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Livre - Les femmes dans la Résistance

 

Les femmes dans la Résistance
au Pays de Châteaubriant

Dans notre région, traditionnellement, la Résistance a été une affaire d’hommes : ce sont les hommes qui assurent la réception des parachutages, les émissions de radio vers Londres, les coups de main, la présence dans les maquis.

Les femmes et les familles (même les enfants) tiennent cependant un rôle important, quand il faut loger des maquisards et des aviateurs de passage, faire le guet, et porter des messages ou de fausses cartes.

Ce sont les femmes aussi qui, le plus souvent, rendent visite aux prisonniers français des cinq camps de prisonniers de Châteaubriant, transmettent des courriers qu’elles cachent sous leurs pulls, dans leur soutien-gorge ou dans les chaussettes voire dans les langes des enfants. Elles font passer des vêtements civils, des cartes, des petites boussoles, et, bien entendu, de la nourriture et des livres pour distraire les détenus.

Ce sont des femmes aussi qui, par résistance morale, marchent à trois de front : la première vêtue de bleu, la deuxième vêtue de blanc, la troisième de rouge. Et tout le monde comprend

 L’Histoire retient quelques noms

(ordre alphabétique) :

Une dame de Châteaubriant (on ne sait son nom), se rend au château, où sont détenus les officiers français. Mal vêtue, elle ramasse le linge sale, chipote sur les prix à haute voix ... et fait passer de la correspondance et des colis.

Mme Marcelle BARON de Nantes, accueile Fernand Grenier après qu’il ait quitté Treffieux. Elle sera déportée à Ravensbrück.

Mme Berthe BESNARD cache des aviateurs américains au premier étage de sa maison ... dont le rez de chaussée est réquisitionné par les Allemands. Elle sera arrêtée le 24 décembre 1943 et déportée.

Mme Berthe BINESSE, de Châteaubriant, dit « c’est bien fait pour eux » quand les Alliés bombardent en gare de Châteaubriant un train de munitions allemand. Elle sera arrêtée et mourra en déportation.

Mme CHEVROLIER, veuve (Fercé), héberge plusieurs enfants juifs et leur sauve ainsi la vie.

Mme Germaine COTTREL, de Villepôt, cache un tirailleur sénégalais que les Allemands emploient (avec d’autres) à truffer d’armes la forêt d’Araize. Sur sa suggestion, les prisonniers coupent les fils qui relient les caches d’armes les unes aux autres. Quand les Allemands allument des mèches en forêt, avant de fuir la région, tout ne saute pas comme prévu, sinon Villepôt, Noyal et Martigné auraient été largement détruites.

Mme Célestin DEROCHE, de Sion-les-Mines, et Mme Monique de PONTBRIAND, d’Erbray cachent, en toute connaissance de cause, l’officier « radio » du réseau Buckmaster-Oscar pour lui permettre d’envoyer des messages à Londres.

Mme DOUCET, au Pas du Houx à Saffré, accueille de nombreux jeunes du Maquis de Saffré.

Mme FOURNY, une veuve du Pas du Houx à Saffré, héberge des résistants de Nozay, dès novembre 1942.

Mme HOGREL prête le garage de sa maison, la dernière sur la route de Fercé, avant le Camp de Choisel, pour servir de parloir improvisé : les détenus y ont droit à 5 minutes de conversation avec leurs familles. De longues heures auparavant ils attendent leur tour en piétinant dans le champ voisin.

La jeune Esther GAUDIN, collégienne, vient de Nantes, en octobre 1941, avec son sac à dos, et ramène discrètement les planches de la Baraque 6 où les 27 Otages de Châteaubriant ont écrit leurs dernières paroles, « leurs derniers messages d’amour », avant d’être assassinés à la Sablière le 22 octobre 1941.

Mme Annie GAUTIER
(née Grosdoy), fille de commerçants castelbriantais, participe à la Résistance dans la région de Lyon. Elle sera torturée par le sinistre Barbie et fusillée le 19 août 1944.

Mme Germaine HUARD, femme d’un industriel local, fait partie du réseau F2. Son rôle : servir de relais entre les agents de la région de St Nazaire et ceux de Rennes qui transmettent des informations à Londres. Dans la mesure du possible elle rassemble des renseignements sur le mouvement des troupes allemandes, l’implantation de leurs services, le plan de la gare SNCF, etc. Mme Huard sera arrêtée le 13 mai 1944, transférée à Angers, puis déportée au Camp de Ravensbruck.

Mme KERIVEL internée au Camp de Choisel, se propose à la place de Guy Môquet, parmi les 27 Otages. Les nazis n’acceptent pas la permutation.

Mlle Jacqueline LAYGUES, employée à la mairie de Châteaubriant, donne le matériel nécessaire pour fabriquer des faux papiers (et notamment les tampons officiels). Elle sera arrêtée et déportée.

Mme Geneviève LETERTRE, « malgré ses six enfants, n’hésita pas à prêter son domicile pour en faire le centre du réseau Buckmaster pour la Loire-Inférieure Nord. Après l’arrestation et la déportation de son mari et de son fils, elle continua à militer dans les rangs de la Résistance jusqu’à la Libération » (citation et décoration de la la Croix de Guerre).

La "Mère Marie", de Nort sur Erdre, marchande ambulante de légumes, cirera toute une nuit des bottes à la Kommandantur, pour avoir prononcé un peu trop fort le mot « boche ». Cela ne change ni ses sentiments, ni sa façon de s’exprimer.

Mme Angèle MISERIAUX, de Martigné Ferchaud, veuve avec six enfants, aide les aviateurs alliés à s’évader. Elle participe au réseau Buckmaster et recueille notamment le radio, Georges, parachuté le 25 juillet 1943 à la suite du message « J’aime le son du cor, le soir au fond des bois ». Elle sera arrêtée et mourra en déportation.

Mme Esther MOUSSON, de Châteaubriant, va jusqu’à Nantes le 10 octobre 1940 et recueille deux petits enfants juifs, six ans et un an et demi, dont les parents viennent d’être arrêtés par les nazis.

Mme Fernande PASCAUD, fait « la statue » (le guet) quand les maquisards de Teillay se réunissent. Sous la paillasse de son lit de jeune épouse, elle cache des fusils.

Mlle Thérèse PIETIN, de St Julien de Vouvantes, roule à vélo, jusqu’à Nantes, pour aider à l’évasion de son frère Pierre, requis pour le STO.

Mlle RECIPON, propriétaire de la forêt de Teillay, participe à la Résistance et aide énormément le maquis. Sa sœur monte aussi un « nid de résistants » dans la commune de Nozay.

Mme Simone ROBERT, qui habite à la Sablière, voit l’exécution des 27 Otages. Elle essaie de récupérer l’un des poteaux d’exécution. Elle marque l’emplacement de ces poteaux pour que nul n’oublie. Par la suite, tout sa vie, elle sera le témoin des martyrs.

Mme Marie ROLLAND, de Guémené Penfao (nom de guerre : « Annick »), âgée de 67 ans et impotente, recueille 47 membres de l’équipage du Lancastria, avant qu’ils puissent regagner Londres. Elle fait aussi de la Résistance et reçoit, à ce titre, la reddition du général-commandant allemand de la « Poche de Bouvron ». « C’est à une vieille femme que vous venez vous rendre » lui dit-elle.

Mme Anna ROUL et son mari, recueillent trois enfants juifs échappés de la rafle du Vel d’hiv.

Mme TROVALET, épouse du boulanger de Treffieux, héberge Fernand Grenier, évadé du Camp de Choisel le 18 juin 1941 (futur Ministre du Général de Gaulle, Fernand Grenier réussit à obtenir le droit de vote pour les femmes) et d’autres évadés dont Auguste DELAUNE.

Mme Anna VIAUD, épouse de Marcel Viaud, accueille des évadés du Camp de Choisel, à Châteaubriant d’abord (dans l’école de l’actuelle rue Marcel Viaud) puis à Nozay (école de la Ville au Chef). Après l’exécution de son mari, le 13 février 1943, elle prend sa place dans la Résistance et exerce même des responsabilités nationales.

Il y a sans doute d’autres femmes que l’on pourrait citer ainsi.

 Elle était l’homme de la situation

Une anecdote : la propriétaire de la forêt de Teillay, Mlle Récipon, aide énormément le maquis. Les Allemands la recherchent activement. Un jour, ils se présentent en son château de la Roche Giffard et s’adressent à un homme portant de grosses bottes et qui roule sa cigarette. « Nous cherchons Mlle Récipon » disent-ils. « Je l’ai vu partir par là il y a quelques instants » répond l’homme… qui n’est autre que Mlle Récipon elle-même.

Une autre femme, du canton de Rougé, qui "fricote" avec les Allemands et "donne" des Résistants, sera frappée d’indignité nationale.

Deux destins de femmes, comme il y en eut de semblables chez les hommes.


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Texte du livre "Telles furent nos jeunes annees", telechargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf

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