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Haras de Gâtine

sommaire généralSommaire "Histoire"page précédente

 Des étalons d’or

Etalon banalEtalon royal
Hongres : chevaux entiers, étalons approuvés
Etalon impérialEtalon national
Le Haras de la Roche sur Yon
Le SIRE
PS et AQPS
Le choix des étalons
La monte : monte naturelle ou monte en main
Insémination artificielle : le mannequin et la prostituée
La semence dans du lait
Souffler n’est pas jouer
Le Trait Breton
le Travail
La légende de St Eloi

  Etalon banal

Au Moyen-Age, l’élevage des étalons était l’affaire des abbés et des seigneurs. Dans notre région, il était pratiqué dans les vastes domaines recouverts de bois et de landes comme ceux du Baron de Châteaubriant. Les paysans devaient obligatoirement faire saillir leurs juments par ces étalons seigneuriaux, moyennant le paiement d’une taxe appelée "ban". On parlait alors des étalons "banaux" comme il y avait un verrat "banal", un moulin "banal", un four "banal". Dans les cahiers de doléances de 1789, de nombreuses communes ont demandé la suppression des "banalités"

 Etalon royal

Les premiers haras royaux ont été créés par HENRI IV, puis modernisés par COLBERT, du temps de Louis XIV : pour limiter les prérogatives des nobles, et pour éviter à la France d’avoir à acheter ses chevaux à prix d’or chez ses voisins.

Les haras Royaux ont été installés au Pin (dans l’Orne) puis à La Roche sur Yon, Compiègne, Cluny, etc, la plupart du temps dans le cadre somptueux de châteaux campagnards. Leur but : la reproduction d’animaux de qualité destinés à l’Armée et aux transports

 Hongres

Mais Colbert est allé plus loin en autorisant les propriétaires de chevaux "entiers" (= non castrés) à les faire "approuver", une procédure qui permettait de sélectionner les chevaux propres à améliorer la race. Seuls les étalons approuvés (ou cheval entier) pouvaient saillir les juments, tous les autres chevaux devant être hongrés (= castrés, L’usage de la castration serait venu de Hongrie). Des commissaires-enquêteurs étaient chargés d’y veiller.

 Etalon impérial

Les Haras Royaux ont été supprimés en 1790 lors de la Révolution française, ils furent rétablis en 1806 par NAPOLEON. Il y a donc eu des étalons impériaux

 Etalon national

Aujourd’hui l’armée et les transports n’ont plus besoin de chevaux, mais il existe des Haras Nationaux avec 23 établissements régionaux et un décorum hérité de passé : les grades, l’uniforme (tunique rouge et casquette pour les gardes, tenue noire képi et bottes pour les directeurs et sous-directeurs de circonscription). Les Haras Nationaux jouent un rôle considérable pour la continuité de l’élevage français.

 Le Haras de la Roche sur Yon

La station de Gâtine dépend du Haras de La Roche sur Yon

Le haras de la Roche sur Yon est l’un des 23 dépôts d’étalons. En 2003 il avait 43 étalons au Haras de la Roche sur Yon dont 4 pur-sang (tous les quatre à la station de Gâtine)

Il a 8 stations de monte qui dépendent du Haras de la Roche sur Yon :
- (2 à la Roche sur Yon), (St Gervais et Luçon en Vendée)
- Issé, Mésanger, Cordemais, St Malo de Guersac en Loire Atlantique

 Un financement spécifique

En dehors du traitement des personnels, le budget du Service des haras, des courses et de l’équitation est financé, outre les recettes qu’il tire de sa propre activité, par une part du prélèvement sur les enjeux au pari mutuel (Compte spécial du trésor)(2 % environ du chiffre d’affaires). C’est, en quelque sorte, via le Service des haras, un autofinancement du cheval par le cheval.

L’administration des Haras est rattachée au ministère de l’agriculture. Par ailleurs un "Institut du cheval" (http://www.institut-cheval.fr) est chargé de tenir le fichier central zootechnique des équidés et de gérer le SIRE (système d’identification répertoriant les équidés), l’état-civil des chevaux.

 Le SIRE

Créé en 1976, le SYSTEME D’IDENTIFICATION RÉPERTORIANT LES ÉQUIDÉS (SIRE) est un service de l’Institut du Cheval (sous tutelle directe du Service des Haras, des Courses et de l’Equitation). C’est en fait la « mairie » des chevaux, des poneys et des ânes, qui délivre à chaque équidé sa « carte d’identité » (avec sa description physique et son arbre généalogique) qui est également son carnet de vaccination et son passeport : c’est ce qu’on appelle le « document d’accompagnement ». De ce fait, le SIRE est une des sources d’information privilégiée de la filière « cheval » en France. Minitel 3615-HARASIRE ou http://www.harasire.net

Au SIRE, la généalogie et les performances des équidés sont répertoriées ; les informations concernant leur reproduction et leur identification y sont contrôlées et diffusées. Tous ces éléments vont participer à leur sélection, c’est-à-dire au développement et à l’amélioration des races, et au dynamisme du commerce de chevaux en France et à l’étranger.

Pourquoi répertorier les équidés ?

- pour faire progresser la sélection grâce à l’identification
- pour pouvoir fournir des renseignements sur tel ou tel cheval, valoriser ses performances et celles de ses apparentés ;
- pour pouvoir suivre l’évolution des différentes races à l’échelle nationale.
- pour permettre un contrôle sanitaire et zootechnique

C’est le document administratif officiel qui suivra le cheval dans tous ses déplacements et sera présenté par son propriétaire lors des contrôles administratifs et sanitaires. Ce « livret SIRE » prend toute sa valeur après « validation » : visa accordé par le service des Haras après vérification de l’identité à l’âge adulte. C’est aussi le carnet de vaccination et le passeport du cheval.

 Des chevaux de haute performance

Pendant longtemps, les Haras ne se sont intéressés qu’aux races "reconnues", pures, françaises par surcroît. Ils se sont maintenant ouverts aux races européennes et font même aujourd’hui la promotion de l’humble "cheval de loisir"

Les petits éleveurs, richesse de la France du Cheval, sont environ au nombre de 50 000. Ils n’ont la plupart du temps que quelques poulinières par exploitation, chacune produisant au maximum un poulain par an qu’on élève "à la maison" en espérant sortir un bon produit. Pour cela, il vaut mieux que la jument soit pleine des oeuvres d’un étalon de valeur. C’est là que les Haras Nationaux interviennent, avec des prix de saillies trois à quatre fois moins chères que dans le privé (où certaines saillies peuvent valoir 200 000 ou 300 000 F, voire 200 000 euros ! ).

Chaque année les Haras achètent des chevaux de grande valeur : un étalon peut valoir jusqu’à 10 millions de francs . Ce sont tous des chevaux triés sur le volet pour leurs origines ou leurs performances en compétition : l’Arc de Triomphe, le Prix d’Amérique, etc.

En 1997 on estime qu’il y avait 800 000 chevaux en France, en partie pour la consommation, en partie pour le cheval loisir. La France produit 9000 tonnes de viande équine et en importe 32 000 tonnes des pays de l’Est ou d’Amérique.

  Cheval de course

La station de monte d’Issé (Gâtine) est ouverte de février à juillet. C’est en effet la période favorable à la fécondation des juments. Celles-ci connaissent des périodes de « chaleur » qui sont conditionnées par la lumière (le cerveau de la jument « devine » l’arrivée du printemps où les conditions climatiques et les conditions d’alimentation sont les meilleures. Au besoin, on peut avancer la période des chaleurs en pratiquant la « mise sous lumière » des juments, à partir du 1er décembre, en réalisant un « ensoleillement » artificiel de 13 à 16 heures par jour). (voir les fiches techniques sur le site des haras nationaux)

Les petits chevaux naissent au printemps, de mars à la fin mai. Les mères les ont portés onze mois. Pendant sa première année, le jeune animal est appelé un foal. (pour un cheval de Trait Breton le petit cheval de moins d’un an porte le nom de laiton, nom qui était aussi donné aux petits enfants, naguère).

Quand on voit dans un pré la mère et le petit, on peut dire : "voici la poulinière, suitée de son foal" car dans les premiers temps le petit suit sa mère pas à pas.

Le poulain est beaucoup plus précoce que les bébés d’homme. Très vite après la mise bas, la mère se lève et va lécher le nouveau-né pour lui nettoyer le poil. Déjà, le soir même de sa naissance, le foal, dégingandé, maladroit, se dresse sur ses jambes. On peut lire la peur dans son regard. Le caresser n’est pas facile : il fuit et va se cacher derrière sa mère. A trois ou quatre mois tous les foals d’un élevage sont sevrés.

Quand il s’agit d’un pur-sang, l’éleveur doit déclarer la naissance par pli recommandé au Haras National de sa circonscription administrative. Des officiers des Haras viennent examiner le foal, noter les caractéristiques importantes de sa morphologie : couleur de la robe, dessin de la tête, forme des épis c’est-à-dire des poils blancs qui parsèment la tête et parfois le corps du cheval. Tout est inscrit dans le livre de l’Etat-Civil Chevalin qui s’appelle le "Stud book" (livre des haras).

Au premier janvier qui suit sa naissance, le petit devient un "yearling" (du mot anglais year qui veut dire : année). La vente se fait à Deauville et la plus forte enchère peut atteindre voire dépasser les 10 millions de francs

 8 à 15 jours de "chaleur"

La jument n’ovule pas toute l’année, son activité sexuelle s’étend de fin avril à octobre, sur des périodes de 8 à 15 jours, séparées par une période de 21 jours.

Une jument, quand elle a mis bas, est apte à être fécondée 7 à 12 jours après. On dit qu’elle est "en chaleur" et il faut alors la faire saillir (ou inséminer artificiellement). La période de chaleur dure de 8 à 15 jours : on sait qu’elle est terminée quand la jument commence à refuser l’étalon. L’échographie permet alors de voir si la jument est pleine. Si la jument n’a pas été fécondée, il faut attendre le prochain cycle 21 jours. La durée de portée est de 11 mois, d’où environ un poulain par an. Les juments ont en moyenne 6 à 10 ans.

 Juments donneuses, juments porteuses

Petit problème pour les juments de course hippique : comment peuvent-elles assurer leur descendance sans pour autant interrompre leur carrière par une gestation longue de 11 mois ? La réponse s’appelle "transfert d’embryons". Elle a été mise au point par les Haras Nationaux et par l’INRA (institut national de la Recherche Agronomique) ; ainsi il y a des juments donneuses et des juments porteuses. Les propriétaires intéressés doivent cependant déposer une demande d’autorisation auprès des Haras Nationaux.

 Question de vocabulaire :

Une jument c’est la femelle du cheval
Une pouliche c’est une jument qui n’a pas l’âge adulte
Une poulinière c’est une jument destinée à la reproduction

Pouliner c’est "mettre bas" quand on parle d’une jument

Foal c’est le poulain d’un pur-sang
Yearling poulain d’un pur-sang, d’un an environ
Laiton c’est le poulain, de moins d’un an, d’une jument de trait

 P.S. et A.Q.P.S.

La station de monte de Gâtines, près d’Issé, dépend du Haras de La Roche sur Yon qui regroupe 3 départements : Loire-Atlantique, Vendée, Deux-Sèvres.

Le fonctionnement de Gâtines est commun à tous les haras : la station est ouverte de février à juillet chaque année. Les meilleurs chevaux sont achetés en fin de carrière de course pour devenir étalons reproducteurs. Les Haras Nationaux publient alors un bulletin où sont répertoriés les étalons : leur pedigree, le haras où ils se trouvent, leur père, leur mère et même leur grand-père. Devant chaque box, dans la magnifique écurie de Gâtines, sont rappelées ces caractéristiques.

A la station de monte de Châteaubriant, il y avait, jusqu’en 2000, deux sortes de chevaux : les PS et les AQPS. Les PS ce sont les pur-sang. Les AQPS sont les "autres que pur-sang" . Il n’y a plus maintenant que des « pur-sang » et un souffleur.

 Le choix des étalons

La visite d’achat d’un étalon doit être conduite avec méthode.

- bien sûr, les capacités de reproduction de l’animal (il existe des statistiques de fertilité, de quantité et de qualité du sperme)
- l’état de l’appareil génital , par exemple le volume et le symétrie des testicules
- mais encore ses capacités physiques, l’intégrité de son dos, et de ses membres postérieurs (jarrets)
et aussi l’intensité de la libido de l’animal, pour cela on lui fait effectuer des saillies d’essai.

Un cheval qui a des difficultés de chevauchement, ou des difficultés d’éjaculation, ou qui allonge de façon excessive la durée d’une saillie, sera éliminé, sauf s’il a vraiment des origines ou des performances exceptionnelles

 Le dressage des jeunes étalons

Autrefois, dans les fermes où les étalons "approuvés" devaient parfois saillir 200 à 300 juments, le dressage des jeunes étalons était tout un art : la compétence et la patience des étaloniers étaient nécessaires pour qu’ils ne prennent pas de mauvaises habitudes et qu’ils saillissent rapidement . Souvent aussi les étalons étaient munis d’une muselière pour qu’ils ne mordent pas la jument.

Chez les rares étalons qui ne parvenaient pas à saillir rapidement, le changement de jument, le fait de la faire marcher devant eux, les tapotements du bas ventre ou les sifflements d’encouragement venaient finalement à bout des hésitations et des maladresses.

La saillie se faisait dans un endroit tranquille à l’écart des bruits susceptibles de distraire l’étalon.

Dans les fermes autrefois, entre les saillies, le propriétaire de l’étalon payait à boire au propriétaire de la jument, tout en remplissant les formulaires demandés par l’administration. Cela laissait aux étalons le temps de récupérer.

 Le comportement des étalons

La manipulation d’un cheval « entier », pour la reproduction, demande un minimum de précautions si l’on veut éviter les accidents sur les animaux et sur le personnel. En effet, il arrive, chaque année, qu’un étalonier soit blessé ou tué par un cheval.

L’étalon, en présence d’une jument en chaleur, devient particulièrement agressif pour tout sujet, homme ou animal, qu’il semble considérer comme un rival potentiel. Il peut porter ses attaques avec les dents, avec les pattes de devant ou celles de derrière (ruade), ou même faire des coups de pieds en vache . Il est donc important que l’étalonier ait une bonne autorité sur son animal. La première expérience du contact avec un étalon en parade n’a laissé personne indifférent, l’animal prenant alors par son attitude, l’ampleur et la vivacité de ses mouvements, et ses émissions sonores, un « volume » extraordinaire.

 Les pur-sang : saillie obligatoire

La fécondation des juments peut se faire de trois façons :
- par la monte naturelle
- par l’insémination artificielle avec du sperme frais
- par l’insémination artificielle avec du sperme congelé

Un "pur-sang" est obligatoirement né d’un père pur-sang et d’une mère pur-sang. La saillie est obligatoire pour les pur-sang et les propriétaires et éleveurs peuvent choisir l’étalon qu’ils veulent. Du moins en théorie car un même étalon ne peut faire qu’un nombre limité de saillies, 40, 50, 60, 65 selon les cas. Ceci pour des raisons financières : selon la loi du marché, plus un étalon a de descendants, moins ceux-ci ont de la valeur . Et aussi parce qu’un étalon ne peut pas faire plus de 3 saillies par jour, sous peine d’arriver à un surmenage sexuel qui se traduit par une moindre concentration en spermatozoïdes, voire par des sauts sans éjaculation.

Les éleveurs qui désirent un étalon bien précis en font la demande en janvier. S’il y a plus de juments que de saillies possibles, il est procédé à un tirage au sort pour déterminer les heureuses élues. Les juments qui viennent à Châteaubriant peuvent venir de toute la France et même d’Allemagne quand l’étalon de la station de Gâtines les intéresse.

Après la saillie, les éleveurs peuvent ramener leur jument chez eux, ou la laisser au haras pour le suivi ovarien. Le Haras de Gâtines peut accueillir en moyenne une cinquantaine de juments, seules ou avec leur foal.

 Combien ça coûte ?

La saillie des pur-sang se paie en général en deux parties : un quart à la saillie et trois quarts à la naissance d’un poulain vivant

(il y a croisement quand l’étalon pur-sang saillit une jument qui n’est pas pur-sang)

En 2003 : Prix du Saut

Passing Sale :

    • Croisement 250 + 750 = 1000 € (6560 F)
    • Race Pure 350 + 1050 = 1400 € (9183 F)

Dear Doctor :

    • Croisement 200 + 600 = 800 € (5247 F)
    • Race Pure 300 + 900 = 1200 € (7871 F)

Dounba :

    • Croisement 150 + 450 = 600 € (3935 F)
    • Race Pure 250 + 750 = 1000 € (6560 F)

Kidder : dans ce cas le paiement est : un tiers, deux tiers)

    • Croisement 150 + 300 = 450 € (2952 F)
    • Race Pure 150 + 450 = 600 € (3935 F)

En 2000 au haras de Gâtines il y avait
- trois PUR-SANG : Assesor, Dear Doctor, Passing sale
- deux étalons de "Trait breton" : Ecureil, et Danseur
- un selle français : Bamby d’Elle
- un poney français de selle : Ultra de Ruille
- et un "souffleur". « As de Pique »

(Depuis 2001, plus de trait breton, ni poney, ni selle, pour éviter les risques d’artérite virale : il faut aller à la station de monte de Mésanger. Plus d’insémination artificielle non plus)

 Quel avenir pour les Haras ?

Hommes politiques et hauts fonctionnaires se sont demandé s’il est bien normal que l’Etat s’intéresse de près à l’élevage des équidés et aux activités hippiques. Est-il de son ressort d’intervenir dans la production, dans la régulation économique et génétique ?

Ou bien faut-il laisser au secteur privé le soin de gérer l’élevage ?

Les responsables des Haras pensent que cette institution joue un rôle de protection contre la disparition des races et les excès de la spéculation. Et ils rappellent que la France a les meilleurs pur-sang arabes de course au monde. Il y a quelques années, quand les éleveurs étrangers s’en sont rendus compte, ils sont venus pour acheter les étalons, les mères et toute leur production. "Si nous vendions les "moules" nous perdions tout le capital génétique" explique le directeur du Haras de Lamballe. L’affaire ne s’est pas faite, heureusement.

Ce qui prouve que les "Chevaux fonctionnaires" ont du bon !

 La monte

Deux sortes de monte : la monte naturelle et la monte en main

- La monte naturelle est celle qui se rapproche le plus des conditions de la vie sauvage. Elle est employée pour des races rustiques (poneys, races de trait). Un étalon et un troupeau de juments sont mis ensemble au pâturage à longueur d’année, les saillies et les naissances se déroulant en dehors de toute intervention humaine.

- Les résultats, d’un point de vue fécondité sont excellents à condition que le « harem » ne soit pas trop important (20 juments pour un étalon), à condition aussi de ne pas introduire en cours de saison, des juments étrangères car cela perturbe la hiérarchie du harem. Il est recommandé, d’effectuer, en fin de saison de monte, un diagnostic de gestation de toutes les juments pour vérifier s’il n’y a pas eu une contamination vénérienne du troupeau, voire une incapacité subite de l’étalon.

- la « monte en main », traditionnelle, est la méthode la plus couramment utilisée en France : meilleure sécurité pour l’étalon et les juments, et augmentation du nombre de juments qui peuvent être saillies par le même cheval (entre 50 et 100). Elle permet aussi de mettre à la reproduction des juments caractérielles qui refusent systématiquement les saillies naturelles.- La monte en main, permet surtout de choisir les géniteurs

- concrètement la détection des chaleurs est assurée par le traditionnel « passage à la barre » (barre de soufflage) tous les deux jours, avec l’aide d’un « souffleur ». Lorsqu’il détecte que la femelle est en rut, la jument est saillie toutes les 48 heures jusqu’à ce que le passage à la barre indique la fin de la chaleur.

- A chaque saillie la jument est entravée et l’étalon éventuellement aidé par la main de l’homme pour faciliter l’intromission de la verge de l’étalon. La verge de l’étalon est douchée à l’eau claire après l’opération pour éviter les risques de contamination vénérienne.

- Avec cette méthode, les taux de fertilité peuvent atteindre 70 à 90 %. Mais il faut éviter de présenter à l’étalon un nombre excessif de juments car la concentration des spermatozoïdes diminue. Un rythme de 3 saillies par jour, est un bon régime de croisière pour un étalon.

- Des médicaments ont été essayés (vitamines, hormones), pour lutter contre le surmenage sexuel d’un étalon, mais le seul vrai moyen de traitement c’est le repos, jusqu’à récupération d’une libido et d’une concentration de spermatozoïdes normale.

 Insémination artificielle
Le mannequin ou la prostituée

Pour les AQPS (autres que pur-sang) le Haras procède généralement par insémination artificielle.

Cette technique permet d’accélérer le progrès génétique en augmentant le nombre de poulains produits par un étalon de qualité. En quelque sorte, un étalon de qualité a ainsi un don d’ubiquité, lui permettant de se reproduire en plusieurs endroits à la fois.

Les chevaux trop violents, ou qui ont une libido diminuée, ou qui sont trop âgés ou diminués physiquement, sont exclus de la « monte en main » mais peuvent être utilisés en monte artificielle.

L’étalon (en général trois fois par semaine) est "invité" à sauter un mannequin : le garde des haras, appelé étalonnier, recueille la semence à l’aide d’un vagin artificiel. Le mannequin est réglable en hauteur et en inclinaison grâce à un système de vérins de façon à l’adapter à la conformation et à la taille des différents mâles. Le « corps » du mannequin a une forme « anatomique » ou cylindrique. Le revêtement est résistant et facile à nettoyer.

Dans le hangar de monte, le tête du mannequin ne doit pas être orientée vers une sortie, afin de ne pas distraire le cheval pendant le chevauchement. Le sol du hangar doit être débarrassé de sable, terre et cailloux qui pourraient être projetés sur la verge de l’étalon. Un tapis peut être placé à l’arrière du mannequin pour éviter à l’étalon de glisser.

Le but est de parvenir à récolter la semence de l’étalon en l’absence de jument. Les moyens pour y parvenir sont le calme, la patience et un minimum de personnes. Dans un premier temps on observe le comportement de l’étalon en l’absence de femelle. S’il ne présente aucun signe d’excitation, une jument est placée à l’extérieur du hangar de monte. Si l’étalon ne réagit toujours pas, on rapproche la jument jusqu’à la placer devant le mannequin. Cette jument s’appelle « boute-en-train »

Lors d’observations réalisées en 1996, des spécialistes ont remarqué que l’excitation optimale de l’étalon dépend plus du « cérémonial » (présence d’un étalonier attitré, du matériel employé, du trajet vers le lieu de récolte, des signaux olfactifs) que de la présence de la jument.

A l’intérieur de l’échancrure du mannequin, on place un vagin artificiel en latex fin, qui est placé dans un réservoir d’eau chaude, pour reproduire les conditions de température et de pression rencontrées naturellement pas l’étalon à l’intérieur du vagin de la jument. Mais attention à ce qu’il n’y ait pas d’eau dans ce vagin : ce serait fatal aux spermatozoïdes

Dans certains cas, et semble-t-il de plus en plus souvent, la récolte de la semence de l’étalon se fait par l’intermédiaire, non pas d’un mannequin, mais d’une vraie jument en chaleur (que les gens des Haras appellent des « prostituées ») : simplement l’intervention de l’homme permet de dévier la verge de l’étalon et de recueillir le sperme dans un vagin artificiel

 De la semence dans du lait

Sitôt après la récolte, la semence est filtrée sur une gaze stérile, et sa concentration en spermatozoïdes est évaluée par photométrie. Tout ça dans un délai assez court pour ne pas altérer la qualité de l’éjaculat.

Puis la semence est diluée, il faut la mélanger à du lait (UHT demi-écrémé étuvé à 37°C), à des antibiotiques pour limiter les maladies toujours possibles, et à divers ingrédients comme du glucose, voire un peu de jaune d’œuf. La méthode « standard » consiste à faire des doses de 10 ml qui contiennent 200 millions de spermatozoïdes. Ces doses peuvent être utilisées pour insémination immédiate ou conservées en vue d’insémination différée (8 heures à 4 degrés)

Chaque "saut" permet de remplir une douzaine de seringues de 10 ml. La plupart du temps cette semence est réfrigérée en laboratoire et envoyée dans la journée dans les fermes où le vétérinaire (ou plus souvent l’inséminateur) se déplace : cette technique permet de multiplier le nombre d’inséminations à partir d’une seule éjaculation et permet d’inséminer des juments à plusieurs centaines de kilomètres de l’étalon .

Parfois la semence est congelée, mais à des conditions rigoureuses (par exemple les paillettes sont stockées dans de l’azote liquide à des températures inférieures à - 130°, elles doivent toujours être manipulées avec une pince, et jamais avec les doigts pour éviter le réchauffement des paillettes), mais il parait que cette technique n’est pas toujours satisfaisante. De même ont été tentées des expériences de fécondation in vitro , et d’embryons congelés

Au concours des poulinières qui a eu lieu le 3 juillet 1997 à Châteaubriant, la plupart des juments avaient été servies par Ecureil.... Seule difficulté : Ecureil se refuse à "monter" le mannequin : comme quoi les "Trait breton" sont peut-être lourds, mais pas fous ....

 Les avantages de l’insémination artificielle :

- limiter les risques de maladies vénériennes
- limiter le déplacement des étalons (donc les risques d’accidents)
- limiter aussi les accidents pour les juments (morsures, coups de pieds, perforations vaginales)
- augmenter le nombre de juments fécondées par le même étalon.

 Souffler n’est pas jouer

Connaissez-vous "le Queenly Of Ravary »" : c’est le souffleur qui était présent aux haras en 2000, un cheval âgé de 20 ans, que l’on approche des juments pour savoir si elles sont en chaleur (pas forcément un pur sang !) . Ce fut ensuite « As de Pique » en 20001 et 2002 puis « Jobic » en 2003.

Le souffleur a un rôle particulier : approché de la jument, il peut faire savoir si celle-ci est en chaleur. Si elle est en chaleur, cela indique qu’il faut procéder rapidement à la saillie avec l’étalon souhaité, sinon il y a risque qu’elle soit saillie par un autre (ceci est valable surtout dans les élevages où les bêtes sont en liberté). Si la jument n’est pas en chaleur, elle refuse l’étalon. Il est donc plus prudent, pour celui-ci, de ne pas se ramasser un coup de pied.

Expression : souffler n’est pas jouer.


  Que mangent les chevaux ? .

- des aliments grossiers (herbe, foin, paille)

- du fourrage « enrubanné » : mélange de légumineuses (trèfle blanc, luzerne ...) et de graminées (dactyle, ray-grass, fétuque élevée). L’enrubannage est un procédé selon lequel les balles de fourrage, plus ou moins séché, sont emballées dans un film plastique suffisamment étanche pour en faire un mini-silo. On obtient ainsi un produit intermédiaire entre le foin et l’ensilage.

- Bonne valeur alimentaire (meilleure que le foin) qui permet d’abaisser le niveau de concentré de la ration (et par là-même son coût)

- Très appétant, l’enrubanné peut être mis en libre service sans adjonction de foin. Très peu poussiéreux, il convient très bien aux chevaux sujets à des problèmes pulmonaires
Ménager une période de transition de 15 jours lorsqu’on passe du régime « foin » au régime « enrubanné » en remplaçant progressivement le foin par l’enrubanné
- Ne jamais distribuer l’enrubanné avant le foin quand on dispose des deux fourrages car les chevaux préfèrent l’enrubanné et « boudent » le foin

- des aliments succulents (racines, tubercules) : carottes, betteraves (qui sont rafraîchissantes pour les chevaux

- des grains de céréales
orge : bonne valeur énergétique, intermédiaire entre avoine et maïs
avoine : peu recommandable en raison de ses propriétés échauffantes (irritation de la muqueuse gastro-intestinale. Faible valeur énergétique. Carencée en acides aminés (lysine), calcium, vitamine A
_ blé : valeur énergétique élevée. 2 à 4 kg par jour. Mais fragmenter les apports, mélanger à d’autres céréales et accompagner d‘éléments fibreux
triticale : hybride entre blé et seigle, bonne valeur énergétique,riche en certain s acides aminés
son : très bien pour ses qualités émollientes (laxatives)
Environ 100 g par jour . Peut être distribué humecté (frisé) ou détrempé (barbotage). Très riche en phosphore. Complémenter avec du calcium
Maïs : forte valeur énergétique. Pauvre en acides aminés (lysine),calcium et vitamines

Les grains de céréales peuvent être distribués
- Entiers ou en épis
- Aplatis et concassés pour les grains les plus durs (orge, blé, maïs), en particulier pour les chevaux âgés.
- Trempés (pour ramollir les grains durs, comme l’orge)
- Germinés (amidon plus digestible, conseillé pour chevaux surmenés ou convalescents)
- Cuits de façon artisanale (barbotage) ou industrielle (floconnage, expansion, extrusion)
- des friandises, des fruits, du pain sec .... mais pas trop
- le sucre est pour eux une récompense, il ne faut le donner que lorsqu’il a bien agi
- de l’eau : 20 à 40 litres d’eau par jour, davantage quand il fait chaud.

Pour qu’il en tire profit sans problème, on doit d’abord faire boire les chevaux, puis leur donner le grain et ensuite le foin.

On dit que : C’est l’œil du maître qui nourrit le cheval
ou encore : Le cheval doit être nourri au doigt et à l’oeil

En effet il faut surveiller l’état corporel du cheval (critères visuels, critères manuels) pour adapter sa ration alimentaire

 Quelques détails sur les chevaux

Le plus ancien ancêtre du cheval est l’Eohippus, un petit animal de la taille d’un renard, qui vivait sans les forêts il y a 45 millions d’années. Un ancêtre commun au cheval, au zèbre, à l’âne, est l’Equus Caballus, un équidé sauvage ressemblant à l’âne et au cheval

Détails physiques :

Un cheval a 40 dents : 6 incisives, 2 canines, 12 molaires à chaque mâchoire . La jument n’a pas de canines, elle n’a donc que 36 dents

Un cheval peut hennir de 6 façons différentes pour exprimer la peur, la colère, le désir, le contentement et la grande joie. Dans ce dernier cas on dit qu’il claironne

Fers brochés : Pour que les fers tiennent sur les pieds du cheval, le maréchal-ferrant les « broche », on pourrait dire qu’il les cloue, mais le vocabulaire équestre est plus précis

Le cheval dort debout, ou couché. Il ne s’assoupit que quelques minutes à la fois

Pour tâter un objet ou reconnaître un objet qui excite sa curiosité, le cheval utilise ses « vibrisses » c’est-à-dire les poils tactiles du bout de son nez.

Comportement

Les chevaux sont sensibles à la musique, et plus à la flûte qu’au violon

Ruban rouge : Certains chevaux, lors d’un rassemblement, portent un ruban rouge à leur queue. C’est pour indiquer qu’ils risquer de botter leurs congénères

Fratrie : Des jeunes chevaux, frères et sœurs, qui ne se sont jamais vus, se reconnaissent : ils n’ont pas le même comportement qu’en face d’étrangers.

Autrefois les indiens parvenaient à monter un cheval très difficile en le faisant entrer dans l’eau jusqu’aux épaules avant de l’enfourcher. Car alors il ne pouvait ni ruer ni se défendre

Le cheval est un animal peureux. Quand il y a une cabane dans un pré, les chevaux s’y abritent rarement car ils ne peuvent plus voir alentours et déceler un danger.

Ronflement : Un cheval sauvage avertit les membres de sa harde d’un danger par un ronflement. Un second ronflement donne le signal de la fuite

Le cheval est un animal grégaire, parce qu’à plusieurs on a moins peur. Mais, dans un troupeau, si un cheval est pris de panique, la frayeur s’empare de tout le troupeau, qui peut se jeter dans une clôture ou dans le vide !

Chute de poils : un cheval qui a eu un choc émotionnel peut faire une « alopécie » c’est-à-dire une chute des poils

Ne pas regarder un cheval dans les yeux, cela le tétanise, il se raidit, même si on lui parle gentiment. Cette réaction demeure inexpliquée

Un cheval repère très bien ce qui se passe derrière lui, son champ de vision est presque total. Il n’est aveugle que dans une très faible zone sous le nez et une autre derrière la tête.

Un cheval, qui échappe à son cavalier, repart toujours d’où il est venu, car il sait y trouver eau et nourriture

Une haquenée, monture des dames, des curés ou des notaires, est un cheval ou une jument très docile

Un cheval ombrageux est celui qui marque nettement sa surprise en passant de l’ombre à la lumière

Les caresses sur le front ont un pouvoir apaisant sur le système nerveux du cheval

Un cheval, même difficile, demeure calme lorsqu’il est monté par les tout petits et les handicapés, car il sait respecter la faiblesse

 Race : Le trait breton

Le "trait breton" est une race issue de l’ancien bidet ou sommier, améliorée par la race anglaise Norfolk. Cela donne un cheval puissant et massif, utilisé pour la cavalerie et l’artillerie de l’armée, pour les transports postiers, et pour le labour. Mais l’avènement du moteur à explosion a conduit au remplacement du cheval par des camions et des tracteurs.

Le "Trait breton" a cependant survécu (notamment pour les cultures légumières) et les étalons s’exportent dans les pays d’Afrique du Nord, en Italie, en Espagne, en Turquie, au Japon, en Inde et en Amérique latine.

- En 1998 il est né 2735 poulains de race "trait breton" (pour 603 étalons agréés). Le Haras de la Roche sur Yon est au 5° rang pour les naissances (496 poulains) et au 3° rang en matière de prime aux naîsseurs, ce qui est un signe indéniable de qualité.

Des concours d’élevage de chevaux de trait breton ont lieu tous les ans
- pour les pouliches d’un an, 2 ans, 3 ans
- pour les poulinières, suitées ou non
Blain, Fégréac, Guémené, Joué sur Erdre, Châteaubriant

Il y a à Châteaubriant deux éleveurs de chevaux de trait breton : Gilles et Henri Portais (à la Chevalerie) . Ils remportent régulièrement les concours

Pour le concours des étalons, les animaux sont bien préparés
- ferrer à neuf (ce qui permet aussi de rectifier les aplombs qui laissent à désirer)
- couper les poils trop longs, brûler les poils disgracieux autour des oreilles et sous la tête
- laver la bête au jet
- talquer les balzanes (taches blanches plus ou moins situées au dessous des genoux)
- huiler ou cirer les sabots (en veillant à ce que les chevaux ne se les frottent pas ensuite d’une jambe à l’autre, ce qui pourrait souiller les balzanes)
- un peu de fuel sur un chiffon pour faire briller le pelage
- tresser la crinière et la queue avec du raphia

Après le transport, on fait pisser les chevaux quitte à agiter de la paille fraîche sous leur ventre, et à siffloter jusqu’à ce qu’ils se cambrent et se soulagent) car un cheval qui n’a pas pissé, gonfle et est gêné.

A la fin, juste avant la présentation : un morceau de gingembre dans l’anus, pour réveiller le cheval, et lui faire relever la queue. C’est une tradition très ancienne destinée à mettre en valeur les masses musculaires de l’arrière-train, sous une queue écourtée, tressée et relevée.

Le poulain d’une jument de trait, de moins d’un an, s’appelle un laiton

 Le travail

Le mot "travail" vient de "tripalium" instrument de torture.
Le travail, c’est l’état de celui qui souffre. "La goutte me travaille les membres" - "Cette idée m’a travaillé toute la nuit"

Le TRAVAIL, c’est le dispositif servant à entraver les grands animaux (chevaux, bœufs).

Victor Hugo disait , en parlant des chevaux : "On ne les ferre ... que dans un travail des plus solides non pas en chêne, mais en granit" .

Le "travail" (on dit aussi des barres de contention) que l’on voit aux Haras de Gâtines est en métal.

 St Eloi : La légende du pied coupé

En Bretagne, de nombreux saints protègent les chevaux : St Eloi, St Salomon, St Gildas, St Hervé, St Corn ély, St Nicodème, ou encore St Yves. Il existe des "pardons" traditionnels avec aspersion à la fontaine, saut du ruisseau, baignade dans l’étang, course sur les grèves ou les prairies qui entourent le sanctuaire. Les pratiques rituelles visent à mettre le cheval à l’abri de toute maladie, de tout accident. Ces "saints vétérinaires" se reconnaissent à la présence de nombreux ex-votos, et de fers à cheval fixés au mur à côté de la statue. Je n’en connais pas dans la région de Châteaubriant, mais je connais un "saint vétérinaire" dans la Chapelle de La Magdelaine à St Vincent des Landes. Il s’agit de St Mainboeuf représenté avec un boeuf à ses pieds. Il est possible qu’il y en ait un aussi au Calvaire de Louisfert.

A la Chapelle St Eloi à Louargat (entre Guingamp et Morlaix) il y a un petit oratoire avec St Eloi et son étalon. Après les vêpres, les cavaliers font trois fois le tour de la bâtisse en redressant la tête de leur jument en passant devant la porte, pour leur faire voir l’étalon, promesse d’avoir un beau poulain.... et pourtant le cheval est en bois ! Dans la plupart des sanctuaires, l’eau a une importance considérable. Les éleveurs en aspergent les parties sexuelles de leur cheval, persuadés que cette eau a des vertus prolifiques. — ou bien la croupe et les sabots, pour que l’animal ait une bonne aptitude au travail. C’est d’ailleurs le 24 juin, jour de la St Jean, mais aussi de la St Eloi, que les eaux ont des vertus magiques supérieures.

St Eloi, évêque de Noyon, conseiller du roi Dagobert, est le patron des chevaux et de tous les ouvriers qui font usage du marteau, notamment des forgerons et maréchaux-ferrants. Un jour qu’il se promenait du côté de Louargat, sa monture perdit un fer, à cause du mauvais état des chemins. Il s’arrêta alors chez un maréchal-ferrant qui se prétendait le meilleur forgeron du pays.

- Combien de fois passes-tu le fer au feu pour ferrer un cheval ? demanda St Eloi
- Je le fais en deux fois. En général on fait trois passages.
- Eh bien moi, je le fais en une seule fois, dit St Eloi

Le maréchal ferrant était bien étonné. Il croyait qu’en deux fois il était bien supérieur aux autres. Nom de nom ! Il demanda à St Eloi de lui faire voir comment il y parvenait

Ce jour-là il faisait si mauvais qu’il n’était pas question de rester dehors. St Eloi coupa donc la patte de son cheval et entra dans la forge pour faire le travail. Puis il remit la patte en place et reprit sa route.

Le saint parti, un autre client arriva. Comme le temps était toujours aussi exécrable, le forgeron sortit et coupa la patte de la jument. Celle-ci se mit à saigner, tant et tant que la jument allait en mourir. Le forgeron s’affola et suggéra de rattraper St Eloi. Celui-ci revint, ferra le sabot et remit la patte en place. Alors il dit au maréchal-ferrant : "maintenant tu ne diras plus que tu es le meilleur maréchal-ferrant du pays".

A la chapelle St Eloi, à Sizun (près de Landivisiau), le cheval de St Eloi a une patte amovible !

 42 races d’équidés en France

8 CHEVAUX DE SANG

2 chevaux de course :

        • Pur Sang
        • Trotteur français

6 chevaux de selle :

        • Selle français
        • Anglo-Arabe
        • Arabe
        • Camargue
        • Mérens
        • Castillon

9 Chevaux DE TRAIT :

        • Trait breton
        • Trait du Nord
        • Ardennais,
        • Auxois,
        • Boulonnais,
        • Cob Normand,
        • Comtois,
        • Percheron,
        • Poitevin

8 CHEVAUX DE SELLE, races étrangères

11 races de PONEYS

6 races d’ANES


Monte , insémination artificielle

Sur les Pur-Sang voir l’article de JAN KRAUZE dans Le Monde d’août 2002 ou http://www.harasire.net

Sources : le n° 78 de la revue Ar Men - juillet 96)

Et les numéros 25 (février 90) et 72 (décembre 95) de la revue Ar Men.
Pour visiter le haras de Lamballe : 02 96 31 00 40

Sources : l’article de Léon Zitrone dans "Le Chasseur Français" de mai 1985, les explications de M. GUERINEAU du Haras de La Roche sur Yon, et divers articles des journaux LE MONDE, OUEST-FRANCE et PRESSE OCEAN.

Et les documents prêtés par Jean-Marie Nicol et extraits souvent de la revue « le point vétérinaire ».