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Apprenti dans l’automobile, en 1900



Les débuts de l’automobile

C’est un témoignage de première main que livre Noëlle Ménard, cette semaine, dans le livre quelle vient de publier et qui s’intitule "1900, apprenti dans l’automobile" . "C’est la tante Juliette Ménard, 83 ans, qui m’a confié un jour un cahier d’écolier d’un bleu délavé, où son père Alexandre Ménard (1877-1979), relatait ses souvenirs de jeunesse".

La "chance" du jeune Alexandre, ce fut d’aller à l’enterrement d’une "tante Chevalier" à Candé. La maison Chevalier comportait plusieurs activités : fabrique de meubles et menuiserie, atelier de tapisserie, maison d’antiquités, fabrique de vélocipèdes, cycles à pédales

Le jeune Alexandre, qui venait de passer le certificat d’études avec "un devoir sur l’usage du purin", fut embauché comme apprenti "quatre années sans rétribution" pour apprendre la profession de mécanicien, tourneur sur métaux et sur bois.

Apprenti en 1900

Dans ce livre, reproduit texto par Noëlle Ménard (à partir d’un cahier difficile à déchiffrer), Alexandre Ménard explique tout : d’abord la fabrication des bicyclettes, et des tricycles à pédales avec moteur Aster "le démarrage n’était possible qu’en terrain plat avec l’aide d’un homme de bonne volonté, solide et sportif, qui poussait le véhicule", le carburateur qui ressemblait à un bidon de lait de 5 litres, la soupape d’admission, le mélangeur air-essence, l’allumage avec une pile sèche, etc.

Crevé : 7 fois en 50 km

Et puis vient, avec ses 14 ans, la merveille : la "voiturelle" de la maison Decauville.... On l’aura compris, ce livre est à la fois le récit des années d’apprentissage, (à l’époque où les apprentis travaillaient 72 heures par semaine comme les adultes) et l’histoire des premières automobiles : le Vis-à-Vis de Dion, les premières voitures Renault, Peugeot et Serpollet, les premières motos (Hartal, 1902), etc. Dans son cahier d’écolier il raconte ce voyage de 50 km entre Candé et Montfaucon sur Moine, où il creva 7 fois. "C’était, dit-on, une route à clous (de sabots de chevaux)" et pour chaque crevaison il fallait soulever la voiture avec un cric rudimentaire, démonter le pneu, repérer le trou, extraire la pointe, râper, nettoyer, réparer la chambre en collant une pièce comme sur une chambre de vélo, remonter le pneu avec précaution sans pincer la chambre à air, et gonfler le pneu à la main". Il décrit aussi le premier périple de 200 km , en une seule journée, qu’il effectua, avec 6 personnes à bord, dans une voiture Amédée Bollée 1900, qu’il avait lui-même réparée, avec des tubes en acier qu’il avait conçus patiemment, empiriquement, comme système d’allumage. Il avait 16 ans et demi.

La vitre

En dehors de toutes les descriptions techniques qui passionneront les bricoleurs et les inventeurs (ah l’histoire des vieilles roues dentées de l’horloger coupées en petits morceaux pour remplacer la brasure, et des vieux carreaux de verre blanc pilés pour remplacer le borax !), on y trouve des indications sur la vie de l’époque, données par Juliette Ménard et Noëlle Ménard, notamment sur cette aristocratie nobiliaire qui tenait "à tout prix à se différencier du commun des mortels et tenir son rang" : "tous demandaient au minimum l’installation d’une vitre coulissante pour séparer le chauffeur et le valet de pied, installés à l’avant, des passagers assis à l’arrière. Quelques-uns exigeaient en plus un téléphone pour donner des ordres aux domestiques sans avoir à ouvrir la vitre".

Chacun trouvera donc de l’intérêt dans ce livre "1900, apprenti dans l’automobile" texte présenté et annoté par Noëlle Ménard - 110 pages - Editions Siloë - 15 €. On peut le commander à la librairie Lanoë (02 40 81 03 52)