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Schéma de visite

Eglise de Béré

sommaire généralSommaire "Histoire"

 L’église de Béré,
Schéma de visite (peu rédigé)

D’abord situer les lieux

Le site de Béré, sur une colline dominant la Chère (altitude 70 m) a été peuplé en des temps lointains qu’on ne peut dater exactement. On sait seulement que vers l’an 850 existait une église appelée "Eglise St Pierre", à l’angle de l’actuelle rue du Champ de Foire et de la Route de Rennes et que le bourg de Béré comportait 13 feux (13 familles soit 100 à 150 personnes)

Que signifie "Béré" ? le mot viendrait de "BAIRIACUS" :

  • Ber : haut, élevé
  • i : rivière
  • ac : habitation
    bourg élevé auprès d’une rivière. Par la suite le nom aurait été transformé en Bairéus, Béréus, Béré ...

Il ne s’agit sans doute pas d’une occupation romaine, mais d’une occupation locale, dans une région de bois et de landes :

- propice à toutes les légendes comme celle de la Bête de Béré ou celle de la Belle de Béré

- propice aussi aux cultes divers, notamment à celui des druides puisque s’est perpétuée très longtemps la pratique druidique de l’A-gui-l’an neuf, ou du moins un mélange de pratiques druidiques et chrétiennes : aller dans les forêts cueillir le gui-de-chêne le jour de l’an, et quêter ensuite pour payer les cierges utilisés pour l’église notamment à la fête de la Purification où chaque fidèle devait avoir un cierge. Cette pratique, qui donnait lieu à des abus ... de boissons et de chansons ... fut interdite vers 1732 et disparut en 1762.

 Quelques dates importantes
de l’histoire de la Bretagne

435 - les romains chassés de l’Armorique

480-780 : les Francs

      • 480 - Clovis - puis son fils Childebert
      • 628 - Dagobert (descendant de Clovis) . Le bon roi Dagobert, a mis sa culotte à l’envers, Le bon St Eloi, lui dit "Oh mon roi, Votre majesté est mal culottée ... ("chanson" de V. Hugo)
      • 752 - Pépin le Bref
      • 768 - Charlemagne (fils de Pépin le Bref)

845 : Nominoë bat les Francs à Ballon (près de Redon)

936 -939 - Alain Barbe-Torte libère le pays des Normands .

C’est le retour à l’indépendance de la Bretagne, ce qui déplait fortement aux rois de France.

 Aux origines de Châteaubriant

939 : après avoir chassé les Romains, tenu tête aux Francs et repoussé les Vikings, la Bretagne est enfin libre, mais dévastée. Les monastères se reforment et les moines vont dans les campagnes pour regrouper et évangéliser les quelques habitants. C’est l’amorce de nouvelles futures paroisses, comme à Béré où sur un éperon rocheux, se crée la Paroisse St Pierre avec 13 feux (13 foyers), ce qui fait 100 à 150 personnes environ.

Vers 1025-1030, le Comte de Rennes envoie dans notre région une famille bretonne de haute lignée : Dame Innogwen, femme d’un petit chef breton sans doute décédé, et son fils Brient, avec l’objectif d’implanter un point de défense et de fermer la frontière entre la Bretagne et le Royaume des Francs.

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Bois Briant

Innogwen s’installe d’abord non loin de Béré, sur une motte féodale créée sur la rivière La Chère. De là vient sans doute l’appellation le "Bois Briant", donnée à ce manoir.

Cette famille, en 30 ans, ouvre 3 gros chantiers :

      • d’abord le prieuré St Sauveur
      • puis le château en bois, sur une butte dominant les marais de la Chère
      • puis l’Eglise St Jean (de 1060 à 1080)
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Monastère et église de Béré

 Le choix de Béré

Béré, qui s’est appelé aussi Bairiac, ou Béréus, ou Bairiacus, était idéalement situé sur la voie Angers-Rennes et contrôlait la vallée de la Chère. Il s’y élevait vraisemblablement des maisons basses, avec une seule pièce en terre battue, assez vaste pour qu’on puisse y prendre les repas et s’y reposer la nuit sur des bat-flanc garnis d’herbes sèches. La petite "Eglise St Pierre" se dressait à l’angle des actuelles rue du Champ de Foire et Rue du Faubourg de Béré, mais les pratiques druidiques y restaient vives.

Et puis, de l’autre côté de la Chère, il y avait une butte de 70 mètres de haut. C’est là que, Brient 1er construisit son château vers 1040-1050, sans doute en bois. Celui-ci prit le nom de "Castellum Brientii", qui, de nos jours, fait CHATEAU - BRIANT . On devrait écrire CHATEAU-BRIENT, le château du seigneur Brient.

Au début du 12° siècle commença la construction du château en pierre, de schiste pourpre, qui trahit la présence en notre région d’un riche minerai de fer. De ce château, il reste le Grand Donjon.

Ainsi, au XI°-XII° siècles, Dame Innogwen, Brient et leurs descendants deviennent les maîtres de cette région frontalière appelée "Le Pays de La Mée".

 Le Pays de La Mée

"Mée", vient du latin "médiae" qui veut dire "milieu". C’est un territoire, situé à égale distance de Nantes, Rennes et Angers, lieu d’affrontement entre les seigneurs de ces Comtés, mais aussi lieu de rencontre et de commerce. Le Pays de la Mée n’a jamais eu de frontières précises. On sait seulement qu’il existait une Mée Nantaise, et une Mée Guérandaise, que Redon possède un pont baptisé "Pont de La Mée" et qu’une ville comme Candé s’appelait "Candé en La Mée".

Le monastère (vers 1040) et l’église St Jean-Baptiste (vers 1060) :

Selon la tradition de l’époque, et pour assurer le salut de leur âme, Innogwen et son fils décident, vers 1037-1040, de construire un couvent à Béré. Ils confient cette construction à Catwallon, abbé de Redon qui envoie un moine nommé Glaiménoc pour diriger la construction. Puis, déçus par Glaiménoc, ils s’adressent à Albert, abbé de Marmoutiers, qui réussit à construire le Prieuré St Sauveur. Vers 1060/1080 commence aussi la construction de l’église Romane St Jean de Béré.

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Le Prieuré St Sauveur fut l’occasion d’une belle bagarre. Les moines de Redon disaient que les terres de Béré leur avaient été données et que le prieuré devait leur revenir.

Les moines de Marmoutiers, qui avaient construit le prieuré, ne voulaient pas en être dépossédés. Il a fallu aller en justice.

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Dame Innogwen confie la construction du Couvent St Sauveur aux Moines de Marmoutiers

Brient 1er était mort, mais Dame Innogwen avait encore bon pied, bon oeil. Elle se rendit à Angers en l’an 1062 pour dire qu’elle n’avait donné le prieuré qu’aux moines de Marmoutiers. Elle renouvela ses propos à Nantes devant l’évêque Quiriac et, là, elle offrit de prouver sa bonne foi par la terrible épreuve du feu : elle acceptait de marcher pieds nus sur un fer brûlant pour affirmer la vérité de ses dires. Mais les juges refusèrent de lui faire subir cette épreuve, d’autant plus que les moines de Redon n’offraient aucune preuve de leur prétendue possession.

Le jugement de Nantes déclara donc l’église et le prieuré St Sauveur comme propriété des moines de Marmoutiers. Ce jugement fut confirmé par un synode tenu à Bordeaux.

Mais les moines de Redon ne voulaient pas lâcher prise : ils essayèrent d’obliger, par la ruse, le seigneur de Châteaubriant à leur vendre le monastère et ses dépendances. Mais juste comme cela allait se faire, voilà l’abbé de Marmoutiers qui arrive : il oblige l’abbé de Redon à regagner son couvent et demande que l’affaire soit jugée à Rome.

Et Rome confirme le jugement. Mais l’abbé de Redon ne veut toujours rien entendre. Il fallut en arriver à l’excommunication, et à un concile tenu à Nantes pour que les moines de Redon cessent de convoiter le couvent St Sauveur de Béré.

 Cinq cimetières

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Cinq cimetières (vus d’avion)

Il y eut à l’époque 5 cimetières :

    • 1 - un petit cimetière autour de l’église St Pierre, vers 850-900 ?
    • 2 - le cimetière des moines, dans l’enclos St Sauveur, à partir de 1028-1030
    • 3 - autour de l’église St Jean-Baptiste à partir de 1060
    • 4 - le cimetière St Vincent
    • 5 - le grand cimetière
      (ces deux derniers se situant à l’emplacement de l’actuel cimetière)

Le "Grand cimetière" comprenait une partie appelée "La huguenotière", à partir du 16° siècle, réservée aux protestants

(voir plan publié par Ch Bouvet p. 95 du bulletin de la société archéologique de Nantes et Loire-Atlantique, 1986)

Actuellement Châteaubriant est en train de construire son sixième cimetière (qui sera paysager)

L’église St Jean

Pendant ce temps, Geoffroy, fils de Brient, fait construire vers 1060 l’Eglise dédiée à St Jean Baptiste.

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l’église de Béré

La construction se fait en deux temps :

    • d’abord l’abside, les absidioles et le carré du transept, d’une architecture très soignée.
    • puis la nef

Cette construction en deux temps explique la déviation que l’on remarque à l’intérieur

Circuit par l’extérieur
Visite intérieure

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