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Livre : des réfugiés venus de partout

Des réfugiés venus de partout

2 septembre 1939 : dans toutes les communes de France retentit le tocsin. Mobilisation générale. Dans un message au Parlement, le Président Lebrun déclare : « Par delà les destins de la Patrie, c’est la liberté du monde et l’avenir de la civilisation qui sont en jeu ». Partout en France, les femmes et les enfants pleurent. Les enfants imaginent voir des morts dès le lendemain. Hommes et femmes, avides d’informations, lisent les grandes affiches réglementaires avec soin. Nul n’a plus le cœur à la fête.

Les mères et les épouses confectionnent les baluchons. Les hommes partent au combat, bravement mais sans enthousiasme, pour peu de temps croient-ils. Chacun a en mémoire les horreurs que racontent les Anciens, ceux qui ont connu « la Grande Guerre », celle de 14-18. Et les cœurs se serrent. Les femmes restées seules au pays, savent que tout reposera sur leurs épaules : élever les enfants, assurer la subsistance, travailler la terre, remplacer les hommes dans les usines.

D’autres réfugiés, fuyant la guerre, arrivent à Châteaubriant et dans les communes environnantes ; Sion-les-Mines comptera 500 réfugiés dans la période 1939-45, pour une population de 2500 habitants. Dès le 7 septembre un service d’hébergement des réfugiés est créé à Châteaubriant Les nécessiteux y recevront un ravitaillement en nature contrôlé à l’aide de fiches. Il est prévu d’héberger 100 à 150 personnes à l’école publique de Béré et autant à l’école maternelle et à l’école de la Vannerie. Des cantonnements sont envisagés à l’école St Joseph. Le 9 septembre 1939, il est demandé aux habitants de loger des familles. Quelques réfugiés trouvent abri au château : Mme CASSIN, la concierge de la sous-préfecture, apporte l’aide qu’elle peut. « Ma mère n’avait rien mais je l’ai toujours vu donner quelque chose, ne serait-ce qu’un peu de bois, ou la possibilité de venir faire la toilette d’un bébé à la maison » dit sa fille Georgette. Parmi les réfugiés un petit homme est si bavard que bien des gens disent « il est de la cinquième colonne ».

La cinquième colonne

« La cinquième colonne » est une invention du Général Franco.
Alors que les troupes fascistes, réparties en quatre colonnes,
convergent vers Madrid, le Général Franco,
pour démoraliser ses adversaires républicains
évoque l’intervention prochaine d’une cinquième colonne
qui se trouve déjà dans Madrid, dit-il.
Cette trouvaille, annonciatrice de la guerre psychologique,
crée un climat de suspicion. Voire de panique
En mai-juin 1940, sur les routes de France,
l’armée, engluée dans l’exode des civils, est en déroute.
De bouche à oreille, une explication du désastre circule :
« La cinquième colonne nous a vendus !
Les nazis, convaincus que
la démolition d’un pays quelconque
n’est qu’une question d’argent et d’organisation,
essaient d’influencer en leur faveur
une partie de la presse et de l’opinion publique.

Selon le Sous-Préfet LECORNU, des Parisiens du 18è arrondissement arrivent fin 1939, à l’occasion de la campagne de Norvège. Un camp d’accueil est organisé en forêt de Juigné, des maisons vides (et en piteux état !) sont réquisitionnées dans diverses communes de l’arrondissement. Les réfugiés ont droit chaque quinzaine à une allocation mais leurs conditions de vie sont difficiles. En même temps des troupes anglaises s’installent en Forêt du Gâvre, avec armes, munitions et ravitaillement.

C’est l’époque où arrive à Châteaubriant la famille juive AVERBUCH. Du personnel de santé militaire s’installe à l’école Aristide Briand, internat de jeunes filles, route de Vitré, transformé en hôpital militaire le 18 octobre 1939 : l’internat reste à l’école Aristide Briand, les classes sont transférées, les unes à l’école de garçons de Béré, d’autres au château et à la poterie Roussel. Les internes se déplacent entre les dortoirs et les salles de classes disséminées en ville. Les élèves externes sont priés, eux, d’arriver un peu plus vite pour allumer le poêle de la classe. Des particuliers prêtent, qui leur cuisine, qui leur salle à manger, pour y assurer les classes.

De jeunes scouts castelbriantais se relaient, dans l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines, pour accueillir les réfugiés. Le 10 novembre 1939, le Conseil Municipal attribue des allocations à 130 réfugiés.

Environ 250 officiers polonais arrivent en décembre 1939, fuyant l’invasion de leur pays par le IIIe Reich Allemand. Ils sont logés dans des hôtels et chez l’habitant, où des chambres sont réquisitionnées. En relation avec le camp d’entraînement de Coëtquidan, et avec l’Etat-Major à Angers, ils suivent des cours de guerre, et de français, dans des locaux de la mairie.

Le maire, Ernest Bréant espère que leur présence « favorisera le commerce local et demande à ses concitoyens de se montrer accueillants pour ces déshérités ».

Les officiers s’exercent au tir dans la Carrière de la Sablière sans se douter qu’un futur 22 octobre 1941, ce lieu acquerrait une si funeste célébrité. Quand les Polonais, à l’approche des Allemands, fuient vers l’Angleterre, en mai 1940, le réseau F2 se met en place, à partir des liens créés entre Castelbriantais et Polonais : Germaine et Paul Huard, Annie Gautier-Grosdoy, Marie-Thérèse Auffray, serviront de boites à lettres.

« La drôle de guerre » durera huit mois à l’abri de l’imprenable ligne Maginot : inaction, ennui, démoralisation des soldats. Le 11 novembre 1939, la cérémonie au Monument aux Morts, en souvenir de l’armistice de la Grande Guerre, est plus empreinte d’émotion que d’ordinaire. Particularité castelbriantaise : on y voit deux Sous-Préfets, Raymond ARNAUD, mobilisé, et Bernard LECORNU nommé pour le remplacer.

A Châteaubriant, autour de la mairie, se côtoient les officiers polonais, et les civils allemands assignés à résidence à Châteaubriant. En effet, avec l’entrée en guerre, les citoyens allemands, ou d’origine allemande comme Mme Dorner, directrice de l’Ecole Normale de Nantes, sont tenus d’aller pointer au commissariat de la ville. Ils sont traités quasiment comme des ennemis alors que la majorité a fui le régime hitlérien.


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Texte du livre "Telles furent nos jeunes annes", tlchargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf

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