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Livre - Marcel Viaud

Marcel VIAUD (Procès des 42)

Né en février 1908, d’une modeste famille d’agriculteurs, après de bonnes études à l’école normale de Savenay, Marcel Viaud devient instituteur public à Châteaubriant, notamment aux Terrasses. Il épouse Anna Viaud, ancienne élève du cours complémentaire de Châteaubriant, institutrice comme lui.

Militant actif au Syndicat des Instituteurs de Loire-Inférieure, Marcel Viaud adhère au parti communiste en 1934 au moment des grandes luttes anti-fascistes. Il fait campagne en 1939-40, échappe aux camp de prisonniers et rentre à Châteaubriant. Dès l’arrivée des détenus politiques au camp de Choisel, (avril 1941) il se met aussitôt en relation avec eux, tout particulièrement avec Jean Grandel, maire de Genevilliers.

Pour avoir manifesté sa joie de voir la Russie entrer en guerre contre le Reich, il est écarté de Châteaubriant et envoyé dans la petite école de la Ville-en-Chef, près de Nozay. Membre du réseau Front National, et profitant de cette résidence éloignée de toute agglomération, il se montre très hospitalier pour tous les traqués, cache des Espagnols (et en particulier Gomez, qui a préparé tout un plan d’évasion des détenus de Choisel) et le chef communiste régional Claude Millot.

Marcel Viaud est arrêté en juillet 42 par des policiers français de la SPAC (section de police anti-communiste) et emprisonné à la prison La Fayette de Nantes.

Le 15 janvier 1943 s’ouvre à Nantes le procès dit « Procès des 42 » qui durera quinze jours. Les Allemands déploient une force militaire imposante et le Palais de Justice de Nantes se transforme en place forte allemande : le public ne peut plus passer place Aristide Briand, toutes les rues avoisinantes sont gardées par des hommes armés jusqu’aux dents. Du 15 au 28 janvier les malheureux détenus restent mains et pieds liés dans la salle des assises de 9 heures du matin à 14 heures. Chaque détenu est gardé par trois Allemands avec mitraillettes. Trois officiers allemands occupent le siège du fond, au-dessous d’un grand oriflamme rouge à croix gammée attaché à l’emplacement du crucifix d’antan.

Les Allemands, dans le réquisitoire du Dr GOTTLOEB reprochent à Marcel Viaud d’avoir « abrité Claude Millot et Gomez, avoir une boussole militaire, avoir trouvé en sa demeure un chargeur et 5 balles, puis un livre sur la Russie ». Marcel Viaud démontre qu’il a rapporté la boussole de sa campagne 39-40, que les gosses de son école lui ont apporté le chargeur et qu’il a acheté le livre sur la Russie à Châteaubriant en 1938. Les journalistes présents au procès sont persuadés que Marcel Viaud pourra échapper à la condamnation à mort .

Le débat se révèle une farce tragique. Le grand crime : avoir été communiste. En langue allemande, 37 fois l’expression « condamné à mort » retentit dans le silence de cette salle d’assises le 31 janvier 1943. Tous debout, les accusés chantent « la Marseillaise ». Les avocats français écoutent l’hymne debout. Les gardes avec leurs mitraillettes sont nerveux ou sidérés. Les membres du jury prennent la fuite. Le journal pro-Collaboration « Le Phare » titre : « La civilisation occidentale épure »

Rentrés en cellule, plusieurs condamnés sont roués de coups.

Les condamnés sont pourvus d’une enveloppe et d’une feuille pour écrire leur dernière lettre (non transmise aux familles). Chaque condamné est marqué d’un cœur rouge en étoffe placé sur la poitrine pour indiquer le point de mire.

Les exécutions ont lieu le 13 février 1943 au Bèle, champ de tir de Nantes. Marcel Viaud tombe à 16 heures en compagnie de 24 patriotes.

Une plaque commémorative sera apposée à l’école de la Ville au Chef (désaffectée, elle est devenue un ensemble de logements).

Anna Viaud, en femme énergique, entre dans le Front National pour poursuivre l’œuvre de son mari et s’en va de commune en commune raffermir ou organiser la Résistance.


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Texte du livre "Telles furent nos jeunes annees", telechargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf

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