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Vers la libération de Châteaubriant


 Le drame de Bout-de-Forêt

Mais un drame atteint encore la région de Châteaubriant avec les exécutions sommaires de patriotes le 21 juillet 1944 à Bout-de-Forêt. Sur le front de Normandie, l’armée hitlérienne parvient à contenir les Anglo-Américains dans une longue bataille d’usure (bataille des Haies, bataille de Caen), jusqu’à ce que la percée d’Avranches (31 juillet 1944) ouvre la voie de la Bretagne et prenne les troupes allemandes à revers en les encerclant dans la poche de Falaise. Châteaubriant et Rennes sont libérées le 4 août 1944, Angers le 10 août, Nantes le 12 août. Paris insurgée est libérée le 25 août 1944.

La progression se fait alors rapidement et, à la mi-septembre, presque toute la France et la Belgique sont libérées par les armées anglaises et américaines englobant quelques forces françaises, belges et hollandaises. Mais alors que les Alliés espéraient une fin du conflit avant la fin 1944, la défense allemande s’intensifie. La contre-attaque allemande dans les Ardennes (Noël 1944) surprend totalement les Américains mais s’essouffle au bout d’une dizaine de jours. Elle contribue toutefois à retarder le passage du Rhin jusqu’à fin mars 1945. Écrasée sous les bombes, assaillie de tous côtés, l’Allemagne nazie voit sa capitale Berlin investie le 30 avril par les Soviétiques. Hitler s’y se suicide dans son bunker le même jour.

Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule, ce qui met fin à la guerre en Europe.

La guerre est finie en Europe, du moins officiellement, car la poche de St Nazaire n’est pas encore réduite.

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Extraits du Courrier - 1
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Extraits du Courrier - 2

Les empochés

La Poche de St Nazaire s’est formée à la mi-août 1944 : la population civile de Loire-Inférieure, qui avait déjà subi plus de quatre années d’occupation, sera occupée neuf mois de plus que le reste de la France, avec des restrictions encore plus grandes, surtout au niveau alimentaire, le froid, les bombardements, les réquisitions de civils et de produits agricoles, plus d’électricité, plus de radio ni de journaux et des limitations de circulation. Les empochés se retrouvaient ainsi coupés du monde extérieur, subissant leurs ennemis (allemands) au quotidien et bombardés par leurs amis (anglo-américains) qui les encerclent... Cette "forteresse" de 28 000 soldats allemands (et 130 000 civils français) a été constituée par l’armée allemande pour être un point d’appui non négligeable sur l’Atlantique dans l’hypothèse où les armes secrètes de l’Allemagne (Wunderwaffen) seraient mises au point à temps pour retourner la situation en faveur du Reich. Ce ne fut pas le cas ! La signature de la reddition de la poche eut lieu à Cordemais, le 8 mai 1945 à 13h, le jour même de la capitulation de l’Allemagne. La cérémonie officielle de la reddition s’est déroulée à l’hippodrome du Grand Clos à Bouvron, le 11 mai 1945.

La guerre mondiale pourtant se poursuit en Asie où l’Empire du Japon défend pied à pied les territoires qu’il a conquis et que les Américains reprennent au prix de lourdes pertes.

Les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki sont touchées les 6 et 9 août 1945 à l’initiative des États-Unis, par les bombes atomiques Little Boy et Fat Man. Le 14 août, le gouvernement japonais capitule. La Seconde Guerre mondiale se conclut officiellement moins d’un mois plus tard par la signature de l’acte de capitulation du Japon le 2 septembre 1945.


 Chronologie de la Bombe A

1904 : Robert Oppenheimer voit le jour à New-York, le 22 avril. Décédé en 1967, il sera le père-créateur de la bombe A (comme Atomique). Cette bombe, à fission nucléaire continue, d’une puissance énorme et aux conséquences parfaitement inconnues à cette époque, utilisera, entre autres, de l’Uranium 235 puis, son proche cousin, le Plutonium 239.

1939 : Albert Einstein, physicien de génie, de renom et pourtant très pacifiste, en exil aux U.S.A. pour cause de judéité, dans une lettre cosignée par Léo Szillard, Edward Teller et Eugen Wigner, avertit le Président des États-Unis, M. Franklin Roosevelt, de la possible existence d’une « bombe effroyable » et de l’intention secrète de l’Allemagne de la fabriquer au plus vite.

1939 toujours : aux U.S.A., Roosevelt ébauche le « Manhattan Project » (MP) avec les co-signataires, sans leur attribuer les crédits nécessaires.

1941 (07/12) : attaque surprise par l’aviation et la marine japonaise (qui s’est officiellement déclarée alliée avec l’Italie et l’Allemagne le 27 septembre 1940) sur le port de Pearl Harbor. C’est la principale base aéronavale (25 000 hommes) des U.S.A., située en Océan Pacifique, dans l’archipel des Îles Hawaï. Le Japon, dans sa politique expansionniste, et confronté à un sévère embargo sur le pétrole et l’acier décrété par les U.S.A., décide d’agir seul. C’est le week-end, la garde fait relâche. Le bilan, côté américain, est terrible : humain (3 600 morts ou blessés), matériel (navires, avions, installations portuaires). Ce succès japonais inouï déclenche le tournant encore mal calibré : les U.S.A. entrent en guerre aux côtés des Alliés. La guerre devient mondiale.

1942 (septembre) : Roosevelt, à la Maison Blanche, approuve le MP (Manhattan Project, projet bombe A) et nomme à sa tête quatre génies physiciens : Enrico Fermi, Arthur Compton, Ernest Lawrence et Robert Oppenheimer. Albert Einstein, qui reste en retrait, n’est que simple consultant. Ce Comité de recherche est doté du meilleur de la technologie existante et d’un chèque en blanc pour son financement.

1942 (décembre) : Fermi et son équipe fabrique la 1re « pile atomique », maîtrisant ainsi la réaction en chaîne de la fission nucléaire contrôlée. C’est « avec angoisse » qu’il publiera, avec Einstein, la faisabilité d’une nouvelle arme « effrayante, éradicatrice et sans antidote connu ». Ses conséquences dans le temps sont volontairement éludées. Compte-tenu de son poids, elle n’est pas destinée à l’aviation.

1936 -1944 : le Reich (Allemagne), malgré une hémorragie sans précédent de cerveaux physiciens juifs, accélère sa propre recherche nucléaire dans l’Institut de Chimie Kaiser-Wilhem (Berlin), sans résultats tangibles. Le Japon lui succède avec le Riken (Institut de Recherche Physique et Chimique du Japon) et construit en Corée du Nord (conquise) un réacteur sans plus de succès. Pour anecdote, ce réacteur (à Hungnamm) permettra à l’U.R.S.S., en fin de guerre, de récupérer des informations capitales en fission nucléaire. A peu de mois près, la Bombe A allemande et japonaise ne verront jamais le jour.

1943 : aux U.S.A., les découvertes s’accumulent avec les arrivées de Niels Bohr, Isidor Rabi et James Chadwick au sein du MP. Les cerveaux se concentrent au LANL (Laboratoire National de Los Alamos), dirigé par R. Oppenheimer.

1945 (12 avril) : décès de F. Roosevelt, remplacé par Harry Truman

1945 (8 mai) : l’Allemagne de Hitler capitule sans conditions. Le Japon poursuit sa guerre d’expansion. Fin juin : au centre de Los Alamos (U.S.A.), trois bombes A sont opérationnelles et miniaturisées (aptes au largage par avion). Elles sont nommées Gadget, Little Boy et Fat Man. Les deux premières utilisent de l’Uranium 235 enrichi et Fat Man du Plutonium 239. Leur puissance est calculée en kilo-tonnes (soit 1 000 tonnes) de Trinitrotoluène TNT (kt TNT). Respectivement, elles embarquent 12,15 et 22 kt TNT. Cette échelle de puissance n’est pas humainement « concevable ».

1945 (16 juillet) : USA, base aérienne de Alamogardo, Nouveau-Mexique. Dans le cadre d’un test de validation, Gadget est sacrifiée et explose à 500 mètres d’altitude. Parfaite réussite. On prête toutefois à R. Oppenheimer ce commentaire grave et désabusé : « Now we are all sons-of-bitches. (A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes) ».

1945 (6 et 9 août) : Harry Truman, Président des États-Unis, donne l’ordre de larguer Little Boy sur la ville de Hiroshima et Fat Man sur Nagasaki, entraînant la capitulation du Japon, sans conditions.

Ce fut la seule utilisation de l’arme atomique à ce jour. Elle est depuis cantonnée à la dissuasion. Ceci n’a pas empêché sa prolifération. La nouvelle génération, la bombe H est, à même volume, 100 fois plus puissante. L’expérience d’Hiroshima et Nagasaki a pourtant montré les dégâts effroyables de cette technique... et les dangers considérables qu’elle représente, même pour les survivants.

 Revivre

Mais en 1945, on en était tout à la joie de la Libération, à l’énergie de la reconstruction, à l’enthousiasme d’avancées sociales importantes figurant dans le programme de Conseil National de la Résistance notamment le droit de vote des femmes, l’unification de la Sécurité Sociale, l’institution des Comités d’Entreprise, le statut du fermage et du métayage, la nationalisation du gaz et de l’électricité et de quelques banques et compagnies d’assurances ...

Le 5 août 1944, à la Sous-Préfecture, le Sous-Préfet René Dijoud tient une conférence avec des représentants des FFI (Forces françaises de l’intérieur) et FTP (Francs-Tireurs et Partisans). Il est décidé la mise en place d’une commission provisoire, en attendant de prendre contact avec le gouvernement provisoire du Général de Gaulle. Paul Huard est chargé de diriger cette commission.

Le 6 août 1944, une foule de 6000 personnes, rend hommage aux Américains tués la veille et on voit entrer ensemble dans l’église St Nicolas, le drapeau de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et du Parti Communiste, avant que tout le monde se rende en cortège à La Sablière, en souvenir des 27 Otages fusillés le 22 octobre 1941.

Le Conseil Municipal provisoire du 7 décembre 1944 comprend déjà deux fem-mes : Mme Bréant et Mlle Jeanne Manceau, ce que confirmera l’élection municipale du 13 mai 1945. L’élection de ces femmes provoque un mouvement de joie et de fierté dans la population féminine : celle-ci voit enfin reconnaître le rôle important joué par les femmes dans l’économie domestique et dans l’économie nationale (les femmes avaient pris la place des hommes dans les champs et dans les usines, à la fonderie Huard par exemple) et bien sûr dans la Résistance [Mme Geneviève Letertre, dont le mari et le fils n’étaient pas rentrés de Déportation, déclina la proposition de faire partie du Conseil Municipal].

Pourtant, alors, en Algérie, un drame se nouait à Sétif le 8 mai 1945 (45 000 morts). Mais ce sera une autre histoire.
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NB : Les extraits du « Courrier » publiés ci-dessus complètent le livre « Telles furent nos jeunes années » (300 pages) racontant la vie à Châteaubriant, la Résistance, la Déportation et la Libération. Disponible encore dans les librairies de Châteaubriant ou téléchargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/IMG/pdf/LivreMee.pdf.

La presse collabo à Châteaubriant, document pdf de 9 Méga Octets

Site en travaux

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