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Histoire du Pays de la Mée

Archéologie

  Des microlithes à St Michel et Chanveaux

Les plus anciens occupants des pays de Loire-Atlantique remonteraient à 300 000 ans : de cette époque datent quelques bifaces de la station de l’Ouchette à Montbert.

Vers 10 000 avant JC, le climat change : il y a un réchauffement qui apporte une modification des paysages. C’est le mésolithique, période où l’homme change de pratiques :
débuts de la domestication du bétail, prémisses de l’agriculture. De cette époque datent des microlithes (microlithes = très petites pierres taillées) : on en a trouvé beaucoup à St Michel et Chanveaux, à 20 km de Châteaubriant. Les outils en silex, sont caractéristiques du mésolithique.

Vers 5000 ans avant JC, un nouveau réchauffement du climat apporte un changement de la vé[gétation et une augmentation du nombre des animaux : la découverte de haches de pierre polie fait dire que l’homme n’est plus seulement chasseur mais qu’il est devenu sédentaire : l’agriculture se développe (culture de céréales et donc raréfaction des arbres) : l’homme s’approprie la nature, et utilise la hache polie ou herminette pour défricher, abattre des arbres, creuser des sillons. C’est la révolution néolithique.

En Loire-Atlantique de grands monuments mégalithiques sont construits à cette époque (4500 avant JC environ) comme le tumulus de Dissignac (près de St Nazaire) , monument construit autour de 2 chambres sépulcrales. Ceci amène à dire que la société est plus sédentaire : l’homme se fixe dans un terroir. Ces monuments manifestent un puissant esprit de groupe et la construction est liée à l’astronomie : souci de l’emplacement par rapport au soleil, ce qui s’explique très bien pour des agriculteurs. Dans ce cairn on a trouvé des perles en séricite..

Toujours à Dissignac on trouve une dalle gravée où apparaissent des haches emmanchées, une hache charrue et des crosses, symboles du pouvoir spirituel.

Dans le sud du département (Machecoul), des fouilles ont mis au jour un ensemble de structures avec fossés qui devaient protéger un habitat du néolithique. Dans ces fossés, grâce à la nature calcaire du sous-sol, on a retrouvé des objets uniques en Loire-Atlantique : vases cassés (le fossé jouait le rôle de dépotoir), nombreuses haches, petites flèches. Les agriculteurs de cette région étaient également chasseurs : on a retrouvé différentes gaines de hache, des outils en os. permettent de dire que l’alimentation dépendait autant des moutons et des bœufs que de grands gibiers (cheval, aurochs, ours), et des animaux domestiques

 Menhirs

C’est vers 2500 avant JC qu’on a vraisemblablement construit des menhirs Beaucoup ont été christianisés (menhirs 19e siècle, présence d’objets de croyances païennes). Selon des dessins du 19e, on voit que ces menhirs étaient placés d’une façon particulière qui reste toujours une énigme. Dans la région de Châteaubriant, il reste quelques dolmens et menhirs dont le dolmen de la Chopinière à Soudan. Quelques pierres encore en place rappellent l’existence d’une série de menhirs à La Grée Gallot en Soudan.

Il est inadmissible que l’abbé Cotteux ait déplacé de nombreux mégalithes (mégalithes = très grosses pierres) pour ériger son calvaire de Louisfert.

 Les débuts de la métallurgie

Datant des années 2700 à 2500 avant JC, on a retrouvé du côté d’Ancenis des céramiques « cordées »,, retrouvées sur les bords de la Loire, en forme de clocher à l’envers. (on les appelle des céramiques campaniformes) et qui semblent être décorées à la cordelette comme les haches de combat du Nord de l’Europe. De même forme, il y avait des sortes de gobelets en métal (feuille d’or martelée), et des haches (en cuivre, allié à un peu d’arsenic pour donner une bonne dureté). De 1 800 avant JC daterait une : hallebarde : objet de combat, et d’apparat.

 L’âge du bronze

On ajoute de l’étain au cuivre (d’où l’intérêt pour les mines de cassitérite d’Abbaretz-Nozay) : on rentre dans l’Age du bronze. Progrès étonnants : les haches plates (bronze ancien). puis hache à rebord (1300/1200). puis à talon/butoir : l’objet tient mieux. Fin du bronze : hache à douille. Dans la région de Châteaubriant. est retrouvé un torque de l’âge du bronze, un fermoir d’un bracelet en bronze (environ 1000 avant JC) et un lot de 34 haches à talon, à La Jossais en Saffré dont les nombreuses traces de martelage et d’affûtage montrent que l’artisan est passé insensiblement de martelage fonctionnel au martelage esthétique.

Dans la région de Châteaubriant, est retrouvé également un moule bivalve en terre (objet assez rare) pour fabriquer des haches selon la technique de la fonte.

 La hache monnaie

A Ruffigné a été trouvé un dépôt de 800 haches à douilles datant de la fin de l’âge du bronze. Ces haches n’étaient pas affûtées : il peut s’agir d’objets jouant le rôle de monnaies, ou de haches mises au rebut pour échec technologique (beaucoup trop de plomb dans le bronze empêchant un bon affûtage)

A l’extrême fin du bronze (-700), un dépôt a été retrouvé dans le Jardin des Plantes de Nantes : épées, poignards, haches à ailerons ou à douille, parures, râcloirs, rasoirs, qui manifestent une complexification dans la confection des objets.

On notera l’absences d’outils en os, et en bois, et de parures en vannerie ou en tissu : le sol acide n’a pas favorisé leur conservation.

 L’âge du fer

Il est difficile de trouver une démarcation très franche entre âge du Bronze et âge du Fer. En gros l’âge du fer irait de - 750 à l’an 0 .

Du Premier Age du Fer : des épées ont été retrouvées par les dragages de la Loire. La présence d’objets importés d’Italie et de Grèce montre que des échanges très lointains se faisaient par la vallée de la Loire, axe privilégié.

Au second Age du Fer : -500 à 0, avec les Gaulois, on constate une amorce de « parcellaire » : le sol est conquis. Les gaulois ont mis en place la déforestation. la conquête au paysage. Au nord de Châteaubriant. on retrouve des enclos en assez grand nombre

Autre phénomène en Loire-Atlantique : la production du sel (sel ignigène obtenu par chaleur) comme le prouvent des restes de fours dans lesquels on chauffait de petites barquettes : la technique du marais salant.

 La Monnaie

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Monnaie d’or des Riédones

La monnaie en gaule apparaît au 3e siècle avant JC : monnaie en or (à l’imitation de monnaie grecque de Philippe de Macédoine). On constate que sur ces pièces. une face présente un portrait de profil tandis que l’autre face fait appel à l’imagination ou à une certaine mythologie. L’interprétation reste à faire.

J.C. Meuret a aussi parlé des tribus gauloises occupant notre région : les Namnètes (Nantes), les Riédones (Redon), Les Vénettes (Vannes), les Pictones (Poitiers), etc.

 Le Moyen-âge

L’Histoire fait mal la liaison entre les derniers moments de la Gaule indépendante et les débuts de la Gaule Romaine. Celle-ci voit naître la ville de Ratiatum (Rezé), une des plus grandes agglomérations de la Gaule (50 hectares), plus grande que Nantes à l’époque. Une “ station de villégiature ” pour gallo-romains aisés s’édifie peu à peu sur le site de Mauves (avec théâtre, temple et thermes). De cette époque aussi daterait la voie romaine jadis reconnue à La Chaussée en St Aubin-des-Châteaux

Enfin, selon JC. Meuret, Blain, centre du territoire des Namnètes mériterait des campagnes de fouilles approfondies.

Enfin, parmi les vestiges signalés par JC Meuret, allez donc voir, à la grande porte de l’église de Béré à Châteaubriant, le morceau de calcaire coquillier blanc utilisé en réemploi dans l’un des jambages de la porte. Il proviendrait d’un sarcophage datant de cette époque

SOURCES

- les Amis de l’Histoire et du Patrimoine à Châteaubriant - (02.40.81.15.36)

- l’histoire de la Loire-Atlantique ds origines à nos jours, Ed Bordessoules

- Femmes de Bretagne, par A. Croix et C. Douard, aux Presses Universitaires de Rennes


 Peuplement, pouvoir et paysage

Les passionnés d’histoire liront avec intérêt le livre « Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne » par Jean-Claude MEURET

On y trouve notamment un croquis des trois églises situées à Béré (l’église St Pierre, l’église priorale St Sauveur et l’église paroissiale de St Jean-Baptiste), le plan de la Motte féodale du Bois-Briant à Châteaubriant, ainsi que des explications sur les châteaux situés non loin de Châteaubriant (Vitré, Marcillé Robert, Segré, Châteaugontier, Craon). Le livre fait le point sur les cimetières, cohues, marchés, chemins et bourgs, forêts et haies-limites de la région, sur l’exploitation du fer, sur le modelage des paysages, etc. 656 pages,. Disponible auprès de la société d’histoire et Archéologie de la Mayenne