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Livre - La Brosse - 11 juillet 1944

La Brosse, 11 juillet 1944

Après l’attaque du Maquis de Saffré, le 28 juin 1944, (lire page 99) des maquisards réussissent à s’enfuir. Une quinzaine d’entre eux atteignent Treffieux où ils sont hébergés pour la nuit dans une grange. Puis ils prennent la direction de La Hunaudière où ils décident d’établir un nouveau maquis dans la forêt de la Brosse. Les jeunes se rendent souvent à Sion pour se ravitailler et, comme partout, la Gestapo en est vite informée.

Une nuit, une quarantaine d’Allemands guettent la rentrée des Réfractaires, vers 4 heures du matin, à proximité de la ferme des DAVID. Arrivés en camion, les Allemands se divisent en trois groupes. L’un, face à la route. Un deuxième dans le creux du fossé et le troisième de l’autre côté de la route sur le haut du talus. Les jeunes maquisards, insouciants, ne se doutent de rien et, tout à coup, ils sont pris sous un feu croisé. Des centaines de douilles : les maquisards n’ont aucune chance d’échapper à ce guet-apens. Sept d’entre eux sont étendus dans le chemin. Deux blessés, roués de coups, sont jetés dans un camion (ils seront déportés, l’un d’eux, Raymond LEBORDAIS, mourra à Wilhelmshafen postérieurement à juillet 1944). Un troisième qui râle encore est achevé d’un coup de mousqueton. Quatre autres sont laissés pour morts. Ils se nomment Louis DENIEUL, Robert GASTINEAU, Paul LEBORDAIS, Roger COLLET et Auguste COLLET. Mais ce dernier, qui n’est pas mort, trouve la force de garder les yeux entrouverts et de se laisser tourner et retourner sans bouger, malgré ses blessures. Quand les Allemands sont partis, il se traîne jusqu’à la ferme voisine où il alerte Pierre DAVID que les coups de feu ont tenu en éveil. Celui-ci soigne le blessé et le conduit jusque chez le Docteur DAGUIN (qui est aussi maire de Sion) : Auguste COLLET est sauvé. Le commis Georges TERRIEN l’emmène chez ses parents à St Vincent des Landes, au péril de sa vie. Acte courageux qui pouvait valoir la mort immédiate au blessé et au conducteur de la carriole.

Le lendemain les Allemands préviennent le docteur DAGUIN qu’il doit faire enterrer CINQ de ses administrés, cinq « terroristes », en fosse commune. Le docteur DAGUIN refuse et commande QUATRE cercueils. Une cérémonie émouvante rassemble les habitants des villages voisins pour une inhumation à La Brosse, sur les lieux mêmes du guet-apens.

Malheureusement, le bruit du sauvetage d’Auguste COLLET court vite de village en village. Les Allemands l’apprennent. C’en est trop pour eux, d’autant plus qu’ils soupçonnent le docteur DAGUIN depuis longtemps. Le 12 juillet les Allemands arrêtent les demoiselles GOUDE, et M. et Mme RICHOMME (dont le fils est au maquis), ainsi que la belle-mère du Docteur Daguin. (Emprisonnées à Angers, ces personnes seront libérées à l’arrivée des Américains dans cette ville).

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1944 les Allemands reviennent pour arrêter le Docteur Daguin. Sur ses gardes, et prévenu à temps, le docteur DAGUIN réussit, avec sa femme, à prendre la clef des champs, c’est tout-à-fait le cas de le dire car il fuit à travers son jardin, traverse ensuite des champs de betteraves et de pommes de terre avant de se réfugier sous un pommier à cidre au beau milieu d’un champ de blé, le temps de reprendre son souffle. Puis il longe la Rivière de Chère qu’il traverse comme il peut en chargeant son épouse sur ses épaules.

Pendant près d’un mois, les deux fugitifs vivent chez les DOUILLLARD dans une ferme au Grippay. Ils sont prêts à partir pour un autre refuge quand ils apprennent que les Allemands fuient en désordre sur la route de Lusanger, vers Derval et Redon. Châteaubriant vient d’être libérée. Le Docteur DAGUIN et son épouse peuvent regagner Sion..