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Du 1er juin au 6 août 1871

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Un presbytère et une usine à gaz

Juin 1871 : à Paris la répression est atroce. On fusille tous ceux qui portent une vareuse, un pantalon ou même une paire de chaussures de la Garde Nationale. On fusille des femmes accusées d’être des pétroleuses parce qu’on trouve sur elles des allumettes ou un rat-de-cave (c’est-à-dire une mèche éclairante enroulée sur elle-même). On fusille tous ceux qui semblent Italiens, Polonais, Hollandais ou Allemands. On fusille des blessés dans les hôpitaux, on fusille des mères en train d’allaiter leur enfant, ou des femmes qui bavardent sur le pas de la porte, ou la porteuse de pain qui passe au même moment. On fusille pour fusiller. En une seule nuit, on réussit à tuer 1900 personnes dans la cour de la Roquette. Comment expliquer l’attitude du Général de Galliffet, regardant passer une colonne de prisonniers et faisant fusiller immédiatement tous ceux qui avaient les cheveux gris « parce qu’ils avaient vu juin 48 » ?

L’état de siège sera maintenu jusqu’en 1876 avec autorisation préalable pour les journaux, censure des théâtres, heure de fermeture pour les cafés et les restaurants. Conséquences tragiques pour le mouvement social : un coup d’arrêt d’une dizaine d’années. Les artisans subirent des pertes terribles, on disait que la moitié des peintres, des couvreurs, des plombiers et des cordonniers avait disparu.

Jusqu’en 1914 c’est la version officielle "versaillaise" des faits qui va dominer. A part Victor Hugo, Verlaine et Rimbaud, nombreux seront les écrivains qui seront hostiles à la Commune. Après 1917, on vit dans la Commune le prodrome de la révolution mondiale et depuis un siècle il n’y a guère de révolution dans le monde qui ne se réclame de l’exemple du Paris de 1871.
(source : histoire de la France et des Français par Alain Decaux et André Castelot)

La chanson "Le temps des cerises" est fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l’auteur Jean Baptiste Clément étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante.

Pour Alain Gouttman, dans son livre La Grande Défaite (2015) : «  Les communards incarnent, dans la mémoire collective, une grande cause, la plus grande de toutes peut-être : celle d’une société jaillie du plus profond d’eux-mêmes, où la justice, l’égalité, la liberté n’auraient plus été des mots vides de sens. Une utopie ? En tout cas, une grande espérance qui les dépassait de beaucoup, et dont ils furent à la fois acteurs et martyrs ».

Une plaque commémorative des derniers combats se trouve rue de la Fontaine-au-Roi, dans le 11e arrondissement de Paris. Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale a voté la réhabilitation de toutes les victimes de la répression versaillaise. Lire ici :
voir le site repression

Photo : Eugène Disdéri

6 juin 1871 le maire de Châteaubriant au sous-intendant militaire à Nantes : « M. Grimault, négociant, a fourni 228 litres de vin aux mobilisés de la 4e légion du Morbihan. Le règlement de ces réquisitions aura lieu à Vannes  ».

6 juin 1871 au sous-préfet, en conformité de l’article 1 de l’arrêté du préfet du 30 mai 1871 le maire transmet une déclaration de Monsieur Bressin, négociant à Châteaubriant, constatant la quantité de pétrole qu’il possède actuellement en magasin. «  Tous les autres commerçants dans notre ville n’ont que de petites quantités insignifiantes  ».

8 juin 1871 au capitaine de la compagnie des Sapeurs-Pompiers : «  je vous invite et au besoin vous autorise à donner les ordres nécessaires pour que la compagnie de Sapeurs-Pompiers prenne les armes dimanche prochain 21 courant pour assister à la procession de la Fête Dieu. Elle devra être réunie sur la place de l’Hôtel de Ville à 11h du matin ».

9 juin 1871- à Monsieur Chatellier président de la société de patronage des enfants pauvres de Châteaubriant. « J’ai l’honneur de vous adresser un mandat de 300 frs pour subvention départementale en 1871 à la société de patronage des enfants pauvres de Châteaubriant. Je vous prie de me faire parvenir le plus tôt possible la situation de cette société en ce qui concerne la commune. Cette situation devra faire connaître les noms, prénoms et âges des enfants secourus et placés par les soins de la société, ainsi que leur résidence actuelle  ».

9 juin 1871 – au sous-préfet – « Je ne vois aucun inconvénient à ce que le sieur Gauchet Victor soit autorisé à tenir en son nom personnel le cabaret actuellement au nom de sa femme Jeanne Marie Denieul veuve Cadiot. La conduite du sieur Gauchet n’a jusqu’ici donné lieu à aucune plainte ».

12 juin 1871 – Par décision de M. le Préfet en date du 1er courant, il est ouvert au budget de 1871 de Châteaubriant un crédit de 2161,44 frs pour travaux à exécuter sur la Place de la Pompe et dans les rues qui y aboutissent. « J’ai fait dresser un plan figuratif des lieux et le nivellement, un devis estimatif et un cahier des charges. Je vous prie de les transmettre à l’approbation de M. le Préfet avec un avis favorable. Ces travaux sont très urgents et je n’attends que l’accomplissement de cette formalité pour les faire exécuter ».

12 juin 1871 – au Sous-préfet : J’ai l’honneur de vous prier de transmettre à M. le président chef du pouvoir exécutif de la République Française l’adresse ci-jointe du Conseil Municipal de Châteaubriant :

«  Le Conseil Municipal de Châteaubriant, pénétré de reconnaissance envers le Chef du Pouvoir Exécutif de la République Française et notre brave armée dont les sublimes efforts ont amené la fin de la plus redoutable insurrection que le monde ait jamais vue, leur adresse ses remerciements les plus chaleureux. Il s’associe unanimement au vote de l’assemblée nationale dans sa séance du 22 mai 1871 qui déclare que le chef du Pouvoir exécutif et l’armée française ont bien mérité de la Patrie  ». [NDLR : ceci est donc une condamnation explicite de la Commune de Paris].

15 juin 1871 – à M. le Général de Brigade à Nantes. « Le sieur Baudoin Victor soldat de 2e classe au 94e Régiment de Ligne, né à Châteaubriant le 14 juin 1842, n’a pas encore reçu le congé définitif auquel il a droit depuis le 31 octobre 1870. Ce jeune homme désire épouser Marie Françoise Lambolais dont la conduite est à l’abri de toute atteinte et qui appartient à une honorable famille de notre commune. Je viens solliciter de votre obligeance, Monsieur le Général, l’autorisation prescrite par le décret du 16 juin 1808 attendu que ce jeune homme n’est pas en possession de son titre de libération définitive  ».

15 juin 1871 – à M. le Général de Brigade à Nantes. « Je viens solliciter de votre obligeance l’autorisation nécessaire pour contracter mariage au sieur Lecoq Pierre Julien soldat de 1re classe au 61e Régiment de Ligne, né le 5 juin 1843, libérable le 31 juillet 1870. Ce jeune homme avait obtenu un congé de semestre, mais rappelé par la loi du 10 août il a emporté ce titre qui a été égaré et il n’a pas encore reçu son titre de congé définitif. Il désire contracter mariage avec Jeanne Marie Jaril, domestique, demeurant à Châteaubriant depuis 5 ans et qui jouit d’une très bonne réputation ».

18 juin 1871 lettre de M. de Tugny au maire de Châteaubriant :

«  Au mois de mars dernier lors du licenciement des troupes auxiliaires, les chefs de corps reçurent l’ordre de verser leur drapeau, soit dans les magasins de l’artillerie, soit dans les mairies de leurs arrondissements respectifs. Avant de m’y conformer, je crus devoir prendre l’avis de M. le Général Comte de Noue commandant la 15e division militaire ».

« Je lui fis observer que la 5e légion placée alors sous mes ordres, avait reçu son drapeau sur les fonds d’une souscription généreuse et patriotique ouverte dans l’arrondissement de Châteaubriant et j’ai ajouté que je trouvais personnellement des inconvénients assez sérieux à opérer la remise de ce drapeau entre les mains de l’administration municipale de cette époque, administration provisoire ayant un caractère révolutionnaire et irrégulier et dont la nomination et l’installation avaient été faites par des autorités sans mandat. Cet officier général voulut bien prendre en considération les motifs que je lui exposais et m’autorisa verbalement à conserver jusqu’à nouvel ordre le drapeau qui m’avait été confié ».

«  Aujourd’hui, monsieur le maire, le suffrage universel a élu une administration régulière et normale, expression fidèle et spontanée des sentiments et des aspirations de l’arrondissement. Et je m’empresse de vous informer du désir que j’éprouve de remettre entre des mains dignes de le recevoir et de le conserver le dépôt que j’avais gardé jusqu’ici chez moi. Je vous prie M. le maire de vouloir bien, pour mettre à couvert ma responsabilité de chef de corps, m’accuser réception de la présente, et de m’informer en même temps du jour où je devrai vous faire remettre le drapeau de la 5e légion  »

Signé : le colonel commandant de la 5e légion des mobilisés de Loire-Inférieure.

19 juin 1871 – au Sous-préfet – « Je ne vois aucun inconvénient à ce que le sieur Jégu soit autorisé à transférer dans un local situé Rue Quenillet le débit de boissons qu’il tient place St Nicolas ».

19 juin 1871 – à M. le Colonel de la 5e Légion des mobilisés de Loire-Inférieure. « Vous m’annoncez que vous avez en votre possession le drapeau de la 5e Légion des mobilisés de Loire-Inférieure et que vous désirez le remettre entre les mains de l’administration municipale de Châteaubriant, régulièrement constituée. L’administration municipale accepte le dépôt que vous voulez bien lui confier et vous pourrez, M. le Colonel, faire déposer votre drapeau à l’hôtel de ville le jour qui vous conviendra et où bonne garde en sera faite ».

19 juin 1871 au sous-préfet – Le travail de nivellement de la place des vieilles halles et des rues adjacentes a été exécuté en régie au mois de janvier 1871 par le président de la commission municipale autorisé à cet effet. Ce n’est que l’achèvement des trottoirs et le repavage des rues qui y restent à faire. On ne peut donc soumettre à l’enquête un nivellement qui est achevé et qui ne peut plus être modifié. L’alignement approuvé par l’ordonnance royale du 16 mars 1816 a été exactement suivi pour les rues Grande, de Couëré, et Basse-rue. Quant à la place des vieilles halles, l’ordonnance sus-citée n’indique aucun alignement pour la raison qu’il existait sur cette place une halle couverte. Il restera toutefois à l’administration à proposer au Conseil Municipal et à faire approuver par M. le Préfet un alignement pour cette place lorsque les travaux en cours d’exécution seront achevés.

19 juin 1871 au sous-préfet – Par le décès de Louise Bregé veuve Rialland arrivée en cette ville le seize de ce mois, ses deux enfants Eléonore et Emile Rialland, l’un âgé de 11 ans, l’autre de 8 ans, restent orphelins. Depuis longtemps cette famille recevait des secours du bureau de bienfaisance et de quelques familles charitables. La veuve Rialland, atteinte de variole grave, fut transportée à l’hôpital où elle est morte quatre jours après. Aujourd’hui ces deux enfants sont secourus par les voisins qui en prennent soin pendant le jour, et la nuit ils se retirent seuls dans une maison où ils couchent sur un grabat. Demande d’admission à l’Hôtel Dieu Nantes.

21 juin 1871 à M. Caxtex sous-intendant militaire à Nantes à propos du paiement des réquisitions : «  M. Halbert refuse d’accepter la somme de 11 frs portée sur le bordereau, prétextant qu’il lui est dû une somme plus élevée. J’ai fait remarquer au sieur Halbert que M. Le Préfet avait rendu un arrêté qui fixait d’une manière définitive le prix revenant à chacun et qu’il devait s’y conformer. Il me reste entre les mains cette somme de 11 frs que je tiens à votre disposition »

22 juin 1871 au Sous-préfet : «  l’hôpital de Châteaubriant peut disposer de 15 lits en dehors de ses besoins habituels et pour des malades payants. Chaque jour nous transmettons à M. l’intendant militaire les renseignements demandés  ». Une lettre analogue sera faite le 27 juin au sous-intendant militaire à Nantes

28 juin 1871 au sous-préfet : «  En ce moment les droits d’octroi de notre ville ne sont l’objet d’aucune surveillance par suite d’absence d’un agent  ». Le maire présente alors le sieur Lecoq Jean Marie pour remplir le poste de préposé surveillant de l’octroi. Il est né le 27 février 1841 «  et présente toutes les conditions de moralité indispensables pour cet emploi ».

29 juin 1871 – à Monsieur Lecoq, préposé de l’octroi. «  Conformément à ma proposition, le sous-préfet vous a nommé en date du 28 juin comme préposé de l’octroi de la ville de Châteaubriant. Vous devrez vous présenter demain devant le tribunal civil pour prêter le serment exigé. Adressez-vous à M. Leray, greffier du Tribunal qui voudra bien vous donner les renseignements qui vous seraient nécessaires. Vous commencerez vos fonctions le 1er juillet prochain  ».

29 juin 1871 – au sous-préfet En réponse à votre lettre du 26 courant, je vous informe que la moralité de la famille B. est déplorable ainsi que la conduite de chacun de ses membres. La fille Lucie était très jeune quand elle a quitté Châteaubriant et sa moralité était déjà douteuse. Enfin le père a quitté furtivement Châteaubriant en emportant son mobilier et en laissant beaucoup de dettes.

29 juin 1871 : Rétribution scolaire : rôle dressé par M. Delaunay instituteur communal pour le 2e trimestre de 1871 :

élèves de la commune 348 frs
élèves étrangers 100 frs
élèves gratuits 48 frs

2 juillet 1871 au Conseil Municipal, la Commission du budget a proposé de donner son approbation au compte soumis à son examen. Puis madame veuve Hervé marchande d’Angélique propose d’acquérir de la commune, au devant de sa propriété, une parcelle du petit chemin de Choisel. Accord du Conseil car ce chemin est devenu "sans utilité". Un membre fait remarquer qu’il existe encore sur le territoire de la commune un assez grand nombre de terrains formant excédent sur les chemins et dont la vente si elle était provoquée pourrait produire quelques ressources. Le Conseil prie Monsieur le maire de faire procéder au levé des plans des dits-chemins afin d’en faciliter l’aliénation.

L’utilité du chemin des Vauzelles est reconnue pour relier le nouveau chemin de grande communication n°41 à la route nationale n°163 en tête du Faubourg de la Barre. Le Conseil demande que ce chemin soit classé comme chemin de petite vicinalité.

Le maire donne lecture d’une lettre du sous-préfet en date du 30 juin 1871, relatif au legs fait à la fabrique de l’église de Châteaubriant par Monsieur le Pays de Lariboisière d’une maison avec écurie et remise sises à Châteaubriant rue Neuve, aux termes de son testament olographe de mai 1870. A cette lettre est jointe une délibération du conseil de fabrique, le 16 avril dernier, portant que par acte notarié les héritiers du testateur ont consenti à ce legs avec la condition de la célébration de 24 messes par an et à perpétuité. Le Conseil de Fabrique estime que la maison léguée pourrait être affectée à l’usage d’un presbytère aux lieu et place du presbytère actuel et de ses dépendances dont l’emplacement serait utilisé pour y établir les constructions de la nouvelle église projetée. Le Conseil Municipal autorise le dit-legs.

De plus dans le but de favoriser la construction d’une église nouvelle, il prend acte de la proposition du Conseil de Fabrique d’affecter à l’usage d’un presbytère la maison léguée laquelle, par abandon gratuit, deviendrait propriété communale, offrant en retour de faire pour la future église et ses dégagements le sacrifice du presbytère actuel et de ses dépendances.

[Ndlr : en 2018, cette maison léguée par M. Le Pays de Lariboisière sert toujours de presbytère à l’église St Nicolas qui est cette "nouvelle église" projetée en 1871].

Avant de clore la séance, le Conseil municipal, considérant que malgré tout le zèle dont elle fait preuve, la brigade de gendarmerie à cheval établie à Châteaubriant est impuissante en raison du service étendu de correspondance auquel elle doit faire face, à assurer d’une manière suffisante le service de la police pour la ville et les environs, renouvelle avec instance le vœu de l’installation à Châteaubriant d’une brigade de gendarmerie à pied.

2 juillet 1871 : des élections complémentaires ont lieu en France, 114 sièges sont à pourvoir, 99 républicains sont élus. La République s’étant montrée conservatrice et capable de mater les révoltes ouvrières, comme en juin 1848, ne fait plus peur. Mais à Paris, après la répression, seuls 5 républicains sont élus (sur 21 postes)

3 juillet 1871 au sous-intendant militaire à Nantes : «  Je vous rappelle la lettre de mon prédécesseur en date du 20 avril dernier au sujet des objets de campement et d’habillement qui ont été laissés par le 2e bataillon de la Légion de Dinan dans un appartement de l’Hôtel de Ville. Ces objets se détériorent et nous gênent.
Si vous croyez que les frais de transport excéderaient leur valeur, vous pouvez les faire vendre par les Domaines 
 ».

4 juillet 1871 au sous-préfet : je vous transmet les pièces concernant un nommé Dauphin qui demande à tenir un café dans la rue de Couëré. Je ne puis donner aucun avis sur cette demande, attendu que je ne connais pas le pétitionnaire.

4 juillet 1871 au sous-préfet : je vous envoie le procès verbal d’expertise de la terre de la Chevière en Martigné-Ferchaud léguée à l’hospice par M. Le Pays de la Riboisière.

Le dernier prétendant

6 juillet 1871 : coucou, revoilà le roi.
Henri V, petit-fils du roi Charles X, chef et dernier représentant de la branche aînée et française de la maison de Bourbon, et qui se fait appeler « Comte de Chambord », du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale, est prétendant au trône de France. Mais il rejette le drapeau tricolore, affirmant sa fidélité au drapeau blanc. Chez les monarchistes, c’est la consternation. Certains essaieront de fleurdelyser les trois couleurs, ou de cravater de blanc le drapeau tricolore. En vain.

Il ne reste qu’une issue : prolonger les pouvoirs de Thiers mais celui-ci n’aime guère son titre de « Chef du pouvoir exécutif ». « Chef, disait-il, c’est un qualificatif de cuisinier ».
[Ndlr : le 31 août 1871, l’assemblée vote la Loi Rivet donnant à Thiers le titre prestigieux de Président de la République].

7 juillet 1871 le maire de Châteaubriant écrit à l’intendant militaire à Nantes : «  le boulanger qui avait fourni le pain vendu par les Domaines le 1er avril 1871 a été payé. Mais M. Buron, boulanger, chargé des fournitures de pain aux prisonniers et troupes de passage, me prie de vous faire connaître qu’un bon de 54 rations, fourni à une ambulance de passage en notre ville, n’a jamais été payé et qu’il s’élève à 9.50 frs  ».

8 juillet 1871 : les travaux de nivellement de la Place des Vieilles Halles ont été adjugés au sieur Hiron, entrepreneur demeurant à Châteaubriant pour le prix de 2161,44 frs.

10 juillet 1871, établissement d’une usine à gaz : « La commission que le Conseil Municipal a nommée pour étudier les propositions que vous avez faites au sujet de l’établissement d’une usine à gaz à Châteaubriant, a pris les résolutions suivantes :
La commission a reconnu que l’établissement du gaz serait une œuvre utile pour Châteaubriant mais que les circonstances mauvaises dans lesquelles nous nous trouvons au point de vue des ressources budgétaires, et qui doivent se prolonger au moins pendant tout l’hiver, rendent nécessaire l’ajournement de toute proposition tendant à augmenter les dépenses de la ville et à détourner les quelques fonds disponibles d’un but auquel nous devons consacrer tous nos efforts pour procurer des travaux aux ouvriers sans ouvrage
 ».

Toutefois, poursuivant l’examen de la question en elle-même, la commission a pensé que s’il était possible de le faire, le traité à intervenir le prestataire et M. le maire de Châteaubriant devrait avoir lieu sur les bases suivantes :

1) la ville de Châteaubriant ne prendrait pas à sa charge l’achat du terrain de 1000 mètres environ qui est nécessaire à l’établissement de l’usine mais donnerait au concessionnaire une indemnité pécuniaire de 1000 frs payable sans intérêts dans le courant de l’année 1872 à la charge pour le concessionnaire d’acheter le terrain en question, comme bon lui semblerait et au lieu qui lui paraîtrait le plus convenable, en s’entendant directement avec le propriétaire.

il existe du reste près le faubourg de la Barre et à 300 mètres environ de la route nationale 163, des terrains à vendre cédés à 1 fr ou 1,50 fr au maximum le mètre-carré. Ces terrains situés près de la ville, sur le bord d’un ruisseau qui ne tarit jamais, semblent convenables pour l’établissement de l’usine.

2) la concession serait de 40 ans seulement,

3) le nombre de becs à établir pour le compte de la ville serait de 50 au maximum pendant 3 ans et pourrait à partir de ce délai être augmenté d’un commun accord et suivant les besoins reconnus.

4) Le concessionnaire s’engagerait à fournir à ses frais le matériel nécessaire à l’établissement de l’éclairage public, moyennant 8 % d’intérêts, amortissement compris du prix d’achat, lequel serait approuvé par la commission.

La ville se réserverait le droit de racheter le matériel destiné à l’éclairage public et fourni par le concessionnaire, quand elle voudrait et au prix de l’estimation fixée par expert.

5) Il faut aussi diminuer autant que possible le service de l’allumage et de l’extinction des feux [fixé par le concessionnaire à 500 frs, ce qui semble très exagéré].

6) Employer presque exclusivement tous les ouvriers tant pour la construction de l’usine que pour les canalisations et commencer les travaux au plus tard un mois après la signature du traité.

7) Verser 4000 frs de cautionnement chez le Receveur municipal et 25 000 frs chez une personne désignée par la Commission pour garantir la ville de la bonne exécution et du prompt achèvement des travaux ainsi que de la solvabilité du concessionnaire. Cette somme serait remboursée au fur et à mesure des travaux exécutés et ne pourrait sous aucun prétexte être détournée de sa destination.

8) Les autres conditions resteraient telles qu’elles sont énoncées au cahier des charges déposé par le concessionnaire toutefois sous toutes réserves.

«  Si ces conditions vous semblent acceptables veuillez me le faire savoir et je communiquerai alors votre décision à la commission. Nous voudrions également être fixés sur le prix que coûte le mètre-cube de gaz, tant pour les établissements publics que pour les particuliers dans les autres villes et notamment dans celles d’Ancenis, Château-Gontier, Rennes, Nantes, Angers, etc.  »

15 juillet 1871 – à M. Artur, meunier. « Par suite de la construction du chemin de petite communication de Béré au faubourg de la Torche, l’ancien chemin est devenu inutile. Ce chemin joint au nord un jardin appartenant à Mme veuve Hervé née Yvon et joint au sud la propriété de Choisel. Comme héritier de M. Gendry, je vous prie de vous entendre avec vos co-héritiers et de me faire connaître dans le plus bref délai possible si vous avez l’intention de profiter de votre droit de préemption. Dans ce cas vous pourriez acquérir la moitié du dit chemin et, dans le cas où vous renonceriez à exercer votre droit, cette dernière serait libre de se rendre acquéreur du tout. Vous voudrez bien signer cette réponse comme époux de l’une des héritières et vous portant fort pour les autres héritiers »

[Ndlr : les héritiers Gendry demanderont à bénéficier du droit de préemption sur la moité du chemin longeant leur propriété ]

15 juillet 1871 à M. le sous-intendant militaire à Nantes. « Le 22 mai dernier je vous ai adressé un paquet de réquisitions qui ont été régularisées par vous sauf celle ci-après dont je n’ai jamais entendu parler :

Réquisition portant le N°18 au nom de M. Verron, négociant à Châteaubriant formant un dossier de 6 pièces avec mémoires sur papier libre et sur papier timbré montant à 98 frs pour transports effectués pour la 5e légion des mobilisés de Loire-Inférieure.

1) fourniture d’un cheval et d’un homme pour conduire l’ambulance à Pouancé, Segré et Bouillé Ménard
2) fourniture de deux chevaux, une grosse charrette et un conducteur pour transporter de Châteaubriant des effets d’habillement, partie Segré, partie à Bouillé-Ménard.
Veuillez M. Le sous-intendant faire les recherches nécessaires et me faire parvenir le règlement le plus tôt possible.

[Ndlr : le 27 juillet le maire enverra le dossier au Préfet de Loire-Inférieure « attendu que les fournitures ont été faites pour le service des ambulances »].

17 juillet 1871 à M. Legal capitaine de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers pour lui demander de commander un poste de cinq hommes au moins «  pour garder cette nuit une charrette chargée de 42 000 cartouches. Cette charrette se trouve dans la cour du château, près le télégraphe.
Vous comprendrez M. le Commandant combien il est important que cette charrette ne soit pas laissée seule 
 ».

18 juillet 1871 – au sous-préfet pour lui proposer de «  conserver pour les besoins de la Compagnie de Pompiers quelques capotes de gardes nationaux qui ont été laissées à la mairie par la Légion de Dinan »

20 juillet 1871 à M. Hirou entrepreneur à Châteaubriant : « Je vous prie d’être en mesure de commencer lundi prochain les travaux de redressement du nivellement de la Place de la Pompe et le pavage des rues adjacentes. Le délai de 60 jours prévu par le cahier des charges pour l’achèvement de ces travaux datera donc de ce jour ».

20 juillet 1871 – au sous-préfet – «  La commission administrative du bureau de bienfaisance souhaite qu’une loterie soit faite pour employer le produit à secourir les pauvres de notre commune. Je vous prie M. le sous-préfet de vouloir bien autoriser par un arrêté cet établissement charitable à faire cette loterie qui est faite tous les deux ans »

20 juillet 1871 – au receveur de l’hospice – pour lui adresser deux mandats de remboursement des journées de traitement des militaires malades reçus à l’hospice pendant le 4e trimestre de 1870 : l’un de 107,70 frs et l’autre de 18 francs.

29 juillet 1871 – en réponse à l’ingénieur de la Compagnie des chemins de fer de St Nazaire, le maire transmet deux études faites du temps de M. de la Pilorgerie au nom du Conseil Municipal, alors qu’il était question de concéder le chemin de fer de Nantes à Châteaubriant et celui de Châteaubriant-Sablé. « Je pense que ces documents vous fourniront les renseignements que vous demandez et qui seront utiles pour établir le trafic probable de la ligne de Châteaubriant à St Nazaire dont le projet doit être soumis au Conseil Général dans la prochaine session  »

2 août 1871 – au sous-préfet – «  Le sieur Lebreton Jean Marie, journalier demeurant en cette ville, faubourg de la Torche, a quitté son domicile dans le mois de juin dernier abandonnant quatre enfants en bas âge sans avoir pourvu à leurs besoins. Pendant quelques jours ces enfants ont été recueillis par des voisins charitables.
Des renseignements ont été pris sur les collatéraux et il a été appris qu’ils étaient tous chargés de famille. Ils ont bien voulu prendre deux des enfants. Quant aux deux autres ni collatéraux ni amis n’ont voulu s’en charger (leur mère est décédée le 15 mai 1868)
 ».

Le maire sollicite donc le placement de Joséphine et François Lebreton.

2 août 1871 – M. le Pays de la Riboisière a fait un legs à la fabrique de Châteaubriant : une maison à l’usage d’un presbytère. Le Conseil municipal du 2 juillet donne son autorisation «  mais à la condition que cette maison sera la propriété de la commune, offrant en échange de faire le sacrifice du presbytère actuel pour la construction de la nouvelle église »

6 août 1871 conseil municipal à Châteaubriant sous la présidence du maire Monsieur Delourmel de la Picardière.

Suivant proposition de maître Foutrel Gaugy notaire à Châteaubriant, le 30 mars 1870, Madame Lavigne supérieure des religieuses de Saint-Thomas à l’hospice de Châteaubriant s’est rendue acquéreur pour 4000 frs d’une prairie d’environ 1 hectare, sise commune de Châteaubriant non loin de Paluel sur le bord du chemin de Saint-Aubin. [Ndlr : il s’agit du pré dit de la Saule]. Elle a payé au moyen de la remise, faite à titre de don manuel, d’une somme équivalente par Monsieur Gustave le Pays de Lariboisière.

Le conseil municipal après enquête commodo-incommodo considère que l’acquisition est à l’avantage de l’hospice «   puisque le prix et les frais ont été entièrement soldés au moyen du don généreux fait par Monsieur le Pays de Lariboisière et que la possession du dit immeuble viendra ajouter une précieuse ressource pour les besoins de notre principal établissement de bienfaisance  ».

Donc le Conseil Municipal approuve cette acquisition à l’unanimité.

La préfecture réclame l’inscription au budget additionnel de 1871 d’un crédit de 370 francs pour la part contributive de la commune en 1870 et 1871 dans les dépenses relatives aux enfants assistés. Le conseil municipal vote sans discussion cette inscription obligatoire.

Monsieur Lecouvette qui a quitté le pays est remplacé par Monsieur Béchu du Moulin Roul comme l’un des directeurs de la Caisse d’Epargne.

Par sa délibération du 5 septembre 1867 le conseil municipal a retenu le principe de la construction d’un chemin de petite vicinalité pour relier la route de Saint-Aubin à Béré. L’administration municipale a fait préparer plusieurs plans. Le Conseil municipal dit que ce chemin a pour buts : 1 - de donner accès facile au terrain communal dit des Planches sur lequel pourra être entièrement construit un abattoir,
2 - de faciliter les abords du Champ de Foire de Béré.
3 – d’améliorer l’accès de plusieurs prairies situées sur le bas du champ de foire et appartenant à des habitants de la ville. Le conseil municipal choisit un des tracés.

Eclairage au gaz

Toujours au Conseil Municipal du 6 août 1871 la commission remet son rapport : «  Monsieur le Gallo, au lieu de 3000 frs à la charge de la ville pour l’achat d’un terrain nécessaire à la construction de l’usine à gaz, se contenterait d’une indemnité de 1000 frs payable après l’inauguration de l’éclairage au gaz ».

Monsieur le Gallo a consenti à ce que le nombre de becs pour l’éclairage public fut réduit à 50 au moins pour les trois premières années. La Commission a demandé une réduction de 8 % de l’intérêt et amortissement du matériel de l’éclairage en réservant à la ville la faculté d’acquérir ce matériel, dont la valeur pour 50 becs serait d’environ 5000 francs. Cette clause a été acceptée.

«  Il en a été de même au sujet de la réduction à 450 frs/an et 500 frs lorsque le nombre de becs sera augmenté et porté à 60, de la rétribution du personnel employé à l’éclairage  ».

«  La compagnie a pris l’engagement de commencer les travaux un mois après la ratification du traité et celle d’employer autant que possible des ouvriers du pays aux travaux de construction et de tranchées  ».

«  Il n’y aura aucune dépense immédiate à effectuer sauf l’indemnité de 1000 francs pour acquisition du terrain  ».

Avec 50 becs, la dépense annuelle serait : - prix de l’éclairage 1800 frs
- amortissement matériel 400 frs
- pour le service 450 frs
total 2650 frs.

La ville pouvant arriver en peu d’années à s’exonérer de la somme annuelle de 400 frs consacrée à l’amortissement du matériel, il ne resterait en définitive par année qu’une charge de 2250 frs et de 2450 frs environ lorsque le nombre de becs de gaz serait porté à 60.

Comparé à la situation actuelle, le coût de l’éclairage au gaz n’augmente la dépense annuelle que d’environ 900 frs/an lorsque toutefois le matériel sera racheté.

«  Si l’on considère que l’éclairage actuel est complètement défectueux et insuffisant et qu’en le conservant il y aurait nécessité absolue de pourvoir à son amélioration, ce qui entraînerait une notable augmentation de la dépense, on verra que tout est à l’avantage de projet d’éclairage par le gaz ».

«  En outre d’un éclairage meilleur dans un avenir prochain, la ville gagnera de pouvoir procurer dans un temps très rapproché, aux ouvriers du pays, une somme de travail importante ».

L’installation de l’éclairage au gaz pourra être utilisée avec avantage pour les particuliers, spécialement pour les établissements industriels de la localité, «  elle apportera une amélioration sensible autant dans l’intérêt des patrons que dans celui des ouvriers ».

Sources :
- Archives de la mairie de Châteaubriant,
1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 11 et 2 D12 (courriers) – 2 D 3 – et 3 H5
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de la France et des Français par
André Castelot et Alain Decaux

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