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Du 1 janvier 1873 au 30 avril 1873

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5 janvier 1873, séance extraordinaire du Conseil Municipal de Châteaubriant sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul. Le secrétaire est M. Picot de Plédran. Le Maire expose qu’une contrainte est délivrée contre les familles Gatineau et Leseur par l’école normale de Savenay pour paiement du terme d’octobre de la pension. «  Gatineau et Leseur appartiennent à des familles d’ouvriers sans aisance et dans l’impossibilité de payer  ».

Le conseil municipal prenant en très grande considération la conduite exemplaire de ces deux élèves studieux et les services qu’ils seront appelés à rendre à la société en qualité d’instituteurs, autorise pour cette fois M. le Maire à payer le terme réclamé : 80 francs. Le Conseil prie Monsieur le Préfet de vouloir bien pour l’avenir accorder à ces enfants une bourse entière nécessaire pour mettre ces excellents élèves dans la possibilité de continuer leurs études.

9 janvier 1873, Napoléon III, atteint de lithiase (qui provoque des « coliques néphrétiques) est opéré pour le troisième fois en Angleterre et meurt des suites de l’opération.

9 janvier 1873 : le maire de Châteaubriant envoie la délibération prise le 5 janvier l’autorisant à payer la pension due par Leseur et Gatineau élèves de l’école normale de Savenay. «  Le Conseil bienveillant et charitable a bien voulu venir au secours de Leseur et Gatineau. Je me fais fort d’obtenir encore le prix d’un autre trimestre, cependant on objecte que ces dépenses doivent être prises sur les crédits votés par le Conseil Général et l’on demande à M. Le Préfet de vouloir bien accorder des bourses entières à ces élèves très méritants  ».

11 janvier 1873 au directeur des Haras de la Roche sur Yon. «  Nous venons enfin de terminer avec Monsieur Hubert qui jusqu’ici ne voulait pas donner solution. Les étalons seront logés dans son bâtiment neuf, l’écurie sera spacieuse et il y aura une chambre avec cheminée pour le palefrenier, le lieu pour les saillies sera clos et sous tous rapports convenable. Veuillez nous aviser de l’arrivée des étalons, nous sommes toujours persuadés que des chevaux près de terre et genre percheron seraient plus convenables pour nos juments et ne produiraient pas des poulains trop légers qui dégoûtent les agriculteurs des chevaux du gouvernement ».

16 janvier 1873 : le maire adresse au directeur des contributions directes, à Nantes, les 122 déclarations faites par les possesseurs de voitures et de chevaux (contribution sur les voitures et chevaux) et la déclaration faite par M. Bridel Philippe, gérant d’un cercle à Châteaubriant (taxe sur les cercles). Il n’envoie aucune déclaration concernant les possesseurs de billards «  attendu qu’il n’y a aucun changement dans les déclarations précédentes »

20 janvier 1873 au Sous-préfet : «  la commission du bureau de bienfaisance a accepté le legs Houizeau et a décidé qu’un tiers de l’actif net serait donné aux héritiers nécessiteux, que les deux autres tiers seraient partagés entre le bureau de bienfaisance de St Julien de Vouvantes et celui de Châteaubriant. Je vais soumettre cette délibération au Conseil Municipal dimanche prochain. Je vous prie de m’autoriser à le réunir à cet effet »

22 janvier 1873 au colonel du 119e régiment de ligne : «  Le nommé Derval Pierre, fils de Pierre et de Chrétien Adèle, né à Châteaubriant le 9 août 1852, fait partie de la classe 1872. Toutes les recherches faites jusqu’à ce jour pour découvrir sa demeure et celle de ses père et mère sont restées infructueuses. Je viens d’apprendre que son cousin germain qui fait partie de votre régiment connaît l’adresse des parents du sieur Derval. J’ai l’honneur de vous prier de faire demander au sieur Chrétien les renseignements nécessaires afin que je puisse signaler le sieur Derval au maire de sa résidence »

Mais le maire de Châteaubriant ne sait pas où se trouve ce régiment. Il demande donc au sous-intendant militaire à Nantes de bien vouloir faire suivre sa lettre .On apprendra 8 jours plus tard que Derval Pierre demeure avec son père au 44 rue Vanneau à Paris (7e)

26 janvier 1873 – séance extraordinaire du Conseil. M.Ernoul Provôté est secrétaire. Le maire expose qu’il y a eu une délibération du bureau de bienfaisance en date du 28 décembre 1872 relative au legs de Mademoiselle Houizot qui dit que le legs sera partagé comme suit
- un tiers pour le bureau de bienfaisance de Châteaubriant,
- un tiers pour celui de St Julien de Vouvantes,
- un tiers pour Chiron, la veuve Chirade, la veuve Fournel, héritiers nécessiteux de la testatrice.
Vote à l’unanimité.

Le bureau de bienfaisance accepte aussi comme avantageux un échange de terrain avec Madame Bourdais au lieu dit La Laie.

La commune de Pouancé demande que sa Foire du mois d’avril qui est mobile et a lieu l’un des jeudis du mois soit fixée de manière invariable au 18 du même mois. Le conseil municipal fait observer lorsque la foire en question tombera un mercredi, jour de marché à Châteaubriant, elle pourra apporter un certain préjudice à ce marché important. Le conseil municipal ne saurait émettre un avis favorable et demande la fixation à tel jeudi du mois d’avril de la dite foire puisque les marchands de bestiaux qui fréquentent en grand nombre le marché du mercredi à Châteaubriant se rendraient pour la plupart à Pouancé pour la Foire du lendemain.

Les boues provenant de la répurgation de la ville, forment de nombreux tas qui encombrent presque totalement le lieu de dépôt. Le conseil considère qu’à cette époque de l’année la vente de ces terreaux pourra être avantageuse pour la commune et est d’avis de procéder à l’adjudication du produit de la répurgation aussitôt que M. le Maire y aura été autorisé par Monsieur le Préfet

29 janvier 1873 : le maire demande au Préfet l’autorisation de vendre les boues provenant de la répurgation de la ville.

1er février 1873 : la dépense des aliénés indigent s’élève à 193,85 frs pour l’année 1872. «  Aucun crédit n’est inscrit au budget pour cette dépense.J’ouvrirai aux chapitres additionnels de 1873 le crédit pour solder cette dépense. Mais dès à présent, M. le Préfet, si vous le jugez à propos, vous pourriez ordonner d’office le paiement de cette somme sur le budget de l’exercice suivant  »

9 février 1873 – Conseil Municipal. Le maire demande au Conseil de voter la somme de 160,60 frs pour la dépense des aliénés en 1872.

À propos d’un pauvre enfant atteint de la teigne, les parents demandent l’admission dans un hospice pour y suivre un traitement. Le maire fait observer que les hospices de Nantes refusent les teigneux qui leur sont envoyés par les communes. A l’unanimité le Conseil émet le vœu que les teigneux puissent être admis dans les établissements départementaux et que les communes contribuent au traitement de ces malades dans la même proportion que pour les aliénés

Le conseil approuve le projet d’échange de parcelles de terrain du Bourgérard entre M. le Comte de Saint-Luc et la commune. Le conseil demande aussi de faire une étude pour classer le chemin de la Maison Brûlée au Pont de la Torche.

Le maire présente au Conseil un projet de régularisation et d’alignement des voies conduisant de la Torche au Pressoir de Bel-Etre et reliant ce quartier aux rues avoisinantes. [mais … problème ! Lire plus loin, aux 17 février et 30 mars]

Pétition des habitants de la rue du Pompier. Le Conseil vote la réparation et la mise en bon état de viabilité du dit chemin.

Les habitants du Faubourg de Couëré se plaignent de la mauvaise qualité des eaux fournies par les puits du quartier. M. le Maire engage les élus du Conseil à étudier quel serait le meilleur emplacement d’un puits à construire pour satisfaire à ces exigences. Enfin le maire fait dresser un plan pour arriver à la régularisation de la place des anciennes Halles.

11 février 1873  : Lecoq Pierre, libéré le 22 mars 1871 avait droit à un résidu de masse de 37,91 frs. Or il a reçu un mandat de 7,67 frs au nom de Lecoq Jean-Baptiste. Le maire signale cette erreur au sous intendant militaire à Nantes et demande en même temps un certificat de bonne conduite pour le temps que Lecoq a passé au régiment.

11 février 1873 à Monsieur Hubert, négociant, Châteaubriant « Vous avez consenti à mettre à la disposition de l’administration la grande écurie au bout de votre maison, à la couper cependant pour faire écurie et logement du palefrenier et à donner le terrain devant pour les saillies. Vous ferez construire le tuyau de cheminée et ouvrir une porte sur la cour. Vous nous avez proposé pour 3 ans ce logement ou tout autre équivalent. L’administration le conservera tant qu’il lui sera possible de le faire. La commune vous paiera pour le prix convenu la somme de trente francs pour chaque mois de séjour des étalons. Je vous serai obligé, Monsieur, de m’accuser réception de ma lettre qui énonce nos conditions ».

17 février 1872 : su conseil municipal, les comptes de l’année 1872 présentés par le receveur municipal, M. Lancelot, sont approuvés.

Contestation : M. Le Gall par la voix de M. Couchot expose que : à la dernière réunion du Conseil, il s’est produit un incident des plus regrettables et dont les conséquences pourraient devenir fort graves ; que le Conseil n’avait pas à intervenir dans la querelle entre M. Picot de Plédran et lui-même mais que la question qui avait donné naissance à cette malheureuse affaire lui semblait intéresser la dignité du Conseil.

En conséquence il a proposé au Conseil de prendre une délibération par laquelle le maire serait invité à retirer de la Préfecture le projet de classement de la rue reliant le faubourg de la Torche à la rue de Bel-Etre, projet que d’après lui le Conseil n’a pas approuvé, bien que par suite, ajoute-t-il, d’une erreur ou d’un malentendu il a été mentionné comme approuvé dans la délibération du 9 février dernier. Le Conseil, à la majorité, a accueilli cette proposition et invite M. le Maire à retirer le projet dont il vient d’être parlé. [Ndlr : il s’agit sans doute de l’actuelle rue L. Davy]

19 février 1873 : au sujet de l’élagage des arbres en haies qui bordent les chemins vicinaux, le maire fait publier la liste des contraventions constatées.

22 février 1873 le maire adresse au Sous préfet l’état récapitulatif des hommes valides des classes 1856 à 1860 inclusivement, appelés à faire partie de la portion active de l’armée territoriale.

25 février 1873 : un échange a eu lieu entre Mme Bourdais et le bureau de bienfaisance pour des parcelles au lieu de La Laie. Le maire demande au Sous-préfet de bien vouloir ordonner l’enquête publique prévue par les règlements.

25 février 1873 le maire adresse au Sous-préfet les noms de trois membres de la société de secours mutuels « qui me paraissent devoir prendre part à la distribution des récompenses honorifiques accordées par le décret du 26 mars 1852 »

[Ndlr : Le décret du 26 mars 1852, sur les sociétés de secours mutuels, organisa le système mutualiste naissant. Par son article 19, ce texte institua, au ministère de l’intérieur, de l’agriculture et du commerce, une commission supérieure d’encouragement et de surveillance des sociétés de secours mutuels, ayant faculté de proposer des mentions honorables, médailles d’honneur et autres distinctions honorifiques, en faveur des membres honoraires ou participants qui lui paraissent les plus dignes. La Médaille d’honneur de la Mutualité, dont l’attribution faisait l’objet d’une remise de diplôme, disparut en 1936 et fut remplacée par l’Ordre du Mérite social créé le 25 octobre de cette même année.]

4 mars 1873 : le maire demande l’admission gratuite à l’hospice de Nantes de jean-Baptiste Barré né le 13 janvier 1857. « il est constaté par les certificats ci-joints de MM. Perrin et de la Picardière, docteurs-médecins, que cet enfant indigent est atteint de la teigne et qu’il y a lieu de le soumettre au traitement nécessaire pour obtenir guérison. C’est dans l’intérêt de l’enfant, c’est dans l’intérêt public. Plusieurs pétitions m’ont été adressées en ce sens. Je les ai transmises au Conseil Municipal qui à l’unanimité a émis le voeu que les teigneux indigents soient admis dans les hôpitaux où ils peuvent être traités et que les communes contribuent, s’il est nécessaire, aux frais des traitements dans les mêmes proportions qu’il sont obligés de le faire pour l’entretien des aliénés »

9 mars 1872 : Conseil Municipal – Au sujet du chemin de Béré à Paluel, Mme la Comtesse du Boispếan n’a pas accepté les offres de la commune. il y aura donc jugement.

La commune demande l’autorisation pour arriver à l’expropriation des terrains de M. de Fermon indispensables à l’achèvement du chemin n° 41

L’hospice demande au préfet ouverture d’un crédit de 3000 francs pour acquisition de lits en fer et d’objets de lingerie.

Le Maire présente au Conseil le plan de la place des Anciennes Halles dressé par M. Morin le 15 mai 1871 et approuvé par le préfet le 22 juin suivant. [Ndlr : les anciennes halles se trouvaient au carrefour des actuelles rues : A.Briand, Grand Rue, Rue de Couëré]

Chemin de la Ville Marie à Béré : le Conseil vote le classement depuis longtemps réclamé par les habitants et les riverains.

Les habitants demandent la mise en bon état de viabilité de l’ancienne route de Derval connue sous le nom de Vieille Voie à partir du carrefour de Paluel jusqu’à la descente de la Coquerie.

 Dépêches ...

Courrier de Nantes à Châteaubriant : le maire communique une étude du receveur des Postes sur la transformation de service des dépêches de Nantes à Châteaubriant. Le Conseil reconnaissant que cette modification « plus apparente que réelle » n’apportera réellement aucune amélioration dans le service de la ville, invite M. le Maire à faire tous les efforts pour le maintien du service actuel

11 mars 1873 : transport des dépêches. Au Directeur des Postes à Nantes, au sujet «  des changements projetés dans les heures de départ et d’arrivée des courriers de Nantes-Châteaubriant lesquels à l’avenir emprunteraient pour mi-partie la voie d’eau et la voie de terre. Le Conseil a prévu des inconvénients graves au nouveau mode de service et il préfère beaucoup l’ancien qui est très satisfaisant.

Il ne demanderait qu’une amélioration très avantageuse, facile à réaliser et à obtenir. Ce serait de faire partir les courriers de Nantes et de Châteaubriant à 10 heures du soir  »

11 mars 1873 : chasse des renards, au Sous-préfet : «  la commune de Châteaubriant est parsemée de bois taillis où se réfugient les renards en grand nombre, de là ils se répandent dans les habitations rurales dont ils dépeuplent les basse-cours, dans les campagnes où ils détruisent le gibier et en empêchent la reproduction. La multiplication trop grande de ces animaux malfaisants doit être empêchée et c’est le vœu de la population. Mon premier adjoint, M. Coirre propriétaire, vieux chasseur consciencieux offrant toute garantie, demande à faire des battues. L’année dernière, M. le Préfet lui avait accordé l’autorisation nécessaire. Je viens vous prier, M. le Sous-préfet, de vouloir bien solliciter de M. le Préfet pareille autorisation pour l’année courante  ».

11 mars 1873 à M. Verron entrepreneur à Châteaubriant : « M. le Préfet a accepté la soumission que vous avez présentée pour continuer le bail d’entretien de la route nationale n°178. Vous devrez verser au bureau des actes civils à Nantes, rue de Erlon, le montant des frais d’enregistrement auxquels cette soumission doit donner lieu »

13 mars 1872 : il se produit à Paris un événement incroyable : l’Assemblée Nationale vote une loi interdisant au Président de la République de prendre la parole sans son autorisation et, encore, elle exige un prévis d’un jour. Cette décision est le résultat du travail de sape mené par le duc de Broglie désireux de rogner peu à peu les pouvoirs de Thiers. Celui-ci, furieux, s’écrie qu’il ne veut être «  ni un combattant avec le sabre au derrière, ni un porc à l’engrais dans la préfecture de Versailles ». Désormais la guerre est ouverte entre le Président et la Droite.

21 mars 1873 le maire de Châteaubriant écrit au Sous-préfet : « je ne pense pas pouvoir donner ampliation de la délibération du Conseil Municipal relative au quartier de Belêtre, rédigée par M. Rouxel, secrétaire élu, avant que cette délibération aient été signée par les Conseillers Municipaux qui y ont pris part. Dans cette question qui passionne à tort ou à raison je suis d’avis d’agir d’une manière entièrement correcte si vous ne me donnez d’autres instructions. Dans cet ordre d’idée, je vous prie de m’autoriser à convoquer extraordinairement le Conseil Municipal pour terminer cette affaire de délibération ».

21 mars 1873 : le maire a fait procéder à une deuxième enquête publique relative à un projet de barrage sur la rivière de Chère.

26 mars 1873 :Joseph Roland sergent-fourrier du 82e de ligne en garnison à Satory a obtenu une permission de 10 jours qui expirera le 31 pour affaires de famille. «  Les formalités exigées par la loi n’étant pas remplies, une prolongation de 15 jours est indispensable pour terminer d’une manière définitive ses affaires et sauvegarder ses intérêts »

27 mars 1873 : rôles dressés par M. Delaunay instituteur communal pour le 1er trimestre de 1873 :
- élèves de la commune : 282
- élèves étrangers 168
- élèves gratuits 45
Total : 495

 Une école à Béré ? Oui mais non

30 mars 1872, conseil municipal. Monsieur le ministre de l’instruction publique et des cultes a donné son approbation à la délibération du 14 décembre 73 du conseil départemental décidant la création d’une école mixte dans la section de Béré, commune de Châteaubriant, le conseil municipal de cette ville est appelé à voter le traitement de l’institutrice qui sera chargée de la tenue de l’école et à louer un local pour l’établissement de la classe et le logement de l’institutrice. Selon le décret du 9 mars 1852 le conseil municipal doit être consulté pour savoir si la directrice de la nouvelle école sera choisie parmi les institutrices laïques ou parmi les membres des congrégations religieuses vouées à l’enseignement.

Le Conseil municipal décide d’ajourner la création de l’école mixte à Béré en expliquant que dans sa séance du 21 juillet 1872 il a repoussé une pétition de plusieurs habitants de Béré demandant la création d’une école communale « pour la raison qu’avant de songer à fonder de nouvelles écoles, il fallait tout d’abord améliorer et compléter celle qui existe et pour laquelle des sommes importantes sont dépensées en ce moment »

Le Conseil s’étonne de ce que le Conseil Départemental ait cru devoir décider la création d’une école mixte à Béré. La création de cette école est loin d’être urgente : il existe à Châteaubriant à moins d’un kilomètre de Béré, quatre écoles primaires dont deux pour les garçons et deux pour les filles et dans lesquelles tous les enfants de la commune peuvent largement recevoir l’instruction. Que du reste les ressources financières de la commune ne lui permettent pas pour le moment cette aggravation de charges.

 Chemin de fer vers Rennes

M. de Léon ancien maire de Rennes écrit à Monsieur Béchu en qualité de conseiller général du canton de Châteaubriant, lettre par laquelle il fait ressortir l’intérêt qu’il y aurait pour avoir un chemin de fer sur Rennes. Le conseil municipal partageant cet avis demande avec insistance et à l’unanimité l’exécution d’un chemin de fer de Rennes à Châteaubriant.

 Chemin du Pressoir

Et revoici l’affaire du chemin du pressoir ou de Belêtre qui sépare le faubourg de la Torche de la rue de Belêtre. L’administration municipale avait demandé le classement pour pouvoir donner régulièrement les éléments qui lui seraient demandés pour les personnes désirant construire sur ce chemin. Une vive discussion s’étant engagée sur ce sujet, il est reconnu :
1 – qu’en aucun cas il ne pouvait s’agir d’un classement parmi le réseau des chemins vicinaux
2 - que la question à résoudre était seulement de savoir si ce chemin, à raison de sa proximité de la ville, et des constructions qu’on y élève, ne devrait pas faire partie du plan approuvé de la ville et devenir une nouvelle rue soumise aux demandes d’alignement comme les rues anciennes
3 – que dans le cas de l’affirmative une commission de 5 membres devrait être prise dans le conseil pour étudier les modifications à faire au tracé de cette rue et en faire un rapport au conseil municipal
4 – qu’il était bien entendu du reste que ces modifications s’opéreraient avec le temps.

Le Conseil décide par 13 voix contre 4 qu’il y a lieu de faire entrer dans le plan approuvé de la ville le chemin dit du Pressoir ou de Belêtre. Cinq élus sont désignés pour constituer une commission [la rue en question est sans doute l’actuelle rue Louis Davy]

2 avril 1873 : le sieur Ollivier Prudent, soldat au 64e de ligne, né en 1847, a été réformé pour éclat d’obus au pied gauche. Il a obtenu une gratification de réforme de 180 frs à partir du 1er juillet 1871. Mais sa blessure est maintenant incurable (certificat du docteur Perrin médecin de l’hôpital de Châteaubriant). Le maire demande au sous-intendant militaire à Nantes de vouloir bien instruire cette affaire et d’accorder une pension de retraite « pour ce jeune militaire blessé »

7 avril 1873 : la commission administrative de l’hospice vend les grains de la récolte de 1872, faite sur la métairie de La Chevière que lui a légué M. le Pays de la Riboisière.

10 avril 1873 : le jeune Alizon Jean Marie demande à devancer l’appel de la classe 1872. Né à Nozay le 23 mai 1852, il a tiré au sort à Châteaubriant et obtenu le n° 57 sur 118 jeunes gens inscrits.

10 avril 1873, police des lieux publics, le maire envoie un projet d’arrêté au Sous-préfet : « J’ai conservé pour la fermeture l’heure de dix heures qui est depuis longtemps dans les habitudes. Je n’ai fait d’exception que pour les cafés-billards qui paient une patente spéciale et qui ne sont pas en grand nombre, en tolérant leur ouverture jusqu’à dix heures et demie. J’ai eu aussi pour but de donner satisfaction convenable à une pétition qui m’avait été adressée cet hiver pour solliciter l’ouverture des principaux cafés jusqu’à onze heures du soir »

12 avril 1873 : le maire adresse au Sous-préfet la délibération du Conseil Municipal demandant l’autorisation d’ester en justice contre Mme la Comtesse de Boispéan. Il s’agit de l’expropriation de différentes parcelles nécessaires à la construction du chemin de petite communication n°4 de Béré à Paluel.

«  Et on peut espérer de réussir à terminer cette affaire »

14 avril 1873, même genre de lettre pour « ester en justice contre M. de Fermon ». Celui-ci possède « une parcelle qu’il est nécessaire de traverser pour ouvrir le chemin de grande communication n° 41. Les démarches officieuses tentées ont été sans succès et il y a lieu de recourir à justice »

22 avril 1873 : le maire demande l’autorisation de réunir le Conseil Municipal dimanche 27 avril pour lui soumettre les affaires suivantes :
• demande d’autorisation préfectorale afin de payer immédiatement et jusqu’à concurrence de 12000 frs les travaux de la Maison d’Ecole sans attendre le budget additionnel de1873,
• convention à établir au sujet de la cure de l’église St Nicolas.
• désignation du conseiller qui prendra part à la révision de listes électorales de la chambre de commerce de Nantes [Ndlr ce sera M. Lecoconnier]

23 avril 1873  : le maire adresse au Sous-préfet une pétition de M. Narbonne et de plusieurs habitants de cette ville relative à l’usine de M. Martin, Briquetier, faubourg de la Barre.

27 avril 1872 Le conseil municipal vote un crédit de 80 francs pour solder le trimestre de pension des jeunes Leseur et Gatineau élèves à l’école normale de Savenay.

Le Conseil demande à Monsieur le Préfet autorisation de dépenser le crédit de 12000 francs inscrit au budget additionnel de 1872 sans être obligé d’attendre l’ouverture du budget additionnel de 1873, retard qui serait préjudiciable aux entrepreneurs dans le travail est très avancé [sur les travaux de la maison d’école]

Au sujet du jeune Barré atteint de la teigne qui doit être admis aux hospices de Nantes, M. le Maire demande au conseil municipal dans quelle proportion la ville de Châteaubriant se propose de contribuer aux dépenses de cette admission. Le Conseil propose de contribuer pour un cinquième.

 Église Saint-Nicolas

lettre de M. le curé de Châteaubriant et délibération du conseil de fabrique en date du 7 juillet offrant à la ville la cession de l’ancien hôtel "Le Pays" [ancien hôtel de M. Le Pays de la Riboisière].

Un membre du Conseil Municipal fait remarquer «  le désintéressement du Conseil de Fabrique qui aide le Conseil municipal dans l’acquisition de l’hôtel d’Arimont, sacrifiant 30 000 francs pour la maison du sieur Andéol, abandonnant les dépendances de l’hôtel Le Pays et venant enfin mettre cet hôtel à la disposition de la commune à des conditions inespérées, on peut le dire ». « Ces sacrifices qu’ils viennent du Conseil de Fabrique ou du Conseil Municipal profiteront toujours à la communauté des habitants de Châteaubriant  » dit-il encore.

Le Conseil adopte à l’unanimité le projet de cession s’engageant à consacrer cet hôtel en logement de clergé catholique de la paroisse Saint-Nicolas à perpétuité ou jusqu’à ce qu’on puisse le remplacer par un presbytère jugé plus convenable par les Conseils de Fabrique ou municipal alors en exercice. Le Conseil vote comme première manifestation des sympathies de la commune une somme de 20 000 francs payable en 5 annuités dont la première échéant fin année 1874.

 Thiers démissionne

27 avril 1873 : lors d’une élection partielle dans le département de la Seine, Charles de Rémusat, Ministre des Affaires étrangères et ami de Thiers, est battu par un candidat radical et surtout anticlérical tout à fait inconnu. A Paris les faubourgs ouvriers pavoisent, Thiers est toujours ressenti comme « le fusilleur du peuple » en souvenir de la Commune. Paris a été trop content de voter contre son protégé ! Chez les conservateurs, en revanche, c’est la colère, ils voient Thiers en train de se faire déborder par les radicaux, il faut donc se débarrasser de lui .

Le 11 mai, trois candidats radicaux et un bonapartiste sont élus. Ces résultats conduisent le président Thiers à demander la démission de ses ministres et à constituer un nouveau ministère le 18 mai 1873.

Ce 18 mai avant de porter leur attaque finale, les conservateurs se réunissent chez le duc de Broglie pour choisir un remplaçant. il y a bien le duc d’Aumale assez populaire pour son adhésion au drapeau tricolore mais les légitimistes (partisans de la royauté) auraient ressenti son accession à la présidence comme une seconde usurpation. Broglie propose alors un militaire d’une grande autorité morale, le maréchal Mac Mahon, courageux soldat, magnifique au feu et surtout d’une grande honnêteté, très populaire dans l’armée mais aussi dans les milieux catholiques à cause de sa piété. Mais il ne s’était jamais intéressé à la politique et ne se déclare légitimiste que par tradition de famille. Gambetta le fustigeait en parlant de «  ce caporal le plus insignifiant des reîtres de l’Empire » tandis que Thiers parlait de son rival en l’appelant « cet imbécile de maréchal ». Après s’être fait un peu prier, Mac Mahon accepte de poser sa candidature.

23 mai 1873 : séance de l’Assemblée Nationale. Broglie interpelle Thiers sur la nécessité de défendre « l’ordre moral ». il exploite à fond la peur à laquelle les conservateurs sont en proie. Thiers veut prendre la parole mais suivant la loi du 13 mars il ne peut le faire que le jour suivant,

24 mai 1873 : après l’intervention de Thiers, une motion est votée par l’Assemblée Nationale disant : «  il importe de rassurer le pays en faisant prévaloir dans le gouvernement une politique résolument conservatrice ; regrette que les récentes modifications ministérielles n’aient pas donné aux intérêts conservateurs la satisfaction qu’ils avaient droit d’attendre ». Tiers annonce alors sa démission et l’Assemblée Nationale procède immédiatement à l’élection d’un nouveau président prochain : Mac Mahon.

26 mai 1873 : publication du message présidentiel qui définit ainsi la politique du nouveau gouvernement : « Avec l’aide de Dieu, le dévouement de l’armée, qui sera toujours l’armée de la loi, et l’appui des honnêtes gens, nous continuerons ensemble l’œuvre de la libération du territoire et le rétablissement de l’ordre moral de notre pays ». C’est-à-dire conservatisme social nuancé de paternalisme et respect de la religion. Pour défendre cet « ordre moral » le gouvernement prend des mesures énergiques : surveillance des cafés et des journaux qu’il est désormais interdit de crier dans les rues, épuration dans l’administration, rétablissement de la nomination des maires (qui ne seront donc plus élus). Cela peut conduire à des dérives, comme à cet arrêté du Préfet de Lyon, le 18 juin 1873 : «  Article 2 : à moins de circonstances exceptionnelles , les inhumations faites sans la participation d’aucun des cultes reconnus par la loi auront lieu, savoir : à 6 heures du matin du 1er avril au 30 septembre, à 7 heures du matin du 1er octobre au 31 mars  ».

Sources :
Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 20 (Conseil Municipal) et 2 D 12 (courriers)
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de France et des Français par Alain Decaux et André Castelot.


 Le ventre de Paris

Le Ventre de Paris est un roman écrit par Émile Zola et publié en 1873. L’action se passe essentiellement aux Halles centrales de Paris.

Les halles y sont dépeintes comme un monde florissant où rien n’existe à part la nourriture. La beauté, la richesse et la prospérité riment avec la nourriture. Ainsi, les plus belles femmes, comme Lisa Quenu, sont bien en chair, elles sont bien « grasses » comme la viande de la charcutière.

Lisa

Le ventre présente les Halles comme un monde sans cœur. Pour les petits commerçants du roman, le physique peut refléter à la fois le passé et l’âme d’une personne.

Ainsi, un homme gras, prospère et en bonne santé est un homme honnête, à la conscience tranquille, tandis qu’un maigre est un crève-la-faim qui a probablement commis des actions condamnables, causes de sa déchéance.

Source : voir le site parthenia01

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