs pour la pension des religieuses, mais une erreur d’attribution opérée à la Préfecture a porté à la fois : subvention 600 frs - et pension des religieuses 800 frs (au lieu de 400 frs), « total 1400 frs au lieu de 1000 frs. Ceci a porté les administrateurs de l‘hospice à se croire en droit d’exiger 1400 frs et ils se sont obstinés à porter 1400 frs dans leur budget »…

« Toujours dans le même ordre d’idées, et se persuadant, dans leur dévouement aux intérêts de l’hospice, qu’ils peuvent très honnêtement toucher plus qu’il n’est dû, ils voudraient pour les années passées recevoir 1400 frs au lieu de 1000 frs. Mais si l’on est disposé à prendre, ce n’est pas une raison pour que l’autre partie puisse ou veuille payer au-delà de sa dette ! » commente encore le maire qui ajoute :

« MM les administrateurs n’ont jamais voulu entendre ou comprendre ce que je leur ai maintes fois exposé » ...Et le maire revient encore et encore, dans un très long plaidoyer [non repris ici] sur « l’abus d’exigence » des administrateurs de l’hospice, estimant que l’hospice devrait recevoir ses 1000 frs « avec reconnaissance, sans tentatives peu décentes de nouvelle augmentation impossible, que le but, le zèle et le dévouement ne sauraient rendre honorable » !

17 septembre 1866 : la rétribution scolaire établie par M. Lucas-Delaunay instituteur primaire communal pour le 3e trimestre de 1866 est de 242 frs pour les élèves appartenant à la commune et de 118 frs pour les élèves étrangers à la commune.

22 septembre 1866 : le maire fait une démarche pour obtenir un secours temporaire à Anne Blouin, journalière, pour son enfant né le 19 mai 1866. « Cette malheureuse fille est aujourd’hui sans ressources pour nourrir et élever son enfant ».

27 septembre 1866 : le Préfet attribue 1000 frs, pris sur les fonds départementaux, à l’hospice civil de Châteaubriant .

 La marchande cirière

1er octobre 1866 : Mlle Thebaut est décédée le 19 juin 1866 à l’âge de 65 ans. Depuis bien des années elle manifestait l’intention de laisser sa fortune aux pauvres représentés par le Bureau de Bienfaisance. En ce sens elle a fait un grand nombre de testaments exprimant sa volonté.

« Sa succession est d’une valeur de 25 à 30 000 frs : Mlle Thebaut, marchande cirière jusqu’en 1866, faisait bien ses affaires et avec une grande parcimonie » dit le maire.

Le bureau de bienfaisance, appelé à donner son avis sur l’acceptation provisoire du legs, a voulu, à la majorité, couper court immédiatement à cette affaire, en estimant que « Mlle Thebaut n’avait pas la pleine jouissance de sa raison, que ses testaments étaient susceptibles d’annulation, que l’instance entraînerait des frais considérables, que d’ailleurs les héritiers dans une position nécessiteuse étaient dignes d’intérêt ».

La minorité du Bureau de bienfaisance établissait, elle, qu’il n’y avait pas lieu de refuser le legs, « que l’acceptation provisoire était une mesure conservatrice sans frais », que l’affaire serait ensuite instruite et examinée par l’administration supérieure, « qu’il était prématuré de décider contre les pauvres que Mlle Thebaut était incapable de tester, que cette question avait besoin d’être plus étudiée ».

Finalement, le Conseil Municipal a respecté la délibération du Bureau de Bienfaisance [voir au 26 août 1866] tout en disant que « l’intérêt des pauvres est sacré, que Mlle Thebaut, malgré ses bizarreries, était bien capable de tester, que depuis des années elle avait continuellement l’intention de laisser son héritage à l’hospice ou au bureau de bienfaisance, qu’il eût été à désirer qu’une part de la succession fut attribuée aux pauvres et une autre part aux héritiers »

Le maire transmet au Sous-Préfet plusieurs testaments exprimant les mêmes volontés, et des lettres que Mlle Thebaut faisait remettre à la mairie, dans lesquelles elle parlait de ses intentions, de ses parents (Gitiau ou Giquiau ?) et de différentes personnes avec lesquelles elle avait eu des rapports ou des difficultés. Il demande des instructions du Préfet pour ce cas (très) particulier.

2 octobre 1866 : il y a toujours trois individus assujettis à la surveillance de la Haute Police : Jean Guerchais, François Pelé et François Roussel, tous trois forçats libérés. Quatre autres étaient annoncés depuis janvier mais n’ont point encore paru dans la commune.

3 octobre 1866 : paix de Vienne entre l’Autriche et l’Italie. L’Autriche cède la Vénétie à la France pour qu’elle la remette à l’Italie. Napoléon III tient à cette satisfaction d’amour-propre mais les Italiens sont froissés.

4 octobre 1866 : suite à une lettre du Sous-Préfet, le maire renvoie la délibération du 27 mai dernier, relative à l’inventaire des archives communales. « Le Conseil Municipal a exprimé un avis duquel il résulte que la commune ne peut et ne doit dans aucun cas se dé-saisir d’aucun des actes ou pièces faisant partie des archives. Dans la circonstance, il se borne à solliciter de l’autorité supérieure l’approbation pure et simple de l’inventaire qui a soulevé les observations de M. l’archiviste du Département ».

8 octobre 1866 : le maire demande l’autorisation de convoquer le Conseil Municipal en session extraordinaire « à l’effet de demander aux représentants de la commune un secours au profit des inondés » [Il s’agit des crues de la Loire, voir dessin ci-contre]

10 octobre 1866 : le maire envoie au receveur particulier des finances un acte du 11 septembre 1866 aux fins duquel la commune a cédé par suite d’alignement, à M. Lecoconnier Pierre, un terrain dans la rue de Couëré de 8.48 m2 moyennant la somme de 101,76 frs.

 Le coucher du soleil romantique

(Charles Baudelaire, 1866)

Que le Soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
— Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !

Je me souviens !... J’ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
— Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon ! 

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L’irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ; 

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

Crue de la Loire, 1er octobre 1866 à Saumur : la gare est envahie par une nappe d’eau. L’embarcadère primitif reste au sec mais le niveau correspond à celui des marchepieds des wagons. Le remblai du chemin de fer est coupé par d’importantes brèches





Sources :

- Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 11 (courriers)
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de la France et des Français par André Castelot et Alain Decaux