Ecrit le 23 décembre 2009
La tragique histoire de Tatave
Noël approche, Noël c’est demain. La neige est tombée et, comme chaque année, par tradition, Gustave, 7 ans, fait dans la cour son petit bonhomme de neige. Il a presque fini : les yeux, deux boules de charbon ; une carotte pour le nez, la vielle pipe à papy ; le chapeau de paille et même le cache-nez rouge qu’il met quand il va à l’école.
Un regard sur son œuvre : « Bon ! Ça peut aller comme ça ! Toi, tu vas t’appeler Totor, moi on m’appelle Tatave. On est copains. Ça te va ? »
Dans la cour, un pâle petit soleil d’hiver fait scintiller la neige. Médor va et vient. Minet est sur la fenêtre : il ne veut pas avoir froid aux pattes. Et Margot, la pie, se chauffe sur le toit le long de la cheminée qui envoie une fumée bleue vers le ciel clair
Tatave s’approche de Totor et lui chuchote : « Ecoute, je vais te dire quelque chose, un vrai secret, juste entre toi et moi. Mais motus, tu ne diras rien, je compte sur toi. C’est sûr ? Juré ? » - « Tu sais, il y belle lurette que je ne crois plus au Père Noël. Je fais seulement semblant. Les copains à l’école , ils se moquent de moi mais ça m’est égal. Tu comprends, si je leur dis que je n’y crois plus, je risque de ne pas avoir la patinette que j’ai demandée par lettre, surtout que ce mois-ci mon carnet de notes à l’école n’est pas formidable. Tu penses, les maths, l’orthographe, les devoirs, les leçons, ça me casse la tête. J’aime mieux les matches de foot à la télé ou jouer sur l’ordinateur. Mais les parents, ils sont rétro. Ils comprennent pas ça. Enfin, on verra, j’ai le temps bon, je vais rentrer, la nuit tombe, bonne nuit Totor ! ».
La nuit de Noël est passée. Tatave s’est levé tôt pour voir sa patinette. Mais, oh ! Horreur ! Il n’a trouvé dans ses souliers qu’un petit paquet contenant deux morceaux de charbon et un petit billet où était inscrit : « Moi non plus je ne veux pas me casser la tête. La patinette ce sera pour la prochaine fois, si tu améliores ton carnet de notes ». Stupéfaction ! Ainsi Totor a cafté !
En colère, Tatave sort dans la cour. Hélas ! La nuit a été douce. Plus de Totor, il a fondu. Il ne reste par terre que le chapeau, la carotte, la pipe et deux boulets de charbon. Même le cache-nez a disparu. Mais en levant les yeux, Tatave aperçoit son cache-nez coincé entre deux branches du vieux chêne et, dessus, Margot la pie qui le regarde de ses yeux ronds et semble le narguer..Alors il comprend : elle parle Margot, elle a mouchardé, c’est elle qui a tout raconté. Furieux, il prend un boulet et le lance sur l’oiseau : « Bavarde ! Chipie !moucharde : Sale bestiole ! Si je t’attrape, tu vas pouvoir compter tes plumes ! » Elle a compris, elle prend son envol et disparaît.
Tatave rentre tout penaud, s’asseoit et, la tête dans les mains, se demande « Mais à qui a-t-elle pu aller jacasser tout ça ? ».
A qui ? Mais au Père Noël bien sûr !
(Conte de Andrée Gaborit)
Ecrit le 23 décembre 2009
J’ai demandé au Père Noêl
J’ai demandé au Père NoëlQui se promène dans le cielDe m’apporter une trompettePour faire trois fois pouet pouetMais le Père Noël hélasM’apporta des maracasPour les entendre jouerIl faut savoir les secouerIl y avait dans sa musetteTrois jolies petites clochettesQu’il a bien voulu m’prêterEt on les entend tinterEt comme il faisait très froidIl m’a porté deux bouts d’boisC’est moi qui les ai trouvésEn bas de la cheminéeComme il se faisait très tardIl m’a donné une guitareEt j’ai joué toute la nuitPour faire danser les souris
Jean-Naty Boyer