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Livre - Les premiers internés "politiques"

 

 Les premiers « politiques »

Les premiers « politiques » arrivent en mai 1941 au Camp de Choisel : « d’anciens dirigeants syndicalistes des Bourses du Travail, des chefs des divers mouvements du Front Populaire de 1934 à 1939, et surtout des communistes ». Dans sa lettre du 27 février 1941, le Sous-Préfet prévoit tout : « les bâtiments numérotés de 14 à 19 inclus seront entourés de fils de fer barbelés et réservés aux indésirables. Enfin les baraques numérotées de 20 à 31 inclus seront réservées aux communistes ». Le camp, alors, selon le Sous-Préfet, peut contenir « 500 nomades, 400 indésirables et 800 communistes ».

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Depuis le départ des soldats, le 14 janvier 1941, les Castelbriantais n’ont ni perdu le chemin du camp, ni le goût du dévouement : les nouveaux venus en bénéficient aussitôt : « Ils purent revoir un instant leur mère, leur femme, leurs enfants. La ferme du camp de Choisel fut un asile favorable pour les recevoir » dit Alfred Gernoux. Les Castelbriantais fournissent linge, nourriture, aide pour la transmission du courrier et même pour les évasions. Fernand Grenier, Henri Raynaud, Léon Mauvais, Eugène Hénaff et Roger Sémat, s’évadent du camp les 18 et 19 juin 1941. Ils trouvent l’aide des communistes locaux et notamment de Jules Gadesaude, artisan-amoulageur de Louisfert.. Fernand Grenier, lui, est hébergé chez le boulanger Jean Trovalet à Treffieux, « Par dégoût pour les serviteurs du Boche, les Castelbriantais se rapprochaient des détenus politiques ». dit Alfred Gernoux. C’est un retournement intéressant de l’opinion castelbriantaise qui se méfiait, deux ans plus tôt, des Espagnols parce qu’ils étaient « des rouges ».

Parmi les détenus arrivés de Paris, un jeune, Guy Môquet, n’a que 17 ans. Fils d’un cheminot, il étudie au Lycée Carnot. Mais son père, député communiste, est déporté au bagne de Maison Carrée en Algérie, en 1939. Guy Môquet prend la relève. Lui, le gamin de Paris, gouailleur et tombeur de filles, poète à ses heures (en alexandrins s’il vous plaît !), il parcourt les marchés à bicyclette, et fréquente les cinémas, lançant à la volée des tracts anti-nazis, écrivant des slogans à la craie sur les murs de son quartier. Dénonciation. Arrestation. L’adolescent est acquitté le 23 janvier 1941, mais non libéré. Interné à la prison de la Santé, il est envoyé au Camp de Choisel en mai 1941 jusqu’à ce funèbre 22 octobre 1941.

Victor RENELLE, ingénieur chimiste de 53 ans, arrêté pour activité syndicale à la CGT, écrit à sa femme le 22 mai 1941, environ une semaine après son arrivée au Camp de Choisel : « Nous occupons un terrain enclos comme il se doit de fils de fer barbelés. D’autres réseaux de barbelés nous séparent de deux autres quartiers occupés respectivement par des nomades et des souteneurs. Le quartier politique se compose de dix baraques dont deux sont réservées aux services généraux, cuisine, buanderie, réfectoire. Les autres nous servent de logement.(...). Nous y disposons chacun d’un lit, d’une petite table et d’une étagère pour ranger notre paquetage.

Pour l’organisation quotidienne, il poursuit : « Lever le matin à 7h30. L’un de nous va chercher le café qui est distribué dans la chambre. On fait son lit - c’est vite fait - on balaie dessous et celui qui est de chambre balaie la baraque. Lavage par terre, eau de javel, chaque semaine. Ensuite toilette (...) De 9h30 à 12 h chacun s’en va à ses occupations. A cet égard nous nous sommes distribué librement les tâches - entretien du camp, constructions nouvelles, éducation - , il ne reste de commun que la corvée de cuisine, pour laquelle chaque chambre doit fournir des équipes, ce qui est naturel. »

« Après la soupe du midi, les travaux et les cours reprennent jusqu’à 6 heures où a lieu la soupe du soir. Après celle-ci chacun fait ce qu’il veut jusqu’à 10 h, où l’extinction des feux doit se faire, et strictement, à cause de la défense passive ».


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Texte du livre "Telles furent nos jeunes annees", telechargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf

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