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1869, novembre et décembre

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 Dames patronnesses et brigade à pieds

3 novembre 1869  : il a été fourni par M. Buron, boulanger, 72 rations de pain de 750 g soit 54 kg à raison de 0,3167 soit une somme de 17,10 francs pour le passage d’un détachement du 54e.

5 novembre 1869  : Marie-Joseph Hunault a reçu un livret de secours pour élever son enfant. Le 31 octobre dernier, cette fille a contracté mariage avec Cadorel Jean-Marie cordonnier, à la mairie de Châteaubriant, dans les conditions déterminées par l’article 331 du code Napoléon. Le maire, M. Béchu du Moulin-Roul, prie M. le sous-préfet de donner un avis favorable afin que M. le préfet veuille bien accorder l’allocation de 60 frs fixée par arrêté préfectoral du 21 octobre 1861.

[Ndlr : l’article 331 dit ceci : Les enfants nés hors mariage, autres que ceux nés d’un commerce incestueux ou adultérin, pourront être légitimés par le mariage subséquent de leurs père et mère, lorsque ceux-ci les auront également reconnus avant leur mariage, ou qu’ils les reconnaîtront dans l’acte même de célébration.]

5 novembre 1869 à M. Ernoul-Provôté à Guérande : « Je ne sais quand nous pourrons commencer le chemin de la Mercerie à la mare Guérin. Dans l’intérêt du pays je désire que ce soit le plus tôt possible et j’ai tout lieu de penser que ça sera en 1870 ». [Ndlr : ce chemin n° 1 est aussi désigné par : chemin de Béré au Moulin Neuf)

« En ce moment le projet est à l’enquête publique. Toutes les pièces, plan et nivellement sont déposés à la mairie. Les intéressés ont été appelés par publication, affiches et insertions à en prendre connaissance, à présenter leurs observations, à les faire consigner au procès-verbal. L’enquête terminée, le Conseil délibérera. Expédition de la délibération sera jointe aux pièces. L’affaire ainsi instruite, sera retournée à M. le Préfet qui statuera ».

D’avance je vous remercie des bonnes dispositions que vous manifestez pour un chemin qui complétera, il est vrai, la bonne viabilité de votre importante propriété de La Mercerie mais qui est indispensable pour les villages de la commune et pour les habitants de Rougé et de Saint-Aubin sur la même rive de la Chère ».

 Eloge de l’asile

10 novembre 1869 au sous-préfet. « L’administration de la salle d’asile est très satisfaisante. Mesdames les religieuses qui la dirigent apportent le plus grand dévouement dans les soins de tous les instants qu’elle prodiguent aux enfants. Elles les tiennent dans une grande propreté, les plus pauvres reçoivent des vêtements, des aliments. Les mères de famille plus aisées sont "excitées" (sic !) au besoin à la bonne tenue de leurs enfants et ce résultat est obtenu.

Pendant le temps des réunions et suivant les instructions, les enfants se livrent au exercices prescrits pour l’hygiène, les plaisirs ou l’instruction. Ils se plaisent à l’asile et sont heureux. C’est une satisfaction pour les visiteurs de le reconnaître.

Vous éprouveriez ce sentiment, M. le Sous-Préfet, si vous vouliez bien avoir la bonté de visiter cet établissement auquel vous portez intérêt. Vous trouveriez à faire les éloges que ne refusent pas les dames inspectrices qui seront envoyées par l’administration supérieure pour visiter les salles d’asile et prescrire les mesures à prendre pour en assurer le succès.

Dames patronnesses

Les dames patronnesses sont appelées à une surveillance qui est exercée d’une manière dévouée, généreuse et bienfaisante par la présidente du comité Mme Guibourg. Sa position lui impose d’une manière plus spéciale la responsabilité de bien faire, d’entretenir la prospérité de l’oeuvre, d’en augmenter les bienfaits. Elle ne manque à aucune de ses obligations, elle sait prodiguer ses soins. Ses dons personnels amènent à suivre son exemple les dames patronnesses les plus en position de donner et les personnes charitables qui veulent bien le faire.

Elle fait en outre tous les ans avec un louable courage et le plus souvent seule, une quête générale. Le produit de cette quête qui varie de 5 à 600 frs, et autres dons, l’allocation de M. le Préfet qui malheureusement diminue au lieu d’augmenter par l’effet de la création d’autres salles d’asile à subvenir, aussi l’allocation de la commune que le conseil municipal a élevée à 800 frs, donnent les moyens de solder les dépenses nécessaires telles que le loyer et l’entretien de l’établissement, la pension de religieuses, le chauffage... et permettent d’ajouter des distributions d’aliments et de vêtements aux enfants pauvres.

L’oeuvre est dans une prospérité qu’elle n’avait pas. Elle est agrandie, il faut craindre de la troubler. Nous avons perdu des patronnesses par départs et décès mais ces dames sont encore nombreuses : Mesdames Guibourg, Lecoconnier, de Carfort, Picot de Plédran, Rouxel, Grimault, la Comtesse de Boispéan et la marquise de Catuélan. Il n’y a pas lieu, ce me semble, de proposer le remplacement de Mme de Catuélan, elle n’a pas changé de position depuis sa nomination et, par ses générosités continuelles, elle remplit les obligations les plus avantageuses de la dame patronnesse.

Je suis tout disposé à accueillir de nouvelles patronnesses. Je ne perds pas de vue cette affaire et je suis à la recherche de dames voulant bien accepter et aider l’oeuvre de leur concours et de leurs charités ».

11 novembre 1869 au sous-préfet. « M. Lecoconnier Pierre, propriétaire, a cédé à la commune par suite d’alignement 3 m 21 superficiels de terrain dans la rue Basse. Ce terrain a été, d’accord avec le vendeur, estimé six francs le mètre superficiel, ce qui élève le prix total à 19,26 frs.

Le conseil municipal a approuvé cette estimation et voté un crédit de 25 frs. destiné tant à payer le prix de vente que pour faire face aux frais de timbre et d’enregistrement. »

14 novembre 1869 : réunion du Conseil Municipal de Châteaubriant. Lecture d’une lettre du Préfet autorisant à vendre aux enchères publiques une parcelle de terrain située place de l’hôtel de ville [revoir délibérations du 14 février et 29 août 1869].

Le conseil municipal approuve le tracé du chemin vicinal n°1 de Béré à la mare Guérin. Le service municipal est prié de faire une étude sur la rectification demandée pour le passage de la mare. Le conseil municipal prie le préfet de bien approuver le chemin jusque là, afin de ne pas en retarder l’exécution et de créer des travaux pour les ouvriers qui en manquent.
M. Couchot, banquier, est nommé, par le conseil municipal, directeur de la Caisse d’Epargne en remplacement de M. Salmon décédé.

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la mare Guérin

Le conseil municipal vote pour le cours d’adultes un crédit de 200 frs. pour couvrir les frais d’éclairage, chauffage et de diverses fournitures.
Mme la Supérieure des religieuses de Chavagnes a demandé la destruction de trois arbres (voir au 29 août). Le Conseil reconnaît que les motifs invoqués par Mme la Supérieure sont fondés et décide que les trois arbres seront abattus.

 Des gendarmes à pied

A ce Conseil Municipal, le maire examine la question de savoir s’il serait utile de demander, pour Châteaubriant, une brigade de gendarmerie à pied. Il dit qu’il a déjà existé une brigade de gendarmerie à pied qui rendait les plus grands services, que la brigade de gendarmerie à cheval réduite à quatre hommes et le maréchal des logis, ne peut malgré l’activité qu’elle déploie, remplir convenablement tout le service qui lui incombe.

« Les nombreuses correspondances, le transfert souvent répété de prisonniers, les services du tribunal et de plusieurs communes rurales absorbent à peu près son temps et font que, par suite, le service de la ville doit forcément en souffrir ». Par ces motifs le Conseil à l’unanimité, dans l’intérêt de l’ordre et de la sécurité publique, demande une brigade à pied à Châteaubriant.
16 novembre 1869 au Sous-Préfet, « j’ai l’honneur de vous informer que Barré Pierre est domestique laboureur en la commune d’Erbray. Sa mère Perrine Rialand, veuve de Pierre Barré, habite Châteaubriant. Je porterai en conséquence ce jeune homme sur les tableaux de recensement de la commune où il est domicilié ».

16 novembre 1869 : M. Simon, député, envoie une somme de 200 frs. à employer en lots et billets pour la loterie organisée au profit des pauvres par le bureau de bienfaisance : « Nous nous empressons, M. le député, de vous adresser les témoignages de notre vive reconnaissance », écrit le maire.

17 novembre 1869 : ouverture du canal de Suez. L’impératrice Eugénie, depuis son yacht L’Aigle, prend la tête du premier cortège de navires qui franchissent le canal construit par Ferdinand de Lesseps en Égypte. Avec l’ouverture du canal de Suez, les côtes de la Mer Rouge et ses débouchés acquièrent une importance considérable, et sont livrées à la convoitise des nations européennes dont l’Italie, le Royaume-Uni et la France.

[Ndlr : Le canal de Suez, situé en Égypte, fait 193,3 km de long, 280 m à 345 m de large et 22,5 m de profondeur. Il relie, via trois lacs naturels, la ville portuaire de Port-Saïd sur la mer Méditerranée et la ville de Suez sur le golfe de Suez. Percé entre 1859 et 1869, grâce à une levée de fonds géante à la Bourse de Paris, sous la direction du diplomate retraité français Ferdinand de Lesseps, il permet aux navires d’aller d’Europe en Asie sans devoir contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

Avant son ouverture en 1869, les marchandises devaient être transportées par voie terrestre entre la Méditerranée et la mer Rouge].

18 novembre 1869 le maire envoie au Sous-Préfet le dossier du chemin de petite communication n°1 (de Béré à la Mare Guérin).

« MM Lahaye et Bouchet propriétaires de terrains traversés ont déposé une observation à l’enquête. Ils demandent qu’il plaise à l’administration de faire une étude sur un projet de rectification qu’ils indiquent aux abords de la Mare Guérin. Le tracé actuel a été avec raison dirigé sur la Mare Guérin, limite des communes de Châteaubriant et de Rougé.
Le conseil municipal pense qu’il y a lieu de faire une étude suivant la réclamation de ces messieurs ».

21 novembre 1869 : au conseil municipal de ce jour, le maire annonce que la souscription autorisée par délibération du 31 octobre dernier, au sujet des pompes à incendie, a produit la somme de 1406 frs. suffisante pour l’acquisition projetée. Le Conseil prie le commandant des pompiers de faire les diligences nécessaires pour acheter la pompe et tous les accessoires et décide, s’il reste un reliquat, de le mettre à la disposition des pompiers.

 Train vers Rennes

Le maire communique qu’à Vitré il s’est formé un comité chargé de rechercher les moyens les plus propices à assurer l’exécution d’un chemin de fer de Vitré à Châteaubriant avec embranchement surRennes aux environs de Rhetiers (sic !). Ce comité demande à la ville de Châteaubriant si elle serait disposée à donner son concours à l’exécution du projet.

Le Conseil après avoir mûrement examiné cette question, fait des voeux pour l’exécution de ce réseau « qui aurait un intérêt sérieux pour la ville et arrondissement de Châteaubriant mais il pense qu’il importe qu’une entente préalable puisse s’établir entre le comité de Vitré et la ville de Rennes. Le Conseil n’hésiterait pas à se prononcer sur une ligne directe avec Rennes, ville avec laquelle Châteaubriant entretient des relations bien autrement importantes qu’avec Vitré ».

22 novembre 1869 : M. Chollet a légué à la salle d’asile une somme de 200 frs. payable dans l’année de son décès, net de tous frais.

23 novembre 1869 : le Préfet vient d’accorder à la salle d’asile une subvention de 300 frs. pour l’année 1869.

25 novembre 1869 le maire écrit à M. Couchot : « Le conseil municipal du 14 novembre 1869 vous a a nommé directeur de la Caisse d’Epargne. J’espère que vous voudrez bien accepter cette position et concourir à l’administration d’un établissement si utile ».

 Des fonds pour la pompe

1er décembre 1869 le maire écrit au préfet au sujet des incendies, « les populations alarmées par les incendies qui nous affligent, menaçants encore, ont eu recours aux assurances et à la garde armée de leurs propriétés. Elles ont demandé à l’autorité municipale d’augmenter le nombre de pompes et d’en compléter le matériel. Le conseil municipal à l’unanimité a jugé à propos de donner cette satisfaction et d’acquiescer à cette mesure de prévoyance ».

« L’achat d’une nouvelle pompe et les accessoires forme une dépense approximative de 1500 frs. Le Conseil, sans fonds municipaux disponibles, a décidé qu’il y avait lieu d’avoir recours à des dons volontaires admettant pour base morale des souscriptions, libres toujours, selon l’importance des propriétés mobilières et immobilières de chacun.

C’est ainsi que plusieurs particuliers ont souscrit pour 50 et 60 frs. La commune, en raison de ses propriétés bâties, a donné même somme ».

Le maire tente alors d’obtenir des fonds du Département et écrit ceci :

« Si vous voulez bien, M. le Préfet, accueillir l’idée et sympathiser avec l’élan de la population, il y aurait tout lieu de souscrire sur les fonds du Département, il est le plus riche propriétaire de notre commune en meubles et immeubles par la possession du château et de ses dépendances, comprenant sous-préfecture et tribunal meublés, gendarmerie, prison, télégraphe, entrepôt et autres locaux loués productifs de revenus. La souscription de M. le Préfet serait accueillie avec faveur par l’opinion et avec une vive reconnaissance »

4 décembre 1869 à M. Curtis, administrateurs de la compagnie d’éclairage au gaz.
« Pendant la session de novembre, le Conseil n’a pas voulu s’occuper de l’éclairage au gaz, il ne pense pas qu’il y ait possibilité de donner en ce moment une solution à cette question et il n’a pas nommé de commission pour la traiter. J’ai l’intention d’en reparler au mois de mai prochain lors du règlement du budget et des affaires générales de la commune. J’ai l’honneur de vous donner ces informations pour vous épargner des voyages inutiles ».

4 décembre 1869 : le maire continue à chercher des fonds pour l’achat d’une troisième pompe à incendie. Il sollicite pour cela les compagnies d’assurances : La Générale, Le Phénix, la France, La Nationale, l’Union, La Providence, L’Abeille, Le Monde (toutes à Paris) et La Clémentine à Rennes. Par exemple, il écrit au directeur général d’assurance contre l’incendie La Confiance :

« Une souscription est ouverte à la mairie pour l’achat d’une troisième pompe et pour compléter le matériel nécessaire. La base morale des dons volontaires est l’importance des propriétés immobilières et des propriétés bâties de chacun. Nul n’en a autant à sauvegarder que la compagnie d’assurances ayant intérêt dans le pays et n’est aussi intéressée à la bonne organisation des pompes. La population serait reconnaissante si la compagnie dont vous êtes le directeur, voulait bien s’associer à l’oeuvre commune à une souscription que j’ai l’honneur de solliciter ».

 Un terrain pour une usine à gaz

11 décembre 1869 à M. Voiton.
« MM. Ballais et Grimault, conseillers municipaux m’ont accompagné chez vous aujourd’hui. Nous vous avons demandé le prix que vous nous vendriez afin d’établir l’usine à gaz :
- soit votre petit pré de la Vannerie
- soit votre jardin près le pont de Choisel.
Vous nous avez répondu que vous nous vendriez le petit pré pour 5000 frs, le jardin 6000 frs, à charge à la commune de respecter le bail de la veuve Saulais sauf à prendre avec elle tel arrangement qu’elle consentirait.

Votre honorable parole est un engagement bien suffisant mais pour les besoins administratifs je vous prie de vouloir bien me donner vos demandes écrites ».

11 décembre 1869 à M. Rosser ingénieur civil de la compagnie d’éclairage au gaz.

« Votre visite et votre séjour à Châteaubriant ont avancé l’affaire de l’éclairage au gaz de cette ville. Je la finirai dans le conseil municipal où je trouverai pour appui les conseillers qui ont été en rapport avec vous. Toujours est-il qu’à conditions égales la préférence vous est acquise en raison de vos offres antérieures ».

13 décembre 1869 à M. le directeur de l’hospice de Caen. « Je vous prie de m’adresser les renseignements nécessaires pour inscrire sur les tableaux de recrutement de ma commune, pour la classe 1869, un enfant trouvé de l’hospice de Caen, nommé Louis, confié par l’hospice à la femme Frédéric Mesnil domiciliée à (illisible) (Calvados), exerçant la profession de fondeur étameur. Ce jeune homme habite maintenant Châteaubriant ».

 417 kg de pain

14 décembre 1869 au sous intendant militaire à Angers. « j’ai l’honneur de vous adresser un bon duquel il résulte que M. Buron, boulanger en cette ville, a fourni à la troupe de passage 556 rations de pain de 750 g l’une, ce qui forme 417 kg à raison de 0,30 le kilo soit 125,10 frs. Je vous prie M. le sous-intendant de vouloir bien faire délivrer un mandat de pareille somme au sieur Buron ».

14 décembre 1869 un décret du 8 novembre dernier autorise l’hospice à accepter un legs de 1000 frs fait par M. Houdemont à l’hospice

18 décembre 1869 (revoir au 13 décembre) Quel sac de noeuds ! le jeune "Louis" s’appelle Louis Marie inscrit sur les registres de l’État civil de Caen le 10 mai 1852 comme enfant trouvé, âgé à cette époque de deux ans et quatre mois. Ce jeune homme demeure actuellement à Châteaubriant et prétend faire partie de la classe 1869 étant né en 1849. Bref, on ne sait plus ! « je joins une lettre de l’administration de l’hospice de Caen insuffisante pour justifier son inscription ». Bref, enfant trouvé peut-être. Perdu sûrement.

4 décembre 1869 : les rôles de la rétribution scolaire due par les élèves ayant fréquenté l’école primaire communale de Châteaubriant dirigée par M. Delaunay pendant le quatrième trimestre 1859 :

- élèves de la commune 358 frs
- élèves étrangers 102 frs
- élèves gratuits 63 frs
Total 523 fr.

29 décembre 1869 : le sieur Leroy Julien fils, boucher à Châteaubriant, a été déclaré adjudicataire pour la viande nécessaire à la consommation de l’hospice en 1870 à 0,90 francs le kilo mais, pour les autres fournitures, l’hospice n’a pas pu trouver de concurrence.

 L’empire et le parlement

Et pendant ce temps-là, à Paris, l’opposition, majoritairement royaliste, a gagné les élections législatives de mai 1869, mais elle reste divisée, chez les républicains, entre modérés et révolutionnaires. Léon Gambetta est notamment élu à Paris. Si le régime garde le soutien essentiel de la paysannerie, les ouvriers ont rallié pour la première fois en majorité les candidats républicains, ce qui sonne comme un échec pour la politique d’ouverture sociale de Napoléon III.

L’opposition souhaite que, d’une façon générale, le peuple prenne part plus efficacement à la direction des affaires. Le 8 septembre 1869 Napoléon III a publié un senatus-consulte contenant les réformes demandées par l’opposition : le Corps Législatif devient une Chambre autonome avec droit d’élire son président et son bureau. Elle possède l’initiative des lois, le droit d’interpellation et le vote du budget par chapitre.

Le Sénat devient une assemblée législative. Ces séances seront publiques. Il possède désormais le droit d’interpellation. Les ministres sont responsables devant le Sénat mais seulement à titre pénal, en cas de crime. Napoléon a maintenu son principe : « les ministres ne dépendent que de l’Empereur ».

Comme le ministre de l’intérieur déclarait au cours d’une conversation que l’Empire était encore assez fort pour vaincre ses ennemis, Napoléon III lui fit remarquer : « On peut tout faire avec des baïonnettes excepté s’asseoir dessus ».

26 novembre 1869 : 116 députés signent une interpellation à Napoléon III et convoquent dans la grande salle du trône tous les députés qui voudraient y ajouter leur signature. 163 députés répondent à cet appel. Le président résume la politique du groupe en ces termes : « Nous voulons tous le maintien de l’Empire appuyé sur des institutions libérales et parlementaires. Ceux qui veulent l’Empire sans institutions parlementaires ou les institutions parlementaires sans l’Empire n’ont pas le droit d’être ici »

En 1868 François-Achille Bazaine est nommé commandant du Camp de Châlons. Créé par la volonté de Napoléon III, ce camp s’étend sur 10 000 hectares achetés à 1300 propriétaires. Comprenant une bibliothèque et huit fermes pour nourrir les soldats, il fut d’abord un camp de manœuvres militaires, lieu de réunion de 25 à 30 000 soldats.

Il se mua rapidement en une vitrine de l’armée impériale française, en théâtre de propagande et en lieu de proximité entre les citoyens français et leur armée. La France vivait alors sur une réputation de bravoure, étayée par des souvenirs "glorieux" de l’Algérie, de Sébastopol et de l’Italie. Mais les chefs ne furent pas à la hauteur du courage des hommes. La splendide armée impériale s’effondrera en quelques semaines…

La défaite militaire de Sedan, le 2 septembre 1870, et la capitulation de Bazaine à Metz le 28 octobre 1870, mettront fin au Second Empire.

Napoléon III sera fait prisonnier par les Prussiens et interné jusqu’au 6 mars 1871.


 D’enfance, d’amour et de mort

Etrange XIXe siècle qui porte en lui, inséparables, le bourgeois replet et satisfait caricaturé par Daumier et le jeune homme mince et pâle au front mélancolique, la puissance des empereurs et la gouaille de Gavroche, l’espoir de la libération des peuples et le développement de l’esclavage dans les colonies.

1848 c’est l’esprit de la République, qui abolit la peine de mort et l’esclavage, institue la liberté de la presse et le suffrage universel. Les écrivains Lamartine, Hugo, sont députés. Mais en juin la Garde Nationale, au nom du Parti de l’Ordre, tire sur le peuple. L’espoir républicain s’effondre frappé à mort par le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. L’armée remplace le peuple dans la rue. Les libertés sont supprimées.

1852, le règne de Napoléon III commence. Victor Hugo, de son exil, àppelle sur la tête du nouvel empereur le châtiment de Dieu. D’autres écrivains préfèrent tourner le dos à l’histoire et se retirer dans la tour d’ivoire des poètes. L’Ordre moral s’impose : les fleurs du mal de Baudelaire sont condamnées en 1857 pour atteinte aux bonnes mœurs. Pourtant la France change : à Paris comme dans toutes les villes du pays se construisent banques, grands magasins, gares, usines, boulevards. La science devient religion nouvelle, porteuse d’un espoir de vie meilleure, au prix du travail d’un prolétariat souvent misérable dont George Sand, Hugo, ou Lamartine dénoncent l’aliénation.

Au siècle précédent le livre était encore réservé à une élite sociale et intellectuelle de lettrés et de savants. Le XIXe siècle marque à cet égard une rupture capitale. Le développement de l’instruction primaire (loi Guizot 1833) et de la presse, 1836, donnent aux livres un plus large public.

Les Français qui viennent de vivre des périodes de révolution, marquent un intérêt nouveau pour le passé. Espoir de comprendre le présent ? Besoin de retrouver ses racines ? l’histoire devient objet de recherche. Ce nouvel intérêt se manifeste par la défense du patrimoine. L’assemblée constituante avait déjà transformé le Louvre en musée et créé des archives nationales.

Les premières restaurations de monuments commencent en 1839 à la basilique romane de Vézelay et se poursuivent sous l’impulsion de l’écrivain Prosper Mérimée nommé inspecteur général des monuments historiques. La politique n’est pas étrangère à ce goût nouveau pour l’histoire : les conquêtes napoléoniennes en Égypte, en Italie, ouvrent les Français aux cultures antiques. Les équipes de savants (c’est le cas de Champollion en Égypte), les amateurs d’art, accompagnent les expéditions militaires et les musées français s’enrichissent d’oeuvres parfois pillées ou facilement acquises.

Dès le début du siècle, la littérature avec Chateaubriand ouvre la voie au renouveau de l’histoire. « La France est une personne » disait Jules Michelet qui a consacré sa vie entière en écrire l’histoire avec ferveur et passion. Il fut l’écrivain de la révolution, il fut le poète de l’histoire, il fut aussi, c’est plus étonnant, celui qui fit l’apologie de la sorcière qui féconde et engendre de nouveaux savoirs, hymne à la femme incarnation de la nature vivante et consolatrice.

Au XIXe siècle, le peuple devient objet littéraire, les écrivains découvrent avec intérêt et parfois inquiétude les classes laborieuses comme les habitants d’un Nouveau Monde, qu’il s’agisse des émeutiers révolutionnaires, ou des ouvriers rivés au collier de misère. La condition ouvrière et son cortège de misère, de dégradation physique et morale, donne naissance à une abondante littérature et c’est dans ce contexte que s’élabore une pensée socialiste.

Victor Hugo dénonce l’exclusion des pauvres et souligne leur caractère sacré. Emile Zola décrit l’enchaînement fatal de la misère et les injustices dont le peuple est la victime. La description et parfois l’exaltation du travail de l’ouvrier donnent à celui-ci une dignité littéraire.

L’église catholique fragilisée par les secousses révolutionnaires croit trouver dans l’alliance avec la monarchie un rempart contre la déchristianisation. Elle se montre sourde aux revendications sociales ou même aux révoltes spontanées de la misère. Un penseur chrétien, Félicité de Lamennais, tente de réconcilier l’Eglise et le progrès social. Ce prêtre breton rêve d’une société où l’Eglise étant authentiquement évangélique, montrerait le chemin de la coexistence fraternelle. Mais il est excommunié en 1836 pour son livre Paroles d’un croyant.

On ignore souvent que George Sand, la bonne dame de Nohant, eut pendant un temps un engagement politique après la révolution de février 1848, appuyant la cause socialiste et fondant le journal « La cause du peuple ». Ses illusions furent brisées par les échecs populaires de juin 1848 et par le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte.

Profitant de l’extraordinaire développement de la presse, un genre nouveau se développe : le feuilleton, où triomphent Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires) et Eugène Sue (les Mystères de Paris). Le roman populaire est générateur d’émotions fortes, haines, admirations, indignation. En même temps il crée une véritable mythologie, parlant de richesse et d’ascension sociale. L’ouvrière rêve au mariage qui la fera accéder à la bourgeoisie...

Le XIXe siècle est évidemment le siècle de Victor Hugo, mais aussi de Leconte de Lisle, José Maria de Heredia, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Jules Verne, Jules Vallès, Jules Renard …

Trois œuvres paraissent en 1869 :

- Les chants de Maldoror de Lautréamont
- Les Fêtes Galantes de Paul Verlaine,
- l’Education sentimentale de G. Flaubert

Les chants de Maldoror, est un vaste poème divisés en six parties. L’éditeur, effrayé par sa violence et la révolte qu’il exprime, garde la plupart des exemplaires dans sa cave ! [Lautréamont meurt à Paris à 24 ans]. « Moi, comme les chiens, j’éprouve le besoin de l’infini… Je ne puis, je ne puis contenter ce besoin… Je suis fils de l’homme et de la femme, d’après ce qu’on m’a dit. Ça m’étonne, je croyais être davantage. »

Les Fêtes Galantes est un recueil de 22 poèmes. Des fêtes amoureuses, Verlaine en aime le climat de légèreté et de liberté qui représente pour lui un refuge contre l’angoisse. Ces fêtes galantes sont aussi des faux-semblants : derrière les apparences heureuses se révèlent des souffrances cachées. Les jeux de l’amour dissimulent mal les blessures de la passion ou les déceptions du plaisir.

L’éducation sentimentale, est une étude de la bourgeoisie parisienne sous Louis-Philippe, mêlant lourdement art et affairisme, médiocrité intellectuelle et consommation (nourritures, objets de luxe ou de faux luxe)

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Sources :

- Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 11 et 2 D12 (courriers) – 2 D 3
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de la France et des Français par André Castelot et Alain Decaux
- Itinéraires littéraires, Hatier, 1990.