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Livre - l’Occupation

  Sommaire  

 

 L’Occupation

Le gros des troupes allemandes se contente de traverser la ville, seuls restent une trentaine de gendarmes allemands et d’interprètes. Ils logent chez l’habitant, choisissant les plus belles maisons, les pièces les plus confortables. Ils sont chez eux. Aimables au début, ils essaient d’amadouer la population, de démentir les bruits qui ont pu courir sur eux, de prendre des photos "couleur locale" pour renforcer la propagande de Goebbels qui veut prouver la bonne entente, la bonne « collaboration » des Français et des Allemands. Le mot « collaboration » n’a pas pris encore le sens qu’on lui donnera plus tard.

Le viol, qui restera impuni, d’une jeune réfugiée belge par un soldat allemand, aux environs de Châteaubriant, sous les yeux de son mari tenu en respect sous la menace des armes, rappelle aux Français qu’il vaut mieux se tenir sur ses gardes. L’Allemand est l’Occupant.

Le mouvement des troupes, chantant et faisant l’exercice au pas cadencé (avec le fameux "pas de l’oie"), serre le cœur et les poings des Castelbriantais. La cérémonie de « la relève » devant la Kommandantur, avec la pompe qui la caractérise, attire les quolibets (discrets). Avec deux autres jeunes, Jean CHRETIEN, n’hésite pas à « porter un coup » au respect dû à l’armée allemande, en allant déposer un étron dans la guérite de la sentinelle, entre deux de ses passages. Il faut toute la diplomatie du maire Ernest BREANT pour apaiser la colère du chef de la Kommandantur. C’était seulement le début de l’Occupation : l’incident n’eut pas de suites fâcheuses. Mais l’acte en lui-même, symbole de dérision, fait encore rire les Castelbriantais plus de 60 ans après.

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Les Allemands installent leur « feldgendarmerie » à Châteaubriant, d’abord au château de la Trinité, puis à la banque Couchot (dans le bâtiment où se trouve maintenant le Crédit Industriel de l’Ouest, à l’angle des rues Aristide Briand et Pasteur).

A Treffieux, la kommandantur occupe la maison des dames Bricaud-Gardé, raconte René PHILIPPOT. « Deux sections d’Allemands séjournent dans la commune. La section motorisée, la plus nombreuse, loge d’abord chez l’habitant puis réquisitionne cinq maisons. Un hangar est construit pour loger les camions. La section des aviateurs, une quinzaine d’hommes, réquisitionne la maison personnelle de Jean TROVALET et établit son poste d’observation à « La Claie des Bois » sur la route d’Issé à un kilomètre du bourg de Treffieux. Les soldats allemands manœuvrent dans la cour de l’école des filles. La statue de Jeanne d’Arc les gêne. Les Allemands veulent la faire disparaître, mais le curé de Treffieux leur explique que Jeanne d’Arc a "bouté les Anglais" hors de France. "Gut, Gut" disent les Allemands ! La statue ne fut pas déboulonnée ».

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Les lieux de l’Occupation à Châteaubriant

Partout, même si elles ne séjournent en ville que quelques jours, les troupes allemandes se livrent à un véritable pillage : elles sont logées chez l’habitant, notamment dans les maisons des Castelbriantais qui ont fui. ‘‘Belegt’’ est-il marqué sur les murs, ce qui signifie « occupé ». Là, elles font main basse sur tout ce qu’elles peuvent trouver : bas de soie, étoffes fines, parfums, vins, vivres, etc ...qui partent par le train en direction de l’Allemagne.

Les maisons modestes n’échappent pas à l’Occupation. Une famille de la Cité Carfort, à Châteaubriant vit à quatre personnes dans trois pièces en enfilade : une cuisine, une chambre pour les parents, une chambre pour les deux jeunes filles : elle doit mettre la chambre des jeunes filles à disposition de deux Allemands, tandis que le père, la mère et les deux jeunes filles s’entassent dans la même chambre. Quand les deux Allemands rentrent le soir, souvent ivres, ils traversent cette chambre pour se rendre dans la leur et personne n’est rassuré. Les jeunes filles ne sont pas tranquilles non plus quand il leur faut, en pleine nuit, se rendre aux « cabinets d’aisance », placés, comme souvent à l’époque, au fond du jardin.

Les Allemands s’empiffrent de vin, d’alcool, de nourriture : au point que l’un d’entre eux mourra un jour d’indigestion. Les Castelbriantais en font des gorges chaudes ! L’Allemand fut enterré au pied du château du côté de la Torche.

A l’école Nazareth, les Allemands installent leur infirmerie. Les enfants sont priés d’aller ailleurs. Dans la cour de l’école les Allemands jouent au ping-pong. « Tout nus » disait-on. Ils étaient sûrement torse nu, mais cette tenue choquait les Castelbriantais peu habitués à cette décontraction. Un simple exemple : nombre de femmes âgées de Châteaubriant portaient encore la coiffe traditionnelle.


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Texte du livre "Telles furent nos jeunes annees", telechargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf

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