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Du 6 Août 1871 au 31 décembre 1871

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Usine à gaz

6 Août 1871 (suite) : le Conseil municipal de Châteaubriant, après avoir entendu le rapport de sa commission, au sujet de l’éclairage de la ville, au gaz, décide d’accepter cette installation.

Il souhaite une clause spéciale : étant donné le nombre d’heures pendant lesquelles devront être allumés chaque année les becs de gaz affectés au service public, l’administration municipale souhaite rester maîtresse de répartir la durée de l’éclairage pour chacun des jours de l’année, dans le but d’obtenir une plus longue durée de cet éclairage pendant la saison d’hiver.

Monsieur le Gallo propose de verser à la caisse d’un banquier, désigné avant le commencement des travaux, une somme de 25 000 frs qui sera affectée au paiement des premiers travaux ; et à la caisse municipale à titre de cautionnement, une somme de 4000 frs qui restera déposée jusqu’à l’achèvement des bâtiments de l’usine en produisant 5 % d’intérêt par an au profit du déposant. Ces deux versement sont de nature à donner à la ville les garanties les plus sérieuses.

Le conseil municipal en adoptant à l’unanimité les motifs et le rapport de la commission invite Monsieur le Maire à s’entendre avec Monsieur le Gallo à l’effet de passer avec lui pour une durée de 40 ans un traité qui sera soumis le plus tôt possible à l’approbation du Préfet.

9 août 1871 – M.Ballais, docteur en médecine et chirurgien major de la compagnie de sapeurs-pompiers de Châteaubriant est décédé le 23 décembre 1870. Pour le remplacer la compagnie manifeste le désir d’avoir le docteur Leussier Ernest ancien chirurgien major de la cinquième légion des mobilisés de la Loire-Inférieure. «  Comme la compagnie ne pourrait faire un meilleur choix, je pense qu’il convient que l’on fasse droit à la demande de nos braves pompiers  » écrit le maire au Préfet.

10 août 1871 – «  La ville de Châteaubriant possède comme débouché à l’Ouest deux routes principales, l’une conduisant à Nozay-Blain, l’autre à Guémené Penfao et Redon. De tout temps des courriers directs entre Châteaubriant et ces localités faisaient à notre grand avantage le service des dépêches, des voyageurs et des marchandises. Il y a deux ans environ le courrier avec Nozay-Blain fut supprimé sans enquête préalable, sans que nos intérêts eussent été consultés. Aujourd’hui c’est le courrier qui dessert Derval Guémené-Penfao et Redon par Beslé qu’on veut aussi faire disparaître. Le service de nos dépêches avec ces villes ne se ferait plus directement mais comme celui sur Nozay-Blain aurait lieu par Nort avec un parcours considérablement augmenté. Ces suppressions si fâcheuses pour notre ville se font au profit de Nozay qui parvient ainsi au détriment de son chef-lieu d’arrondissement à accaparer tous les services postaux.

Nous venons donc M. le Directeur Général des Postes, protester contre cet état de choses, très préjudiciable au commerce de notre ville car non seulement les dépêches sont obligées de faire un long détour pour nous arriver mais encore nos communications avec les localités indiquées ci-dessus, qui avaient lieu par les courriers, se trouvent ainsi supprimées. Il en résulte des relations fort difficiles avec une partie importante de notre arrondissement et avec la Basse Bretagne au grand préjudice de tous.

C’est à votre justice et à votre impartialité que nous nous adressons en vous priant de vouloir bien rétablir le courrier direct entre Châteaubriant, Nozay et Blain et de ne pas supprimer celui qui existe encore entre Châteaubriant, Derval, Guémené Penfao et Redon par Beslé ».

10 août 1871 – lettre au sous-préfet à propos des élections municipales : «  En réponse à votre lettre du 7 août courant, relative à l’utilité qu’il y aurait d’établir une section distincte du chef-lieu en prévision des élections du Conseil Municipal qui auront lieu à l’avenir, je m’empresse de vous informer que la section établie au chef-lieu est suffisante et répond à tous les besoins  ».

10 août 1871 – le produit de la répurgation de la ville se monte à 910 frs (adjudication du 23 juillet 1871)

13 août 1871 – Pétition adressée au directeur général des Postes à Versailles, signée par les conseillers municipaux, les principaux négociants et habitants de la ville (reprenant exactement les termes de la lettre du 10 août 1871). Parmi les conseillers municipaux, deux n’ont pas signé : MM de Tugny et Hardy. Et les habitants sont Robin (Hôtel), Morin, Legal fils jeune, Lud. Le Coconnier, F. Le Coconnier, G.Bréhier, Grandin, Alp. Bourdel, Marchand, Arnaud, Leussier notaire et autres.

16 août 1871 : Le conseil municipal dans sa délibération du 2 juillet demande le classement comme chemin de petite vicinalité du chemin dit des Vozelles, partie comprise entre le chemin de grande communication n°41 et la route nationale n°163 Ce classement aurait pour but de relier entre elles ces deux voies de communication et d’ouvrir un débouché dans cette partie de la ville. Demande d’autorisation du Préfet.

19 août 1871  : le Préfet a autorisé l’admission gratuite des enfants abandonnés Joséphine-Rosalie et François Marie Lebreton. Le sieur Chérel, leur parent, est chargé de les conduire à l’hospice dépositaire de Nantes (Hôtel de Dieu).

Louise Michel

Née au château de Vroncourt en Haut-Marne, Louise Michel est la fille née hors mariage du fils du châtelain et d’une servante. Elevée par ses grands-parents, elle reçoit une bonne instruction et une éducation libérale, elle lit Voltaire et Rousseau et étudie la musique. Mais en 1850, après la mort de son père et de ses grands-parents, elle est chassée du château. Elle fonde alors une école où elle enseigne pendant trois ans selon les principes républicains, puis elle enseigne à Paris dans l’institution de Madame Voillier. Pour satisfaire sa soif de connaissance, elle suit les cours du soir dans les domaines les plus modernes du savoir. A Paris, Louise Michel fait la connaissance de Jules Vallès, Eugène Varlin, Rigault, Eudes, et surtout Théophile Ferré, qu’elle aime avec passion. Elle écrit pour des journaux d’opposition et rédige des poèmes qu’elle adresse à Victor Hugo. Elle entretient avec l’auteur des Misérables une longue correspondance de 1850 à 1879. Secrétaire de la Société démocratique de moralisation, dont le but est d’aider les femmes à vivre par le travail, Louise Michel mène également une activité politique, qu’elle poursuivra jusqu’à sa mort. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Très active pendant la Commune de Paris, Louise Michel fait partie de la frange révolutionnaire la plus radicale et se porte même volontaire pour aller seule à Versailles tuer Adolphe Thiers. Sa mère ayant été arrêtée et menacée d’être exécutée pour faire pression sur elle, Louise Michel se rend pour la faire libérer. Surnommée la Vierge Rouge, elle est condamnée à la déportation à vie et envoyée en Nouvelle Calédonie où elle reste jusqu’en 1880. C’est sans doute au contact de Nathalie Lemel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle, que Louise Michel devient anarchiste.

25 août 1871  : lettre au Sous-préfet : envoi de l’état des soldats blessés pendant la dernière guerre.

26 août 1871 au président du Comité Départemental de secours aux blessés. «  Vous avez l’obligeance de me faire connaître que votre comité possède encore une somme à distribuer aux familles nécessiteuses et une autre somme destinée aux blessés. Je m’empresse de vous adresser un état des soldats blessés de ma commune. Je vous prie M. le Président, de vouloir bien me faire parvenir un imprimé pour dresser un état de renseignement des familles restées dans une profonde misère ou de celles qui n’ont encore reçu aucun secours ».

26 août 1871  : au receveur de l’enregistrement à Châteaubriant : en exécution de la circulaire du directeur de la comptabilité publique, en date du 20 août 1871, le maire adresse un procès verbal constatant la quantité de timbres mobiles trouvés entre les mains du receveur des finances et du percepteur-receveur municipal, au moment de la promulgation de la loi du 23 août 1871. « Ce procès verbal vous permettra, monsieur le Receveur, de faire opérer entre vos mains le versement du numéraire résultant de l’augmentation des timbres mobiles ». [Ndlr : cette loi, destinée à dégager de nouvelles ressources financières pour faire face aux conséquences de la défaite de 1870, augmente de manière significative le tarif d’un certain nombre de droits fiscaux.].

26 août 1871 : par suite de l’établissement du chemin de petite communication n°3 de Béré au faubourg de la Torche, dans la traverse de la ville de Châteaubriant, un ancien chemin est devenu inutile. Depuis longtemps il est continuellement submergé, attendu qu’il est en contrebas des propriétés riveraines. Ce chemin borde au sud Mme Veuve Hervé et au nord les héritiers Gendry. Ces derniers ont déclaré vouloir profiter de leur droit de préemption et Mme Hervé demande à acheter la moitié de ce chemin longeant sa propriété à raison de 0,25 frs le m2, prix de l’estimation. Envoi des pièces au Sous-préfet.

4 septembre 1871 – M.Leussier Ernest est nommé Chirurgien-major de la Compagnie des Sapeurs Pompiers de Châteaubriant depuis le 11 août 1871

5 septembre 1871 : à la demande de la veuve Alizon, journalière à Châteaubriant, le maire demande des nouvelles d’Alizon Jules au Préfet maritime de Brest. «  Le 5 février 1871 il était maréchal des Logis d’Artillerie à la 28e batterie au fort de Portzic près Brest. Depuis cette époque elle n’a plus de nouvelles de son fils  ».

22 septembre 1871 : à la demande du Préfet le maire doit réunir le Conseil Municipal pour désigner «  deux membres pris dans son sein qui devront concourir à la formation de la liste annuelle du jury ». Le maire demande au Sous-préfet de l’autoriser à profiter de cette réunion pour « soumettre au Conseil deux affaires peu importantes  » :
- avis du Conseil sur les résultats de l’enquête relative à la vente d’une partie du vieux chemin de Béré à la Torche
- demande de virement de crédit ou ouverture de nouveaux crédits.

22 septembre 1871  : en réponse au Sous-préfet, le maire fournit des renseignements sur Soulard François, assujetti à la surveillance légale (tiens on ne dit plus : surveillance de la Haute Police). « Cet individu n’est point encore arrivé dans la commune. J’ai fait demander à ses père-mère qui habitent cette ville s’ils avaient connaissance de la résidence de leur fils. Ils venaient précisément de recevoir une lettre par laquelle il réclamait de l’argent pour faire un voyage : ils n’en ont rien fait sachant qu’il avait un secours de route. Le père et la mère ont le plus grand désir qu’il vienne résider ici, ils espèrent le faire travailler et veiller sur lui  ».

22 septembre 1871 : à Monsieur le supérieur du Collège Ste Marie à Châteaubriant : «  M. Morel, secrétaire de l’Evêché vient de m’adresser votre acte de naissance et un certificat de M. l’Inspecteur d’Académie de Nantes qui constate que votre diplôme de bachelier a été adressé avec d’autres pièces à M. le Recteur de l’Académie de Rennes(...). La déclaration faite par vous à la mairie doit être accompagnée de ces pièces qui doivent être transmises dans les trois jours à M. Le Préfet avec une copie de la déclaration, un certificat de visite de l’établissement et un certificat d’affiche ». Le maire invite donc le Supérieur à faire une nouvelle déclaration. « Copie en sera immédiatement affichée à la porte de la mairie pendant un mois. Ce délai expiré, j’informerai M. le Préfet que cette affiche n’a donné lieu aucune réclamation ».

24 septembre 1871 le Conseil Municipal est réuni à Châteaubriant sous la présidence de Monsieur Delourmel de la Picardière, maire. Sur les fonds libres de l’exercice 1871, le conseil municipal vote :
- 200 frs pour entretien des pompes, des puits et fontaines publiques,
- 150 frs pour réparation urgente à la maison d’école,
- 100 frs pour agrandissement du lavoir du bas du château et acquisition d’une petite parcelle de terrain nécessaire à cet effet.

Des propriétaires riverains de l’ancien chemin de Châteaubriant à Rougé dans la partie avoisinant le village de La Borderie, demandent à acquérir des portions de cet ancien chemin devenu, selon eux, inutile. Le conseil municipal est d’avis que suite pourra être donnée à cette demande lorsqu’au préalable l’inutilité des parcelles aura été dûment constatée.

Monsieur Adam ancien boulanger et Monsieur Oger marchand de meubles, demandent leur radiation de la liste des jurés. Le premier a 74 ans. Lee second est atteint de surdité. Le conseil municipal est d’avis qu’il soit fait droit à leur demande.

Lecture d’une lettre de Monsieur Dalmas président du conseil d’administration du chemin de fer de Fougères à Vitré qui expose de quel grand intérêt serait pour le département de Loire-inférieure et spécialement pour la ville et le Pays de Châteaubriant, le prolongement de la ligne précitée jusqu’à Châteaubriant. Il demande «  le concours moral et si faire se peut le concours matériel de la ville ».

Reconnaissant que la construction d’une ligne ferrée de Vitré à Châteaubriant serait des plus désirables en ouvrant la série des communications rapides qui font encore défaut, le conseil municipal est disposé à donner au projet de M. Dalmas le concours moral demandé. Quant au concours pécuniaire, il regrette de ne pouvoir l’offrir, la situation des finances de la ville ne pouvant le lui permettre.

25 septembre 1871 : rôle dressé par M. Delaunay instituteur communal au sujet de la rétribution scolaire pour le 3e trimestre 1871 :
élèves de la commune 232
élèves étrangers 68
élèves gratuits 32 total 332 frs

26 septembre 1871 : le maire adresse au Sous-préfet copie de la déclaration faite au secrétariat de la mairie de Châteaubriant le 23 de ce mois, par M. Radigois Jean Baptiste, prêtre, « ayant pour objet de succéder à M. Goudé en qualité de supérieur du Collège Ste Marie à Châteaubriant , école libre ». « Je joins à la déclaration toutes les pièces qui s’y trouvent indiquées, plus un certificat d’affiche ».

6 octobre 1871 : une délibération de la Commission administrative de l’Hospice sollicite l’autorisation d’accepter le legs fait par M. Le Pays de la Riboisière. « Je vous prie, M. le Sous-préfet de vouloir bien joindre vos instances aux miennes pour obtenir de M. le Préfet une prompte solution de cette affaire si intéressante pour notre hospice ». [Ndlr le Préfet répondra le 24 octobre]

7 octobre 1871 : le maire adresse au Sous-préfet la liste des jurés de la commune de Châteaubriant pour 1872. « Le nombre de citoyens sur cette liste est de 111 »

24 octobre 1871  : Le président de la République a accordé à M. Grippay, aubergiste « des dispenses de parenté à l’effet de contracter mariage avec [sa] nièce  ».

Démission

Que s’est-il passé ? On ne le sait pas ! En tout cas le maire M. Delourmel de la Picardière a démissionné, ainsi que ses deux adjoints.

1er novembre 1871, le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit sous la présidence de Monsieur Couchot adjoint. Il entend la lecture d’une lettre du sous-préfet disant que MM. Delourmel de la Picardière maire, Couchot et Vauquelin adjoints, se sont démis de leurs fonctions.

Un décret de Monsieur le Président de la République en date du 24 octobre 1871 a nommé en remplacement :
- maire Monsieur Béchu du Moulin Roul,
- adjoints MM. Coirre et Grimault.

Avant de quitter le fauteuil, M. Couchot , au nom de l’administration démissionnaire, a remercié le conseil municipal du concours bienveillant qu’elle a trouvé en lui et a cédé la présidence à Monsieur Béchu du Moulin Roul. Le nouveau maire a prié le conseil municipal de continuer à apporter à l’administration en fonction le même concours bienveillant en échange de l’entier dévouement dont elle compte faire preuve dans la gestion des intérêts qui lui sont confiés.

Le conseil municipal s’occupe ensuite de diverses affaires.

L’enquête relative au chemin de petite vicinalité de Paluel à Béré est terminée. Aucune observation ni contredit n’ont été formulés contre le projet. Le tracé présenté est donc adopté à l’unanimité. Afin de faciliter l’exécution de ce chemin dont l’utilité n’est contestée par personne, le Maire propose de le ranger dans la première catégorie des chemins subventionnés à exécuter immédiatement et de lui substituer, pour la totalité de son parcours, un parcours égal à distraire du chemin de Châteaubriant au pont de Dix Heures à partir de la Maison Brûlée, ce dernier chemin ne paraissant pas d’une utilité aussi grande. Le conseil municipal donne une entière adhésion à cette proposition.

L’attention du Conseil municipal est appelée sur le chemin de Béré à la Mare Guérin actuellement en construction et sur la difficulté qu’éprouve l’administration pour sa continuation au moment de passer sur des propriétés particulières dont les possesseurs se montrent peu disposés à des concessions. Le maire expose qu’on peut, en faisant un coude, contourner ces propriétés et lever ainsi les oppositions qui entravent la construction et faire une économie notable. Et que, de plus, le chemin aurait dans cette partie une largeur suffisante. Une commission de trois membres est nommée pour se rendre sur les lieux et faire un rapport. [ndlr : ce chemin, on en parle depuis septembre 1867, mais la guerre a retardé les travaux].

En prévision des nombreux besoins qu’apportera à la classe ouvrière l’hiver qui s’approche, le Conseil municipal ouvre un crédit de 2000 frs pour donner du travail aux ouvriers sans ouvrage.

Concernant les projets de chemin de fer de Saint-Nazaire et de Redon à Châteaubriant, le Conseil émet l’avis le plus favorable à la concession de ces deux chemins « qui sont de nature à apporter une grande amélioration dans la situation de nos contrées au point de vue industriel et agricole ».

3 novembre 1871  : M. Prodhomme propriétaire et conseiller municipal à Châteaubriant est nommé commissaire enquêteur «  à l’effet de recevoir pendant trois jours les réclamations qui peuvent être faites tant contre le projet de classement que sur celui du tracé et de nivellement du chemin vicinal de petite communication dit des Vozelles, dans la traverse de la commune de Châteaubriant, partie comprise entre la route nationale n°178 au faubourg de la Barre et le chemin de grande communication n°41  ».

De la mare Guérin partait, vers le sud, un chemin rural dit « de la mauvaise mare »

12 novembre 1871 – au major président du Conseil d’administration de la division de Toulon : «  le nommé Bréard a laissé un sac contenant des effets d’habillement dans les magasins du casernement de la division. L’intéressé vous serait très reconnaissant, Monsieur le Major, de lui faire expédier les dits effets en gare d’Ancenis où il les fera prendre  ».

13 novembre 1871 : au sous-préfet, le maire envoie un certificat constatant que le sieur Flamond Louis est l’unique et indispensable soutien de sa famille. «  Ce jeune homme, qui jouit d’une très bonne réputation est un excellent ouvrier d’une conduite irréprochable. Il est digne de l’intérêt de l’administration ainsi que sa famille. C’est le seul des militaires de la classe 1870 dans ma commune qui se trouve dans le cas d’être renvoyé dans ses foyers au titre de soutien de famille.  »

13 novembre 1871 à monsieur le président du Conseil d’administration du 114e de ligne à St Denis : «  le père et la mère de Duchesne Etienne habitent la ferme de l’Aubinais à Châteaubriant. Vous pouvez adresser à la mairie le petit paquet ou portefeuille appartenant à leur fils tué à l’ennemi le 13 octobre 1870. Ils seront heureux d’avoir un souvenir de celui dont ils ignoraient le sort »

[Le 23 novembre le maire accuse réception d’un porte-monnaie vide et d’une somme de 2,86 frs en mandat-poste. Il transmet aux parents.]

15 novembre 1871 : au sous intendant militaire, le maire envoie les reçus et les factures des hâvresacs produits par dix de ses administrés. « J’ai légalisé les signatures apposées au pied des factures et pour ceux qui ne savent pas signer j’ai constaté leur déclaration  ». Le maire demande de faire « ordonnancer ces fournitures dans le plus bref délai  »et regrette que le paiement n’ait pas été plus promptement régularisé.

[Ndlr : ces hâvresacs avaient été réquisitionnés le 12 décembre 1870].

17 novembre 1871 : le maire envoie au Sous-préfet trois actes de concession pour 30 ans dans le cimetière communal au profit de MM. Peuriot, Martin et Crépin, pour les soumettre à l’examen du Préfet.

26 novembre 1871 au Conseil municipal de Châteaubriant. A propos du chemin de la mare Guérin, la Commission pense que l’avantage qui pourrait résulter de la courbe à substituer au tracé adopté est trop minime pour le faire admettre. La commission se prononce pour le maintien du tracé à l’encre rouge c’est-à-dire pour celui qui, quittant le chemin des Refoulais, entre sur les terrains des sieurs Dublé, Marchand et Lahaye. Le conseil municipal se range à cet avis.

Poudre à feu

Le conseil municipal cède des portions de l’ancien chemin à divers riverains.

En ce qui concerne le chemin des Vozelles, entre la nationale 178 et le chemin de grande communication n°41, une enquête publique a eu lieu les 20 21 22 septembre derniers. Une seule observation a été portée par un riverain qui donne un avis favorable au tracé du chemin et offre gratuitement son terrain.

Le conseil municipal donne un avis favorable et demande l’exécution le plus tôt possible. Il demande en outre l’étude du prolongement de ce chemin jusqu’à celui de Châteaubriant aux Briotais « pour donner satisfaction à des intérêts assez nombreux  ».

Le conseil municipal ajourne l’augmentation du traitement du commissaire de police en considérant l’état des finances de la ville.

Le conseil municipal déclare n’avoir aucun motif de s’opposer à la création de deux foires annuelles demandées par la commune de Treffieux.

Une lettre du sous-directeur des Contributions indirectes expose que, sur la demande d’industriels du pays, l’administration serait disposée à établir à Châteaubriant un entrepôt de poudre à feu. Le conseil municipal reconnaissant qu’il n’existe à une petite distance de la ville aucun local convenable pour une semblable destination et que, du reste, ce local existerait-il, des moyens de surveillance efficace font absolument défaut, est d’avis de ne pas accueillir la proposition.

Un des membres fait remarquer combien il serait utile d’établir une bascule publique à Châteaubriant pour le pesage des foins, de la paille et même du bétail. Le Conseil Municipal prie l’administration de mettre la question à l’étude.

30 novembre 1871 : une délibération du Conseil Municipal demande le classement dans le réseau subventionné du chemin de petite communication n°4 de Béré à Châteaubriant par Paluel. «  Ce chemin récemment approuvé est maintenant en exécution et c’est là que travaillent les ouvriers sans ouvrage. Les ressources de la vicinalité et les subventions sont absolument nécessaires à sa confection  ».

Les ouvriers sans ouvrage

30 novembre 1871 , au Sous-préfet : «  Le Conseil Municipal a voté 2000 frs pour faire travailler les ouvriers sans ouvrage. J’ai l’honneur de solliciter avec instance une prompte approbation de M. le Préfet pour pouvoir payer le minime salaire de 1,25 frs par jour alloué aux ouvriers et en partie dépensé  ».

Le maire envoie aussi les pièces relatives à l’enquête prescrite pour parvenir à l’exécution du chemin de petite communication dit « des Vozelles ».

3 décembre 1871 le Conseil Municipal se réunit sous la présidence de Monsieur Béchu du Moulin Roul, maire. Celui-ci a été nommé membre du Conseil Général et de ce fait président de droit de la xommission cantonale chargée de concourir à la formation de la liste des jurés pour 1872. Le Conseil Municipal qu’il l’avait choisi pour un de ses délégués, le remplace par Monsieur Vauquelin.

Le Maire expose qu’en présence d’un hiver précoce et qui s’annonce comme devant être rigoureux, des demandes de travail de plus en plus nombreuses sont faites par les ouvriers sans ouvrage. Le Conseil municipal considère qu’il y a absolue nécessité de se procurer des ressources pour donner du travail aux ouvriers sans ouvrage. « Mais les économies réalisées et sur lesquelles on ne peut plus compter pour être employées à cet usage ainsi que divers travaux notamment ceux d’agrandissement et d’amélioration des bâtiments de l’école communale, choses cependant urgentes, ont été absorbées ou ont reçu un autre emploi  ».

Le 10 janvier 1871 la commission municipale avait voté un emprunt de 30 400 frs pour les dépenses de la garde nationale et pour procurer du travail aux ouvriers sans ouvrage. Cet emprunt n’a pas encore été émis. Ce même jour la commission avait voté une imposition extraordinaire de 13 centimes au principal des quatre contributions directes pendant 10 ans, du 1er janvier 1871 au 31 décembre 1880. Ces 13 centimes sont en recouvrement. Par ailleurs les dépenses de la garde nationale ont été soldées au moyen de ressources ordinaires du budget par l’absorption d’une partie des fonds destinés à des travaux communaux de nature à donner du travail aux ouvriers.

Le Conseil Municipal, à l’unanimité, autorise donc l’administration à émettre, dans la proportion des besoins qui se feront sentir, l’emprunt de 30 400 frs, entendant que les ressources créées par l’émission soient d’abord consacrées à donner du travail aux ouvriers sans ouvrage spécialement sur les chantiers de confection des chemins :
1 - de Paluel à Béré
2 - de la mare Guérin
3 -des Vauzelles (Tiens ! On n’écrit plus Vozelles !)
et ensuite aux travaux d’agrandissement et d’amélioration de la maison d’école communale, «  travaux dont l’urgence est reconnue dans l’intérêt de la santé des enfants qui la fréquentent et qui seront du reste un autre mode de procurer de l’ouvrage aux travailleurs ».

En conséquence les 2000 francs alloués par la délibération du 1er novembre dernier pour procurer du travail aux ouvriers sans ouvrage ne devront pas être pris dans les 13 centimes extraordinaires mais sur les fonds provenant de l’emprunt.

Pour mettre fin à certaines craintes qui se sont manifestées, le Conseil prie l’administration municipale de veiller à ce que le chemin de Paluel à Béré soit exécuté selon le tracé adopté dans la séance du 1er novembre dernier, c’est-à-dire une ligne parfaitement droite. Enfin le conseil municipal fixe l’évaluation des terrains d’une douzaine de propriétaires destinés à être occupés, lorsque la situation financière de la ville le permettra, par le chemin n° 41 aux abords de la Ville non loin de la Vannerie.

6 décembre 1871 au Directeur des Contributions directes à Châteaubriant : «  Dans la ville nous n’avons aucun local convenable pour établir un dépôt de poudre sans risque et sans alarmer la population voisine. Tel est aussi l’avis du Conseil Municipal. En dehors il y aurait des dépenses considérables à faire et qui les supporterait ? Jusqu’à nouvel informé il y a lieu, ce me semble, de s’en tenir à l’état de choses actuel tel qu’il est réglé par votre administration ».

16 décembre 1871 à Maître Leussier, notaire. « Je n’ai jamais eu l’intention de travailler sur Paluel à l’ouverture du chemin de Béré avant d’avoir obtenu votre agrément. J’attendais l’issue du partage. Je vois dans la qualification des héritiers qu’il y a des mineurs par suite de partage judiciaire sans fin immédiate. La nécessité de continuer les travaux pour les ouvriers malheureux me fait solliciter la bienveillance de la famille Harembert ».

«  M. Harembert père vivant, et de son consentement, vous aviez proposé à l’ancienne administration municipale de céder le nouveau chemin pour l’ancien. C’était une proposition acquise à la commune. Si dans la position actuelle vous aimez mieux attendre avant de prendre une décision, vous pouvez toujours auto-
riser l’ouverture du chemin sur les droits des propriétaires réservés. C’est sans aucun préjudice pour eux et c’est un acte d’humanité dont au nom de tous je vous témoigne d’avance ma reconnaissance.

M. de St Luc le propriétaire voisin de Paluel vient d’agir ainsi. Il m’a écrit qu’il n’acceptait pas les offres de la commune mais sachant que j’avais besoin pour atelier de charité de continuer les travaux, il m’autorisait à le faire sous la réserve de ses droits  ».

18 décembre 1871  : la mairie de Châteaubriant a reçu un mandat de 18 frs représentant le solde de captivité revenant au nommé Gérel Jean Pierre ex-militaire au 97e de ligne de Quimper. Mais le maire, malgré ses recherches, ne trouve pas la demeure de cet homme. Il demande donc au président du Conseil d’Administration du 97e de ligne d’autres renseignements sur son domicile, son lieu de naissance et sa famille « qu’il vous sera facile de faire prendre sur les registres du régiment ».

28 décembre 1871 : après vérification, les rôles dressés par M. Delaunay, instituteur communal à Châteaubriant :
Elèves de la commune : 282 frs
Elèves étrangers : 84
Elèves gratuits : 42
Le complément de traitement pour les élèves gratuits est de 130 frs. Total 538 frs

31 décembre 1871 : le maire adresse au Préfet le tableau des familles nécessiteuses qui ont perdu leur soutien dans la dernière guerre contre l’Allemagne. «  Vous remarquerez M. le Préfet par la misère de ces familles combien est grand leur malheur d’avoir perdu un membre qui par la jeunesse et les bénéfices de son travail venait continuellement à leur secours. Si après la répartition il restait sur les 10 000 frs quelques fonds disponibles, le meilleur usage qu’on en pourrait faire serait de les distribuer en gratification aux blessés qui ne pourraient encore travailler utilement et qui n’ont encore rien reçu du gouvernement  ».
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Sources :
- Archives de la mairie de Châteaubriant,
1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 11 et 2 D12 (courriers) – 2 D 3 – et 3 H5
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de la France et des Français par
André Castelot et Alain Decaux


Gustave Courbet Courbet à la prison Sainte-Pélagie

A la chute du Second Empire, Courbet est élu Président de la Fédération des artistes. Alors que Paris subit le siège des armées prussiennes et que beaucoup fuient la capitale, Courbet reste sur place. Lui qui avait déjà suivi avec intérêt les événements de 1848 garde sans doute à l’esprit le souvenir de son grand-père, sans-culotte en 1789.

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